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1 novembre 2018 4 01 /11 /novembre /2018 11:33

Le hasard

Dans le langage ordinaire, le mot hasard est utilisé pour exprimer un manque apparent, sinon de causes, au moins de connaissance des causes d'un événement.

On parle de hasard quand on se retrouve dans une situation imprévue 

« Le hasard, c’est Dieu qui se promène incognito ; » Einstein

 

Et la Providence ?

Le mot "Providence" est une manière d'exprimer le ressenti d'une expérience essentiellement personnelle et spirituelle.

Cela signifie qu'un événement, que l'on aurait pu qualifier de hasard, n'est pas ressenti comme provoqué par un ensemble de circonstances aléatoires, mais qu'il est perçu comme un signe de l'action bienveillante d'une Puissance supérieure (que l'on nomme habituellement Dieu) dans la vie d'une personne ou d'un groupe à un moment précis.

Et qu’en dit l’Eglise : la Divine Providence ce sont les dispositions par lesquelles Dieu conduit avec sagesse et amour

L'expérience de la "Providence" est quelque chose d'essentiellement subjectif, qui apparaîtra souvent comme un hasard à l'entourage de celui qui le ressent. Par contre, pour la personne concernée, il s'agit d'une évidence,

Bien souvent, la personne ou le groupe susceptibles d'utiliser et de ressentir la Providence, ont une ouverture spirituelle qui les porte à avoir une forme de dialogue avec cette Puissance supérieure (appelée Dieu, le Créateur, la Vie, l'Eternel.

La Providence est alors ressentie profondément comme un signe d'existence de cette Puissance supérieure, qui porte à une Foi plus grande, la Foi étant cette possibilité de croire précisément quand le ressenti de Providence fait défaut.

une donnée du symbolisme pythagoricien trouve son équilibre entre la Volonté et la Providence d’une part et le destin de l’autre, symbolisé géométriquement par le triangle rectangle dont les côtés sont respectivement proportionnels aux nombres, 3 4 5, la Providence est représentée par 3, la Volonté humaine par 4 et le destin par 5…

 

L’Homme propose, Dieu Dispose   proverbe soufi

le RER nous dit : sic transit gloria mundi

5" sur Hasard et Providence
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10 juin 2018 7 10 /06 /juin /2018 07:21
De l’Efficacité d’un Escalier aussi Scabreux

 Un escalier donc pour qui et pour quoi faire tel est le sujet de ma réflexion ….

 

Un escalier donc voire un CHEMINEMENT ASCENSIONNEL, de marche en marche ... sans raison évidente … vers un but que l’on ne connait pas à priori, sur ce chemin d'évolution le récipiendaire nous avançons sans trop savoir sur quelle marche de l'escalier nus nous trouvons et quel chemin nous reste il à parcourir (ni d'ailleurs, celui qu'il a déjà parcouru) ... comme si tout cela était sans fin ? ... !!

D'autant que cet escalier symbolique est aussi (et pas seulement ?) en soi ... double progression et/ou continuité de l'évolution nécessaire à la vie ? ...

Lorsque cet escalier est considéré justement comme une allégorie du déroulement de notre Vie, celui-ci symbolise alors son mouvement vital, ses soubresauts, ses obstacles, ses retours en arrière, ses surprises et joies et par ses circonvolutions ou ses paliers et ses marches inégales … nos brusques changements de direction ... l'escalier comme notre vie nous induit voire nous conduit et nous guide pas à pas vers une conscience accrue de son soi et du monde ! Parfois, comme une éclaircie, la progression peut être plus évidente. La spirale de l'escalier permet enfin de percevoir le chemin parcouru ... l'harmonie régnant comme l'ordre et la sérénité ... !

L'escalier apparait alors comme le symbole de la progression vers le savoir, de cette l'ascension vers la connaissance, nous disons nous FM de la lumière et de sa transfiguration. L'élévation de tout Etre peut lui être symboliquement associée. Il participe à la symbolique de l'Axis Mundi (l'Axe du Monde) de la verticalité comme de sa spirale… Il relie ce qui est "en haut" à ce qui est "en bas" ... Comme tous les symboles de ce type, l'escalier peut aussi revêtir un aspect négatif …  la descente, la chute, le retour à la matérialité et au monde souterrain… bref à l'ombre en soi.

Les Égyptiens connaissaient également ce symbole de l'ascension, les pyramides étant un équivalent de l'escalier et particulièrement les pyramides à degrés. D'autres œuvres représentent l’Ame des défunts montant un escalier de 7 ou 9 marches pour se rendre devant le trône d'Osiris !!! ... Des barques sont aussi présentes portant en leur centre en guise de mat et de voilure un escalier de 7 ou 9 marches. Elles symbolisent l'ultime et définitive ascension de l'âme vers les étoiles dans lesquelles elles se confondront en s'unissant à la lumière de Râ, barques de l'escalier du ciel, symboles de l'ascension de l'âme. … sic transit gloria mundi

Avant d’aller plus loin, je voudrais faire un bref retour en arrière et plus particulièrement au 3eme grade du rite français où la loge des bâtisseurs se tient au porche du Temple et non dans le Temple lui-même. Selon la légende du grade, Hiram fut assassiné dans le chantier du Temple encore en construction alors qu’il inspectait. Selon les rituels anciens du Rite Français, les Maîtres accèdent à la Chambre du Milieu par un escalier qui se monte par 3, 5 et 7 marches, la Bible attestant que la Chambre du Milieu est située à l’étage du Temple (le Saint) (cf 1er Livre des Rois, chap.VI, 8).

Il peut donc sembler contradictoire que l’escalier conduise à l’étage d’un bâtiment non encore construit… ??  et alors comment trouver une explication, autre que purement symbolique, à cette apparente contradiction …  tant il est vrai que souvent les rituels maçonniques ajoutent des éléments antérieurs ou postérieurs à ceux du récit biblique qui est lui-même symbolique ne l’oublions pas.

On sait ainsi que Hiram Abiff ne fut jamais architecte, sauf dans les rituels de la mythologie maçonnique, récit recréé sur base d’un texte lui-même symbolique… On trouve une plausible réponse dans les Constitutions d’Anderson de 1738, qui sont, à bien des égards, plus riches en symbolique maçonnique primitive que celles mieux connues de 1723. Anderson situe la mort d’Hiram dans le temps, d’une façon très précise : le temple est achevé, mais non encore consacré.

Je vous lis la page (14) de ce texte fondateur : « Le temple fut terminé en une courte période de 7 ans et 6 mois, à la surprise du monde entier lorsque la Fraternité célébra la pose de la dernière pierre (the cape-stone) dans une joie immense. Mais leur joie fut brutalement interrompue par la mort subite de leur cher maître Hiram Abiff qu’ils enterrèrent décemment dans la loge voisine du temple selon l’ancien usage.

« Lorsque Hiram Abiff fut enseveli, le tabernacle de Moïse et les saintes reliques étant logées dans le Temple, Salomon le dédicaça et le consacra par des prières solennelles et de coûteux sacrifices…etc ».

Le rituel n’est donc pas incohérent et l’escalier vers la Chambre du Milieu existait bien avant le meurtre de l’ « architecte » qui n’est en aucun cas l’histoire et encore moins la « réalité ». « Le temple fut terminé sur une période de 7 ans et 6 mois, mais leur joie fut brutalement interrompue par la mort subite de leur cher maître Hiram Abiff, qu’ils enterrèrent décemment je te répète dans la loge voisine du temple.  

Revenons maintenant à cet escalier scabreux cad dangereux, épineux, difficile, inconfortable, périlleux, risqué et pour cause il représente la descente en soi, ce double de son soi caché et cette con_science non dévoilée qui contient encore multes vices et que nous devons affronter … Combattre … vaincre fort de nos précédents enseignements et autres vertus dont nous avons promis de donner l’exemple.

Changeons donc de plan, de référentiel … Armés seulement de ce que nous avons appris aux précédents degrés, c’est un nouveau challenge qui s’annonce à nous … permettant un nouveau départ … n’étant plus dans la matérialité et corporéité physique suite à notre accession à la Maitrise mais dans la construction de ce ‘notre’ nouveau corps et c’est bien me semble t il là la 1ere étape de cette construction puisque je le re_souligne nous devons vaincre ou mourir.

Cette devise rappelle bien sûr celle des gladiateurs romains dont le sort final dans l’arène était la victoire ou la mort !!!  sauf que ces combattants jusqu’au boutistes n’étaient pas des hommes libres comme le sont les Elus Secrets …  ils étaient contraints de se battre jusqu’à la mort pour le seul bon plaisir d’un peuple ou d’un empereur …  Alors que si les Elus en sortent vainqueurs, c’est uniquement d’eux-mêmes car ils ont bravé et affronté de face et en face leur peur …. .

C’est le sens de la scène de Joaben qui s’en va boire de l’eau à la source, source initiale de la Création, celle de l’Universalité qui a créé le monde et il n’est nullement question pour Les Elus d’utiliser une quelconque arme restant en cela conforme au commandement suprême « tu ne tueras point » .

Cette vengeance sans vainqueur est reprise dans le texte de notre rituel au retour de Joaben et avant que celui-ci ne prenne son obligation je cite : « Tout vous a annoncé la Vengeance, mais l’Ordre est bien loin de vous inspirer un pareil sentiment » .        En fait l’abandon de cette vengeance ne peut être qu’un acte d’Amour … Quel beau message de bonheur et d’Amour fraternel.

Comme Il est donc dangereux pour nous ce chemin, cette descente par cet escalier qui mène à notre cœur et à notre esprit, à ces éléments que nous cachons au plus profond de notre être, montrant aux autres notre plus belle facette mais qui n’est pas totalement notre nous via ce paraitre qui nous attache encore à une façade qui nous empêche de nous connaitre voire de nous reconnaitre en notre miroir… et voilà donc la redoutable efficacité de cet escalier se vaincre soi-même pour repartir vers de nouvelles aventures si je puis dire … vers une nouvelle naissance qui permettra d’éclairer puis d’associer son double à son être

J’ai envie de dire d’être VIVANT en son sens le plus noble et commençant ainsi la construction de son corps de gloire, l’édification de ce corps glorieux … celui qui donnera l’espérance et la foi !!

On comprend mieux alors que le germe du corps de gloire se trouve dans le corps éthérique, double du corps physique et c’est sur ce germe que nous devons travailler. Comment me direz vous  mes BA FF et SS ? … Par nos pensées … nos sentiments … nos désirs …  toute notre vie psychique, nous pouvons et devons opérer des transformations au cœur même de nos cellules. Nous sommes habités par des milliards d’âmes, nos cellules, et chacune peut ainsi s’exalter, ressusciter !!  Si nous menons une existence désordonnée, nous affaiblissons de fait nos âmes qui ne peuvent plus faire correctement leur travail ; les unes après les autres, elles cessent de fonctionner et nous allons alors vers la mort la mort physique oui … mais aussi la mort spirituelle.

