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mon parcours maconnique pour transmettre à ceux qui cherchent

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Où se situe le M:. quand il est perdu :.

Ce sujet est assez paradoxal en lui-même.

Je m’explique ; on me demande de situer un Maitre lorsqu’il est perdu. Le paradoxe est là, comment peut-on savoir où l’on est, quand on est égaré ? De plus, comment sait-on que l’on s’est perdu ? Pour répondre à ces questions, un retour à la base me semble essentiel. A l’image de l’égaré qui cherche des points de repère pour se situer et retrouver son chemin, je serai tel le Maçon qui descend le long du fil à plomb de son édifice pour revenir à sa base ou à ses fondations, à savoir le rituel.

Alors que dit le rituel ; « Qu’un Maitre digne de ce nom n’est jamais perdu et qu’on le retrouve toujours sur le chemin du devoir et de la raison ou de l’intelligence » en d’autres termes entre l’Equerre et le Compas. Mon travail s’axera donc sur l’analyse de cette phrase et plus particulièrement sur trois points qui me semble essentiels, à savoir définir la Maitrise pour comprendre ce qu’est un bon Maitre, puis revenir sur les rôles que tiennent l’Equerre et le Compas par rapport à celui-ci.

Comme on le sait, chaque cérémonie d’initiation apporte à son initié les clés de son futur grade. Cette exaltation devrait donc me donner celles de la Maitrise. A travers celle-ci je vais essayer de comprendre ce qu’est un Maitre. Cette cérémonie va tourner autour du terrible destin d’Hiram, Grand Maitre Architecte de la construction du temple de Salomon. Il fut lâchement assassiné pas trois mauvais compagnons qui désiraient, par-dessus tout, accéder à la Maitrise en lui soutirant les Signes, Mots et Attouchements des Maitres. Cette exaltation va donc mettre en scène sa mort et j’en serais le principal acteur. La mort est donc à nouveau au centre d’une cérémonie initiatique, elle en est son vecteur. Mais pourquoi l’appelle-t-on Exaltation ? Si l’on s’en réfère à sa définition, il est question d’état d’âme élevé au-dessus de son degré ordinaire, d’élévation au-dessus des communs des mortels, d’action de porter vers le haut.

Ce sera donc une élévation, mais alors de qui ou de quoi ?

Pour répondre à cela, revenons sur la symbolique d’Hiram. Que représente-t-il ?

Selon Claude Darche « il personnifie toute les qualités que doit posséder un Maitre Maçon, à savoir la domination de soi, la maitrise, la volonté inflexible de faire siennes et de respecter les valeurs morales, de rester fidèle à son devoir même au prix de sa vie, enfin de travailler tout au long de son existence à s’améliorer, à œuvrer sur le chantier car le travail est la plus noble des tâches de l’Homme ».

De par cette définition, je peux définir symboliquement Hiram comme la personnification de l’Homme parfait, juste et véritable, l’Homme lumière ou primordial, l’Adam Kadmon de la Kabbale ? Pour comprendre son esprit je vais devoir être confronté à sa mort et devoir la revivre. Lorsque je suis introduit en chambre du milieu, je marche à reculons comme pour mieux me rappeler des deux grades précédents. La mort et le deuil sont présents, tout est noir, sombre et l’atmosphère est pesante. L’on recherche les coupables du meurtre d’Hiram. Je vais être mis en confrontation physique avec la mort. Trois pas de l’Apprenti puis deux pas du Compagnon vont m’amener au pied du cadavre d’Hiram.

A sa tête, coté Occident, se trouve une Equerre et à ses pieds, coté Orient, un Compas, et sur son corps une branche d’Acacia. Ainsi c’est en enjambant le cadavre d’Hiram que je vais prendre la mesure de celui-ci. Le mot mesure prend ici un double sens. Celui de la prise de conscience que l’on est de nouveau face à la mort mais cette fois, physique et violente. Le deuxième sens de la mesure je le trouverai dans la marche de futur Maitre au-dessus du cadavre. En effet les pas d’Apprenti et de Compagnon se font sur un plan horizontal, même si le pas de côté du Compagnon nous démontre que d’autres voies seront possibles mais toujours sur un même plan. De l’horizontal, je vais passer par l’enjambement à un plan vertical. D’un pied encré au sol je fais pivoter l’autre dans l’espace. Je peux comparer cette action à celle d’un Compas pratiquant la mesure. Ainsi mes deux pieds en Equerre au début de la marche se transforment en compas sur la fin. Je suis donc passé physiquement et symboliquement de l’Equerre au Compas par la marche et l’enjambement. Mon évolution s’est faite d’une surface plane à deux dimensions à un plan supérieur, d’un plan terrestre à un plan cosmique.

