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10 novembre 2019 7 10 /11 /novembre /2019 12:17
La vérité à 2 Voix

« …Qu’y a-t-il entre vous et moi pour nous unir en ce lieu ?

C’est une vérité… », nous dit le Rituel…

 

Hier au soir, le mot « Vérité », a résonné en moi comme jamais… Au moment où il a été prononcé tout s’est éclairé, instantanément, tout prenait forme, tout devenait évident…

Ma présence et ma participation à l’ouverture des travaux, depuis déjà quelques années, prenait, enfin, tout son sens ; je crois avoir, maintenant, conscience, de ce que j’étais venu chercher, à l’époque, intuitivement…

Combien de fois, aura-t-il fallu entendre le jeu des questions et des réponses du Rituel avant  que ce soir là, un mot, un seul, fasse autant écho en moi ?

Que s’est-il, donc, passé à cet instant ?

Bien au-delà de ce que pourrait signifier le mot « vérité », c’est la musicalité du mot, qui est devenue, me semble-t-il, l’élément déclencheur d’un processus éclairant, déjà mis en route. N’oublions pas que nous sommes là, dans un contexte particulier, celui du Rituel d’ouverture des travaux ou plutôt, d’ouverture sur la magie de l’instant.

Que nous apprend le rituel à l’ouverture des travaux ?

« Nous ne sommes plus dans le monde profane, nous avons laissé nos métaux à la porte du Temple : élevons nos cœurs en fraternité et que nos regards se tournent vers la Lumière !  …. »

Monde Profane, oui, j’entends bien.., mais qu’est ce que cela veut dire ?

Pour mémoire profanum signifie : «  ce qui est devant le Temple, … à l'extérieur de l'enceinte sacrée ». Est alors mis en évidence la notion fondamentale de la séparation du sacré et du profane.  Et le fait de laisser nos métaux à la porte du Temple veut dire que nous avons laissé notre rang et situation sociale, pour être véritablement égaux, en fraternité, frères en fait, en capacité de vivre l'instant présent et d’être en état de lâcher prise.

 

Et c’est la seule chose que nous avons à faire… lâcher ?

A mes yeux, cet état de « lâcher prise » est indispensable pour passer du profane au sacré, ou du mental à la Conscience… Avec ce « lâcher prise », obtenu grâce à notre volonté, nous nous retrouvons dans une réalité modifiée, celle de l’instant. Nous nous positionnons, ainsi, spirituellement au sein d'un tout formé de nos FF :. de la Loge, au sein d’un Temple ouvert sur l'univers.

 

Et le Temple alors lui ?

Nous évoluons dans un lieu sacré, à ce titre, le Temple est consacré lors de la cérémonie de sa création – la dédicace. Le temps de midi à minuit, entre l'ouverture et la fermeture des travaux constitue un temps mythique, séparé, en dehors du temps historique, et sépare ce temps, du temps profane. Mots sacrés, symboles et serments conduisent à installer cette atmosphère de sacré.

 

Mais le sacré, pourquoi faire ?

Le rite d'ouverture crée un lieu hors du temps et de l’espace, lieu dit « sacré », lieu qui doit favoriser la mise en relation avec les émanations divines, favorisant, ainsi, l'élévation spirituelle des initiés, là, dans ce lieu, rassemblés. C’est une des voies vers le divin…

 

Dans ce contexte ainsi défini, les mots ne nous parleraient-ils pas?

Il semblerait que les mots nous parlent autant que nous les parlons… Derrière le sens ordinaire que nous leur donnons, ce sont aussi des symboles, tant, par la forme des lettres qui les composent, que par leur sonorité. C’est la « langue des Oiseaux » ou encore « la langue des anges », bien connue des alchimistes, également appelée Euphonie.

 

Quelle part de nous entend ?

Comprendre ce langage signifie que se cache, en creux, au-delà du sens parlé conventionnel, un métalangage  qui est celui de l’inconscient.  Plusieurs auteurs, dont Luc Bigé, nous donne des précisions à propos de cette langue des Oiseaux. En effet, l’inconscient ignore les conventions grammaticales et autres, des mots mais il est sensible en particulier à la sonorité du mot. L’Euphonie repose sur le fait que l’inconscient reconnaît les sonorités.

 

Quelle peut bien être cette sonorité ?

C’est la musicalité du mot, son aspect vibratoire qui importe. La sonorité devient l’expression du sens profond enfoui dans le mot. Nous pouvons voir le mot comme une cathédrale, une sorte de mélodie architecturale amplifiant les sonorités et la forme des lettres… Le terme de résonnance est celui qui conviendrait le mieux à cette approche vibratoire ou énergétique

 

Quelle est, donc, la sonorité du mot « vérité » ?

