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31 mai 2019 5 31 /05 /mai /2019 09:26
le sens de la Parole Innominablele sens de la Parole Innominable

 

De quel « Exode » parlons-nous, cette Pl.°. prend le risque de relater, sinon de tenter de comprendre, certains des événements qui furent à l’origine, il y a plusieurs millénaires, d’une Foi nouvelle, cette religion monothéiste, le judaïsme, marquée en particulier par la révélation de ce qui la désigne et pour une grande part la résume « La Parole Innominable ».

Le Judaïsme partage avec le Christianisme et l’Islam ce que l’on désigne sous le terme de « Religions abrahamiques, ou encore Religions du Livre ». D’autres religions monothéistes avaient vu le jour précédemment, ainsi le zoroastrisme encore pratiqué et quelques autres, elles, disparues. L’idée du Dieu unique, à la fois créateur, miséricordieux et tout puissant s’est faite au terme d’une longue évolution. Dieu se révèle à Abraham et contracte avec lui une Alliance, qu’il renouvellera avec son fils Isaac et son petit-fils Jacob.

Je tiens tout d’abord à préciser, n’étant pas de confession juive, non plus qu’un grand familier de la Kabbale, qu’il ne s’agit pas d’un travail universitaire non plus que d’une étude théologique. En tant qu’agnostique, si je ne me prononce pas, loin de toute indifférence, je reste à l’écoute de toutes les spiritualités. Il ne s’agit pas et pour cause de syncrétisme, non plus que d’une quelconque posture, mais de la situation d’un témoin sincère, d’un Homme en chemin, s’essayant à la tolérance et à la fraternité, …sans grand succès trop souvent, mais intimement convaincu que toutes les spiritualités, toutes les Sagesses, appartiennent au patrimoine le plus éminent de l’humanité.

Il est certain que ma vocation de médecin, mes choix philosophiques, et en premier lieu la Maç .°. m’inclinaient, à l’instar de tous nos FF.°. et chacun selon son propre parcours, à une telle ouverture source d’enrichissement spirituel. J’espère que nos FF.°. Juifs feront preuve d’indulgence et de tolérance pour mon intrusion, même maladroite, dans leur identité et dans leur Foi.

Nous savons combien l’histoire constitutive juive, souvent gravement menacée jusque dans son existence même, s’est autant déroulée sur la terre d’Israël qu’au dehors, dans une alternance d’exils et de retours, et ce jusqu’à nos jours. Cependant, nous le verrons, la F.°.M.°. a emprunté une partie de sa symbolique, tant à la Torah qu’à la Kabbale. Ce qui me parait être pour le moins un motif cohérent, pertinent d’intérêt pour nous tous.

« Ecoute Israël : L‘Eternel est notre Dieu, l’Eternel est un. » ainsi s’affirme cette Foi monothéiste, le Judaïsme.

La Torah et le Talmud sont les textes fondateurs du judaïsme.

La Torah, (la Loi) désigne au regard de la culture et de la tradition chrétienne, l’Ancien Testament, ou Bible vétéro-testamentaire, et au sens strict, principalement les cinq Livres du Pentateuque, dont le Livre II, « l’Exode », est le livre fondateur de la foi d’Israël. On y découvre la « Parole Innominable » dont l’étude constituera la 1ère partie de ce texte.

Lorsqu’il fut décidé de coucher par écrit la tradition orale, tradition qui, selon certains, pourrait être sensiblement contemporaine de la Torah, plusieurs ouvrages et tout particulièrement le Talmud et la Kabbale prirent naissances, destinés à transmettre chacun une partie de cette tradition.

Ainsi, le Talmud est le recueil de la Loi orale et des enseignements des grands rabbins. Il est constitué de textes ouverts, qui doivent être constamment actualisés et interprétés. Il était destiné à des initiés afin de leur permettre de mieux comprendre la loi écrite, la Torah.

Et enfin la seconde partie de ce texte abordera la Kabbale. Je me limiterai à l’histoire des caractères sacrés de l’écriture hébraïque, et de leur spécificité mystique, éléments absolument nécessaires à une approche minimaliste, mais déjà éclairante de « la Parole Innominable, du « Tétragramme » ou « YHWH ».