Grâce aux puissances psychiques et spirituelles que nous possédons, c’est nous qui sommes à la tête et c’est nous qui décidons … Nous dépendons de nos cellules, mais en même temps c’est à nous de leur faciliter la tâche, puisque nous sommes une entité spirituelle consciente et libre. C’est pourquoi il faut arriver à animer, purifier, éclairer, spiritualiser toutes les cellules de notre corps. L’erreur des humains, c’est de ne pas sentir le lien qui les unit à tous ces habitants en eux, et cette ignorance les paralyse et les limite dans leurs possibilités.

C’est à nous de faire un travail par la pensée afin d’envoyer de la lumière et de l’amour dans tous les points de notre organisme … pour le régénérer.

Il appartient donc, à chacun d’entre nous, d’attirer de l’océan cosmique les éléments les plus subtils, les plus rayonnants, pour former notre corps de gloire, le corps de l’immortalité, notre corps de la lumière. Ce corps de gloire, nous l’avons tous en nous comme un germe que nous devons développer. Comment ?...

Eh bien comment la mère forme-t-elle son enfant ? Cet enfant, lui aussi, est d’abord un germe ; mais en mangeant, en respirant, en pensant à lui, en l’aimant, elle lui donne les matériaux grâce auxquels il se développera. C’est elle qui le forme, aussi vigilante dans ses pensées et ses sentiments, afin de le former avec ce qui existe de meilleur. Il en est de même de notre corps de gloire. On peut dire du corps de gloire qu’il est le corps, la demeure, le temple que nous construisons pour le principe mac :. qui est en nous.

Chaque créature humaine peut construire ce corps de gloire, mais à une seule condition  …  en s’efforçant  de se dépasser, de se surpasser afin d ‘attirer les particules les plus pures et les plus lumineuses.

Tel est la sanction au sens sanctification de l’Elu Secret ET L ON POURRAIT ALORS PARLER DE COURONNEMENT DU MAITRE ELU SECRET VOIRE DE SON ALLIANCE AVEC LUI-MEME AVEC LES AUTRES AVEC L UNIVERS ET LE GADLU

j AI DIT

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6 juin 2018 3 06 /06 /juin /2018 05:19

Procès-verbal du Conseil Fédéral   

Tenue extraordinaire du 27 mars  2018 

extrait de http://www.gadlu.info

 

 

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3 juin 2018 7 03 /06 /juin /2018 21:01
Le nouveau Temple de la GLDF à Marseille
Le nouveau Temple de la GLDF à Marseille

Un bel ouvrage inauguré en grande pompe et une belle sacralisation pour tous les maçons en général et ceux de notre région en particulier  .'.   

Le nouveau Temple de la GLDF à Marseille
Le nouveau Temple de la GLDF à Marseille

Un bel ouvrage inauguré en grande pompe et une belle sacralisation pour tous les maçons en général et ceux de notre région en particulier  .'.   

Le nouveau Temple de la GLDF à Marseille
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14 mai 2018 1 14 /05 /mai /2018 07:11

Le mot « chemin » renvoie à plusieurs notions : outre la voie établie pour mener d’un lieu à l’autre, le chemin est aussi la piste que l’on trace, la direction que l’on prend, la distance à parcourir mais aussi la voie suivie pour atteindre un but, en fait la progression d’un état à l’autre et toutes les étapes qui mènent à ce résultat. C’est donc bien l’action de cheminer de son état Initial à l’ETAT FINAL. En choisissant d’être Initié puis de se perfectionner, l’impétrant s’est mis en marche sur le chemin en se mettant à nu, redonnant une direction à sa vie et allant vers un progrès individuel dans un cadre collectif et fraternel. Il suit ainsi le long chainage de transmission initiatique de la FM et y mènera sa propre voie.

 

I – La symbolique du chemin

L’appel de Dieu que nous raconte la Genèse commence par la formule « lekh lekha » en hébreu qui signifie littéralement « va pour toi » ou « va vers toi » et que je me permets d’interpréter comme «  va, sur ton propre chemin » nous montrant ainsi que « l’image du chemin est le symbole de la quête de l’Etre » … et cette image archétypale que l’être humain se fait de lui-même en tant qu’Etre en recherche… Le chemin évoque donc pour l’homme une traversée des ténèbres, de l’ignorance et de ses doutes pour aller vers la lumière de la Connaissance.

C’est ce qu’exprime la maxime du moine Thomas a Kempis « qui multum peregrinantur, raro sanctificantur » littéralement, ceux qui voyagent beaucoup se sanctifient rarement … affichant ainsi la volonté de privilégier à ces pérégrinations, le pèlerinage spirituel et intérieur, celui-ci devant être vécu comme une épreuve de détachement et d'arrachement à ses repères afin de trouver un nouvel équilibre voire un nouvel art de vivre. Le pèlerin sur le chemin vit en ce sens une sorte de rite de purification de la conscience qui se dépouille de ses métaux et aspire à la conquête d’un état nouveau. C’est pour cela sans doute que le pèlerin de retour de Compostelle est souvent représenté avec un livre ouvert, symbole de la connaissance révélée…

Guidé par des symboles et par un rituel immuable dont le principe est la recréation du monde à chaque tenue quel que soit le grade et le rite pratiqué, le cheminement initiatique que nous propose la FM se parcourt sur le chemin de l’Esprit

 

II- Le cheminement initiatique

La maçonnerie ne donne pas à l’initié le parcours à suivre ni le but précis de son cheminement non … Elle lui propose une méthode basée sur la transmission de symboles et le cadre d’un rituel strictement exécuté pour qu’il construise sa propre réflexion. L’interprétation de ces symboles par un processus de pensée analogique ou métaphorique lui permet des interprétations à différents niveaux de la conscience s’ouvrant ainsi la voie à la pensée complexe. Les outils confiés à l’initié sont porteurs de valeurs sur lesquelles doit être érigé notre temple intérieur comme aussi la construction du temple de l’humanité. Passer des « ténèbres à la lumière » c'est modifier tant notre manière de penser que de vivre en se débarrassant de tous les préjugés accumulés, ce que Mircéa Eliade traduit par « la modification ontologique du régime existentiel ». Cependant la contemplation de la lumière n’est pas un but en soi. Cette lumière retrouvée doit nous conduire à agir avec morale, éthique et justice après contact des 4 éléments de la Nature, sources de tout ce qui est, qui évolue et se transforme, largement inspirées par les 4 opérations du Grand Œuvre alchimique : putréfaction, purification, dissolution et transmutation

La spécificité du Rite Français, c’est de ne pas en avoir. Alors que d’autres Rites ont subi l’influence de facteurs extra-maçonniques, et que c’est cette influence qui donne à chacun sa spécificité, le Rite Français lui n’en a subi aucune et Il est la Maçonnerie française à l’état chimiquement pur … Le Rite Français n’a pas de doctrine explicite en contenant toutefois  et c’est sa force un enseignement nulle part ailleurs développé sous la forme d’une doctrine explicite dans les textes du rite, l’enseignement restant, de bout en bout, enveloppé dans les symboles et dans tous les grades … C’est une de ces phases de savoir que nous conte le 1er ordre du rite français où L’inconnu s’est rectifié de ses pulsions et autres passions … il devient l’Elu, le crime ayant été puni et la justice rendue par voie Divine

Il découvre aussi le rôle personnalisé qu’il doit jouer pour non montrer comment faire mais être à la disposition des maçons moins expérimentés pour les aider à devenir un Maître Maçon ?  Réel approfondissement du devoir essentiel du FM  … la transmission de ce que ses yeux ne voyaient pas et la Mémoire ce qui était épars.

La démarche du M :. doit permettre à chacun de travailler, de construire et de s'élever marche après marche, vers l'Unité Universelle en s'enrichissant de la complexité de l'Autre. Qu’importe que le « français « descende dans son cœur pour s’affronter ou mourir en s’abreuvant à la source de l’Origine, qu’importe que « l ’Ecossais ancien et accepté » venge le meurtre du Maitre en désobéissant au titre d’une justice mal comprise, que le « régime rectifié »  fidèle à la religion chrétienne modifie sa structure issue jusqu’alors de la Stricte observance templière en décidant de l’abandon de toute filiation avec l'héritage templier et intégrant notamment des éléments de l'Ordre des Élus Cohëns, que « l’Egyptien »  chevalier de l’aigle rouge enfourche son cheval et soit le cabbalier qui combatte pour transmettre savoir et connaissance … seule la Fraternité et le langage symbolique nous réunit tous et toutes, démarche qui, soulignons-le, tend à l'universalité dans l'unité sans jamais tomber dans l'uniformité.

Je conclurai par la définition qu’Edgar Morin donne à la pensée : « la pensée est tout d’abord une pensée qui relie et un mode de reliance.  Chacun est libre de pratiquer l’art royal avec sa sensibilité pourvu qu’il participe par son engagement à l’œuvre commune dans le respect de la Règle car la méthode maçonnique que je qualifie d’individuelle repose sur l’engagement collectif.

Le respect de ces engagements introduit la définition de l’honneur. Ainsi par le respect de ces engagements le franc-maçon devient un homme d’honneur prompt à assumer ses paroles, ses actes dans le profane comme dans le sacré.

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6 mai 2018 7 06 /05 /mai /2018 09:42

La tour de Babel est un sujet incontournable dans l’univers du symbolisme constructif. Babel prend tout son sens si on veut bien considérer l’homme dans sa relation « idéale » entre la Terre et la Ciel. De cette relation idéale et imaginaire naîtront deux voies ascendantes : la première celle d’une Babel, instaurant la vanité et l’orgueil d’une immanence qui ne doit rien à un divin supérieur à soi, la seconde celle de l’échelle de Jacob donnant le modelé d’un plan graduel « spirituel » et donc le véritable sens à tout symbolisme constructif. Dans Babel la construction est littéralement « insensée ». Le sens véritable (l’essence de vérité ou de lumière) doit être recherché dans l’échelle de Jacob. L’immanence du plan et des fondations ne peuvent donc ignorer l’essence et la transcendance. Il semblerait que toute tentative d’élévation ne puisse se faire sans esprit.

 

1er Partie La tour de BABEL de l'ego au symbole.

Je ne vais pas faire le tour des définitions, mais nous plonger directement dans celle qui nous intéresse. Cette tour est une construction de forme cylindrique nettement plus haute que large, dominant un édifice ou un ensemble architectural ayant généralement un rôle défensif et se dressant devant le zénith.

Un peu d’histoire… La tour de Babel fit sa première apparition avec le peuple Sumérien selon la Genèse. Je ne pourrai pas vous citer de date, car aucune de mes sources ne se coordonnent. Pour ce qui est de sa taille, elle est souvent décrite à huit étages. Chaque projet a un but. Il est dit, que les hommes, survivants du déluge, descendants de Noé, ne parlaient qu’une seule et même langue (dont on ne connaît même pas le nom). Il est peut-être là question de la langue primordiale. Deux hypothèses s’offrent à nous. Soit les hommes ont édifié la tour pour atteindre le ciel, Dieu et se sentir son égal. Soit les descendants de Noé, pour se protéger d’un second déluge, ont construit une tour de briques cuites et de bitume.

