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25 mai 2012 5 25 /05 /mai /2012 05:53


Le delta lumineux, aveuglant, de notre initiation nous était toujours apparu trop éblouissant pour être déchiffré.


Voici, maintenant que par un « recommencement » de notre parcourt maçonnique, nous pouvons enfin apercevoir ce symbole avec son contenu, son message. Voici qu’apparaît le  mot, le « mot sacré », « la parole perdue », « le savoir du Maître », en un mot : La « Vérité ».

Mais sitôt découverte, cette vérité s’avère indéchiffrable !


La vérité est comme le soleil. Elle fait tout voir et ne se laisse pas regarder. [Victor Hugo]


Alors … Cherchons … Toujours, Cherchons !


Ouvrons un dictionnaire au mot VÉRITÉ, nous trouvons:
 » Qualité de ce qui est conforme à la réalité; conformité de l’idée avec son sujet » ou encore : »Qualité par laquelle les choses apparaissent telles qu’elles sont ». Or, sauf dans les cas où nous pouvons nous limiter à des questions ultra simples, qu’est-ce qui est « vrai ». Et de même, à moins que nous ne nous contentions d’un examen très sommaire et, par la suite, superficiel des choses, comment savoir si ces choses nous apparaissent  » telles qu’elles sont « .


Pour faire apparaître un peu plus de lumière sur la notion de vérité, faisons donc appel à la sagesse maçonnique et ouvrons le dictionnaire philosophique de notre Frère Voltaire. Au mot Vérité, nous lisons:  » Humainement parlant, définissons la vérité, en attendant mieux : ce qui est énoncé comme IL EST. On n’a jamais tant aimé la vérité que ces temps-ci : il ne reste plus qu’à la trouver. »


Ce n’est ni un trait d’esprit ni une boutade, car c’est bien ainsi que, après avoir été fait Franc-maçon, chaque Frère se retrouve seul pour parcourir, avec dignité et sincérité, la route initiatique pour orienter sa quête de la vérité.

J’ai beau chercher la vérité dans les masses, je ne la rencontre que dans les individus. [Eugène Delacroix]

Le langage vulgaire confond bien souvent les deux termes réalité et vérité. En fait, il convient de les distinguer soigneusement. Un objet (cette horloge ou ce vase de fleurs), sera qualifié de réel. Cette horloge est réelle, autrement dit elle existe, mais cela n’aurait aucun sens de dire que cette horloge est vraie (ou fausse).La vérité est une valeur qui concerne un jugement. Par exemple :  » cette horloge existe, cette horloge est couleur bois », est un jugement vrai, ou bien un jugement faux. La vérité ou la fausseté  qualifient donc non l’objet lui-même, mais la valeur de mon assertion.

La vérité n’est pas garantie par la seule réalité. La vérité et la fausseté ne qualifient que les jugements que nous portons sur la réalité.


Mais, que vaut mon assertion, mon jugement ?


On doit exiger de moi que je cherche la vérité, mais non que je la trouve. [Denis Diderot]


Croyez ceux qui cherchent la vérité, doutez de ceux qui la trouvent. [André Gide]


Le pragmatisme soutient que le seul critère de la vérité est le succès, ce qui est avantageux de n’importe quelle manière. Autrement dit, si cette religion est consolante, elle est vraie; une théorie philosophique est vraie si elle calme mes inquiétudes. Pour le pragmatiste, cette échelle des valeurs est la vérité de l’homme.

Mais, attention…dans cette perspective, il peut y avoir plusieurs vérités contradictoires car différents individus peuvent trouver leur utilité dans des systèmes opposés.


S’il y avait une seule vérité, on ne pourrait pas faire cent toiles sur le même thème. [Pablo Picasso]


Que la science énonce des vérités définitives semble aller de soi : les manuels scolaires, les revues éclairées où nous les apprenons font apparaître les découvertes scientifiques comme des trésors légués par les savants à la postérité et que personne ne songerait à remettre en cause. Et pourtant, les vérités scientifiques ne sont pas des acquis pour toujours au sens absolu de l’expression.