Je dois à la vérité qu’au-delà de tout ce que j’ai pu lire d’autorisé au fil des années concernant la Kabbale, j’ai pu consulter les travaux très exhaustifs et surtout des plus abordables qui soient, de l’un de nos FF.°. Sans oublier mais d’une façon plus informelle, qu’au fil de nombreuses conversations inopinées avec certains de nos FF.°. juifs, voire des profanes, j’ai souvent pu approcher le Silence d’entre les mots, comprendre un peu de l’âme juive. Qu’ils acceptent ici toute ma reconnaissance pour le sens fraternel du partage qui les anime.

 

Mais reprenons ce rude chemin de l’Exode. C’est un long récit qui couvre une période très large de l’époque antique proche-orientale. Les narrations sont parfois contradictoires, le climat souvent passionné, l’ensemble s’exprimant en hébreu ancien, plus rarement en araméen. L’Exode, retrace ce grand tournant de la vie des Hébreux marqué par la sortie d’Egypte, la fin de quatre cents ans d’esclavage, et la création d’Israël en tant que peuple. Ce terme d’Israël désignera le peuple longtemps avant d’être celui d’une terre. C’est ainsi qu’à l’intervention divine, (les dix plaies d’Egypte), un personnage-clé a toujours été associé : MOÏSE. Cet enfant hébreu adopté par une princesse égyptienne, renouera avec ses racines familiales et deviendra le chef politique et religieux de cette nation embryonnaire.

C’est par son intermédiaire que la Torah a été donnée à Israël. En effet, c‘est la Torah qui témoigne que Moïse a été le plus grand prophète d’Israël car il est le seul dont on rapporte qu’il a parlé avec Dieu, le seul à avoir établi un vrai dialogue avec Dieu : « face à face comme un homme parle à son ami ».

C’est au cours de l’épisode du Buisson Ardent que Dieu révèle à Moïse un Nom par lequel les Hommes peuvent s’adresser à lui. Moïse observait alors un phénomène étrange (Ex 3,14 et 15) : un buisson couvert d’épines brûlait sans se consumer, image symbolique de Dieu qui partage la condition de son peuple humilié. Conformément à l’Alliance conclut avec Abraham, Dieu intime alors à Moïse l’ordre d’aller délivrer son peuple de la servitude de Pharaon.

Moïse oppose à Dieu une série d’arguments pour montrer la difficulté de la mission, ajoutant qu’il ne connait pas le Nom de celui qui l’envoie. D’où la réponse, laconique, difficile à lire et plus encore à comprendre : « Je suis celui qui suis », ou « Je suis celui qui est ». La première traduction en répétant le verbe initial essaie de coller au texte hébreu. La seconde rapporte l’interprétation grecque de la Septante.

La sortie d’Egypte véhicule cette grande idée proclamée par la Torah, et qui fera son chemin : les peuples et les Hommes sont nés pour être libres, et non pour être asservis à une autorité humaine. Dans la Torah, le temps n’est pas cyclique comme un éternel recommencement, au contraire, il est linéaire, il est un chemin qui mène vers un accomplissement, à l’image de toute vie qui va de son commencement à sa fin. De plus il témoigne qu’une civilisation repose sur ce qui est exigé des Hommes, non sur ce qui leur est fourni.

Mais si l’évidence, la véracité de l’existence de Dieu ne pose pas problème pour l’homme de la Bible, si Dieu s’adresse aux hommes dans leur langue et cherche à se faire comprendre en toute occasion, la particularité d’Israël réside dans la quête résolue d’une relation personnelle avec ce Dieu qu’il révère bien qu’étant « Innominable ». Cette particularité qui, dès lors, rendra absolument improbable, inconcevable, toute relation personnelle.