Pour les punir de leur vanité, Dieu multiplia les langues. L’incompréhension du langage a fait que le chantier de la tour s’arrêta. Et dans certains écrits il est même dit que c’est l’homme qui décida de la détruire. Citation Apocalypse de Saint-Jean Chapitre 14 Verset 8

Un autre Ange le suivit, en disant: Elle est tombée, elle est tombée, cette grande Babylone, qui a fait boire à toutes les nations le vin de la colère de son impudicité.

Dans beaucoup de textes sacrés, dont l’Apocalypse de Saint Jean, on retrouve des passages de Babylone faisant allusion à la tour de Babel et surtout à sa destruction annonciatrice de la fin des temps.Dans mes recherches sur la tour de Babel beaucoup d’interrogations et de points symboliques sont apparus.

Les francs-maçons lors de leur première venue découvrent un nouveau langage symbolique fort, réservé à la Franc-Maçonnerie. L’apprenti débute sont Initiation par les trois voyages, la Lumière, le discours de l’Orateur, ainsi que le mot de passe, les signes de reconnaissance, les outils, etc.… La preuve est là que le franc-maçon utilise quelque chose d’unique et donc de puissant pour se faire comprendre et reconnaître de ses Frères.

Nous ne bâtissons pas de temple apparent, mais avec nos Frères nous bâtissons notre propre temple intérieur, voire notre tour intérieure. Peut-être faut-il chercher là, une suite logique à une volonté qui nous dépasse? L’homme dans sa nature la plus primaire est toujours à la recherche de vérité. Peut-être son ego le pousse ? La tour de Babel est un des symboles qui nous montre les erreurs de l’homme. Pour trouver cette vérité, l’homme a des limites. Le chemin intérieur pour rejoindre le céleste est bien plus compliqué qu’il n’y parait.

Cette tour est effectivement un symbole de verticalité et de hauteur. Bien sûr le rapprochement entre le terrestre et le céleste est flagrant. La tour de Babel est un édifice. Qui dit édifice, dit fondation et étages. Elle est à la base un vecteur montant.

Dans un premier temps, elle est plus le liant de ces deux univers. Et pour communiquer, entre ces deux mondes, il faut gravir les étages pour pouvoir ensuite les descendre. Pour exemple de l’échelle de Jacob qui a été ou va être lu.

Dans un second temps, la Tour (enfin son sommet) permet à l’homme de voir et de découvrir ce qui l’entoure, en prenant de la hauteur par apport à sa base. Qui dit base dit point de départ, donc origine. Plus il va s’élever dans les étages (on peut y voir là un voyage spirituel), plus il va prendre du recul par rapport à son environnement et comprendre de nouvelles choses ou symboles. Il va ensuite se servir de ce qu’il a vu et compris, afin de le partager.

Comme nous franc-maçon qui sommes là pour transmettre à nos Frères. Je finirai par le langage universel. Pour moi, le langage universel n’existe pas sous forme parlée et n’a jamais existé. Mais le symbole ou langage symbolique, vu dans des précédentes planches, lui est vrai. C’est la rencontre entre deux mondes : le supérieur et l’inférieur, le plan extérieur et l’arrière-plan, le conscient et l’inconscient, l’idée et l’apparence.

Le mot « symbole » vient du verbe grec « symballein » qui veut dire « rapprocher ». Bien sûr, d’après l’histoire de la tour de Babel, un rapprochement des hommes au niveau de la compréhension a été inévitable pour construire cet édifice, qui au final est un symbole. Les symboles ne s’adressent pas à l’intellect, mais à l’âme qui s’éveille. Une onde porteuse confère au monde la beauté, et une force incite à créer pour toucher autrui.
Un symbole universel est une porte entre le temps et l’éternité, un message spirituel relié à la vie divine.

« La Vérité n’est pas apparue au monde nue mais en symboles et en images, sinon le monde ne pourrait pas la recevoir » (l’Évangile de Philippe)

Il est vrai que la communication entre les hommes quels qu’ils soient (profanes ou initiés), si elle est la même, nous permet plus facilement d’atteindre l’âme. Je pourrais citer pour conclure : Seuls, nous ne pourrions que nous isoler du monde ; réunis, nous allions pouvoir le transformer. L'Évangile selon Pilate

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2ème Partie La tour de Babel, ou l’exaltation dans la matière.

La tour de Babel (Genèse 11.1-9)

11 Toute la terre avait une seule langue et les mêmes mots.
Après avoir quitté l'est, ils trouvèrent une plaine dans le pays de Shinear et s'y installèrent.

3 Ils se dirent l'un à l'autre: «Allons! Faisons des briques et cuisons-les au feu!» La brique leur servit de pierre, et le bitume de ciment.

4 Ils dirent encore: «Allons! Construisons-nous une ville et une tour dont le sommet touche le ciel et faisons-nous un nom afin de ne pas être dispersés sur toute la surface de la terre.»
5 L'Eternel descendit pour voir la ville et la tour que construisaient les hommes,
6 et il dit: «Les voici qui forment un seul peuple et ont tous une même langue, et voilà ce qu'ils ont entrepris! Maintenant, rien ne les retiendra de faire tout ce qu'ils ont projeté.
7 Allons! Descendons et là brouillons leur langage afin qu'ils ne se comprennent plus mutuellement.»
8 L'Eternel les dispersa loin de là sur toute la surface de la terre. Alors ils arrêtèrent de construire la ville. 9 C'est pourquoi on l'appela Babel: parce que c'est là que l'Eternel brouilla le langage de toute la terre et c'est de là qu'il les dispersa sur toute la surface de la terre.

(Bible Louis Second)

 

1/ L’exaltation vaniteuse/ exaltation dans la matière

L’homme, s’éloignant de l’Orient et de sa lumière spirituelle (Est), à l’orgueil de vouloir se hisser jusqu’au ciel par la matière et l’accumulation des briques. Cet orgueil fera l’échec du projet.

Vouloir construire trop près des cieux c’est aller au-delà des limites de l’homme. « Construire une tour dont le sommet pénètre les Cieux » à l’aide de la même glaise que celle de l’homme, mais cuite par feu sans esprit. L’homme fabrique sa remontée au ciel à partir d’une matière sans esprit. C’est ce qu’on appelle la folie des grandeurs ! C’est ici une exaltation des attaches de l’homme avec la matière, ce n’est pas une exaltation de l’esprit. Cette exaltation rend l’homme mégalomane.

Cet orgueil d’être l’homme s’identifiant au ciel se retrouvera dans le mythe d’Icare. Ces deux mythes sont une exaltation de la matière dans l’homme et démontre les limites de l’excellence technique sans spiritualité. Dédale à inventé sa propre prison et une cire et des plumes qui n’élèvent pas l’esprit, c’est son fils qui en sera la victime. Les bâtisseurs de Babel ont utilisé une brique imparfaite en regard de sa destination spirituelle, c’est la collectivité des hommes qui sera dispersée. Ici la faute est collective, et dans le cas de Dédale l’orgueil technique se transmet au fils. J’en déduis que la vanité d'un Roi-soleil est une perversion de l’esprit, collective et transmissible.

La technique matérielle philosophique ou magique exaltant l’homme ne peut s’affranchir de l’esprit. Ce serait une exaltation vaniteuse. L’esprit peut être compris comme le principe organisateur de la matière a quelque niveau que ce soit. L’esprit est immédiatement lié au logos et donc au Verbe

Dans les deux cas, c’est l’Esprit qui inflige le châtiment : Dieu en regard du mythe biblique, ou le soleil en regard du mythe grec.

En tous les cas c’est l’absence d’harmonisation de l’acte matériel avec le directeur spirituel qui conduit à la chute ou à la dispersion. Le directeur spirituel de l’architecte est sa conscience de la dimension divine dans l’homme et dans la proportion du bâti. Il y a donc nécessité d’entendre cette norme supraconsciente.

 

2/ Le souffle de l’esprit / le secret de l’initié

Si l’architecte est doué sur un plan technique, s’il n’est pas initié, il ignore que la brique doit être cuite au feu de l’esprit. La perte de ce savoir est corrélative à l’eau du déluge qui engloutit l’antique science.

Aucune technique d’origine sacrée ne peut être détournée d’un usage spirituel. Il est connu dans toutes les civilisations que c’est à partir de la boue que Dieu façonna l’homme et qu’il lui insuffla le souffle vital par les narines. Ce souffle purificateur est celui de l’esprit, et donc la glaise est associée au souffle vital. Extrait de la Bible Second, Genèse II, 7-9.

2.7 L'Éternel Dieu forma l'homme de la poussière de la terre, il souffla dans ses narines un souffle de vie et l'homme devint un être vivant.

2.8 L'Éternel Dieu planta un jardin en Éden, du côté de l'orient, et il y mit l'homme qu'il avait formé.

2.9 L'Éternel Dieu fit pousser du sol des arbres de toute espèce, agréables à voir et bons à manger, et l'arbre de la vie au milieu du jardin, et l'arbre de la connaissance du bien et du mal.

On voit clairement une triple analogie : l’emploi de la boue pour l’homme est transféré à la brique pour la tour de Babel ; en lieu et place de l’homme veillant sur l’arbre à fruit, nous avons une tour fruit de l’orgueil de l’homme. L’arbre et le jardin sont à l’Orient alors que la Tour est à l’Occident.

Sur ces trois points, nous avons un parallélisme symbolique saisissant. Le point de rupture se situe dans l’absence d’esprit dans la construction babélienne, son intervention finale arrive comme une sanction. L’image Babélienne est l’inverse du jardin d’Éden de même que le Temple de Salomon sera l’inverse de la tour de Babel.

Dans ce passage de la Genèse l’homme se prend pour Dieu, mais il méconnaît la technique du souffle vital appelée aussi Esprit. La tour serait comme la Lettre sans l’Esprit. L’élévation orgueilleuse fondée sur la matière implique la chute dans une matérialisation grandissante. L’homme doit s’élever en esprit et l’ouvrage doit être serviteur de l’esprit (Orient) et non pas de la vanité technico-égotique (Occident).

3/ L’inversion démiurgique / le royaume de la matière

La tour de Babel est l’inversion du Temple de Salomon qui est le lieu de prière de toutes les nations selon Anderson et de la Tierce. Ce lieu de concorde est un lieu de concentration, de méditation et de contemplation. La tour de Babel est un lieu de concentration certes, mais aussi satisfaction égotique et de puissance des hommes seulement. On y médite qu’une image qu’une excroissance terrestre, on y contemple que l’exaltation de l’homme dans une matérialité conquérante de ciel.

Tout projet visant l’accès au ciel ne peut se fonder sur la seule matérialité. Aucune spiritualité n’a guidé les mains des bâtisseurs babéliens, seule l’envie d’être Dieu dans la matière, et la rémunération de l’acte les motiva collectivement. Il s’agit non pas d’une démarche cultivant la relation entre la chair l’âme et l’esprit, mais plutôt le dictat de la matière sur l’esprit. L’esprit fut nié au profit de la vanité d’être à l’image de Dieu. Cet élan contraire fit de l’homme un démiurge cherchant une Gloire sans lien avec l’esprit divin. Sa motivation provient de ses muscles de l’asservissement des ouvriers, du mépris de leurs vies et de la volonté de conquérir la matière. Une pierre ne peut avoir plus de prix qu’une vie.

