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4 juillet 2013 4 04 /07 /juillet /2013 05:58

Le Zohar et les Couleurs

Les couleurs de la Bible

  La Bible n'est pas très riche en couleurs et quand elles sont mentionnées, elles sont imprégnées d'un sens symbolique. Elles concernent essentiellement la nourriture (soupe de lentilles par exemple), les vêtements du Grand Prêtre et l'ameublement de la Tente du Rendez-Vous dans le désert (trois couleurs groupées, le bleu-azur, le pourpre et l'écarlate), le corps humain (peau, lèvres, yeux, cheveux…), la robe des chevaux.

Pour éviter que ses propos ne soient représentés par des objets, bases de l'idolâtrie, l'Ecriture ne cherche pas à frapper l'imagination des lecteurs par la couleur. Ainsi dans l'arc-en-ciel elle suggère que la diffraction de la lumière est liée à l'immanence du divin, selon une interprétation mystique.

Les couleurs les plus citées sont le blanc (lavane) et le rouge (adom, tsaroq)), puis viennent des couleurs souvent groupées: bleu "tékhelet", pourpre "argamane" et écarlate "tolaa't shani". On rencontre plus rarement l'or (zahav), le noir (shah'or), les bruns (h'oum, amouts, kédar), le bleu foncé (kah'ol), le jaune soutenu (tsahov), le vert (yaroq) et le violet (sagol).

Les couleurs dont parle la Bible sont tirées de produits naturels de l'époque et il n'est pas sûr que tous ces produits existent encore. Il y a ainsi un degré d'incertitude sur le sens et les nuances des couleurs bibliques.

  Etymologie, sémiologie, guématrie et analogie

  Blanc

La désignation la plus courante de la couleur blanche est "lavane" (l/v/n) ou "lev noun", le cœur du poisson, des entrailles blanches. Couleur de l'habit du grand prêtre et couleur de l'expiation, lavane a la même valeur numérique que l'homme pieux ou h'assid (82). Lavane est la couleur du lait, nourriture des premiers mois de l'enfant, couleur de la miséricorde. Lié à l'œuf et à l'évolution de la vie, le blanc en ponctue les étapes: lange de la naissance, voile de l'initiation, habit du mariage et linceul du mort.

Le blanc se dit encore "tsah'or" qui connote la limpidité (tsah'), la liberté (h'or), l'aube (tsohar). Couleur de la pureté, le blanc est le mélange théorique des couleurs dont l'identité de chacune se perd dans une unité. Mais la réalité est autre, le mélange des couleurs dans ce monde-ci est un gris sale, ce qui explique le nom d'un homme peu honnête dans la Bible, Lavan, le beau père de Jacob.

  Rouge

La désignation courante du rouge est le mot "adom" (aleph/d/m), lié à l'être humain (adam, contenant "dam" le sang) et à la terre (adamah), le rouge étant la couleur de la terre en Afrique noire. Le rouge est la couleur du sang contenu; versé, le sang vire au noir.

  Noir

"Shah'or" en est la désignation la plus courante qui est liée à la fin de la nuit, avant le passage à l'aube, le moment le plus difficile pour l'être humain, celui du jugement céleste et de la mort. Couleur de l'obscurité, le noir connote, l'ignorance, la calamité et l'Autre Côté.

  Vert

"Yaroq" est la couleur de la verdure, de la nature verdoyante, du végétal, couleur de l'équilibre naturel.

  Jaune

"Tsahov" est une couleur brillante, jaune soutenu, visible comme un vent violent (pih'ah) de sable (évéq), deux mots de même valeur numérique que le jaune (103). Ce nom est lié à la colère et à l'hostilité

  Bleu-noir

"Kah'ol" est la poudre d'antimoine qui sert de fard aux yeux; ce mot signifie "comme le sable". Dans l'antiquité il était d'usage de clore les yeux d'un défunt avec du sable et cette mission était dévolue à celui qui allait recevoir son héritage spirituel, généralement son fils. Il est possible que ce sable fut de la poudre bleu-noir. Il est probable que cette couleur soit liée au passage dans l'au-delà, des équivalents numériques sont "nouah'" le repos (éternel) et din (le jugement).

  Violet

"Sagol" est en rapport avec la cérémonie, le trésor (ségoulah) et de la sélection de l'élite.

  Transparent

"Safir" est une pierre précieuse et le mot est lié à la transparence, la limpidité, la clarté.

Le mot peut se lire "limpidité (safi) du début" (resh ou réshit). Sur le plan des équivalences numériques, il est lié à "qéren" (350), partie la plus élevée d'un animal et aussi rayon lumineux.

  Azur-Pourpre-Ecarlate

Ces trois couleurs animales sont généralement groupées.

Tékhelet proviendrait d'un coquillage du lac Kinneret, donnant un bleu très clair ou un bleu rappelant les limites de l'horizon. Ce mot a pour sens la limite de la perfection, un objectif, une intention. Sur le plan sémiologique il porte le signe (taw) du tout (kol). Il s'agirait d'une couleur-limite non définie qui comprendrait toutes les nuances et tous les tons.