Arrivé de l’autre côté, le Compas à mes pieds je suis devenu Hiram et je vais revivre son assassinat. En passant au-dessus de son corps recouvert d’une branche d’acacia, symbole de l’immortalité ou de régénérescence, son esprit, son âme sont montés en moi, m’ont pénétré. « S’initier c’est apprendre à mourir » m’a-t-on dit lors de mon initiation.

Cela va prendre encore plus de sens quand les trois mauvais Compagnons vont m’assener, chacun à leur tour, un coup fatal. Ses propres outils, l’Equerre, la Règle et le Maillet vont l’entrainer, m’entrainer dans la mort. Je réalise alors ce qu’est un vrai sacrifice ; la mort plutôt que le parjure ou la trahison. Je suis devenu le cadavre que j’ai enjambé, je suis retourné à la terre, perdu entre l’Equerre et le Compas. Trois Maitres vont partir à ma recherche aux quatre coins cardinaux, points de repères sur une surface plane. Deux autres les suivirent, mais il en faudra encore deux, soit sept au total, pour trouver ma tombe. Sept le chiffre du Maitre, pour nous rappeler que si les Apprentis, les trois, et les Compagnons, les cinq, n’ont pas les aptitudes nécessaire à la Maitrise, paradoxalement celle-ci ne pourra s’exercer sans les attributs des autres grades.

« S’initier c’est apprendre à mourir » certes, mais alors pour mieux renaitre. Ainsi je suis en terre, telle la graine prête à renaitre de sa propre putréfaction. Les premiers mots qui seront prononcés par les Maitres lors de la découverte de mon cadavre, les mots de substitutions à la parole perdue d’Hiram, seront Mak-Benah, traduit par la chair quitte les os. C’est par le verbe, principe créateur, que le souffle de vie va m’être insufflé à nouveau. Mon corps, à l’image de cette parole perdue et substituée, va lui aussi se substituer à celui d’Hiram en putréfaction « la chair quitte les os ».

L’œuvre au noir va se réaliser, Osiris se régénérer, le fils spirituel d’Hiram va enfin pouvoir renaitre grâce aux cinq points de la Maitrise. C’est le V\M\ Expert, tel l’Hermès conducteur des morts au tribunal des âmes, qui avec l’aide de deux autres V\M\, va pratiquer ce relèvement. Ainsi de l’horizontale je passe à la verticale. Je suis l’homme relevé, l’homme debout symbolisé par le chiffre cinq, celui de l’étoile flamboyante. Ces cinq points sont la représentation symbolique de la Maitrise. Le pied permet d’avancer et de rester debout, le genou signe d’humilité et de mobilité, la main synonyme de solidarité, de fraternité mais aussi de transmission, la poitrine celui du cœur et de la raison, et enfin le baiser celui de la paix et de la plénitude.

Ainsi relevé l’âme d’Hiram est maintenant en moi, suis-je pour autant un Maitre ? Tel l’Apprenti descendant le long de son fil à plomb, je vais devoir sans cesse m’employer à la recherche du Maitre qui est en moi pour ne pas pervertir cette transmission. Trahir l’esprit d’Hiram, c’est le tuer à nouveau, aussi je devrais toujours agir entre l’Equerre et le Compas. Se perdre c’est oublier ce que sont ces deux outils. Les définir c’est savoir ou se situer par rapport à soi-même, « connais-toi toi-même et tu connaitras la vérité ».

L’Equerre est un instrument dont les fonctions premières sont de tracer des angles droits et de tirer des perpendiculaires. Son étymologie vient du latin quadrare, qui se traduit par rendre carré. C’est un outil fixe et donc passif, en effet ce n’est pas avec l’Equerre que l’Apprenti taillera sa pierre brute pour la rendre cubique, mais il s’en servira comme d’un modèle et d’un moyen de contrôle sur son travail accompli. Elle symbolise la rectitude et le respect des lois et des règlements, elle va permettre de passer du chaos à l’ordre. C’est un instrument à deux dimensions, verticale et horizontale, qui symbolise aussi la Terre. Ainsi elle rectifie et ordonne la matière, c’est pour tout cela qu’elle symbolise la rectitude morale et qu’elle gouverne toujours nos actions. Elle est le bijou du V\M\ dont le rôle est de créer des Maçons parfaits, des pierres cubiques, pour la construction d’un parfait édifice dont ils seront à la fois constituants et constitutifs.

L’Equerre préside donc à l’action du Maçon sur la matière et donc sur lui-même.

Le Compas, lui sert à reporter des mesures et à tracer des cercles. Son nom vient du Français compasser, mesurer et du bas-latin compassare, marcher ensemble. Il est constitué de deux parties, reliées entre elle par une charnière, qui s’ouvrent ou se ferment l’une sur l’autre. C’est un outil mobile, il trace des cercles symboles de l’esprit, donc actif. Le Compas est interprété comme l’image de la pensée dessinant et parcourant les cercles du monde.