L’homme ne progresse pas de l’erreur vers la vérité, mais de vérités en vérités, d’une vérité moindre à une vérité plus grande. [Swami Vivekananda]


L’entendement a ses limites. De ce fait, il faut admettre que la raison ne peut pas tout connaître. Voilà une première vérité qui n’est pas d’ordre scientifique.

D’autre part, la science, si tant est qu’elle demeure objective, doit reconnaître ses propres limites. Voilà une deuxième vérité.


Jusqu’à présent, les hommes n’ont trouvé d’autre chemin vers la vérité que l’erreur. [Nicolae Iorga]


Enfin, la réalité humaine ne peut en aucun cas se réduire à ce que la raison scientifique est capable de connaître. Voilà une troisième vérité.


Le doute est un hommage que l’on rend à la vérité. [Ernest Renan]


Le doute amène l’examen et l’examen la vérité. [Pierre Abélard]


L’école maçonnique, instrument initiatique précieux, libère l’homme de l’ignorance et des faux savoirs, par la mise en place d’une technique d’investigation méthodique et rigoureuse, obligeant le Franc-maçon à remettre en cause sa propre conception de ce qui est rationnel, sans jamais atteindre de vérité fixe. Mais c’est à partir de cette quête de la vérité, qui se situe au-delà des apparences, que le Maçon découvrira quelles valeurs peuvent constituer le socle de la sagesse qui fera éclater le carcan de la raison et jaillir ses ressources intérieures, portant en elles les prémices de cette vérité tant recherchée.


Pour atteindre la vérité, il faut une fois dans la vie se défaire de toutes les opinions qu’on a reçues, et reconstruire de nouveau tout le système de ses connaissances. [René Descartes]


Le soleil effectue toujours la même course, 1+1=2. Ces faits paraissent indiscutables et pourtant n’a-t-on pas remis en cause l’idée d’une rotation autour de la terre ? 1+1 n’est-il pas égal à 10 pour les informaticiens ? On ne sait pas au juste pourquoi la vie, à un moment donné de l’évolution à « inventé » la mort. Toutes les hypothèses avancées peuvent être discutées. Comment l’homme est-il parvenu à poser une égalité comme 1+1=2 ?


Philosophes et psychologues n’ont, jusqu’à ce jour, apporté aucune réponse définitive.


Les vérités sont des illusions dont on a oublié qu’elles le sont. [Friedrich Nietzsche]


Chacun voit le monde selon sa sensibilité, sa propre histoire, ce qui laisserait à penser, comme le soutient Protagoras que  » l’homme est la mesure de toutes choses ».

Cela signifie que chacun mesure le réel selon ce qu’il est, que ce qu’il perçoit est toujours sa vérité, autrement dit : « … à chacun sa vérité… ».

Peut-on alors légitimement parler de vérité personnelle?


Dès lors qu’on parle de vérité personnelle, on se contredit. Ou bien la vérité a une dimension universelle, ou bien elle n’est qu’une simple opinion. Elle ne peut pas être les deux à la fois. Un savant, un philosophe, aussi objectifs puissent-ils être, n’en défendent pas moins des idées qui leur appartiennent en propre.

Le monde qu’a conçu Newton n’est pas le même que celui qu’Einstein nous a fait découvrir.


Au-delà de cette diversité de conceptions, de points de vue, ils utilisent les armes de la raison pour défendre leurs idées. C’est ainsi qu’une vérité, à partir du moment où elle repose sur une argumentation logique, n’est déjà plus simplement personnelle. Elle s’élève à un certain degré d’universalité puisque tout le monde peut la saisir en raison et en critiquer les fondements.

Mais est-ce toujours une vérité ?


Vouloir définir chaque mot, c’est fermer la porte à la vérité. [Samuel Taylor Coleridge]


Il semble donc que dès qu’on désire ne serait-ce que définir la vérité, nous nous en éloignions d’office.


Si l’erreur est une vérité provisoire, pourquoi la vérité ne serait-elle pas une erreur qui dure ? [Maurice Chapelan]


Faut-il être sceptique, douter et renoncer à chercher la vérité?

Saint Paul aurait dit :  » A quoi servirait la foi s’il n’y avait pas le doute… ».