C’est le syndrome de la chute qui suggère à l’homme différents moyens pour rejoindre le Ciel. Ces moyens sont pris dans la matière et non pas dans l’esprit qui est ignoré. L’enjeu est de rétablir l’axe du Monde. L’homme ne comprend pas que cet axe est spirituel, car son corps ne serait plus insufflé par l’esprit, son âme serait en exil. Il veut à tout prix sa porte vers le Ciel pour avoir raison de l’esprit.

4/ Comment se situe l’épisode de la tour de Babel dans le feuilleton biblique ? (Cycle de la matière et des idoles)

Il intervient dans le corpus des textes de la Première Alliance dans la Genèse après la fameuse chute de l’Adam-Eve dans le monde matériel. Le paradis était un jardin cultivé et entretenu, soit une harmonie entre la matière sauvage et le diligentement de l’esprit.

Adam, autrefois jardinier et berger du paradis, chargé expressément de « le cultiver et le garder » pratiquait l’entretient de l’harmonie, jusqu’au moment ou il chuta pour avoir ingéré un fruit mortel à l’arbre de la connaissance du bien et du mal, malgré l’interdit divin.

L’homme était animé du désir d’avoir les yeux ouverts sur son horizon. Il rompit l’harmonie et tenta d’être comme les dieux connaissant le bien et le mal. La chute est donc une âme qui s’incarne dans la chair et qui va vivre le bien et le mal, la douleur le travail et la mort.

Cette chute est antérieure à la vie terrestre de l’humanité, elle scelle la divergence entre la volonté divine et la volonté humaine. Elle ne concerne que l’âme et non pas le corps.

Les chutes successives correspondent à trois états d’être en disharmonie : Adam-(Isch "l’intellect", et Ischa "l’imagination", unis dans l’exaltation des désirs terrestres) est révolté contre l’Esprit, Caïn sera le possédant-fratricide et Babel sera la substitution du fabriqué-idolâtre au révélé. L’appel de l’esprit semble mis de côté, le désir de matière et la satisfaction cumulative semblent sans limites.

Le devenir de cette chute fut qu’Adam nomma « Ève » comme il nomma les animaux autrefois dans le jardin d’Éden. De sa nature unitaire et androgyne il se différencia en Homme et Femme. Il eut d’abord deux enfants qui s’entretuèrent, symbolisant ainsi l’opposition entre le peuple des bergers et le peuple des cultivateurs. Abel succomba sous les coups de Caïn. Les générations qui succédèrent à Caïn eurent en mémoire non seulement la chute, mais aussi le fratricide, ce sera le germe de toutes les guerres. Caïn est l’archétype du meurtre de l’esprit au profit de la maîtrise de la matière et du territoire. Caïn est condamné à l’horizontalité, il a perdu la verticalité.

C’est la victoire de l’infra conscience sur la supraconscience. Caïn fut exilé et errant sur terre.

Arrive une nouvelle chute : L’épisode du déluge et la période des géants en âge que Dieu avait voulu noyer pour leurs déviances, seul Noé et son arche aux proportions sacrées survécurent aux flots. Cette génération d’avant le déluge disparaît, mais gagnée par l’oubli associé aux eaux de l’oubli, les nouvelles générations réitèrent les erreurs des géants et se perdirent dans l’orgueil de se croire Dieu.

La génération de la tour de Babel est notre génération.

C’est l’idée d’un homme capable d’atteindre le ciel et d’en être maître qui entraîna une troisième chute. La génération de Babel ne fut pas détruite comme celle du déluge, mais elle reçut à la fois la foudre du divin qui « dispersa loin de là sur la surface de la Terre » les bâtisseurs et « confondit leur langage » afin qu’ils n’entendent plus la langue les uns des autres. La dispersion fut comme l’inondation elle rompit l’élan d’orgueil en de multiples royaumes et en autant de montagnes sacrées ou pyramides. Les hommes en restèrent sur l’idée d’une œuvre de reconquête du ciel inachevée, comme un état d’orgueil blessé unifiant les mois inférieurs dans un élan collectif de matérialisation des âmes. De ces tentatives d’élévation dans le bâti, on distinguera celles qui bâtissent en esprit autour de lieux telluriques forts et celles qui sont de simples performances matérielles et techniques.

La poursuite de l’excellence technique démiurgique verra apparaître le délire mortel de l’Homme-Dieu. Certains verront dans l’idée du surhomme de Nietzsche l’expression philosophée de cet état dont on verra l’aboutissement dans le Nazisme. Mais tous les mois inférieurs fussent-ils unis dans le même acte matériel finissent par rencontrer la sanction de l’esprit. Ainsi l’acte matériel ne peut être dissocié du jugement divin ou plus simplement de notre appréciation spirituelle. Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, ceci implique une harmonisation entre l’acte et la pensée, par le truchement de la volonté.

Il faut donc constamment mettre en harmonie notre Pensée notre Volonté et notre Action dans le Plan avec l’axe « Corps, Âme Esprit ». C’est ce que nous fait découvrir la franc-maçonnerie.

5/ La lumière de Saint-Jean (cycle de la lumière et de l’harmonie) À cet état de dispersion dans la matière arriva un événement.

Le message de la Nouvelle Alliance dit que la Lumière, c'est-à-dire l’esprit, est en tout homme et que l’amour est le socle à partir duquel l’homme peut croître en esprit sans qu’il soit nécessaire de croître en matière. Les tours d’orgueil pourront ainsi être abolies.

L’élan vital et spirituel de l’homme ne se fait pas dans une construction de matière bâtie sur de fausses fondations qui sont celle du désir du multiple, de l’accumulation, de l’excitation ou de l’exaltation du sentiment de possession, d’appropriation ou de grandeur. Les véritables fondations sont l’amour de l’essence de la vie, de l’esprit et la confiance en la vie renouvelée. L’acte qui scelle cette confiance est l’abandon final de la vie corporelle au profit d’un renouvellement, d’une résurrection comme la graine semée en terre germe croit et essaime pour renaître ici bas sans doute, et peut-être dans un ailleurs.

C’est ce mystère de l’alliance vitale entre ce qui est du domaine de la matérialité et ce qui est du domaine de l’esprit. Cette alliance vitale sans cesse renouvelée forme l’idée divine et assoit la confiance de l’homme en lui-même. Alors l’idée d’être à l’égal de Dieu comme le bâtisseur de la tour de Babel disparaît.

L’angoisse de la mort peut aussi bien nous enfermer dans la matière comme nous faire découvrir la voie de l’esprit. L’homme ne se réalise pas dans la plus haute tour, mais dans son progrès sur la voie d’une plus grande humanisation et dans son renouvellement par l’esprit.

Ici on oppose la vanité à la réalisation de soi. La réalisation de soi fait une place à l’esprit, la vanité lui barre la route. L’esprit n’est alors plus une notion extérieure à soi, mais au contraire constructive de soi.

Ici on touche de prés la dimension spirituelle de l’homme face à la mort. Il attache à ses actes une signification haute. Il ne s’agit point d’exploit à accomplir ou de guerre à mener, il s’agit de mettre en harmonie la chair l’âme et l’esprit. La chair qui fut à l’époque de Saint-Jean, l’évangéliste « incarnée » par la lumière, se marie à l’âme pour qu’elle anime ce corps en demande. La demande devient désir et il faut se garder de l’accumulation matérielle ou d’insatisfaction, il faut que l’âme prépare la place à l’esprit.

Psychiquement l’homme se met en phase harmonieuse. Son état d’homme responsable « animé » du sentiment d’amour de son espèce, accepte sa double nature humaine et divine. Il en conçoit l’intervention en lui comme une supra conscience qui agit en directrice censée et harmonisante. Nous reprenons ici Luc XIV, 11, « Quiconque s’élève sera abaissé, et quiconque s’abaisse sera élevé. »

 

6/ L’élévation matérielle n’est pas synonyme d’élévation spirituelle. (Le franc-maçon jardinier)   Adam était jardinier, pas maçon !

Le dénuement matériel serait propice à la connaissance de l’esprit, c’est l’état Édénique qui permet de vivre dans la proximité du Divin.

Ainsi l’Adam du jardin d’Éden n’était pas un bâtisseur, mais un jardinier, or il est courant de confondre la tour bâtie et l’arbre. Ce sont deux symboles axiaux qui tendent vers le ciel, mais la tour est fabriquée, ce qui sous-entend « une spiritualité construite », alors que l’arbre est une graine germée, née du mystère de la vie soit « une spiritualité révélée ».

Le bâtisseur est un spécialiste de l’élévation technique, le jardinier est le gardien de la graine et de son mystère. La graine donne la croissance dans le domaine ésotérique. Le maître maçon doit d’abord être le jardinier de son cœur et accessoirement le spécialiste de l’élévation de la pierre taillée. L’élévation matérielle n’est qu’une impasse, un substitut exotérique ou philosophique. C’est un système, une mécanique de pensée qui ne peut prendre que l’objet pour la cause. Ce système se cristallise sous forme d’une tour sans respiration spirituelle entre le haut et le bas. La Lame XVI du tarot atteste d’une tour frappée par la foudre, c'est-à-dire par la sanction divine et la lumière de l’esprit. On y voit deux hommes en chute attestant de leur carence spirituelle. La chute est toujours due à une carence spirituelle.

Ainsi le franc-maçon, s’il n’est jardinier, ne sera qu’un orgueilleux détenteur de secret technique figé.

Il sera donc nécessaire un jour de détruire la colonne ou le temple pour faire comprendre que le secret initiatique réside dans la Foi, l’Esperance et l’amour, mais aussi dans l’acceptation de l’esprit en soi soit de la supraconscience comme directrice de l’âme. Ainsi la pensée se réalisera sur deux plans, le plan matériel et le plan spirituel. La volonté du franc-maçon sera éclairée par ce double aspect où les symboles de l’arbre et de la tour lui serviront de guide.

Or l’arbre n’est rien d’autre que l’homme intégral, chair, âme esprit en harmonie. L’homme doit croître en esprit et non pas en matière. Le franc-maçon trouvera dans l’alliance de la matière avec l’esprit, un motif utopique pour rebâtir spirituellement le temple de Salomon pour honorer le Grand architecte de l’univers. Il lui faut pour cela, réapprendre la langue commune, celle des symboles et de l’esprit, conditionnés par l’abandon préalable des métaux, mais aussi celle du signe de l’attouchement et du Mot. Le franc-maçon détient le langage commun aux bâtisseurs qui allient l’esprit à la matière et qui savent trouver dans la substance l’essence. Ce langage est celui de l’Art Royal qui met au service de l’esprit le bon usage de la matière.