La déclinaison du verbe « être » dans la révélation du nom de Dieu a suscité d’innombrables réflexions chez les philosophes et les théologiens et de nos jours encore. Il nous montre que l’identité parfaite de Dieu est bien au-delà de notre entendement. Par respect de la transcendance de Dieu, on ne prononce jamais ce mot tel qu’il est écrit, YHWH. La tradition juive utilise la simple appellation « Le Seigneur », ou encore « l’Eternel ». Mais cette forme contractée YHWH peut s’entendre : « Il est, Il était, Il sera ». Le temps n’est pas compté….

Si Dieu parle, il ne garde pas pour lui seul la capacité du langage : il la fait partager à l’Homme en lui offrant la Parole. Dieu fait défiler devant Adam l’ensemble du monde animal et lui enjoint de nommer chaque espèce. Ainsi le fait de nommer semble bien être ce qui non seulement nous relie à l’Ineffable, mais nous associe à l’œuvre de la création. Ainsi, Dieu se limite dans son œuvre de création puisqu’il s’arrête le septième jour. Voilà qui devrait limiter l’ambition souvent folle de l’Homme envers la création : c’est la condition pour que son « pouvoir » ressemble à celui de Dieu, qui organise tout « avec poids, nombre et mesure. ».

L’Homme est celui qui porterait ainsi en lui plus grand que lui.

On savait depuis l’épisode du « Buisson ardent » que si tous les prodiges mis en œuvre pour libérer le peuple de l’Egypte avaient pour but le service de Dieu, on y apprend également que le désir profond de Dieu est d’habiter au milieu des enfants d’Israël.

De la servitude humaine qui aliène, à la rencontre avec Dieu qui libère, voilà le salut qui est proposé à l’Homme.

Au début de l’histoire d’Israël, alors que le règne de Saül après de multiples intrigues se termine mal, David devint roi et son fils Salomon lui succèdera. Le Seigneur lui apparait alors en rêve et l’interpelle : « Demande !

Que puis-je te donner ? »

Et la prière de Salomon se résume alors en deux mots : écouter et discerner… ! Si le roi David fit de Jérusalem la capitale de son royaume, c’est son fils Salomon qui construira le premier Temple avec l’aide d’HIRAM, un Architecte originaire de Tyr. Or Hiram portait constamment sur lui le Nom Divin, la Parole Innommable, dont les caractères YHWH étaient gravés sur un Triangle d’Or, le Delta précieux. La Parole Innommable se transmettait selon la tradition. Une fois par an le grand Prêtre prononçait son Nom en l’épelant entouré de ceux seulement qui avaient le droit de l’entendre. Sa prononciation était ignorée du peuple.

Notre Rituel au rite Français des modernes nous rapporte qu’Hiram, menacé, parvint à le soustraire à ses assassins en le jetant dans un puits. Mais le Triangle, le Delta Précieux, avec l’aide de la Providence sera retrouvé. Il ne restait plus alors qu’à le dérober aux yeux des profanes afin de retrouver en cas d’altération le véritable Nom de Dieu, la « Parole Innommable » ainsi que tous les mots secrets de la maç.°. Salomon sachant de quelle importance était la Parole Innommable crut devoir la déposer dans un souterrain du Temple ou il avait fait pratiquer sous sa partie la plus mystérieuse une Voûte Secrète.

Au milieu de celle-ci, Salomon plaça un piédestal triangulaire sur lequel fut incrustée ce qui devenait dès lors la Parole non plus Innommable mais Innominable, recouverte par la Pierre Cubique gravée de tous les mots secrets de la Maç.°.

C’est ainsi que la Parole Innommable, terme utilisé jusqu’alors, de simple qualificatif négatif, indéterminé, s’est vue promue à celui délibérément mystique de « Parole Innominable ». De même le piédestal triangulaire devint le Piédestal de la Science et la voûte secrète ne fut plus connue que sous le nom de voûte sacrée.