Argamane est la pourpre issue du murex, coquillage apparaissant à Césarée dans l'Antiquité. Sur le plan sémiologique il s'agit de "tisser le quoi, la question", couleur par conséquent problématique, rouge incluant un peu de bleu. Sur le plan numérique, on peut la rapprocher de l'impureté de "théréfah" et de la rébellion de "nemrod" (294).

Tolaa't shani est l'écarlate issu de la cochenille, mot qui connote une métamorphose. Sur le plan sémiologique cette couleur peut se lire "signe (taw) pour une époque (léé't)

seconde ou ultérieure (shéni), l'écarlate serait-elle la couleur du désordre précédant les temps messianiques?

 

Les couleurs du Zohar

  Le Zohar a des couleurs privilégiées, le blanc et le bleu, le noir, le rouge et le vert qui correspondent sur l'Arbre de Vie à des attributs divins (séfirot). Ces couleurs sont déployées dans le feu et la lumière à propos de la Création (tohou wa bohou, lumière du 1er Jour et luminaires du 4ème jour), du Déluge (arc en ciel), de la sortie d'Egypte des Hébreux (colonnes de nuée et de feu), du buisson ardent, des tables de la loi, de la tente du rendez-Vous, du monde intermédiaire (âmes et archanges), des rêves, de la physionomie de l'être humain (yeux, cheveux, peau), du sens des fêtes juives….

  Lumière et feu de la Création (Introduction au Zohar, I-50b, I-51a/b)

  Genèse 1/1-2: "Au commencement, D. avait créé le ciel et la terre Or la Terre n'était que chaos (tohou) et solitude (bohou)…"

Tohou est un lieu dépourvu de couleur et de forme, un chaos informe. Bohou est une irrégularité dans le Tohou qui a un aspect et une forme.

  Genèse 1/ 2: "…des ténèbres couvraient la surface de l'abîme et le souffle de D. planait sur la surface des eaux".

L'obscurité des ténèbres (h'oshekh) est un feu noir de couleur dense comprenant un feu rouge de grande visibilité, un feu jaune-orangé ayant un ton soutenu, un feu blanc dont la couleur englobe les autres. Ce feu n'est pas obscurité en lui-même, sauf quand il envahissait le "tohou".

L'obscurité assimilée à la couleur "noire" est l'image de l'ignorance, de l'aveuglement et de pulsion au mal. Mais la couleur "noire" de l'obscurité contient en elle la démesure de la passion (rouge) aveuglante, de la colère contenue ou non (jaune) pouvant mener au mal et au meurtre; mais aussi le blanc de la miséricorde et de la grâce, espoir que l'ignorance peut quelque part céder la place à un début de connaissance (daa't). De l'obscurité naît la Lumière…

  Genèse 1/ 3 à 5 & 14/15: "D. dit que la lumière soit! Et la lumière fut. D. considéra que la lumière était bonne, et il établit une distinction entre la lumière et les ténèbres. D. appela la lumière, Jour, et les ténèbres, il les appela Nuit. Il fut un soir, il fut un matin, Un Jour"

D. dit "que des corps lumineux apparaissent dans les cieux, pour distinguer entre le jour et la nuit; ils serviront de signes pour les saisons, pour les jours, pour les années; et ils serviront de luminaires, dans l'espace céleste pour éclairer la terre…"

La lumière du début, du 1er jour est une transparence de saphir, une clarté sans couleur définie qui se différentie de l'obscurité. Cette lumière ne peut s'éteindre, car elle est infinie ("ayn sof", le "sans fin", de même valeur numérique que "awr", la lumière de valeur 207). La lumière du 4ème jour est autre, c'est déjà la différentiation des couleurs, "or"(zahav) pour le soleil, argent (kessef) pour la lune, images des luminaires créés et qui sont amenés à disparaître. Nous sommes dans la matérialité fugace du monde créé.

Ces luminaires qui sont le reflet de la vérité du début sont appelés "méorot" ou mém/aleph/waw/resh/waw/taw qui se décompose en a/w/r, la lumière et m/w/t, la mort, ce qui signifie que cette lumière créée a une fin.

  Colonnes de nuée et de feu (I-2a/b)

  Complémentaires ces colonnes qui ont permis aux Hébreux de se diriger dans le désert de jour comme de nuit sont une même unité. Noir le jour et blanc la nuit, ces couleurs ont permis au peuple venant d'être libéré de la noirceur de l'esclavage de discerner entre les valeurs, de réapprendre le libre arbitre, de faire des choix librement. Par ailleurs dans la colonne de nuée (a'moud a'nan), la nuée a'nan a comme équivalent numérique "péssel" idole, et dans la colonne de feu, le feu "esh" a comme équivalent numérique tsourah, image d'une idole. Ainsi ces colonnes de feu et nuée ont pour but de préparer les Hébreux à une abstraction progressive de la notion divine.