Effectivement, si l’homme et le Franc-maçon en particulier, puisque il à choisi le chemin de la connaissance, a foi dans son entreprise, le doute ne signifie pas l’indifférence. Le doute est le point de départ de toute quête rationnelle de la vérité. Le doute est, avec l’étonnement, à l’origine des progrès de la connaissance. La foi, la foi maçonnique, pour nous, ne peut pas être remise en cause. La quête de la vérité n’a de sens que par l’espoir de toujours mieux juger.


Le doute est l’école de la vérité. [Francis Bacon]


Doit-on dire qu’il n’y a pas de vérité?


Si rien n’était vrai, il ne serait pas vrai que rien n’est vrai ! D’ailleurs, s’il n’y avait pas de vérité, il n’y aurait pas non plus de différence entre nos connaissances, nos opinions, nos illusions, entre le faux et le vraisemblable.

Quelles vérités !


Le concept de vérité renvoie à celui d’universalité. Sera absolument vrai un fait, un calcul, une démonstration que nul esprit ne songe à remettre en cause. Il existe des vérités logiques, scientifiques, mais aussi des vérités psychologiques, des vérités de cœur. Même si la notion de vérité s’applique à des réalités extrêmement différentes, il n’en demeure pas moins que là où il y a contradiction on n’est plus en droit de parler de vérité.


Nous devons constater que la vérité d’aujourd’hui ne sera pas celle de demain. La vérité, en quelque domaine que ce soit, n’est jamais une réalité figée. Comme un symbole aux diverses facettes, nous appréhendons la vérité en fonction de l’évolution de nos connaissances.


Comme connaissance et raison ne peuvent atteindre pleinement le fond des choses, nous ne connaissons véritablement qu’une vérité partielle qui n’est donc pas la vérité !

Et, pour autant que les limites de la connaissance soient constamment reculées, si l’esprit était capable d’atteindre la connaissance absolue et donc d’atteindre la Vérité Absolue, d’aucuns diraient qu’il devient Dieu. Mais il n’aurait alors, plus aucune recherche, plus aucun but, plus aucune activité le justifiant et n’aurait donc plus de raison d’être ! Dieu ne pouvant donc être.


En conclusion


Faisons toujours la distinction entre connaître et penser ; n’oublions pas que nous avons des devoirs envers la vérité, dès lors que celle-ci concerne directement nos relations avec les autres, et tout d’abord, respecter la vérité c’est respecter autrui.

Lorsque un Franc-maçon dit la vérité à un Frère, à un ami, c’est lui prouver toute la confiance qu’il a en lui. Faire preuve de probité et de rigueur intellectuelle, vouloir la vérité et rien que la vérité, tant dans sa vie maçonnique que dans sa vie profane, c’est, pour le Franc-maçon, contribuer au progrès de l’humanité et à la pérennité de notre Ordre.


Le triomphe d’une vérité incontestée mettrait fin aux disputes et aux guerres et conduirait les hommes au bonheur. Malheureusement, ce n’est pas si simple. Si la vérité nous était donnée, il n’y aurait plus de philosophie, ni science, ni religion.

La recherche de la vérité est problématique, non seulement en matière de morale, de religion, de goût, mais aussi dans la science. Sans exclure cette dernière, il est probable qu’on ne pourra jamais accéder à une vérité absolue et que chaque individu, chaque Franc-maçon, devra accomplir son propre chemin pour trouver la vérité. Cela ne veut pas dire que toutes les vérités soient relatives, ni qu’on puisse affirmer n’importe quelle vérité. Si la vérité est plurielle, il faut accepter et tolérer celle des autres, sous peine de tomber dans l’erreur et le fanatisme.


La vérité ne saurait être contraire au bien de l’homme.

Peut-être est-ce là le meilleur critère pour déterminer ce qui est vrai.


Donc, il est clair que tout ce que nous savons du vrai, c’est que nous savons qu’il est impossible à saisir tel qu’il est exactement;

car la vérité, qui est une nécessité absolue, qui ne peut pas être plus ou moins qu’elle est, se présente à notre intelligence comme une possibilité. [Nicolas de Cusa]


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