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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 05:12

«  Que la lumière qui a éclairé nos travaux continue de briller en
nous pour que nous achevions au-dehors l'œuvre commencée dans ce temple… ».

   Cette phrase du rituel de clôture de l'atelier du 1er degré pose bien la problématique de la mission du FM en dehors du Temple.
   Certes, il est communément admis qu'aucune discussion politique ou
religieuse ne doit avoir lieu dans nos loges !
Il peut donc paraître paradoxal ici qu'une exhortation nous soit donnée pour aller au dehors continuer l'œuvre commencée en Loge.

   C'est donc dire qu'une mission est assignée au FM du REAA dans son environnement, dans sa cité.    Avant d'examiner plus avant la mission du REAA, nous allons présenter de manière succincte,  la spécificité du Rite, analyser  les différents aspects de notre environnement et conclure en déterminant les moyens que le Rite se donne pour remplir cette mission.
Nous rappelons que le mot rite est emprunté au vocabulaire religieux et qu'il désigne en maçonnerie spéculative, un ensemble de degrés successifs constituant une méthode initiatique cohérente s'appuyant sur un ensemble de pratiques qui se fondent sur le sacré et le symbolisme.
   Notre Loge étudie actuellement différents rites pratiqués par la
maçonnerie ; l'un des plus importants de par le monde est celui du REAA.

La définition du REAA se rattache aux textes fondateurs de 1762 et
de 1786. Le but de ce travail n'est pas de faire l'exégèse de l'histoire du rite en France mais rappelons tout de même que notre Ordre initiatique traditionnel a pour but de rassembler une communauté d'hommes « libres et de bonnes moeurs » qui ont choisi librement de s'unir pour accomplir une mission au service d'un
idéal, tout en obéissant à des règles bien établies, et de se réaliser spirituellement en suivant une voie d'accès privilégiée à la réflexion universaliste.

Le rite n'impose aucune idéologie mais permet à ses adeptes d'avoir une ouverture sur les grands courants de pensée du monde et de se donner les moyens nécessaires à leur épanouissement.

Par ailleurs, comme il est écrit dans le prologue des Grandes Constitutions de 1786, notre mission est «  de faire le bonheur de chaque homme en particulier et de la famille humaine en général ».
Nous devons tout en poursuivant notre réalisation personnelle, aider
à l'avènement du bonheur de la famille humaine toute entière.
Ce but est à remplir dans l'environnement du monde actuel et de son
évolution. Notre environnement actuel est caractérisé par le phénomène de
mondialisation réduisant le monde à un village planétaire par le biais des moyens modernes de communication.

Le monde est donc témoin d'une transformation, si ce n'est de profondes mutations, dans les domaines sociaux, économiques, culturels et spirituels.
Il s'oriente vers le matérialisme dans le sens que René Guénon définissait déjà comme « un état d'esprit qui consiste à donner plus ou moins consciemment la prépondérance aux choses de l'ordre matériel et aux préoccupations qui s'y rapportent ».
Nous assistons à la « déshumanisation de l'homme » pour tendre vers
la « chosification de l'homme ».
Ce dernier n'a de valeur que par les choses qu'il possède.
Dans tous les domaines, les valeurs essentielles de l'être humain sont dangereusement en recul.
Nos sociétés humaines ne sont pas construites à partir des qualités humaines qui font l'Homme mais à partir des « quantités »  matérielles, en particulier l'argent.

Les notions de famille, d'honneur, de droiture, d'honnêteté, de solidarité perdent de jour en jour leur sens.
L'on ne s'en souvient qu'à l'occasion de malheur, comme on vient de le constater en ce début d'année, et encore faut-il que ce dernier concerne les occidentaux,  mais bien vite le règne du pouvoir brutal reprend le dessus.

   Sur le plan scientifique, en dépit de considérations éthiques, les grandes découvertes notamment les progrès biogénétiques (le clonage reproductif, le codage du génome humain…) battent en brèche toutes les données traditionnelles.

   Sur le plan spirituel, on a l'impression d'assister à un déclin par la perte totale des repères spirituels et philosophiques de nos sociétés.
Ajouté à ce constat, la remise en cause des religions.

Et pourtant, on assiste à un besoin de plus en plus croissant de spiritualité.
Comme le prouve l'engouement de certaines personnes pour les sectes
et les religions « venues d'ailleurs » qui leur servent de refuge devant leur désarroi spirituel.
Les mutations relevées ci-dessus ont pour conséquences évidentes, la
désintégration du noyau familial, premier centre par excellence d'enseignement des valeurs ainsi que de la récurrence et la multiplication des risques et foyers de conflits.

Sur le plan individuel, cette évolution négative du monde actuel livre de plus en plus d'hommes à un état d'angoisse, de désespoir et de dépression.
Pour preuve, le nombre croissant de suicides, surtout parmi les jeunes, l'augmentation des toxicomanes et le nombre de plus en plus important de familles désunies.
Dans ce contexte quelle est la mission du REAA ?

Elle est clairement définie dans les prologues des Grandes Constitutions de 1786 «  faire le bonheur de chaque homme en particulier et de la famille humaine en général ».