 

Dragon de feu (II-27b)

  Le serpent qui a apparaît sur le chemin furtivement a une langue de feu rouge et noir qui consume. Il cherche à détourner les Hébreux dans leur cheminement vers la clarté du discernement et de la connaissance. La création est partie de l'unité d'en Haut vers la dualité du monde intermédiaire, puis la multiplicité du monde matériel. Le dragon-serpent du mal cherche à renverser cette situation et à ramener les Hébreux vers le soit-disant confort d'Egypte: unité en bas et multiplicité en haut, c'est à dire le polythéisme dans la foi et le totalitarisme unifiant du pharaon.

Aujourd'hui encore le débat n'est pas encore clos, la tendance à suivre le dragon du politiquement correct et de la pensée unique, du globalisme des monopoles peut ramener à la loi du pharaon. De même le supermarché de la foi, le panégyrique médiatique de l'amoralité et des déviances sexuelles sont les formes nouvelles du polythéisme.

Mais il y a heureusement un autre feu qui brûle et dévore le feu du dragon; comme pour éteindre le feu d'un puits de pétrole en flammes, on utilise un feu encore plus puissant, celui de l'explosif.

 

Le feu qui brûle mais ne se consume pas (Deut 4/4-24 & Zohar I-50a)

  Une flamme ne peut s'élever que d'une matière qui brûle. Cette flamme a deux lumières, l'une sombre, bleue ou noire, l'autre lumineuse et blanche. Celle-ci est au-dessus de l'autre et s'élève cers le haut, la lumière bleue ou noire lui servant de piédestal.

Les deux lumières sont liées, l'une étant le support de l'autre. De même que la lumière bleue ou noire n'existe que si une matière se consume et lui sert de support.

La lumière blanche est immuable, la lumière sombre est changeante, tantôt noire, tantôt bleue, tantôt rouge, lien intermédiaire entre la matière qui se détruit et la lumière blanche qui est pérenne.

Cette description se ramène à l'Arbre de Vie où la couleur blanche est l'image des séfirot supérieures (Hokhmah, la sagesse, Binah, le Discernement et Daa't, la Connaissance) et les couleurs bleue-noire-rouge image des séfirot inférieures et du risque de "traverser" vers l'Autre Côté (le mal étant assimilé à la couleur noire, couleur de la mort et de la destruction).

Cette description est aussi une allusion au sacrifice dont le but est de blanchir le mal du péché.

  L'arc en ciel (I-18b, I-71b,I-136b)

  Les goûts et les couleurs diffèrent selon les individus. Que cela soit Shimon Bar Yohay ou Moïse de Léon, auteurs présumés du Zohar, dans ce texte, l'arc en ciel n'a pas les 6 couleurs scolaires, les couleurs de base, bleu, rouge, jaune et leurs complémentaires, vert, orange et violet. On parle de blanc, rouge, vert, bleu-noir, soit 4 couleurs. Pourtant "le six" apparaît comme le symbole numérique de l'arc, puisqu'il est fait allusion aux 6 mots de la profession de foi "shémaa' yisrael, adonay elohenou, adonay eh'ad" (écoutes Israël, yhwh est notre D., yhwh est un"). En fait peu importent les couleurs qui n'en font qu'une, l'apparition de l'arc en ciel est l'image du dévoilement de la splendeur de la shékhinah, la Présence divine; et tout homme pieux énonce sa profession de foi à l'apparition et à la vue de l'arc en ciel, sur lequel son regard ne doit pas se fixer.

  Les taches noires du soleil (III-15a)

  Selon le prophète Amos "Ainsi le Seigneur D. n'accomplit rien qu'il n'ait révélé son dessein à ses serviteurs, les prophètes" (Amos 3/7). Ainsi si l'humanité est perverse, un décret est établi contre elle. Des "taches noires" apparaissent alors sur le soleil jaune or, taches qui pourront s'étendre jusqu'à son extinction. Mais ce décret est suspendu pendant 30 jours, le temps de le faire connaître aux Justes de ce monde. Par leurs bonnes actions, les Justes pourront sauver le monde de la destruction. Ayant relevé sa tête du fait de la propagation de la perversité et de la corruption, à ce moment le serpent voit sa tête enterrée dans un trou grâce au comportement des Justes. Parallèlement, le serpent d'en Haut rentre aussi dans les profondeurs abyssales. La force du Mal est ainsi neutralisée par l'action d'un ou plusieurs Justes. Et le soleil brille à nouveau et le monde est sauvé.

  Le don de la Torah (II-84a)

  La Torah s'est manifestée dans un feu noir qui s'est impressionné sur un feu blanc, ce qui signifie que grâce à la Torah la droite rejoint la gauche à l'unisson.

Quand la fumée se dégagea du Mont Sinaï, elle venait d'un feu dont les flammes étaient bleues et s'élevaient dans le ciel. Cette fumée avait tous les parfums du Paradis, aux couleurs blanche, rouge et noire, "au parfum de myrrhe, d'encens et de poudres du marchand" (Cantique des Cantiques 3/6). La Présence Divine ou Shékhinah s'est manifestée ainsi lors du don de la Torah dans la désolation du Sinaï.