Non seulement l’adjectif qualificatif « In-nom-in-able » terme laborieux surprend et la parole trébuche, mais totalement inconnu des dictionnaires il demeure sujet à spéculations. Alors qu’en est-il, quelle est donc la signification de cet étrange vocable ? J’écarterai d’emblée une erreur de transcription du rédacteur, car l’analyse grammaticale de ce mot si elle nous en révèle le sens, nous laissera augurer de sa portée. Ainsi, un élément, la négation « in », successivement préfixe et suffixe, vient s’accoler au radical, en l’occurrence le vocable « Nom », en orienter le sens, et lui donner ainsi toute sa valeur qualitative de par les inflexions de son architecture.

Si « In-nommable » ne comporte qu’une seule négation, le préfixe « in », il reste donc de signification purement négative. Cette négation issue du latin, est toujours utilisée comme telle en français moderne. Est alors Innommable, ce qui ne peut ou ne doit être nommé et ce pour les raisons les plus diverses, incluant l’ésotérisme. Mais l’usage commun qui ignore le doute, et trop souvent les nuances, l’a largement dévalorisé dans un sens péjoratif.

Par contre le qualificatif « In-nom-in-able » intègre à deux reprises la négation « in », en tant que, successivement préfixe, puis suffixe. Cette négation n’est alors pas seulement double, ce qui en annulerait le caractère négatif, mais répétitive, donc renforcée, donc absolue, pour atteindre un caractère édifiant et prendre alors le sens de ce qui ne peut être nommé, non par ignorance, mais par interdiction morale, et en l’occurrence ici… religieuse, mystique.

Enfin le suffixe « able », clôt et oriente les deux mots. Il exprime une alternative : possible ou pas possible et doit alors être compris selon le contexte, ici négatif, et de ce fait, non comme une possibilité d’accès, mais comme une interdiction d’accès intrinsèquement absolue.

J’attire l’attention de mes FF.°. Philosophes et autres sur le fait que nous venons d’effleurer ensemble le domaine caractérisé par Kant de « L’impératif catégorique absolu », désignant des propositions ayant la forme d’un commandement, d’une prescription d’ordre morale !

Et c’est en effet dans cette acceptation que nous l’entendrons.

Il me parait intéressant pour en parfaire la compréhension d’en rapprocher cet autre adjectif, le mot In-nom-in-é, qui, de racine et de structure identique pourrait non seulement s’inscrire dans notre démarche mais en conforter l’esprit. Mais cette fois les dictionnaires nous apportent une réponse : « Qui n’a pas de détermination précise, qui n’a pas de nom. ». Pourtant, s’il comporte également deux négations, répétitives, d’interdiction absolue, l’absence du suffixe « able » pourrait nous laisser pressentir la liberté, non ouvertement explicite, nous suggérer une possible transgression, … le passage à un autre niveau, …porteur d’un message d’ordre mystique cette fois.

A ma connaissance, on ne le rencontrerait qu’en anatomie obstétricale. « La ligne innominée », désigne un mince relief osseux, oblique en bas et en avant, créant une sorte de détroit à mi-hauteur de la face interne des os iliaques gauche et droit qui constituent le bassin : la voie naturelle de l’accouchement. Elle répond à la transition physiologique, certes, mais aussi symbolique de cette phase de l’accouchement entre le foetus qu’il est encore au-dessus de cette ligne et le dégagement de l’enfant en train de naître au monde en franchissant ce détroit. Il me parait peu probable que cette dénomination ait pu résulter de l’ignorance de mes vénérables confrères, anatomistes, maïeuticiens des premiers temps, face à cette phase de l’accouchement.

Je serais plutôt enclin à y déceler leur humilité qui, pour être soumission aux lois de la Nature, est avant tout respect face aux mystères de la création et de l’apparition de la Vie. Les anatomistes au fil des siècles, s’ils ont souvent fait preuve d’une courageuse curiosité scientifique, ont su également témoigner de ce respect que leur inspirait le corps humain, considéré comme œuvre de Dieu, en dépit des interdictions obscurantistes qui leur étaient opposées. Mais nous n’allons pas quitter tout à fait notre chemin, car je vous propose une autre lecture de l’Exode. Non plus dans le sens d’une fuite organisée sous une pression, des circonstances quelconques, mais dans le sens, symbolique, de la transition méditée d’un état profane, jugé intrinsèquement non satisfaisant, à un état supérieur, ésotérique, ou même mystique.