De cette sonorité émane le sens profond qu’il véhicule.

On entend « Vers I T »  vers la mise en forme (T) de la transcendance (I), le (V) de vérité symbolise la légèreté d’un oiseau, c’est un chemin vers…

 

Mon frérot, reste calme…attention de ne pas t’envoler !!!   ….

J’entends ce que tu dis, mais je suis un adepte de la « raison » qui doit, d’après moi, nous aider à faire preuve de discernement et nous conforter dans la recherche de la vérité car, nous tous en général et toi, en particulier, tu mets tout en œuvre dans cette recherche qui est la vocation du franc maçon…

Ne t’égares pas, mon frérot, car la recherche de la vérité est un des thèmes récurrents des rituels maçonniques. Je citerai, à ce propos, un extrait de la déclaration des principes du Convent de Lausanne de septembre 1875 :

« La FM proclame, comme elle l’a proclamée dès son origine, l’existence d’un principe créateur, connu sous le nom de Grand Architecte de l’Univers. Elle n’impose aucune limite à la recherche de la vérité, et c’est pour garantir à tous, cette liberté qu’elle exige de tous, la tolérance… »

De quelle  nature est cette « vérité », dont, il est, ici, question ?

La lecture de notre Rituel nous apporte une information supplémentaire par rapport à sa sonorité, car le mot « Vérité » est écrit avec un « V » majuscule et au singulier. Il ne s’agit pas des « vérités » mais de la « Vérité », la Vérité absolue…

 

Il y aurait, donc, deux types de vérités…?

Nous pouvons, en effet, définir deux types de « vérité ». Une vérité individuelle et contextuelle, fruit de notre éducation, formation ou de diverses représentations, qui sera le résultat de pensées raisonnées, intellectualisées. Notre mental prend, ici, la main.

Il existe une autre « Vérité », avec un V majuscule, qui rejoint la définition proposée par le rituel. Voici la réponse à la question de notre Rituel : quelle est cette vérité…?

« …Comme un architecte humain a conçu et réalisé ce Temple qui nous abrite à cette heure, assisté de ses Ouvriers, de même ce Temple universel qu’est le Monde a été conçu et réalisé par un Architecte éternel, auteur de ce qui a été, est ou sera, assisté lui aussi d’autres Ouvriers… »

Ceci précise l’image symbolique ou l’idée que l’on peut avoir de cette puissance créatrice universellement reconnue par toutes les traditions sous des noms divers…

Serait-elle, cette Vérité absolue, détenue par une entité omnisciente, Vérité tant recherchée...?

 

Gershom  SCHOLEM, éminent kabbaliste, nous donne la clé, en citant un verset du psalmiste souvent cité dans la littérature kabbalistique : « la Vérité est le principe ou l’essence de ta parole… »,

Il rajoute que la vérité, au sens hébraïque originel, était la parole de Dieu perceptible de manière acoustique, c’est à dire au travers du langage. La révélation est un événement, essentiellement acoustique et sensible, non visuel.  La parole de Dieu se rend perceptible à travers le langage humain bien au-delà du niveau de la communication entre les êtres. Ceci nous met face à un des thèmes majeurs de la Maçonnerie : retrouver la parole perdue…

Cette recherche, d’après toi, repose-t-elle essentiellement sur la raison ?

 

Comprendre, par la raison, c’est pouvoir établir une relation avec d’autres choses que l’on sait déjà. En logique, il y a deux façon de procéder, soit on connait le cas général et on en déduit le cas particulier, c’est la logique déductive, soit on connait plusieurs cas particuliers et on induit le cas général, c’est la logique inductive.

La logique inductive, va du particulier au général ; la méthode est utilisée pour élaborer des théories scientifiques. Elle ne me semble pas adaptée à ce type de recherche.

Si je tiens compte de ton expérience vécue, je pourrai, plutôt, appliquer la logique déductive dans cette approche de la Vérité absolue, qui serait, du reste, même ordre qu’un raisonnement mathématique…Notre capacité de connaissance dépendrait de notre travail et de notre ressenti.

La raison permet des rapprochements intéressants avec le Principe premier. Citons un autre exemple de cette raison, dans ce que l’on appelle « la preuve ontologique » de l’existence de Dieu, car c’est de cela dont il s’agit. Le raisonnement est le suivant : Dieu par définition est l’être parfait, la perfection… or exister est plus parfait que de ne pas exister donc Dieu existe (Descartes)…

 

Mais Frérot ce raisonnement sur l’existence de Dieu n’a-t-il pas été réfuté par Kant…?

 

Il suffirait, peut-être, d’accepter que si la raison ne nous permet pas d’atteindre la Vérité absolue, elle nous offre des pistes éclairantes dans la progression de nos savoirs et de notre connaissance indispensable à notre évolution…

Et moi, dans tout ça, comment trouver le chemin de la Vérité…Cela me semble tout d’un coup compliqué !!!!

