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17 octobre 2022 1 17 /10 /octobre /2022 12:52

Trois Fois Puissant Maître,
Le rituel du 4eme deg nous rappelle via ses 4 maximes le Devoir via notre liberté de choix et ne nous parle pas ou peu de responsabilité ?

La liberté est un terme que nous utilisons souvent tant dans le monde profane que dans nos assemblées maçonniques et qui pourrait se définir sommairement comme la faculté d’agir sans aucune contrainte.
Cependant, cette définition n’est, à mon sens, valable, entendable, acceptable uniquement si l’on se réfère à soi-même.
Comment en effet considérer qu’elle représente la faculté d’agir selon sa volonté sans être entravée par le pouvoir ou simplement par la propre liberté d’autrui ?
Et comment l’autre pourrait être libre si ma faculté d’action lui impose une contrainte ? Ceci étant, pouvoir évoquer et débattre sereinement sur la notion de Liberté signifie que notre environnement a été codifié pour permettre la libre expression des idées…. En cela nous posons une deuxième acception du mot liberté, le libre arbitre.
C’est une pensée de Montesquieu dans « L’Esprit des Lois » (1748) qui nous dit : « La liberté est le droit de faire tout ce que les lois permettent ; et si un citoyen pouvait faire tout ce qu’elles interdisent, il n’y aurait plus de liberté, parce que les autres auraient tout de même ce pouvoir ». E de nous rappeler que les lois de la nature contre lesquelles l’Homme est impuissant fixe de facto un cadre de contraintes.

Et que penser également des règles sociales ou morales qui fixent le cadre de la liberté collective ?
Question - N’est-il pas utopique de vouloir vivre en dehors de toute autorité morale ? Je pense que notre questionnement de Maçon est plus dans le cheminement pour devenir notre propre Maître en trouvant un juste équilibre entre l’exercice de nos choix dans le respect de l’autre et de la loi, et assumer les responsabilités qui en découlent.
En ce sens nous associons deux notions philosophiques indissociables : puissance et acte. Nous sommes libres en puissance et devenons libres en acte par notre éducation. Il en est dans le monde profane comme durant le cheminement maçonnique … et d’évoquer la liberté de penser, intérieure, et la liberté d’expression, extérieure.
La liberté de penser peut représenter la liberté totale. Rien, ni personne, ne peut apporter de contrainte. Le savoir, associé à l’intelligence et à la volonté permettent à chacun, en conscience, de penser et donc d’effectuer des choix personnels et raisonnés.
La conscience qui est le soi et le savoir qui représente le monde, sont les moyens qui permettent l’évolution du raisonnement. Car là est le libre arbitre. Dès lors nous sommes en capacité de percevoir les notions fondamentales comme le bien et le mal. Nos émotions nous permettent d’analyser, d’apprécier, d’écouter tout ce qui se passe autour de nous : des comportements aux expressions orales ou écrites.

Ainsi nous sommes libres de modifier ou d’adapter notre raisonnement.
J’associerai bien volontiers cette sorte de dialogue intérieur à la période d’apprentissage et de compagnonnage qui suivent l’Initiation.
La Liberté d’expression, extérieure, est celle qui occupe l’espace public de l’information. Elle est omniprésente dans notre quotidien. Que ce soit à l’occasion des journaux télévisés classiques, ou sur les chaines d’informations permanentes, de plus en plus nombreuses et qui nous harcèlent tous les quarts d’heure des mêmes titres et veulent nous présenter leur vérité, LA vérité. Il va de soi qu’au nom de cette liberté d’expression nous ne pouvons pas tout dire, sauf à enfreindre les lois civiles et morales. Mais devons-nous le faire ?? Elle implique une notion de contraintes et de devoir pour tous afin que chacun puisse vivre avec l’autre. … Avant d'être individuelle, la Liberté est collective.
Liberté et Responsabilité sont donc affaire de compromis, de limites. Ce compromis se situe entre un exercice volontaire de ses choix, le respect d'autrui et celui de la loi.

La Liberté humaine renvoie à une démarche intérieure. Mais, cette Liberté n'est pas une Liberté d'action illimitée et absolue.
Certaines situations ou évènements que nous pouvons rencontrer au cours de notre vie peuvent soit favoriser ou accroître l’exercice de la Liberté, d’autres comme la maladie, les traitements, les dépendances, représentent des facteurs de limitation de notre libre-arbitre.
La Responsabilité est la situation de celui qui peut être appelé à répondre d’un fait. La notion de responsabilité suppose l’engagement personnel, tacite et explicite, de rendre des comptes, le cas échéant, à une autorité supérieure. Elle exige deux conditions essentielles : que l’on possède toute sa raison et que l’on soit libre de ses actions ; on n’est pas responsable d’un acte accompli sous la menace physique ou la contrainte morale.
Cependant, les lois sociales ou morales considèrent que l’on est responsable non seulement des actes que l’on a désirés et réalisés soi-même et de ceux que l’on a accomplis sans le vouloir (par hasard), mais même de ceux que l’on n’a ni voulus ni accomplis mais qu’il
dépendait de nous d’éviter. Être responsable, c’est tenir un engagement moral ; d’une façon plus générale, c’est respecter le contrat social que nous avons souscrit, implicitement depuis notre naissance.