Ne serait-ce-pas le sens profond de l’Exode des Hébreux, avec ces 40 années passées dans le désert, porteuses d’épreuves initiatiques multiples, conduisant à la création d’ISRAEL en tant que peuple Monothéiste ? Car c’est dans cette acceptation que l’Union de la « Parole Innominable », et du « Piédestal de la Science », concept au coeur de l’Ordre de Grand Elu Ecossais, nous propose, selon notre Rituel, « conjointement une méditation de ce qui fait science, de ce qui fait les relations entre l’Homme et la Science, de ce qui se noue ou se dénoue entre science et ésotérisme, entre science et Eglise, entre le domaine du croire et ceux du savoir

Et la conviction mystique que la Science et la Vie sont les deux faces d’un même message. Celui-ci condense non une science moderne mais une science qui n’est pas coupée de ses origines comme peut l’être une science profane, qui a voulu se proclamer indépendante, ayant ainsi coupée elle-même toute communication avec la vérité transcendante et avec la connaissance suprême. »

Et notre Rituel poursuit, « La notion de Foi en quête d’intelligence ne s’oppose pas à la puissance divine omnisciente. Se connaitre soi-même, c’est se confronter à l’ordre de l’Univers. Il faut pour progresser, connaitre le Cosmos hors de soi, comme Galilée, mais aussi en soi, comme Freud, (Jung, Adler et tant d’autres,) afin de reconnaître ses passions et les combattre. Il y a là une révolution copernicienne à faire en soi. (Copernic pour qui « la Terre n’était pas le centre de l’Univers ».) Etre Grand Elus Ecossais n’est pas un privilège mais une responsabilité à tous niveaux. ». Conclut-il.

S’il n’y a pas unanimité sur les origines historiques de la Kabbale, les Chaldéens pour certains, Abraham pour d’autres, voire contemporaine de Moïse, il semble cependant que l’origine mosaïque soit fortement contestée par les recherches littéraires et archéologiques récentes… ?

Moïse prévoyant les risques d’une transmission aléatoire eut recours à une loi orale qu’il donna de vive voix à des hommes dont il avait éprouvé la fidélité et qu’il chargea de transmettre dans le secret du sanctuaire à d’autres hommes qui le transmettant à leur tour d’âge en âge, de Maître à Disciple, la fissent ainsi parvenir à la postérité la plus reculée. Cette loi orale se nomme la Kabbale d’un mot hébreu qui signifie recevoir et accueillir. A noter que les Celtes qui occupaient l’Europe centrale et occidentale à la même époque, autour du IIIème millénaire avant notre ère, lorsqu’ils se furent enfin doté d’une « écriture » certes sommaire, répugnaient également à fixer par l’écrit ce qui relevait du fait religieux.

Vint le jour où la transcription de cette loi orale la Kabbale hébraïque, fut enfin effective, nous permettant aujourd’hui d’aborder la vision mystique de la Parole Innominable. Et pour cela il nous faut considérer les bases élémentaires mais fondamentales de la Kabbale. Etudier, comprendre la Kabbale c’est entrer dans la dynamique des forces de Vie. Un des mots le plus important de la Kabbale est celui de la Lumière. La Lumière est le 1er signe, le 1er mot de la création, la 1ère et la plus haute réalité de l’Univers, le 1er chemin vers le Divin. La Kabbale est l’ensemble des pensées, actions, études et rituels qui permettent à l’Homme de recevoir la lumière de l’Infini, et lui permet de s’élever intellectuellement et spirituellement.

« Au début…ou au commencement, » (le fameux Bereshit, illustration des difficultés patentes d’une traduction cherchant à respecter l’esprit d’origine), il existe une seule réalité absolue qui remplit tout, il n’y a pas de place pour autre chose, le monde n’est donc pas possible et pourtant nous sommes là.