Les lettres inscrites sur les Tables de la Loi étaient visibles des deux côtés, car les tablettes étaient faites de pierre de saphir (lapis lazuli transparent) et les lettres formées de feu blanc couvert de feu noir. Les lettres flottaient en dansant; elles étaient visibles dans les deux couleurs, comme si les tablettes étaient gravées des deux côtés. Blanc et noir pour montrer l'union de la Droite avec la Gauche dont la rigueur est alors tempérée par la Miséricorde.

  Les âmes et les archanges (I-83 a/b, II-139a, 147b, 149b,152a/b, 226b)

  L'âme humaine a plusieurs désignations dans la Bible. Selon la Qabalah, il s'agit de la même âme dans ses différents aspects. On compte généralement 3 aspects communs et 2 aspects plus éthérés (voir le texte sur l'âme humaine).

L'aspect primaire, partagé avec les animaux, est appelé "néfesh"; il correspond à l'âme qui permet de respirer et de vivre; elle est de couleur bleu-noir et elle est nocturne, en ce sens que le jugement concernant sa disparition a lieu la nuit.

L'aspect esprit s'appelle "rouah'" de couleur blanche et diurne, car cet aspect permet à l'âme de voir et de comprendre.

L'aspect supérieur de l'âme s'appelle "néshamah" qui permet à l'âme de s'élever spirituellement et d'accéder au divin. Nous sommes ici dans la transparence.

  Le monde intermédiaire est celui des âmes, mais aussi celui des anges. Dans le Zohar les archanges qui portent le "trône divin" ont des couleurs, qui correspondent aux séfirot de l'Arbre de Vie. Dans le sens Est-Ouest, Michaël est couleur argent comme la miséricorde, Gabriel est couleur or comme la rigueur. Dans le sens Nord-Sud, Raphaël est dans la blancheur des séfirot supérieures et Ouriel dans la couleur bleu-rouge.

Le trône divin change de couleur selon l'heure du jour et prend les couleurs violettes, la nuit (pourpre ou jacinthe).

  Les rêves (I-51b, II-27a/b, II-149b)

  Toutes les couleurs dans un rêve sont de bonne augure, sauf la couleur jacinthe (excès de bleu-noir par rapport au rouge), car cette couleur signifie que l'âme du rêveur qui erre dans les hauteurs du monde intermédiaire risque de ne pouvoir rejoindre son corps qui est en danger de mort. Ainsi une prière particulière aux rêves doit être récitée avant de dormir, afin de neutraliser de mauvaises augures.

La couleur jacinthe est celle du trône de Jugement et aussi celle des eaux qui se séparent au second jour de la création; elle est ainsi liée au mal qui s'est immiscé dans cette séparation.

La couleur jacinthe contient le rouge du Jugement et de la Rigueur, mais aussi un excès de bleu-noir, couleur du Mal, qu'on doit neutraliser par la prière.

  Les yeux ( I-192b, II-72b, 73a/b)

  L'œil est l'image des couleurs de l'univers créé: le blanc de l'œil est l'image de l'univers

sidéral, l'iris est celle de la terre des hommes, la pupille celle de l'individu. On peut faire la même analogie avec la triade Israël-Jérusalem-Sion.

Le Zohar s'intéresse aux nuances du bleu de l'iris qui vont du plus clair au noir profond.

D'une façon générale, un œil bleu est l'image d'un tempérament agréable, mais égocentrique.

S'il n'y a pas de taches noires, l'iris bleu est le signe de désirs non dirigés vers le Mal. Mais l'individu peut y succomber quand il s'en rapproche. On peut lui faire confiance dans son domaine, mais pas ailleurs. Il sait garder un secret aussi longtemps que celui-ci n'est pas dévoilé par ailleurs.

L'iris bleu aux nuances de jaune est le signe d'une folie, mégalomanie et grandiloquence

Dans le discours et les manières. Si l'individu a de plus des rides sur le front, il ne mérite pas qu'on lui enseigne les mystères de la Torah.

L'iris bleu pâle aux nuances de vert est le signe d'irascibilité mais aussi d'un grand cœur. En colère, l'individu peut devenir cruel. On ne doit pas lui confier un secret.

L'iris bleu clair et franc avec des taches noires signifie que l'individu peut recevoir un secret. Sur le plan des affaires il prospère et ses ennemis ne peuvent l'atteindre et lui généralement subordonnés.

L'iris noir ou sombre (brun) est le signe d'un individu direct et libre, joyeux, ayant de bonnes intentions, terre à terre mais capable de spiritualité.

  Les cheveux ( II-71 a/b)

  Si la couleur est noire et brillante, l'individu réussit seul ce qu'il fait dans les affaires commerciales. Il a un tempérament généreux, mais il n'a pas besoin d'associés.

Si la couleur est noire mais terne, l'individu ne réussit pas toujours dans les affaires, mais on peut s'associer avec lui. De nature dépendante, il peut garder un secret pendant un certain temps.