Être libre c'est avoir des droits mais aussi des devoirs : nous devons répondre de nos actes.
« Du jour où tu commenceras à comprendre que le responsable de presque tous les maux de la vie, ce n'est pas Dieu, ce sont les hommes, tu ne prendras plus ton parti de ces maux » Gide, Les Nourritures terrestres, 1897.
Je voudrais évoquer deux types de Responsabilité : la Responsabilité « juridique » et la Responsabilité « morale ».
« Répondre de » correspond à la dimension juridique de la Responsabilité : les individus répondent de leurs actes. Un individu est « Responsable » devant la loi dans la mesure où on l'estime conscient des conséquences de ses actes et donc également capable d'y répondre.
Dans ce contexte, les règles à respecter et les limites à ne pas franchir sont absolument limpides, définies au préalable.
« Répondre à » introduit un rapport et une Responsabilité envers autrui. Ainsi : le Responsable est celui qui se porte « Caution », d'un autre, ... pas de lui-même. Pour autant, la responsabilité morale est plus un rapport avec les autres qu’avec soi-même.
S’agissant de morale, nous sommes en présence des deux aspects de la Responsabilité : responsable devant les autres et soi-même.
« L'homme est condamné à être libre. Condamné, parce qu'il ne s'est pas créé lui-même, et par ailleurs cependant libre, parce qu'une fois jeté dans le monde, il est responsable de tout ce qu'il fait. »

Les rituels que nous pratiquons, au travers des progressions, des régressions et des questionnements qui sont codifiés, n’ont de but que de nous mettre face aux faiblesses humaines, à nos propres faiblesses, contradictions, ignorance, …, Nos émotions, mais surtout les différentes instructions qui nous sont transmises ont fait le reste.
Notre libre-arbitre qui est le fruit des passages successifs et qui conduit vers la Liberté, la connaissance des autres et de soi, est également, à mon sens, le résultat d’une quête perpétuelle de LA Connaissance : éternel cherchant sur ce cheminement qui ne ressemble à aucun autre,
puisque c’est le mien. Le grade de Maître met en scène la face sombre du visage humain. En sortant de leurs prérogatives les Compagnons abusent de la liberté qui leur a été donnée. Cette volonté de prendre le pouvoir allant jusqu’au meurtre, engendre désordre, doutes et iniquités. Tout est à reprendre et comprendre.

Au 4e grade, le Maître Secret met en exergue son libre arbitre pour tenter de reconsidérer l’usage des valeurs, pour percevoir une vérité qui se veut différente de celle admise communément, pour apprendre à penser par lui-même, se dégager des contingences, des faux-semblants et de l’idolâtrie. Il s’agit de tirer les leçons du passé, de voir le monde autrement, par devoir et raison, et discerner les vrais leviers d’action.

Au 5ème grade, le Maître Parfait, entreprend le dépassement de ce qui est maintenant révolu et poursuit ainsi son propre affranchissement, son émancipation par rapport à la tutelle de pseudo maîtres à penser.

Au 6e grade, le Secrétaire intime, par son implication, sa responsabilité et la réconciliation qu’il réalise, favorise une plus grande intelligence sociale et se libère des divisions. Un nouvel ordre est en marche, actif et participatif. Serait-ce la voie de la Sagesse ?

Au 7e grade, les Prévôts et Juges, qui possèdent les plans de l’édifice, montrent leur aptitude à commander, à se commander, avec justice et justesse, ordre et concorde, pour éviter tout abus. Un pouvoir régulateur, qui s’exerce aussi sur soi-même, s’instaure et s’affirme ici.

Au 8e grade, l’Intendant des bâtiments entretient et perpétue l’ouvrage pour étayer et pérenniser ce nouvel équilibre libérateur. Tout est maintenant à sa juste place.
L’arrêt de la construction depuis le 3e degré, sa déconstruction structurée et son entretien méthodique ensuite, contribuent à porter ici un libre jugement sur l’oeuvre.

Au 9e grade, le Maître Elu cherche à se libérer d’une partie de lui-même par la force justicière. En assouvissant une vengeance symbolique nécessaire contre le mal enfoui en lui, il tente de se vaincre, de se surmonter, en vue de se forger une liberté et obtenir la clémence de sa conscience pour la brutalité de la méthode.

Au 10e grade, l’Illustre Elu des 15 poursuit la libération violente de ce qui pèse sur sa conscience, par un châtiment public démonstratif. Si les
méthodes et les règles de vie sont encore disproportionnées, l’animalité semble symboliquement vaincue.

Au 11e grade, le Sublime Chevalier Elu institue une gouvernance libératrice du poids des iniquités et des contraintes passées en répartissant les responsabilités. Cette partition, au-delà de la division apparente, n’a pour but que de mettre en place des relais de pouvoir pour un équilibre régulateur. Le processus de justice est en marche.

Au 12e grade, changement de registre : le Grand Maître Architecte développe sa volonté pour se libérer des contingences par la création. Les institutions étant en fonction et la vengeance étant assouvie, un nouveau projet peut redémarrer. On se tourne ici délibérément vers le devenir et l’universalisme. Chacun peut participer : les portes ne sont plus gardées.

Mais rien n’est pérenne. La liberté dépend aussi des autres. Les sociétés, les édifices, aussi bien construits fussent-ils, ne résistent pas au destin et aux luttes des civilisations.

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