Ce n’est donc pas le rien qui existe mais le « tout absolu ». Selon la théorie du Tsimtsoum qui signifie « contraction », « retrait », Dieu ne put se manifester que parce qu’au préalable il s’était retiré de lui-même, en lui-même. Pour le Kabbaliste, l’Univers est né non parce que le créateur a créé quelque chose à partir de rien, mais parce que Dieu l’Infini s’est retiré, laissant partiellement du vide. A partir de quoi la création a été rendue possible, et par cet acte il créa un espace pour le monde à venir.

Dans une seconde phase, l’infini réintègre l’espace vide sous la forme contractée d’un rayon de lumière-énergie qui devient matière prenant la forme des dix Sephiroth et puisse ainsi accueillir la Lumière. Ils seront à l’origine de la création des mondes et des forces qui seront à l’oeuvre.

Ce processus comporte une 2ème étape appelée la « brisure des vases ». En effet, la Lumière divine a une telle intensité démesurée par rapport à la capacité des réceptacles que sont les Sephiroth qu’elle provoque leur brisure. Tout est alors désarticulé, imparfait. Enfin lors de la 3ème étape l’Ordre est réparé, restauré ou réintégré. Toutefois la réparation n’est pas totalement terminée, l’acte décisif étant confié à l’Homme. Ainsi cette dernière étape définit l’Homme comme un être à « ETRE » dont l’éthique n’est plus celle de la perfection mais de la perfectibilité. Peut-on avancer que ces évènements seraient symboliquement ce que la science moderne décrit sous le nom du Big-Bang ?

Pour la tradition kabbaliste la matière du monde repose sur la structure de l’alphabet hébraïque. Lors de la 1ère émanation de la Lumière il y a la création qui est le passage du néant absolu à l’être, passage constituant la matière première de l’Univers. Cet élément infinitésimal de la matière a une forme particulière, c’est le point. La seconde phase de la création inclus les métamorphoses infinies du point en fonction du jeu des forces qui entrent en jeu. La 1ère transfiguration du point est une ligne verticale. A cette ligne verticale vient se surajouter la puissance d’une ligne horizontale qui fait naître le plan.

La combinaison de ces trois formes géométriques primordiales sont à l’origine des 22 lettres de l’alphabet hébraïque. Chacune d’elle correspond, entre autres, à un nombre, à une valeur numérique à base décimale d’après son rang. La Kabbale pratique est fondée sur la théorie selon laquelle les lettres hébraïques qui ont présidé à la création de la langue des hébreux sont strictement correspondantes aux lois divines qui ont formé le monde, les forces créatrices de l’univers. Combiner les lettres c’est connaitre les Lois ou les essences de la création. Donc connaitre l’une c’est implicitement connaitre l’autre. L’association de lettres peut donc devenir mot ou nombre.

Enfin ce système de 22 lettres donne naissance aux dix noms divins, les Dix Sephiroth, chacune exprimant un attribut spécial à Dieu. C’est-à-dire 10 conceptions à des degrés différents d’une seule et même chose que les kabbalistes désignent sous le nom de « EN SOPH » (l’infini) qui représente l’essence divine dans sa plus grande abstraction en constituant l’Arbre Séphirotique.

Cet arbre est la structure de la création, le schéma des principes par lesquels le monde a été créé et continu de subsister. Ce schéma fondamental se déploie en 3 colonnes verticales, parallèles, qui relient le monde d’en haut au monde d’en bas. Les 10 Sephirot ne sont pas isolées les unes des autres. Il existe entre elles des voies appelées canaux les réunissant les unes aux autres. C’est par tout cet ensemble que descendent et remontent toutes les énergies qui permettent à toutes les créatures d’exister.

On notera encore que la première manifestation divine, celle par laquelle Dieu créant le principe de réalité, crée par là même sa propre immortalité, c’est la Trinité, désignée par les 3 premières Sephiroth : HOKHMA, la Sagesse, KETER, la Couronne et BINA, l’intelligence figurant le monde de l’émanation. Les quelques bases élémentaires mais fondamentales de la structure de la Kabbale ayant été présentées, nous allons pouvoir tenter d’approcher ce que recouvre le terme de « Tétragramme ou Parole Innominable ».