Elle est confirmée par le Convent universel de Lausanne de 1875 qui exprime en particulier dans son Manifeste que la F. °.M. °. est une école mutuelle qui a pour but de travailler sans relâche au bonheur de l'humanité et poursuivre son émancipation pacifique et progressive. Le REAA est un rite en 33 degrés qui, après avoir intégré la tradition des constructeurs, a été enrichi d'autres apports
traditionnels.

C'est un rite :
 -   initiatique, car il met graduellement des hommes qualifiés sur la voie de la réalisation spirituelle, grâce à un travail intérieur et collectif effectué à l'aide des symboles et des rituels appropriés en tant que moyen d'accès au contenu initiatique du rite ;
 -   traditionnel, car il se réfère à toutes les sources initiatiques ancestrales, support du cheminement vers la Connaissance. Les mythes et le symboles, véhiculés par la Tradition, permettent à l'initié d'accéder à de nouveaux niveaux de conscience.

La Résolution adoptée par les Suprêmes Conseils réunis à Gand le 27 septembre 1998 confirme en son point 10 que « la démarche initiatique incite l'adepte à agir dans le monde, à pratiquer la bienfaisance et la justice et à travailler sans relâche au progrès et au bonheur de l'humanité. »

Tout est dit !
Mais comment remplir cette mission ?
Plusieurs éléments permettent dans le REAA de contribuer à la mission assignée :
- La méthodologie du REAA permet de suivre un parcours personnalisé, donnant la possibilité à chacun, selon ses aspirations telle ou telle étape. Le rite favorise ainsi l'éclosion d'hommes, bien structurés, responsables, ouverts sur le monde qui les entoure et prêts à y jouer un rôle actif pour le bien commun.

- Le rite se présente comme une école spirituelle et un lieu de rencontre ouvert à tous les courants de pensée où, par nos échanges mutuels, nous nous aidons à progresser ensemble et à pouvoir jouer un rôle consistant dans la cité.

- La devise de l'Ordre «  Ordo ab Chao » nous indique clairement le chemin à suivre et les moyens à mettre en œuvre pour parvenir au but. Du désordre social, culturel et spirituel nous devons établir un ordre cohérent et prégnant par notre persévérance et notre rigueur.
Ecole d'éveil spirituel, le REAA doit nécessairement créer, maintenir et promouvoir une hiérarchie de valeurs et de qualités.

Dans le livre de la voie et de la vertu, le tao to king, il est écrit « si une haute fonction m'était confiée, voici ce que je voudrais enseigner : suivez la voie et craignez de vous en écarter.
La grande voie est toute simple, mais la multitude préfère divaguer sur des chemins de traverse, sur des raccourcis qui sont des impasses ».
Dans sa vérité, cette pensée doit cependant être nuancée…

Notre rite n'enseigne pas, il éveille…
Nous parlons dans nos rituels des premiers degrés de la Loi morale ;  est-ce qu'en fait, notre Rite Ecossais Ancien et Accepté n'est pas une recherche permanente de la Parole Perdue à travers une méthode, un perfectionnement qui doit conduire à plus de Justice dans l'action.
Il nous est demandé de lutter pour apporter la lumière au-dehors…
Je crois que notre rituel nous donne de nombreuses indications à cet
égard.
Je pense ici à un symbole fondamental que nous découvrons dés le
grade d'apprenti : celui du pavé mosaïque.  Le blanc, le noir, la dualité !

Mes FF, tout est simple puisque tout est dialectique ! Choisissons la voie blanche et le problème sera réglé !
Il suffit que tel un équilibriste, l'homme s'insinue parmi les interstices des carrés blancs et des carrés noirs et avance inexorablement sur le chemin...
Acrobate intrépide, il avance debout sur un filin tendu au-dessus du vide. Il est le premier à être étonné de sa propre audace.
Il endure souffrances, fatigues et bouleversements et continue à se déplacer sur la corde raide, insensible au vertige… en toute sérénité !

Je pense mes FF que dans votre fort intérieur vous souriez.
La vie ne serait-elle pas simple ainsi ? Adoptons une voie et
conservons là. Est-ce si facile ?
Or cette tentation du manichéisme est très dangereuse car elle nous conduirait à ne pas accepter l'autre dans sa différence et à nier toute idée de tolérance.
Cela à mon sens aussi bien dans une voie blanche ou une voie noire.

En, effet, j'estime que le maçon n'est pas celui qui renonce à la part d'ombre qui l'habite. Le voudrait-il, qu'il ne le pourrait.
Celui qui voit les choses ainsi ne devient pas ce qu'il est et se détourne du voyage.
Il s'engage dans une impasse, il cherche à se conformer à un idéal du moi dangereux parce qu'il y a obsession pathologique de la pureté.
L'Histoire de l'homme comprend d'innombrables exemples d'actions destinées à faire le bonheur des gens malgré eux.

Ainsi mes FF, la nuit est aussi utile que le jour, le soleil que la lune etc......
Il faut donc dépasser les notions élémentaires de morale et considérer que la vie n'est formée que par des forces antagonistes qui en réalité s'équilibrent pour former l'unité.