Si l'individu est chauve il réussit bien dans les affaires mais il n'est pas fiable; si la calvitie est précoce, il est de plus hypocrite.

  Les fêtes (II-135a)

  Le Nouvel An est couleur "or", car c'est le jour du Jugement. Le jour de l'expiation et du Grand Pardon (kipour) est couleur "argent", car les péchés sont blanchis et purifiés. La fête des Tentes ou Soukot est de couleur aux nuances vert/jaune du cuivre comme le toit de la Soukah, comme les 4 espèces qu'on agite. La fête de la Pâque est liée à la spiritualité et la liberté reconquises après l'esclavage d'Egypte et sa couleur est le bleu "tekhelet". La Pentecôte est liée aux Tables de la loi qui ont les deux facettes de la pourpre bleu et rouge, avec un excès de rouge, lié aux commandements. Après le deuil et le noir du 9 Av (destruction des Temples), on trouve le rouge écarlate de la joie du 15 Av, jour de fête où les filles d'Israël sortent en dansant….

  Les sacrifices (II-20b)

  Le sacrifice d'un animal est l'offrande du rouge (sang) et du blanc (graisse) qui s'élèvent dans une même fumée odoriférante. Le jeûne a remplacé le sacrifice animal, comme si le rouge et le blanc se consumaient ensemble à l'intérieur de l'individu. Le jeûne est ainsi un autel d'expiation, remplaçant l'autel du sacrifice. De la même manière, la prière qui exhale de la bouche est comme la fumée du sacrifice qui s'élève. Et la prière n'est acceptée que si elle a la même intention que le sacrifice, un don de soi.

Élever le rouge/blanc c'est passer de l'équilibre du cœur miséricorde/rigueur vers un autre équilibre, celui de la connaissance (daa't), synthèse de la Sagesse et du Discernement.

  Le rouge écarlate ou tolaa't shani(I-238b, 241b, 242a)

  Le rouge vif ou écarlate a un rôle protecteur: ainsi le feu de la cheminée protège des la neige blanche et des grands froids venant du Nord. D. "se vêt" de sa tenue écarlate pour punir l'idolâtrie dans le monde. À l'entrée de Josué à Jéricho, la courtisane Rah'ab cherche à protéger sa maison et sa famille de l'invasion prévue: un fil écarlate à sa fenêtre lui permettra de sauvegarder les siens…

Le lys rouge dont le jus est blanc, est l'image du Saint Béni Soit-il qui mène son monde de l'attribut de Justice vers celui de la Miséricorde: les péchés sont blanchis et le parfum du lys est comme l'âme, elle ne s'évapore pas.

     

PRÉLIMINAIRES

Rabbi Hizqiya ouvrit une de ses conférences par l’exorde suivant : il est écrit : « Telle que la rose entre les épines, telle est ma bien-aimée entre les filles. » Que désigne le mot rose ? Il désigne la « communauté d’Israël ». De même que la rose est rouge et blanche, de même la communauté d’Israël subit tantôt la rigueur et tantôt la clémence ; et de même que la rose est pourvue de treize pétales, de même la communauté d’Israël est environnée de treize voies de miséricorde. Ainsi, au commencement de la Genèse, entre la première mention du nom divin « Élohim » et la seconde, il y a treize mots qui, comme les treize voies de miséricorde, entourent la communauté d’Israël et la gardent. Puis, il est fait une autre mention du nom divin « Élohim ». Pourquoi cette autre mention ?

Pour indiquer le mystère que symbolisent les cinq pétales forts qui entourent la rose. Ce nombre de cinq désigne les cinq voies du salut et correspond aux cinq portes de la grâce. C’est à, ce mystère que font allusion les paroles de l’Écriture : « Je prendrai le “calice du salut” et j’invoquerai le nom du Seigneur. » Le « calice du salut » désigne la « coupe des bénédictions » qui doit reposer sur cinq doigts seulement, semblable à la rose qui est assise sur cinq pétales forts correspondant aux cinq doigts. Ainsi, la rose symbolise la « coupe des bénédictions ». C’est pourquoi, entre le second « Élohim » et le troisième, il y a cinq mots. Après le troisième « Élohim », est écrit le mot « lumière ».

Cette lumière a été créée et ensuite cachée et renfermée dans l’« alliance », symbole du principe fécondateur qui pénètre dans la rose et la féconde. Et c’est cela qui est appelé dans l’Écriture « arbre fruitier qui renferme sa semence » ; et cette semence fécondante se trouve dans l’« alliance » même. Et de même que le symbole de l’« alliance » est formé de quarante-deux grains de matière fécondante, de même les parties constituantes du nom gravé et ineffable sont les quarante-deux lettres avec lesquelles s’opéra l’œuvre de la création.