Le Tétragramme YHWH est l’intermédiaire le plus important, celui qui fait la synthèse de tous les autres noms divins et aussi les inclut tous. Tout passe par le Tétragramme, toute l’énergie qui vient d’en haut traverse la structure du Tétragramme pour arriver à l’Humain et lui donner Vie et souffle d’existence.

Ce nom est le plus mystérieux de la théologie hébraïque. Il se compose de 4 consonnes et se lit de droite à gauche : IOD-HE-VAV-HE. L’absence de voyelles rend ce nom imprononçable et crée une distance infranchissable supprimant les possibilités de tenir Dieu pour un objet. C’est un nom qui est écrit pour ne pas être prononcé selon ses propres lettres mais pour être commenté. C’est le mot que les israélites ne prononcent jamais et que le grand prêtre épelait une fois l’an au milieu des cris du peuple profane afin qu’il ne soit pas entendu. Il sert à désigner la Divinité.

Ces 4 lettres (IOD-HE-VAV-HE) peuvent aussi s’écrire mais en se combinant différemment, et par trois : ainsi HE-VAV-HE est le présent, HE-IOD-HE le passé, enfin IOD-HE-HE le futur. Le Tétragramme est l’ouverture aux 3 dimensions du temps et peut se traduire par : être - avoir été -avoir à être.

Considérons à présent la spécificité numérique des 4 lettres de ce mot :

Le IOD = 10

Le HE = 5

Le VAV = 6.

La valeur numérique du mot IOD-HE-VAW-HE est 10 + 5 + 6 + 5 (la 4ème lettre étant le 2ème HE) = 26

Mais considérons séparément chaque lettre :

Le IOD, est figuré par un point où une virgule. Il représente le principe des choses car à l’origine de toute chose la Kabbale pose donc l’affirmation absolue de l’Etre par lui-même, du MOI, unité dont la représentation est le IOD, symboliquement de valeur 10. 6

Le HE : mais le MOI, le IOD ne peut se concevoir que par rapport au NON MOI, le HE. Le MOI et le NON-MOI. Il y a une réaction du MOI sur lui-même d’où sera tirée la notion de son existence par une division de l’unité. Le MOI (IOD) valeur 10 se divise pour s’opposer à lui-même et donne la valeur 5, valeur numérique du HE, et représente donc le NON MOI par rapport au MOI. (La femme par rapport à l’homme, (sexisme a tonné ma compagne), la substance par rapport à l’essence etc…)

Le VAV : l’opposition du MOI, le IOD et du NON MOI, le HE, donne naissance à un autre facteur qui est le rapport existant entre ce MOI et ce NON MOI. Le VAV 6ème lettre de l’alphabet hébraïque a pour valeur numérique 6. Le VAV signifie le rapport reliant les antagonistes de la nature entière, constituant le 3ème terme de cette mystérieuse trinité qui est « le MOI et le NON MOI et rapport du MOI avec le NON MOI ».

Au-delà de la trinité IOD-HE-VAV considérée comme loi, plus rien n’existe. La trinité est la formule synthétique et absolue à laquelle aboutissent toutes les sciences. Ainsi les 3 lettres IOD, HE et VAV constituent le grand nom sacré.

Enfin, le 2ème HE, 4ème terme de ce nom est formé par la répétition du 2ème terme le HE. Cette répétition indique le passage de la loi trinitaire dans une nouvelle application. Il marque le passage d’un monde à un autre. C’est la transition du monde métaphysique au monde physique ou généralement d’un monde quelconque à un monde immédiatement suivant. Il contient en germe la transition d’une génération à une autre. Il représente l’être complet renfermant dans une unité absolue les 3 termes, le MOI, le NON MOI et le rapport du MOI au NON MOI.

La connaissance de cette propriété du 2ème HE est la clé du nom Divin tout entier dans toutes les applications dont il est susceptible.

Il reviendra maintenant à chacun, munit de ce léger viatique, et d’un peu d’exigence intellectuelle et spirituelle de poursuivre ses recherches qui ne peuvent dès lors qu’être intime.