Il y a non pas dispersion et incommunicabilité suite à Babel, mais unité dans le langage symbolique et dans l’action spirituelle ; Babel et sa chute ne peuvent que déboucher sur un état qui sera « la construction en esprit ». Nous passerons du savoir-faire au savoir-être. C’est l’absence d’esprit dans l’acte de bâtir qui entraîna la sanction de la chute babélienne. La chute Babelienne est une chute en la matière. C’est ainsi que le franc-maçon peut réunir les quatre parties du Monde éloignées à l’époque Babélienne en se situant au centre du cercle à équidistance de tout les points de l’horizon humain. C’est une manière symbolique de se retrouver dans un Orient intemporel, au pied de l’arbre planté au centre d’un fameux Jardin irrigué par quatre fleuves.

 

 

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4 mai 2018 5 04 /05 /mai /2018 06:34
La Tour de Yule (îul)
Chaque année nous avons pour coutume de fêter le solstice d’hiver comme le solstice d’été. En dehors du fait que cela nous amène à nous retrouver autour d’un repas convivial et fraternel, ces 2 périodes de l’année sont importantes et la suite vous donnera quelques pistes sur ces 2 fêtes si importantes pour les FM.

Yule est un mot nordique désignant le solstice d’hiver qui se situe au mois de décembre, mois de la plus longue nuit de l’année mais aussi mois de la remontée de la lumière, ce qui nous renvoie au pavé mosaïque, à la juxtaposition du blanc et du noir, de la lumière et des ténèbres, du jour et de la nuit et toutes les paires d’opposés ou de complémentaires.
Cela témoigne aussi de la dualité du monde dans lequel nous oeuvrons et de notre destinée humaine commune car chaque maçon dans sa quête est censé acquérir au-delà du bien et du mal un pouvoir de discernement suffisant pour se rendre là où son devoir l’appelle en homme libre !

A cette date, la durée du jour est aussi la plus courte de l’année et c’est l’occasion de fêter pour les Chrétiens Noël le 25 décembre pour les chrétiens. Pour les francs-maçons symboliquement Yule est à la porte du 27 décembre, jour de Jean l’évangéliste, à ne pas confondre avec Jean le Baptiste (le Jean du solstice d’été).

Lors de l’ouverture des travaux en loge dans certains rites, on ouvre le livre de la loi sacrée à la page de l’évangile de Jean, comme d’ailleurs le jour de notre initiation alors que recevons la purification par l’eau comme Jean le Baptiste.

Ces 2 Saint-Jean nous rappellent donc clairement l’arrivée de la lumière et de l’obscurité, la naissance et la mort, la jeunesse et la vieillesse. Et il nous faut considérer ce cycle, car il est bien question de cycle solaire, comme une renaissance, un renouveau, l’aube d’une nouvelle période de l’année où les éléments les plus essentiels de la nature vont reprendre vie sachant que nous faisons partie intégrante de celle-ci.
En essayant de continuer notre travail sur cette fameuse “tour de Yule“. et en l’observant sous toutes ces facettes, nous ne pouvons-nous empêcher de penser à pierre brute (la Terre) et à son extraction l’extraction de matière qui à force de travail prend naissance dans les mains de l’homme.
Cet édifice en forme de triangle pyramidal nous renvoie aux temples des bâtisseurs égyptiens dont il apparait que la géométrie fut sans doute leur domaine de prédilection et science associée à l'architecture.

Elle est ainsi dressée devant nous comme nous pourrions l’être aussi nous-même en tant qu’homme debout, libre de corps et d’esprit pour à force de travail nous conduire progressivement à devenir nous aussi cette tour.
Elle comporte 4 faces décorées logiquement pour chacune d’elle d’un triangle pointe vers le haut (sur notre photo remplacés par des coeurs) et surmontant une « rune dite de HAGAL » rune de la vie et rune de la mort liée ensemble et donnant l’image d’une roue solaire à 6 rayons, symbole d’une année qui commence comme celle qui finit.
Ses 4 faces sont ciselées sur les quatre coins et nous observons aussi 4 roues représentant sûrement les 4 points cardinaux et divisées en 6 portions qui peuvent aussi se traduire par notre terre mère et ses 6 continents. Ces symboles sont somme toutes des runes nordiques et s’apparent à nos propres symboles hermétiques que sont le souffre, le mercure et le sel. Par mémoire, il existe 24 symboles de runes qui pourraient représenter les 24 heures d’une journée, limite temporelle pour l’homme mais également semblable au partage midi-minuit (soit 2 x 12) du travail des FM.
Les roues divisées en 6 portions peuvent représenter des cadrans solaires ou les 6 jours de la création, rappelant par la même que l’homme dans la construction de sa matérialité est limité, le 7 ème jour etant pour la construction de sa spiritualité comme le repos du créateur au septième jour !
Les runes rappellent ainsi donc les composantes primordiales de la création du monde et les correspondances établies ici sont choisies parmi le panthéon nordique qui regroupe l’ensemble des dieux … Douze divinités dont six masculines et six féminines.
Sans nous étendre sur ce sujet de manière exhaustive, on pourrait citer le Dieu Thôr, dieu scandinave, dieu de la foudre. Celui-ci passait pour un dieu bienfaisant, protecteur et ami des agriculteurs, ce qui nous renvoi à la nature car on attribuait à l’orage une influence salutaire pour la terre. L’attribut le plus célèbre de Thôr est son marteau qui nous rappelle à tous notre initiation et la 1ere fois où nous avons utilisé le maillet et le ciseau, emblème du travail et de la force matérielle qui aide à renverser les obstacles et à surmonter les difficultés qui sont en nous.
Le maillet correspond à la volonté spirituelle de chacun d’entre nous et doit stimuler la connaissance. Il doit comme le marteau du dieu Thôr nous servir non seulement à tailler notre pierre brute mais aussi et surtout à combattre les imperfections qui se trouvent en nous.
 
Parmi les divinités féminines la déesse SYN symbole de pureté nous rappelle à notre serment par le secret et la pureté de nos gants blancs. SYN est également celle qui garde la porte qui correspond au FF couvreur, gardien de nos travaux. Le poste de couvreur répond aussi à un cycle maçonnique car anciennement Vénérable Maître et donc placé à l’Orient, il en descend pour se retrouver à l’occident ce qui nous renvoi à nouveau au pavé mosaïque comme Moïse monte et descend le mont Sinaï … avec pour similitude l’humilité sans laquelle rien n’est possible.
La mythologie nordique cultive donc bien les forces naturelles où trois éléments constituent l’univers : Le soleil, L’eau, et la terre. L’air et le ciel paraissent secondaires à côté de ces trois puissances ce qui n’est pas le cas en FM où nous rajoutons l’air et le feu, partie intégrante de notre initiation.
En continuant mes recherches j’ai trouvé 4 symboles mystérieux qui se trouvent sur les 4 faces de la tour :

1- Algiz qui représente la force protectrice du monde et symbolise le monde de l’âme, l’ouverture et la protection. Je vois là l’Homme debout les bras levés vers le ciel

2- Sowelu qui représente le soleil et symbolise la source de la vie, l’illumination et la compréhension. Je vois un rayon de Soleil mais également l'épée Flamboyante du VM qui fait le lien entre le monde de l'en-haut et le monde de l'en-bas.

3- Teiwaz qui représente la voûte du ciel et symbolise l’initié, héritage des anciens, l’accomplissement et la réalisation. Je vois la verticalité et le sens de notre démarche (l'élévation)

4- Othala enfin qui représente la propriété ancestrale, l’hérédité et qui symbolise l’initié, l’héritage des anciens et la mémoire, l’accomplissement et la réalisation. Je vois là un homme qui a refermé ses bras rappelant que si l'objectif est de s'élever - pour mieux vivre sur terre - cette élévation doit se faire par une démarche d'intériorité.
Si nous devions transposer ces 4 éléments à la Franc-maçonnerie, nous pourrions avoir la réflexion suivante : Algys représente l’être et la création du monde, Sowelu représente le soleil et la source de vie, Teiwaz la voute étoilée et pour finir Othala l’initiation et la transmission.
2 bougies sont en place ... une dans la tour qui attend d’être allumée et une sur le sommet de la tour qui se consume attendant de jouer son rôle et de passer la main ou plus justement de transmettre à son tour quand elle approche de la fin de son cycle. Une année meurt une autre commence … ainsi s’enchaine le cycle de la vie sur cette terre.

Enfin nous comprenons la symbolique des triangles illuminés par la nouvelle année, le nouveau cycle. Ces triangles nous rappellent notre delta lumineux l’oeil qui voit tout, l’oeil du coeur de chaque maçon celui du GADLU, symbole d’omniscience, mais aussi oeil de la conscience intérieure qui par reflet symbolise une conscience supérieure ! Les trois points du triangle signifient bien entendu Passé, Présent, Avenir. Le triangle entier, Eternité ou créateur éternel. Les trois angles signifient encore Sagesse, Force et beauté, attributs du créateur. Ils signifient encore Sel, Souffre et Mercure, principes de l’oeuvre du créateur. Nous retrouvons aussi les phases de la révolution perpétuelle : Naissance, Vie et Mort.

Je ne peux terminer cette réflexion en soulignant que ce fameux delta lumineux peut représenter le ciel et la terre, l’essence et la substance sachant que sa base est la terre. Les trois côtés du triangle sont souvent traduits par la formule bien penser, bien dire, bien faire.
La présence du nombre 3 est omniprésent et l’idée d’opposition disparaît, grâce à ce troisième terme qui est conciliateur des oppositions et nous ramène à l’unité.
Si l’apprenti a 3 ans, l’être qui vit dans l’univers a 3 dimensions : Physique, Psychique et spirituelle.
Le 1 représente le principe, l’unité qui contient la multiplicité.
Le 2 représente la manifestation : les contraires, les extrêmes, ciel et terre, vie et mort, etc.
Le 3 représente le retour à l’unité et à l’être primordial né symboliquement de la jonction du ciel et de la terre, de l’esprit et de la matière, l’Adam primordial.
Voila de quoi prendre mes FF de la hauteur sur nous-même pour apprivoiser la dualité qui sommeille en nous et nous conduire progressivement où la matière domine l’esprit dans l’espoir de voir son esprit survoler la matière.
 
La Tour de Yule (îul)
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23 avril 2018 1 23 /04 /avril /2018 09:47

Dans la pure Tradition de l’Hermétisme, l'initiation au XXème degré du Rite du GOE débute dans la pénombre auquel s ajoute le port du bandeau au titre du  symbolisme de la noirceur rappelant ainsi les ténèbres et la mort.

 

Le crâne dans les mains, le Chev de l’Aigle Rouge doit effectuer 9 circumambulations dans le bruit et la fureur. Ces 9 circumambulations constituent un passage obligé pour ouvrir son Esprit et son Ame à l’Universel. Toutefois, le noir des ténèbres est lié à celle de la terre qui porte en elle la force génératrice de vie, prélude à une re_naissance.

 

Je vous laisse le soin pour ceux que cela intéresserait d’analyser chacune des circumambulations décrites dans le rituel, me fixant plutôt sur une description globale de ce cheminement.