Il est écrit : « Au commencement. » Rabbi Siméon ouvrit une de ses conférences par l’exorde suivant : « Les “fleurs” paraissent sur la terre, l’époque de tailler est venue et la voix de la tourterelle s’est fait entendre dans notre pays. » « Les fleurs », c’est l’œuvre de la création. « Paraissent sur la terre », quand ? Au troisième jour de la création, comme il est dit : au troisième jour « la terre produisit » ; donc les fleurs parurent ce jour-là sur la terre.

« L’époque de tailler est venue » désigne le quatrième jour de la création, dans lequel eut lieu la chute des démons. C’est en raison de cet événement que le mot « M’oroth » (= Lumières) est écrit sans vav et peut se traduire par « malédiction ». « Et la voix de la tourterelle » désigne le cinquième jour de la création ; car à propos de ce jour il est écrit : « Faisons l’homme », l’homme qui, plus tard, lors de la proclamation de la loi, dira : « Nous ferons » avant de dire :

« Nous entendrons », c’est-à-dire qui prendra l’engagement d’observer la loi avant même d’avoir entendu sa proclamation . En effet, dans les deux textes se trouve l’expression identique : « Nous ferons. » « Dans notre pays » désigne le jour du Sabbat, symbole du « pays de la vie », qui est le monde futur, monde des âmes, monde des consolations.

« Les fleurs », ce sont les âmes des Patriarches, qui préexistaient dans la pensée de Dieu avant la création et entrèrent et furent cachées dans l’autre monde, d’où elles émigrent et vont habiter le corps d’un prophète véritable. Ainsi, lorsque Joseph naquit, elles vinrent se cacher en lui ; et quand il monta « en terre sainte », il les y fixa. Et c’est là la signification des mots : « Les fleurs paraissent dans le pays » : les âmes des patriarches apparaissent en ce monde.

Et quand apparaissent-elles ? L’Écriture répond : au moment où l’arc-en-ciel apparaît en ce monde. Car c’est le moment appelé « l’époque de tailler », c’est-à-dire, le temps d’exterminer les coupables de ce monde. Mais pourquoi les coupables sont-ils sauvés ? Parce que « les fleurs paraissent sur la terre ».

Si elles ne paraissaient point, les coupables ne pourraient pas subsister, et le monde ne subsisterait pas. Et qui soutient le monde et détermine l’apparition des patriarches ? C’est la voix des petits enfants1 qui étudient la Tora ; et c’est grâce aux petits enfants que le monde est sauvé, comme il est écrit : « Nous te ferons des tourterelles d’or », c’est-à-dire les tout jeunes enfants, ainsi qu’il est dit ailleurs : « Tu feras deux chérubins d’or. »

Il est écrit : « Au commencement. » Rabbi Éléazar ouvrit une de ses conférences par l’exorde suivant : « Levez les yeux en haut et considérez qui a créé cela. » « Levez les yeux en haut », vers quel endroit ? Vers l’endroit où tous les regards sont tournés. Et quel est cet endroit ? C’est l’« ouverture des yeux ».

Là vous apprendrez que le mystérieux Ancien, éternel objet des recherches, a créé cela. Et qui est-il ? « Mi » (= Qui). C’est celui qui est appelé l’« Extrémité du ciel », en haut, car tout est en son pouvoir. Et c’est parce qu’il est l’éternel objet des recherches, parce qu’il est dans une voie mystérieuse et parce qu’il ne se dévoile point qu’il est appelé « Mi » (= Qui); et au-delà il ne faut point approfondir c. Cette Extrémité supérieure du ciel est appelée « Mi » (= Qui).

Mais il y a une autre extrémité en bas, appelée « Mâ » (= Quoi). Quelle différence y a-t-il entre l’une et l’autre ? La première, mystérieuse, appelée « Mi » est l’éternel objet des recherches ; et, après que l’homme a fait des ; recherches, après qu’il s’est efforcé de méditer et de remonter d’échelon en échelon jusqu’au dernier, il finit par arriver à « Mâ » (= Quoi). Qu’est-ce que tu as appris ? Qu’est-ce que tu as compris ? Qu’est-ce que tu as cherché ? Car tout est aussi mystérieux qu’auparavant. C’est à ce mystère que font allusion les paroles de l’écriture : « Mi » (= Quoi), je te prendrai à témoin, Mâ (= Quoi), je te ressemblerai. »

Lorsque le Temple de Jérusalem fut détruit, une voix céleste se fit entendre et dit : « Mâ » (= Quoi) te donnera un témoignage », car chaque jour, dès les premiers jours de la création, j’ai témoigné, ainsi qu’il est écrit : « Je prends aujourd’hui à témoin le ciel et la terre. » « Mâ te ressemblera », c’est-à-dire te conférera des couronnes sacrées, tout à fait semblables aux siennes, et te rendra maître du monde, ainsi qu’il est écrit : « Est-ce là la ville d’une beauté si parfaite, etc. », et ailleurs, Jérusalem qui est bâtie comme une ville dont toutes les parties sont dans une parfaite harmonie entre elles. »

« Mâ » (= Quoi) deviendra ton égal, c’est-à-dire il prendra en haut la même attitude que tu observeras en bas ; de même que le peuple sacré n’entre plus aujourd’hui dans les murs saints, de même je te promets de ne pas entrer dans ma résidence en haut avant que toutes les troupes soient entrées dans des murs en bas. Que cela te serve de consolation, puisque sous cette forme de « Quoi » je serai ton égal en toutes choses. Et s’il en est ainsi, « le débordement de tes maux est semblable à une mer ».