Remarquons que la valeur numérique (26) du Tétragramme, se trouve entre 2 nombres, 25 et 27, l’un carré, (25 est le carré de 5), l’autre cubique (27 est le cube de 3). Aucun autre nombre ne ressemble à 26. Le nombre 26 est un nombre unique dans tout l’univers mathématique.

Mais quelle est l’importance du nombre 26 situé entre le 25 un carré, donc une surface, et le 27, un cube, donc un volume ?

26 serait-il une dimension autre que la surface et le volume, une dimension qui permettrait de passer de la surface au volume ?

26, élément unique comme le Tétragramme, élément de passage d’une dimension à une autre, élément de transition comme le 2ème HE.

La résolution mathématique de ce problème, équation d’une grande complexité a mis en échec de nombreux mathématiciens avant d’être résolue par un jeune mathématicien anglais en 1993 ….

Le Temple, nous rappelle le Rituel, est « l’image sensible de ce Temple intellectuel et spirituel que nous devons nous efforcer d’élever dans nos coeurs, afin que l’Innominable vienne y résider. De ce Temple, celui de Salomon en est l’archétype qui doit nous permettre, par son analogie (horizontale et verticale), » mais aussi son approche kabbaliste « de comprendre que le monde inférieur est à l’image du monde supérieur, nous permettre d’être en harmonie avec le monde, et d’approcher la transcendance. » « Afin qu’à l’avenir, poursuit notre Rituel, notre Conscience soit à jamais sans reproche. Que notre bouche ne s’ouvre que pour proférer des paroles utiles à nos FF.°. Que nos vues soient pures et que toutes nos actions soient dirigées vers la Connaissance de la Vérité. ».

Et de conclure : « Acquérir la connaissance de l’Art de perfectionner ce qui est imparfait, et de parvenir au trésor de la vraie morale.

L’Amour des Connaissances, l’Amour du Bien et du Vrai. ». La connaissance du Tétragramme formule l’aboutissement de toutes les sciences et on pourrait dire qu’elle caractérise et canalise le grade de « Grand Elu Ecossais » dont « les travaux sont sublimes dans une Loge de haute science ».

Car ce mot de 4 lettres, ineffable, mais avant tout Innominable contient et dégage les principes des lois qui régissent l’Univers, notre monde et les humains que nous sommes.

C’est pourquoi cette révélation du Nom du Seigneur, « la Parole Innominable », « le Tétragramme », à Moïse au Mont Horeb, témoignerait, en vérité, qu’elle dépasse de très loin la seule notion d’une religion révélée à un peuple « élu ». C’est un cheminement virtuel ascendant, une initiation, qui mène à l’universalité de la Vie de l’Homme et de ses mystères au sein du Cosmos. C’est en quoi les hauts grades permettent d’accéder à d’autres cercles dont le centre est partout et la circonférence nulle part.

La spiritualité occidentale au sens le plus large, et dans toutes ses colorations reste, au-delà des millénaires, en dépit des graves menaces qui ont menacé, qui menacent encore son existence, largement inspirée des grands Principes Moraux que nous a légué le concept de monothéisme et tout particulièrement le judaïsme. Peut-être aurais-je commis ici ou là quelques approximations, peut-être même aurez- vous relevé des erreurs, mais tout ce que souhaite l’agnociste que je suis c’est de ne pas avoir trahi, ni même déformé l’Universalité de la Parole de l’Innominable.

Et c’est aussi pourquoi nous devons rester conscients, mais surtout vigilants. Le dogmatisme n’est jamais loin, porteur d’un fondamentalisme, d’un intégrisme obscurantiste. Car le concept de « Révélation » tel qu’interprété et vécu, par des populations, certes encore minoritaires... mais foncièrement incultes et soumises, fondement revendiqué d’un prosélytisme agressif, est porteur d’une menace mortifère quotidienne et ubiquitaire.

Nous devrons relever le défi de travailler à l’image et à la ressemblance de la vraie et profondément « Innominable » universalité bien au-delà de la faiblesse des mots humains.

J’ai dit TS :.

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