 

Je vous propose donc une recherche et compréhension à travers le particularisme lié au nombre 9 complété par la suite de la symbolique de la circumambulation.

 

Les Pythagoriciens considèrent le nombre comme essence de toute chose. Dante s’est inscrit dans cette tradition pour construire La Divine Comédie, en l’associant au nombre 9, nombre de la perfection et nombre de Béatrice. Le nombre neuf est le cube de lui-même et conduit, toujours dans l’esprit hermétique à la réception du sublime et de l’Ordre … l'unité dans l'unité. D’ailleurs ce 9 se retrouve dans toutes les traditions.

 

Plotin considère dans les Ennéades que la combinaison de tous les nombres multiples de trois menant au neuf, conduit au lien de la vision totale, cosmique, et théologique depuis l'origine jusqu’à la fin.

De part sa position dernière de la série des nombres, le 9 annonce une fin et un recommencement, le passage d'une involution à une évolution, une transposition sur un nouveau plan.

Pour la circumambulation  son origine est latine et vient de circum : autour, et de ambulare : marcher, la circumambulation s'avère être un symbole universel présent dans toutes les traditions, notamment sémitique, musulmane, hindoue, tibétaine, celle de la chine historique…

 

Je vous renvoie a ce stade au CATECHISME et la légende du 13° DEGRE - CHEVALIER DE ROYAL ARCHE au REAA qui vous joint en annexe.

Très rapidement, 3 mages dont un plus ancien se trouve devant des portes au fond d’un puit et après être descendu en spirales cad en formant des cercles et avoir prononcé à chaque porte d’accès un nom de l’arbre séfirotique de la cabale juive ( HOD, NETZAH, TIPHERETH, GEBURAH, HESED, BINAH, HOKMAH et KETHER)  celles-ci se sont ouvertes jusqu’ à la 9 éme qui leur permit d’accéder à une pièce, une arche brillamment éclairée alors que toutes les autres étaient plongées dans l’obscurité avec en son milieu  trois lampadaires de 3 branches avec sur chacune trois lampes. Ces lampes qui brûlaient depuis des siècles, malgré la destruction du royaume de Juda, le rasement de Jérusalem et le démantèlement du Temple. Apres avoir salué 9 fois ils s’avancèrent vers un Autel de marbre blanc cubique de deux coudées de côté. Sur la face Est étaient représentés, en or, les outils de la maçonnerie, la règle, l’équerre, le compas, le niveau, la truelle et le maillet. Sur la face Nord, on voyait les figures géométriques, le triangle, le carré, l’étoile à cinq branches et le cube. Sur la face latérale sud on lisait les nombres : 27, 48, 343, 729, 1334, 2197. Enfin sur la face ouest, était représenté l’acacia symbolique.

Enfin, sur cet autel était posée une pierre d’agate de trois palmes de côté avec au-dessus écrit en lettres d’or, le mot «ADONAÏ».

Le  plus vieux des mages prit alors à deux mains la pierre d’agate se retourna vers ses 2 disciples en leur disant:

«Regardez ! la Conception Suprême, la voilà ! vous êtes au centre de l’Idée !». Les disciples épelèrent les lettres Yod, Hé, Vav, Hé, et ouvrirent la bouche pour prononcer le Mot, mais il leur cria «Silence ! C’est le mot ineffable qui ne doit sortir d’aucune lèvre !».

 

Parlons maintenant un peu du rite de la circumambulation. Celui-ci est commun au judaïsme, où il est appelé "haqqâfâh" et à l'islam, où il est appelé "tawâf". Il fournit donc matière à une étude comparative non sans intérêt  susceptible d'éclairer la signification profonde de cette cérémonie qui semble avoir été primitivement un rite de pluie. La similitude frappante des traits communs quant à son accomplissement se confirme jusque dans les traditions mystiques de ces deux religions. Là, la septuple procession autour de l'autel sanctuaire central symbolise d'une part et d'autre, l'intégration des attributs de Dieu dans l'âme du fidèle.

La coïncidence de ces thèmes peut procéder des archétypes de l'esprit humain.

 

La circumambulation n'est toutefois exclusive ni au judaïsme ni à l'islam ; en effet, il s'agit d'un des rites universellement attestés parmi les religions des quatre coins du globe. Exécutée le plus souvent autour d'un pôle central – représentation terrestre de la demeure céleste ou de Y axis mundi – la circumambulation imite la rotation du soleil ou des sphères célestes et émule le flux et le mouvement du domaine physique en contraste avec la stabilité et le non mouvement donc changement de la «maison de Dieu ».

 

Cette circumambulation s'apparente aussi à la description et l’intégration de «cercles magiques», avec un but protectif ou destructif afin de prévenir le mal et/ou de le conjurer.

 

Le circuit septuple effectué par Josué et les Israélites et qui provoqua la chute de Jéricho, constitue en quelque sorte le modèle paradigmatique si je puis dire.

L'exemple classique de la circumambulation rituelle israélite avait lieu à l'époque du temple durant la fête des «Cabanes» (sukkôt), qui tombe à la pleine lune équinoxiale du premier mois de l'année, Tisrî.

Or hag, le terme hébreu par lequel la fête de Sukkôt fut spécifiquement désignée, dérive de la racine hôg signifiant «décrire un cercle», et souligne la place prépondérante qu'occupait à l'origine la circumambulation dans les rites de ce pèlerinage. Dans une cérémonie analogue à celui de l'encerclement de Jéricho, les prêtres, portant des branchages de saule, effectuaient une tournée de droite à gauche autour de l'autel du temple chaque jour de la fête. Ce rite fut accompli sept fois au septième et dernier jour de la fête.

 

D’autre part, la plus connue des circumambulation est la "tawâf", marche des pèlerins musulmans à la Mecque qui exécutent sept fois le tour de l’édifice carré contenant la pierre noire donné par Dieu à Abraham. Elle a pour but la purification et la mort de l’ego. Il est bon de comprendre à ce stade que tourner par acte de circumambulation autour d'une aire définie engendre par sa répétition la création d'un cercle évoluant autour d'un centre.

 

Le centre est le point principiel et indivisible : tout vient de lui et tout retourne vers lui car les choses n’existent qu’à travers lui.  Par le centre, il est possible, pour tout un chacun, d'accéder à son origine et de rejoindre son souffle de vie.

 

René Guénon, dans la grande triade, souligne le fait que dans les différentes traditions, le sens de rotation  retenu est lié à la modalité d'orientation choisie par rapport au soleil et aux étoiles. Le REAA utilise la circumambulation à droite, circumterrestre, ou solaire. Elle est dextro_centrique puisque l'officiant garde toujours le centre à sa droite. Elle est semblable à la course du soleil vue de l'hémisphère boréal. Elle se veut conforme à la marche de l'univers ou tout vit, se déplace et meurt par rapport au soleil. Le déplacement s'effectue en partant du pied gauche, coté passif, mais commandé par le cerveau droit actif.

D'autres traditions utilisent le déplacement lunaire, sénestrogyre.

 

La circumambulation rejoint le symbolisme de la croix et du centre, du carré et du cercle. La mandala qui se retrouve dans toutes les traditions orientales, hindouistes, bouddhiste conduit l'initié vers la perception du centre de lui-même d’où il pourra réaliser un mouvement ascensionnel ayant pour but de le rapprocher de l'unité primordiale parfaite. Le Labyrinthe conduit celui qui cherche vers le centre, l'endroit caché à l'intérieur. La roue avec les rayons allant de la circonférence au centre, introduisant la notion de rotation, nous éclaire sur le sens de la circumambulation.

 

Lors de la circumambulation à droite, dite dextrogyre ou solaire, circumambulation la plus usitée à ce jour, l'officiant garde toujours le centre à sa droite. Elle est semblable à la course du soleil vue de l'hémisphère boréal. Elle se veut conforme à la marche de l'univers où tout vit, se déplace et meurt par rapport au soleil.

Or le rituel du XXème degré du GOE suit le déplacement lunaire, sénestrogyre, pour mieux emporter le Récipiendaire dans les profondeurs, vers le point central du chaos.  Le sens sénestrogyre conduit vers le centre au fur et à mesure de la progression dans les boucles.

 

On peut, citer à ce propos les chemins de croix dans les églises catholiques qui sont parcourus de façon senestrogyr et invitent le croyant à une involution pour arriver à mettre, dans la lumière, les zones d'ombre qui échappent à sa vision.

Tandis que le sens opposé, dextrogyre, conduit vers l'extérieur, toujours plus loin, un sans fin qui échappe à notre regard et à notre esprit et qui peut nous mettre mal à l'aise.  L'Homme a en effet besoin d'une ligne d'horizon, pour échapper à la peur du néant, à la peur de l'infini.

 

La première forme de la marche, le dextrorsum, officialise le coagula des alchimistes, la force qui concentre pour donner une forme.

A l'inverse, l'autre sens de la marche, le sinistrorsum, est celui de la fin des travaux, le solve alchimique qui disperse les énergies.

 

Ainsi par les 9 circumambulations de la cérémonie de réception au XXème degré, le Récipiendaire atteint son véritable soi, sa racine prééternelle qui lui devient visible dans toute sa plénitude.  Au delà de la perception du centre, apparaît dans la circumambulation la notion d'un axe qui permet l'élévation vers d'autres niveaux de perception.

Les philosophies orientales définissent cet axe comme étant celui de la colonne vertébrale et placent, le long de cet axe, des centres d'énergie appelés chakras.

Situé à la base de la colonne vertébrale réside en nous la Kundalini. Cette extraordinaire énergie doit être éveillée pour s'élever le long de la colonne vertébrale et traverser tous les chakras du système subtil pour enfin ouvrir le dernier centre au sommet de notre tête.

C’est ainsi que s’obtient la réalisation du Soi. Chaque individu abandonne son individualité pour se fondre dans l'entité spirituelle et dans la communion, pour s'élever vers des plans supérieurs

Voici le passage obligé, ces 9 circumambulations, cette descente intérieure qui nous invite à la transmutation de l'être par l'introspection afin de continuer à progresser. Les 9 circumambulations du rituel du XXème degré font renaitre l'Homme.

 

Fort de son combat mené avec con-science tout au long de sa vie il a vaincu et dépassé le stade de l’AVOIR pour devenir celui de l’ÊTRE.  Il est riche de Connaissance et d’Amour. Il sera le VIVANT dont parle Jésus dans l’Evangile Le Chev :. est devenu Kad :. C'est-à-dire SAINT.

Il me semble légitime de se poser la question de savoir si dans les années qui sont imparties à l’homme, même si l’espérance de vie s’accroît de plus en plus, il aura le temps de gravir l’Echelle à 9 échelons du Chev Kaddoch de façon effective.

 

Aura-t-il l’Ame suffisamment trempée pour affronter ce qui est requis de la part du Divin pour prétendre remonter jusqu’à la source de l’homme primordial?

D’où viens je ? Où vais-je ? Qui je suis ?