Aurions-nous à notre disposition une autre manière d’appréhender cette Vérité absolue ou, tout au moins, de s’en approcher ?

 

Ce que tu viens de dire correspond à une approche cartésienne de la connaissance, une approche très occidentale, où le savoir, l’aspect intellectuel ou mental prend le pas sur l’expérience de l’instant. Cette forme de participation intuitive au monde fait partie des  principes fondamentaux des philosophies orientales comme le Zen ou le Tao …

Selon ces philosophies, la raison interpose des concepts, des raisonnements logiques entre le sujet et l’objet. L’entendement devient, ainsi, séparateur et non unificateur. Le mot qualifiant un objet sensoriel ne peut remplacer l’expérience du sens, quel qu’il soit. Le concept ne peut qualifier l’expérience du réel…

L’expérience de l’instant ne peut se faire que dans un espace dit « sacré »…

 

Mais le Sacré, est-t-il une fin en soi ???

Non, mon jumeau, c'est juste un moyen de nous conduire vers le divin ... Vers ce qui est transcendant à l'homme via 3 conceptions de la transcendance.

 

3 encore ?

La première est le divin des stoïciens, le cosmos et son Ordre harmonieux du monde qui s'impose à nous.

La seconde, c'est le Dieu des religions monothéistes, « au-delà » du monde créé par lui, c'est-à-dire tout à la fois, extérieur et supérieur à l'ensemble de la Création.

Enfin la troisième c'est la transcendance dans l'immanence.

 

Je n’y comprends plus rien… que faut-il, donc, faire ?

Il convient de se délester de la rationalité pour accéder à l’expérience pure spontanée sans la présence d’un mental qui nomme, qui se rappelle ou qui projette. Ni passé, ni futur, mais être dans l’instant présent, le sujet fusionnant avec l’objet…

Voici, à mon avis, le sens de la démarche à entreprendre pour atteindre ou plutôt se rapprocher de notre objectif initial…

 

 

Mais enfin, Frérot, il faudra bien, à un moment donné, comprendre (au vrai sens du terme) ce qu’il nous faut mettre en place, afin d’aller vers la connaissance ?

La raison, dont, il a été question plus haut, n’est qu’une forme de raison : la raison formelle, celle qui manie les concepts et les savoirs académiques. C’est l’outil du mental par excellence qui va être à l’origine de l’intentionnalité.

On peut définir deux autres formes de raison :

La raison expérientielle, qui pourrait être l’équivalent d’un dialogue entre l’expérience que l’on vient de faire et sa propre intériorité ; c’est ce que l’on appelle dans tout processus de formation, la réflexivité.

Et enfin, la raison sensible qui s’appuie sur nos sens, c’est l’outil du corps sensible qui permet donc le ressenti.

 

La recherche de la « Vérité absolue » nécessite une recherche intuitive ou une recherche raisonnée ?

A partir de ces notions, que nous venons de mettre en lumière, nous avons à notre disposition une méthode, utilisée par la Franc Maçonnerie. Par contre, il faudra respecter un ordre particulier à savoir :

•         Etre dans une intention d’évolution

•         Faire l’expérience du ressenti, approcher cette « Vérité absolue »

•         Et en fin de parcours, être dans une attitude réflexive

 

En d’autres termes, la recherche intuitive et recherche raisonnée ne sont pas des recherches opposées mais elles sont complémentaires, l’une ne va pas sans l’autre.

 

Faire pour comprendre ?

Ou Comprendre pour reproduire et transmettre ?

 

Mais, pour ma part, avant de parler de présence, l’élément le plus important serait l’intention d’être dans cette recherche, se mettre dans un état de disponibilité, ouvert, prêt à recevoir… On peut maintenant affirmer que tout va dépendre de soi. La réflexion doit se faire à l’intérieur et non à l’extérieur de soi… ce que nous rappelle la devise alchimique VITRIOL

A partir de cet état de disponibilité, voici ce qui doit nous permettre de se retrouver dans un état de conscience proche de cette « Vérité absolue » :

 

« …Commençons par être attentif à un instant de silence intérieur. Cet instant où seul le sentiment d’exister est ; où seul le sens s’unit avec son objet ; un moment où on reste immobile, juste dans un état intuitif, sans pensées, sans rien d’autre que l’immersion dans le présent… »

 

Ou encore :

Etre aligné, immobile et silencieux…

 

Je suis celui qui essaie d’approcher la vérité par la raison,


Je suis celui qui essaie d’approcher la vérité par le sacré,


Mais alors on est jumeau…?


Ensemble, nous sommes Frères…

 

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