Traçant les images du mouvement et mobile sur lui-même, il est devenu le symbole du dynamisme constructeur, l’attribut des activités créatrices. Ainsi l’esprit ordonne la matière, il est donc logique qu’il soit l’outil du Grand Architecte de l’Univers. Le Compas est aussi là pour nous rappeler que, si son ouverture se fait trop grande, il en perdra ses fonctions. C’est pour cela qu’il est l’emblème de la mesure et nous permet de modérer nos passions. On peut voir ainsi, l’importance de ces deux outils, mais aussi qu’ils sont indissociables l’un de l’autre. On les retrouve à chaque grade, aussi bien au centre de la Loge sur le Naos qu’à l’Orient sur l’Autel du V\M\. Ils serviront de supports à nos serments à la F\M\ comme pour mieux nous pénétrer de leurs actions. Mais surtout leurs positions, à chaque grade, nous indiqueront le sens de leurs actions.

Alors, si un Maitre qui s’est perdu, c’est celui qui se retrouve entre l’Equerre et le Compas, ce seras donc, pour moi, un Maitre non accompli, non relevé, toujours à l’horizontale dans un état végétatif errant entre deux mondes, n’ayant pas pris la mesure de lui-même et immobile dans l’action ou n’utilisant pas ses outils de façon appropriée. Il sera tel le cadavre d’Hiram pourrissant en terre, entre l’Equerre et le Compas, et ne pouvant ressusciter en lui. A l’opposé le Maitre accompli sera celui qui aura réussi son passage de l’Equerre au Compas. Ce passage, étape charnière de l’initiation, est vraiment essentiel. L’Equerre symbolisera au final la réalisation parfaite des deux grades précédents, réunissant en elle l’horizontalité du Niveau et la verticalité de la Perpendiculaire, outils du Premier et Second Surveillant.

Ainsi pour le futur Maitre ce passage est le point de départ qui le fera accéder à un point supérieur, d’où l’Exaltation. Cependant le Maitre ne devra jamais laisser tomber l’Equerre au profit du Compas, son action devra toujours ce situer entre les deux, c’est-à-dire au centre, d’où la chambre du milieu, lieu où opèrent les Maitres. Il devra donc trouver un point d’équilibre, d’harmonie et pour se faire, il devra se rappeler qu’Hiram fut assassiné par les mêmes outils qu’il utilisait à la construction. Le savoir peut être ainsi altéré et servir à la destruction.

Là sera la difficulté du Maitre Maçon, d’être toujours sur le fil du rasoir, et de ne pas pencher d’un côté comme de l’autre du pavé mosaïque. Le Maitre devra donc dépasser la dualité de sa nature humaine d’après la Chute, matérielle et spirituelle symbolisée par l’Equerre et le Compas, en réalisant sa trinité, sa propre Maitrise, rassembler ce qui est épars, ce qui le ramènera à l’unité, un le tout, Hiram l’Homme Lumière, l’Homme Debout, l’Etoile Flamboyante entre l’Equerre et le Compas.

Pour conclure, je dirai qui si la F\M\ nous amène à nous élever vers des plans plus subtils, cela sera toujours pour mieux agir sur la matière.

En d’autres termes, passer de l’Equerre au Compas, c’est réaliser la Quadrature du Cercle. De l’Unité originelle décomposée en quatre éléments, la Terre, l’Air, l’Eau et le Feu, soit le carré, on passe à l’unité soit le cercle. Ainsi le Maitre accompli, l’Homme Lumière au centre de ce Cercle, peut rayonner tel l’Equerre et le Compas, ces joyaux qui rayonnent de la lumière divine, éternelle, au centre du Naos. Il agira tel un prisme, irradiant de sa lumière ses deux mondes, le profane et le sacré, de par son travail, sa transmission et son savoir mais aussi de sa Sagesse, de sa Force et de sa Beauté. Aussi pour que l’harmonisation soit suprême, le rayonnement du Compas, soit son ouverture, devra coïncider avec celle de l’Equerre.

Ce travail m’aura donc permis de me situer par rapport à moi-même et de prendre encore plus conscience du chemin à parcourir, ce qui me tends à dire que je ne suis pas perdu mais que le chemin sera long et parsemé d’embuches. Le travail et la remise en cause doivent être les leitmotivs et les repères de ma vie Maçonnique.

Aussi je ne devrais jamais oublier que la mort du vieil homme a fait de moi un homme nouveau. Le M et le B, les initiales de Mak-Benah, « la chair quitte les os », seront toujours présentes sur mon tablier de Maitre pour me le rappeler.

Enfin je terminerai en revenant sur le mot de passe « Tubalcain » qui me signifie que je suis à présent le régent de l’Univers. Je suis donc devenu Maitre de mon propre Univers, Maitre de moi-même et de ma construction.

Jung disait ainsi « Auparavant les choses m’arrivaient ; maintenant c’est moi qui veut »

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