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16 avril 2018 1 16 /04 /avril /2018 14:54
LES ANGES ... Songe de Jacob !!!

Les Kabbalistes ayant atteint un certain niveau de Spiritualité ont des contacts plus ou moins réguliers avec ces Êtres de Lumière bien réels bien  qu’éthériques que sont nos amis les Anges.

Bien qu'ils n'attachent aucune importance aux "grades" qu'ils ont dans le monde des Anges, il y a quand même chez eux une gradation comme dans une armée :

  • La 1ère sphère (la plus haute) comprend les Anges ayant une fonction de "Conseillers Célestes" : les Séraphins (Sérafim), les Chérubins (Kéroubim), les Trônes.
  • La 2ème sphère comprend les Anges ayant une fonction de "Gouverneurs Célestes" : les Dominations, les Vertus, les Puissances.
  • La 3ème sphère comprend les Anges ayant une fonction de "Messagers Célestes" : les Principautés, les Archanges, les Anges proprement dits.

Les Anges ne sont pas de nature humaine, bien que nous, les Humains, continuions de projeter nos caractéristiques sur eux. Ils voient et comprennent les choses dans une perspective très différente de la nôtre. Bien que nous ayons beaucoup de choses en commun, surtout au regard de nos buts les plus élevés, c'est ce qui nous différencie qui peut nous mener à des échanges fascinants.

A quoi ressemblent les Anges ? Quand les sens subtils de l’Humain seront complètement développés, et j »espère qu’ils le seront dans le futur, les Humains pourront les voir comme des Etres rayonnants vibrant de Lumière. Toutefois, cette Lumière n'est pas la même que celle qui émane d'un soleil, d'un feu ou d'une ampoule électrique. C'est une Lumière beaucoup plus subtile qui se diffuse partout et qui s’apparente à l’Aura.

Il existe de nombreux types d'Anges différents. Certains peuvent apparaître comme des sphères multidimensionnelles, d'autres comme des rayons de Lumière, des spirales de Lumière, des cônes de Lumière, allant de la taille d'un point à celle d'une galaxie. Alors que la "taille" des Anges passe par le filtre des perceptions humaines, elle est dans une certaine mesure en rapport avec la fonction et la nature de l'Ange.

Les Archanges Michael, Gabriel, Raphaël et Uriel entretiennent des rapports privilégiés avec la Planète Terre. Lentement, l'Etre Humain émerge de l'illusion du "mal". Ce faisant, les Humains se rattachent de plus en plus à l'entendement de Dieu en tant que Puissance unique, en tant que Principe Unique et Ultime de la Vie, duquel tout le reste procède.

Mais n'est-ce pas là justement le défi qui nous est proposé :

Assumer le côté obscur (le "yétser hara") de notre nature ?

En apprenant à nous libérer et à nous défaire de nos comportements négatifs et autodestructeurs (croyances, superstitions et préjugés), nous cessons de projeter notre propre négativité sur un "être diabolique" fictif ou vers des "Anges déchus".

Peut-on photographier un Ange ? La réponse est oui, mais requiert certaines conditions : l'Ange doit être consentant, et la pellicule de l'appareil-photo doit être ultra-sensible.

Quelles sont les grandes fonctions des Anges ?

Le mot "Malak'him" signifie "envoyés". Ils sont les Messagers de l'Eternel (Béni soit-Il !) vis-à-vis des Humains.

Mais ils travaillent aussi avec nos âmes, de concert avec l'Eternel, pour nous aider à élever notre vision et notre esprit en nous rappelant la vérité, la beauté et le bien que recèle chaque chose. En demandant à nos Anges pour qu'ils nous aident à accomplir tant nos taches ordinaires (celles que nous qualifions de "matérielles") que nos buts les plus élevés (Créativité et autres), nous pouvons être sûrs que tout découlera de la Volonté Supérieure, et non uniquement de la nôtre. A travers cet acte de coopération, nous perdons notre sensation d'isolement … Nous commençons à vraiment comprendre que nous ne sommes pas seuls, sans assistance … que l'on peut trouver aide et conseils partout et en toutes circonstances.

C'est alors que nous pouvons connaitre peu à peu cet état de gratitude source de tous les "miracles". Néanmoins, je voudrais ici vous rappeller que, pour la Bible Hébraïque, le Judaïsme et la Kabbale Juive, le "miracle" n'est pas "surnaturel" …  il ressort d'un processus parfaitement naturel que notre Culture Scientifique actuelle ne nous permet pas de comprendre pour le moment. Demander (invoquer un Ange), c'est ouvrir une partie de nous-mêmes pour être en mesure de recevoir. Cela nous permet de dépasser et de transformer les limitations immédiates que nous avons acceptées dans cette vie afin que nous soient révélées les merveilles de la vie tout autour de nous.

Demander à un Ange, n'est ni exiger, ni s'approprier. C'est rester ouvert en s'abstenant de juger ou de critiquer, alors que les fragments d'information se rassemblent pour former un tout cohérent. La compréhension évidente et juste viendra pour le bien de tous. La vraie demande ne naît pas de la peur ou de l'agression ; elle découle d'un désir profond de savoir et de la volonté d'écouter et de recevoir. Il s'agit simplement de converser.

Par rapport aux Humains ayant pris conscience du contact avec les Anges, les Anges doivent collaborer avec tous les Humains, Juifs et non-Juifs, pour que chaque Etre Humain concerné puisse réaliser la "mission" qu’il lui choit d’assumer, cette "mission" pouvant avoir un rapport avec la Créativité (artistique, littéraire, scientifique, et autres), mais aussi sur d'autres sujets que la Créativité, comme les relations entre Humains par exemple.

 

 

1ere Partie L Echelle de Jacob    ….  L’échelle outil et instrument.

Le franc-maçon pratique aussi bien les outils que les instruments. Tous les deux servent à sa construction intérieure, ils contribuent à l’art et à l’opération ! L’échelle est un outil d’élévation composé de deux longs bois verticaux et des plus petits horizontaux.

L'échelle est très souvent employée dans l’idée de monter, mais implique sans le dire une descente ou plutôt un retour au point de départ. Grâce à elle, les pompiers peuvent atteindre une fenêtre et ainsi sauver une personne prisonnière des flammes par exemple. Elle est donc très utilisée par les organismes de secours et de sauvetage et on peut aussi l’utiliser à des fins psychiques et symboliques. Elle était également très prisée lors de sièges de châteaux, car elle permettait aux assaillants de pénétrer à l'intérieur en franchissant l’enceinte. L’échelle est donc une porte qui surmonte l’obstacle matériel ou la distance entre deux mondes. Certains soldats utilisaient des échelles mobiles appelées « échelle à corde » qui étaient plus facilement transportables et donc discrètes pour ne pas dire secrètes.

 

L'échelle doit être en parfait état pour être employée convenablement. Elle doit être positionnée avec une certaine inclinaison et elle doit disposer de toutes ses marches, car dans le cas contraire le résultat de son utilisation pourrait se révéler catastrophique. L’échelle nous rappelle les limites de l’exercice dans la verticalité. Sans inclinaison entre la terre et le ciel la chute est proche. L’inclinaison de l’échelle relate le point de vue humain est ses limites confrontées à la réalité. Même rêvée, l’établissement de l’échelle entre la terre et le ciel implique un rapport symboliquement triangulaire et graduel. L’échelle est donc l’instrumentum gradué d’un rapport triangulaire. Or nous savons que le nombre TROIS ouvre le chemin de l’esprit.

L’échelle est également une unité de mesure « physique ». Elle permet de mesurer l’intensité d'un séisme, la distance d'un point à un autre sur une carte. On peut aussi parler d’échelle humaine, mondiale, politique……... Même la sexualité a aussi son échelle ; celle de « Kinsey ».

 

L’échelle et l'homme.

L’échelle par son symbolisme extraordinaire avec un principe très simple, apporte un état de condition humaine d'une grande importance pour chacun d‘entre nous dans son parcours d’évolution spirituelle.

Selon la tradition mystique et la croyance antique, en passant par la renaissance qui n'est pas sans similitude avec notre époque, l' homme qui vit sur terre, le terrien qui rêve d'extraterrestres ou d'ange gardien , d’une entité quelconque, ce terrien-là ne fait que passer.

Si l'homme rêve de créature venue d’un autre monde ou vivant dans une autre dimension, peut-être qu’il se sent à l’étroit dans ce monde, peut-être qu’il cherche une espérance au travers d’une autre issue quelque part au milieu de cet univers qui est le sien.

Nos lointains ancêtres ressentaient les mêmes angoisses : celles de la naissance de l’univers et celles de l’après-vie. C'est pourquoi nous trouvons dans les mythes et les symboles de l’antiquité, plusieurs interrogations qui sont aussi les nôtres. Le père de la psychanalyse Sigmund Freud et d'autres ne n’y sont pas trompés : c’est dans la richesse des mythes et des symboles de l’humanité qu’ils ont trouvé les plus belles représentations archétypales de ce qu’ils ont nommé les complexes. L’échelle cristallise l’idée d’un divin sis dans un plus haut qu’il faut rejoindre et donc suppose pour certains un plus bas où l’homme a chuté. L’échelle semble liée symboliquement à un Paradis perdu comme le mythique Âge d’Or de l’humanité.

 

L’échelle de Jacob.

Quand nous entendons échelle, certains font le rapprochement avec le « songe de Jacob ». Jacob quitta Bersabée et s'en alla vers Haran. Il atteignit un certain lieu et s’y arrêta pour la nuit, car le soleil était couché. Prenant une pierre, pour en faire son chevet il se coucha en ce lieu. Il eut un songe, voilà qu'une échelle se dressait depuis la terre et son sommet touchait le ciel. Les anges y montaient et descendaient (Genèse, paragraphe 28 texte 10 à 12).

Selon l’explication du Midrach (ensemble d'analyse des textes en Hébreux) cette échelle comporte quatre paliers.

Maïmonide (Rabin) y reconnaît une ascension en quatre étapes. Les termes du récit biblique font allusion aux quatre stades que la pensée doit franchir pour parvenir jusqu’à Dieu. «Et voici, une échelle était dressée sur la terre». Ici, l’échelle désigne le lien et les rapports des différents êtres de l’Univers. «Elle (l’échelle) était debout, dressée sur la terre». Elle désigne le monde terrestre, le monde des perceptions et de l’expérience d’où émane toute connaissance. «Et son sommet atteignait le ciel». Cela nous enseigne que la connaissance progresse à partir du monde sensible vers le monde des êtres saints et des sphères supérieures.

 

«Et voici, les anges de Dieu montaient et descendaient». Allusion au monde suprasensible des anges, où la connaissance pénètre plus avant. Le quatrième et dernier échelon de l’évolution (spirituelle) représente le but de la connaissance et de la prière en même temps.

« Et voici, Dieu se tenait au-dessus » Sans en tirer aucune conclusion, les anges montant et descendant le long de l'échelle dans la vision de Jacob nous font penser à certains témoignages contemporains sur la vision d’extraterrestres montant et descendant d'une soucoupe. Ce récit dont la rédaction date d'environ 800 ans avant notre ère, s’inspire bien de mythes et légendes pour certains et vérités pour d'autres. Quoiqu’il en soit ces anges sont sur un plan psychique la figuration de pensées typifiées.