Mais si tu penses que ton mal est sans guérison et sans fin, détrompe-toi, « Mi te guérira ». Car (Mi), celui qui est l’échelon supérieur du mystère et dont tout dépend, te guérira et te rétablira ; Mi, extrémité du ciel d’en haut, et Mâ, extrémité du ciel d’en bas. Et c’est là l’héritage de Jacob qui forme le trait d’union entre l’extrémité supérieure Mi et l’extrémité inférieure Mâ, car il se tient au milieu d’elles. Telle est la signification du verset : « Mi (= Qui) a créé cela ».

S’adressant à son fils, Rabbi Siméon dit : Éléazar, mon fils, continue à expliquer le verset, afin que soit dévoilé le mystère suprême que les enfants de ce monde ne connaissent pas encore. Rabbi Éléazar garda le silence. Prenant alors la parole, Rabbi Siméon dit : Éléazar, que signifie le mot « Éléh » (= Cela) ? Il ne peut pas désigner les étoiles et autres astres, puisqu’on les voit toujours et puisque les corps célestes sont créés par « Mâ », ainsi qu’il est écrit : « Par le Verbe de Dieu, les cieux ont été créés. » Il ne peut pas non plus désigner des objets secrets, attendu que le mot « Eléh » ne peut se rapporter qu’à des choses visibles.

Ce mystère ne m’avait pas encore été révélé avant le jour où, comme je me trouvais au bord de la mer, le prophète Élie m’apparut. Il me dit : Rabbi, sais-tu ce que signifient les mots : « Qui (Mi) a créé cela (Eléh) ? » Je lui répondis : le mot « Eléh » désigne les cieux et les corps célestes ; l’Écriture recommande à l’homme de contempler les œuvres du Saint, béni soit-il, ainsi qu’il est écrit : « Quand je considère tes cieux, œuvre de tes doigts, etc. », et un peu plus loin : « Dieu, notre maître, que ton nom est admirable sur toute la terre. » Élie me répliqua : Rabbi, ce mot renfermant un secret a été prononcé devant le Saint, béni soit-il, et la signification en fut dévoilée dans l’École céleste ;

la voici : lorsque le Mystère de tous les Mystères voulut se manifester, il créa d’abord un point, qui devint la Pensée divine ; ensuite il y dessina toutes espèces d’images, y grava toutes sortes de figures et y grava enfin la lampe sacrée et mystérieuse, image représentant le mystère le plus sacré, œuvre profonde sortie de la Pensée divine.

Mais cela n’était que le commencement de l’édifice, existant sans toutefois exister encore, caché dans le Nom, et ne s’appelant à ce moment que « Mi ». Alors, voulant se manifester et être appelé par son nom, Dieu s’est revêtu d’un vêtement précieux et resplendissant et créa « Eléh » (Cela), qui s’ajouta à son nom. « Éléh », ajouté à « Mi » renversé, a formé « Élohim ». Ainsi, le mot « Élohim » n’existait pas avant que fût créé « Eléh ». C’est à ce mystère que les coupables qui adorèrent le veau d’or firent allusion lorsqu’ils s’écrièrent : « Éléh » est ton Dieu, ô Israël.

Et de même que dans la création « Mi » reste toujours attaché à « Éléh », de même en Dieu ces deux noms sont inséparables.

C’est grâce à ce mystère que le monde existe. Après avoir ainsi parlé, le prophète Élie s’envola et je ne l’ai plus revu. Et c’est de lui que j’ai appris l’explication de ce mystère. Rabbi Éléazar et tous les compagnons s’approchèrent alors de Rabbi Siméon et se prosternèrent devant lui en pleurant. Si nous n’étions venus en ce monde, disaient-ils, que pour entendre ces paroles, cela nous eût suffi. Continuant son discours, Rabbi Siméon dit : Ainsi, le ciel et tous les corps célestes ont été créés à l’aide de « Mâ », car il est écrit «

Quand je considère tes cieux, ouvrage de tes doigts, etc. », et un peu plus loin : « Éternel notre Dieu “Mâ ” (= Que) ton nom est admirable sur toute la terre, ô toi qui donnes ta parure au ciel. » « Au ciel », pour s’ajouter à son nom, car une lumière crée l’autre ; l’une revêt l’autre et elle s’ajoute au nom d’en haut. Telle est la signification des paroles : « Au commencement, Dieu créa Élohim. » « Éléh » s’ajoutant à « Mi », qui est en haut, forma « Élohim » ; car « Mâ », qui est en bas, n’existait pas encore et ne fut créé qu’au moment où les lettres émanaient les unes des autres, « Éléh » d’en haut vers « Éléh » d’en bas ; et la mère prête à la fille ses vêtements et la pare de ses joyaux.