D'un manichéisme simpliste  sinon simplificateur, il nous faut aller
vers l'union des contraires pour atteindre à l'équilibre, à l'harmonie, voie qui conduit à la sérénité. Ce qui est solution aujourd'hui, sera problème demain mais aussi, les problèmes d'aujourd'hui ne peuvent être résolus avec les solutions d'hier.
Les paradoxes ne seront pas résolus, mais ils peuvent être dépassés en inventant de nouvelles approches, en innovant sans cesse et en sachant qu'ils feront naître de nouveaux paradoxes qu'il faudra à nouveau dépasser.

Sans cesse, tout est remis en cause et les problèmes doivent être passés au crible de notre raison.
Rien n'est définitivement acquis, rien n'est définitivement sûr.
Que faisons-nous, face à cette dynamique, si ce n'est de chercher des certitudes qui nous rassurent à court terme et nous empêchent de prendre notre avenir pleinement en main ?

Dans cette démarche, notre rituel nous invite à dépasser les contradictions apparentes pour tenter de nous rapprocher de l'unité.
Je pense d'ailleurs que cela est beaucoup mieux car toute l'histoire de l'homme, aussi bien sur le plan individuel que sur le plan collectif, montre que toute prescription d'un bien universel conduit à la catastrophe.

Parfois, il est dit que la voie du juste milieu est la meilleure.
Pour moi, cela ne signifie rien car elle n'existe pas ! Une voie moyenne, condensée des extrêmes ne serait qu'un bouillon infâme sans saveur laissant ouverte la porte à tous les vents.
Un milieu juste alors ?

Mais par définition même, il serait essentiellement variable.
La difficulté pour tout Homme  et notamment pour le franc-maçon est
la nécessité du choix, le choix le plus juste. Comment faire ?
Je crois que notre Rituel ne nous indique pas la Justice mais qu'il
nous montre le chemin du Bien, du juste.

Si dans notre démarche le bien, le juste étaient nommément explicités, cela impliquerait à tout le moins qu'il n'y ait qu'une voie, immuable... avec toutes les conséquences évoquées ci-dessus.

Seul est à rechercher le préférable  et non l'idéal absolu, qui, ici bas, n'existe pas. Le mal est cependant plus facilement identifiable et c'est certainement, à mon sens, toute l'ambition du F.°.M.°.  de lutter contre ce dernier dans son combat.
Il s'agit ici d'un engagement qui ne doit rien à la curiosité du voyageur. Il s'agit de vocation.
Ainsi notre rituel nous demande de développer notre discernement mais un discernement qui n'apporte aucune sécurité car la vie dans l'instant présent est une façon d'exister qui ne me satisfait pas et demeure une voie inconfortable. Cette insécurité est ainsi garante de ma liberté. Ce iscernement doit nous permettre par un acte volontaire de nous frayer un passage à travers,  les systèmes, conceptions et autres idéologies pour nous ouvrir le chemin de la quête de vérité en ayant les pieds sur terre tout en visant un au-delà des limites. Partageons avec Plotin cette pensée pour laquelle, il est
nécessaire «  de posséder la maîtrise de l'irrationalité pour obtenir une union avec l'Un ».

Cette sagesse vers laquelle nous tendons ne peut se construire que
par l'équerre liée au compas dans la conjonction de soi et de l'autre puisque ce dernier nous renvoie à nous-même.
L'autre c'est nous !
Avant de changer le monde, changeons nous.
Nous sommes responsables de l'autre et d'abord de mon autre !
Il nous faut «  Répandre la lumière et rassembler ce qui est épars » et ce n'est pas parce que cette tâche exaltante semble sur-humaine qu'il ne faut pas l'entreprendre…

Si celui qui s'engage dans l'écossisme vit l'initiation avec l'esprit du monde profane, s'il y voit un nouveau système philosophique, une démarche psychologique ou encore une parodie psychanalytique, il y a peu de chance que l'esprit du Rite le touche.

Vivons donc notre Rite comme le dit notre frère Michel Piquet :
«  la maçonnerie écossaise permet à l'homme de s'améliorer et de tendre vers son créateur en s'incorporant à son plan afin de le réaliser ; on doit s'emparer des symboles et des légendes que nos initiations successives nous proposent, les explorer, les travailler, les assimiler jusqu'à ce que de nouveau, ils suent de
nous-même comme notre propre sang.
Alors nous serons des initiés véritables et nous progresseront vers la Lumière »
Il nous est en définitive demandé d'être à l'écoute de l'autre, reflet de nous-même, de pratiquer la fraternité car chacun détient une parcelle de la vérité, mais qu'une parcelle, ne l'oublions pas, et d'avancer sur le chemin initiatique avec volonté et rigueur afin de partager avec l'autre, mon autre l'amour !

J'ai dit

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commentaires

Claude CHICHE 25/02/2014 19:04

Recherchant le livre d'Alain BERHEIEME ''le R.E.A.A en 33 DEGRES J'AI TROUVE,ta P:. T:. j'ai aimé elle est de qualité
claude.chiche75

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