Et quand est-ce qu’elle la parera de ses joyaux comme il convient ?

Lorsque tous les mâles se présenteront devant le Seigneur tout-puissant ainsi qu’il est écrit : « Tous les mâles se présenteront trois fois l’année devant le maître Dieu. » Or, celui-ci est appelé « Maître », ainsi qu’il est écrit : « L’arche de l’alliance, Maître de toute la terre. » Ainsi si on remplace le (hé) de Mâ(h), qui est l’image du principe femelle, par la lettre « i » de « Mi », qui est l’image du principe mâle, et si on y ajoute les lettres de « Éléh », émané d’en haut, grâce à Israël, on forme Élohim d’en bas. Telle est la signification des paroles de l’Écriture :

« Mes larmes m’ont servi de pain le jour et la nuit, lorsqu’on me dit tous les jours : où est ton Élohim ?

Je me suis souvenu de Cela (Eléh) et j’ai répandu mon âme au dedans de moi-même. » « Je me suis souvenu de cela et j’ai versé des larmes », pour faire émaner les lettres les unes des autres, pour faire émaner « Éléh » et former « Élohim », comme il est dit : « Je les ferai descendre » d’en haut « jusqu’à la maison d’Élohim », en bas, pour former un « Élohim » pareil à « Élohim » d’en haut. Par quel moyen ? « Par des chants et par des actions de grâces. »

À ces paroles, Rabbi Siméon se mit à pleurer et interrompit son discours. Profitant de cette courte pause, Rabbi Éléazar dit : mon silence m’a valu un discours de mon père relatif à l’édification du Temple d’en haut et du Temple d’en bas ; et ainsi se vérifie le proverbe qui dit :

« La parole vaut un sélà, mais le silence en vaut deux » ; car les paroles que j’ai prononcées précédemment valent un sélà ; mais le silence que j’ai gardé ensuite en vaut deux, attendu que grâce à ce silence j’ai appris que Dieu a créé les deux mondes, celui (l’en haut et celui d’en bas à la fois.

Rabbi Siméon dit : nous allons maintenant expliquer la seconde partie du verset précitée : « Qui fait sortir ». L’Écriture parle des deux hypostases, dont l’une, c’est-à-dire « Mi », fait sortir l’autre, c’est-à-dire « Mâ ».

Bien que l’Écriture se serve du mot « sortir », le « Mi » d’en haut et le « Mâ » d’en bas ne sont en réalité qu’une seule et même chose ; et quand on dit que « Mâ » sort de « Mi », il ne faut pas prendre le mot « sort » à la lettre.

De même, on dit dans la bénédiction qu’on prononce avant de manger le pain : « Béni soit Dieu, notre Maître, le Roi de l’Univers, qui fait sortir le pain de la terre. » Ici non plus le mot « sortir » ne doit pas être pris à la lettre. « Leurs armées dans le nombre », c’est-à-dire le nombre de six cent mille, qui se tiennent tous comme un seul homme, ce sont les armées de « Mi » et celles de « Mâ ».

On ne parle ici que des classes, car leurs subdivisions sont innombrables. « Il appela par le nom. » Que signifient ces mots ? Diras-tu qu’il les appela par leurs noms ? Dans ce cas il faudrait : par son nom (chacun par son nom) ; mais voici ce que cela signifie : « Lorsque ce degré n’était pas encore entré dans le nom, et qu’il s’appelait seulement “Mi”, il (Dieu) n’enfantait ni produisait les choses cachées, chacune selon son espèce, bien que toutes fussent cachées en lui ».

Mais dès qu’il eut créé Éléh, que Éléh se fut ajouté à son nom et qu’il fut appelé Élohim, alors, par la vertu de ce nom, il les produisit en totalité. C’est là le sens de : « Il appela par le nom » ; par son nom il appela et produisit toutes les espèces destinées à exister. C’est de la même façon qu’il est écrit :

« Vois : j’ai appelé par le nom (Beçalel) », c’est-à-dire : j’ai prononcé mon nom pour que Beçalel fût établi dans ses fonctions. « De beaucoup la grandeur. » Que signifient les mots : « De beaucoup la grandeur » ?

Cela veut dire que la volonté de Dieu, qui s’accomplit à la première échelle, s’accomplit également en bas [2b] par une voie mystérieuse.

« Et puissant en force. » C’est le mystère du monde céleste, à savoir qu’il (le mot Éléh) est entré dans le nom Élohim, comme nous l’avons dit.

« Aucun homme ne manque », c’est-à-dire « aucun ne manque » de ces six cent mille qu’il a produits par la vertu du nom.

De même que les Israélites, alors même qu’ils étaient décimés par suite de leurs péchés, ont toujours conservé le nombre de six cent mille, à chaque dénombrement, sans qu’un seul homme manquât, de même aucun des mondes ici-bas ne manquera jamais, parce qu’ils correspondent aux armées célestes.

 

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