Essayons maintenant de comprendre ce que signifie cette vision de l’échelle de Jacob sachant que dans la bible, tout récit a valeur de symboles, pour certains et de vérités pour d'autres. Les personnages sont mythiques puis historiques. Ils nous apportent une expérience philosophique ou psychologique.

Étymologiquement, le mot « échelle » provient d'une racine indo-européenne, « skander », qui signifiait tout simplement « monter ». On retrouve cette même racine d’abord dans « scander », bien sûr, verbe dont le sens est de marquer un vers ou une syllabe pour donner un rythme de chant.

Mais on la trouve également dans scandale qui a été utilisé primitivement pour traduire l'hébreu « miksol », obstacle ou « ce qui fait trébucher ». D’où l’idée de chute associée dans la verbalisation de « dégradation » de l’échelle. Ici l’échelle se justifie pour échapper a la destinée et pour conjoindre la providence. On la retrouve encore dans « escalier » et « escalade ». Ainsi, ce qu’illustre symboliquement le songe de Jacob, c'est que l'évolution ou la montée et la descente des anges ne sont possibles pour l’homme que si l'échelle ou le squelette d'après son étymologie (c'est-à-dire la colonne vertébrale dont on relève aisément l'analogie avec l'échelle), est posée sur la terre ferme en bas et reliée au ciel en haut. (Malkout-Kether)

 

En d’autres termes, il faut que les énergies d'en haut et celles d'en bas circulent sans cesse le long de la colonne vertébrale sans qu'aucun « miksol » ou obstacle ne s’y dressent, au risque de faire trébucher l'homme sur le chemin de son évolution. Le terme évolution lui-même s’oppose à l’involution grâce à « l’élan vital » qui donne la force d’âme pour gravir l’échelle.

Nous sommes ici dans une représentation symbolique totalement similaire à celle véhiculée par la « kundalini » des hindous, ou force du serpent, dont le siège se trouve en bas de la colonne vertébrale. Rêver d'une échelle, c'est faire un songe d'une grande portée symbolique qu'il faut interpréter comme un avertissement nous indiquant qu’il faut que les énergies vitales et primordiales, montantes et descendantes, puissent circuler librement en soi.

Il nous faut garder à l’esprit qu’en elles, se trouvent notre pouvoir de régénération et notre perspective d'élévation spirituelle (notion d’élan vital). Ceci s’oppose à la perspective de dégradation dans la matière (notion de chute).

 

 

L'échelle, symbole maçonnique.

Atteindre le monde divin par une échelle qui sert de passerelle entre le ciel et la terre. L'homme de chair peut se fondre en un être spirituel par sa progression. C’est cette progression que l’apprenti va vivre en accédant aux différents degrés grâce à son travail de construction de son temple intérieur. Cette progression peut se faire en montant comme en descendant.

Le pavé mosaïque par sa composition graphique de ligne entre les axes verticaux et horizontaux nous fait penser à des échelles portées sur le plan qui ne demande qu'a être élevé.

Le chemin de la pierre brute à la pierre polie nous mène dans une ascension progressive en montant chaque palier "en essence". À chaque degré d’avancement, nous progressons sur le chemin de l’initié. (J.°.P.°.C.°.)

 

2eme Partie : L’échelle ou le chemin sublime : Le songe de Jacob …. Ou l’ouverture au ciel.

Suivant les représentations graphiques, l’échelle est établie de la terre au ciel en qualité de voie graduelle d’accès au ciel. On la voit aussi partir du ventre de Jacob jusqu’au ciel, représentant les états inférieurs de l’être et les états supérieurs détachés de la matière.

 

Il s’agit par l’image de l’échelle de souligner un « état d’être »graduel. Cet accès à un état est aussi un accès à un lieu d’essence détaché de la substance. La relation entre le haut et le bas en forme de rêve ou de songe, revient à reconnaître le chemin qui sépare le Je du Soi, soit la nature spirituelle d’une présence en soi. Ainsi la relation de haut en bas devient celle de l’intérieur à l’extérieur. Cette « présence » au cœur de soi est la Shekinah. Cette Shekinah loge le lieu sacré en soi, on l’appelle souvent « étincelle divine ». Elle sera le lien entre le haut et le bas et prendra la forme archétypale et rêvée d’une échelle, d’un arbre d’un axe, d’un fil, d’un rayon, etc.

 

Au plan psychique on analyse l’échelle comme un rapport graduel en le plus bas « accidentel » (la chute) et le plus haut « essentiel » (l’Âge d’Or ou le Paradis). Le rapport graduel recouvre alors l’idée de réintégration ou d’ascension. On remarque le dédoublement des lisses qui laissent entendre une partie montante et une partie descendante comme les deux colonnes de la loge en regard de la lumière solsticiale ; c’est pour cette raison qu’il est inutile, dans le symbolisme de l’échelle de Jacob, d’établir une échelle montante et une contre-échelle descendante. Il semble évident que l’échelle monte vers une lumière de nature spirituelle. Nous constatons la présence de degrés qui, analogiquement avec l’état de songe de Jacob, indiquent que celui-ci n’est pas dans un rêve, mais dans une demi-réalité, comme l’échelle qui est appuyée sur la réalité de la terre et en appui rêvé dans le ciel. Le songe est un état de « l'entre-deux », comme l’échelle se situe dans l'entre-deux séparant le principe et la manifestation !

 

Si le corps de matière s’endort, l’esprit s’éveille « libéré » de son emprise. C’est un état de conscience intermédiaire qui tend vers l’éveil de l’esprit, en correspondance avec l’endormissement du corps, qui mûrit au fur et à mesure de degrés montants. L’échelle est donc une mesure d’exaltation de l’esprit et non pas du corps. Le corps s’abandonne au repos de la pierre bientôt « dressée », alors que l’esprit prend son envol, ce qui explique les ailes des anges…

 

L’objet, le trait d’union de l’échelle, fait la part de ce qui est terrestre et céleste. C’est un pont entre deux rives, celle d’en bas et celle d’en haut. Mais ici ce n’est pas un fleuve synonyme de matière qui est traversé, c’est l’air, la nuée symbole d’esprit. Cette intermédiation par l’esprit ne peut s’effectuer qu’avec une chair docile. La chair endormie, l’homme en quête d’éveil lumineux est en présence d’anges montants et descendants. Nous démontrerions que le symbolisme de l’échelle de Jacob de la Genèse répond aux critères de la lumière incarnée qui sous-tend la totalité du Nouveau Testament, et fait écho au prologue de Saint Jean. Nous sommes en présence des messagers célestes propres aux religions du livre. L’ange est à la fois un messager du divin (et donc de l’Esprit) et l’expression du dédoublement de l’être (l’ange gardien) ; mais c’est aussi sur un plan psychique une pensée sublime. Ainsi en voyant les anges monter et descendre, transparaît l’expression sublimée d’une supraconscience qui, dans l’état de songe de Jacob, donne l’image du « directeur » de conscience. Ces pensées sublimes appartiennent à Jacob comme à tout un chacun, mais elles « s’originent » si l’on peut dire dans un plus haut.

Ce plus haut peut s’analyser comme l’endroit du Divin ou plus simplement comme une supraconscience surplombante et totalisante. C’est un réservoir d’images archétypales commun à toute l’humanité. Le mouvement alternatif des messagers ailés sont une « formalisation psychique » des lois de correspondances entre « ce qui est en haut et ce qui est en bas ».

Cette direction de conscience provenant d’en haut est au plan psychique, ce qu’on appelle dans l’ordre humain le surconscient exigeant, celui qui dirige l’homme vers la lumière. Pour s’extraire à notre tour des limites étriquées de la psychologie, nous utiliserons le terme métaphysique de « supraconscience » qui a l’avantage de s’appliquer à l’Homme et au Tout. À l’opposé de la supraconscience nous avons « l’infraconscience », que l’on appelle dans l’ordre humain, le subconscient. Ce dernier dans sa dictature du besoin enferme l’être dans la matérialité de l’avoir, du besoin insatisfait devenu désir qui est ici figurée par la pierre. Cette pierre plutôt que d’être laissée en « l’état brut » sera « dressée » par Jacob, symbolisant que l’éveil passe par le redressement. Ainsi on l’appellera pierre dressée « Bethel ».

Ointe, elle sera lieu de culte, mixant le désir vital et le désir d’un ailleurs. Elle devient borne, séparant le monde pétrifié et brut, rendu à un état de régression animale, du monde vitalisé par une lumière propre à la conscience de l’homme. Cette pierre sera pierre d’envol. La pierre par l’action volontaire et inspirée de l’homme est changeante : elle peut être brute, dressée (bethel-menhir) ou taillée en perfection (pierre cubique) et gravée en glyphes (tables de la loi, cathédrale). Sa transformation marque un changement d’état qui recouvre les trois états, le naturel, l’humain et le divin. La pierre est un mercure principiel qui parcourt les trois mondes, elle est comme le mercure des alchimistes un lien unificateur. On la retrouve au cœur de soi dans la pierre philosophale. Nous sommes la carrière du cherchant et c’est en nous que la pierre doit être relevé(VITRIOL), c’est ce que signifie le relèvement du maître intérieur au REP. C’est l’œuvre d’une vie maçonnique.

La résurrection est littéralement un « redressement » en grec, comme le « relèvement » d’Hiram au 3ème degré ou la sortie du tombeau de Lazare. Ce relèvement n’est pas celui de l’âme animatrice du corps, ni du corps de matière, mais celui de l’esprit. C’est donc littéralement le redressement de l’esprit de Jacob qui s’est produit, comme celui du maître maçon dans l’épisode Hiramique, ou celui de Lazare. Ceci veut dire que l’on est capable de quitter les états inférieurs de l’être, ceux qui nous tiennent par la vanité et par l’ego. Il faut considérer que de « l’enfer » du l’infra conscience, nous passons à l’illumination de la supra conscience. C’est tout simplement le fait de se rendre compte que l’on peut quitter graduellement un état de matérialité pour accéder à un état de spiritualité.

 

Le franc-maçon pratique cette discipline du redressement par le « relèvement »par la griffe du maître qui est ni plus ni moins l’application du Shin à la parole perdue. Au tableau de loge, ce phénomène est représenté « matériellement » par la pierre cubique à pointe souvent surmontée d’une hache. Celle-ci vient briser la matière pour en faire apparaître l’essence représentée par la pointe sommitale elle-même image d’un centre en soi qui s’élève ou de redresse. La pointe de cette pierre cubique, est une hypostasie de l’élévation du cœur de la matière, à son tour le centre est une hypostasie de l’exaltation de l’esprit. C’est aussi le double sens du pseudo relèvement du corps. Donc cette pierre est dressée vers le ciel comme « Bethel », elle devient maison de Dieu comme le temple et comme sa première lettre qui est Beth est signifie maison. Cette pierre reçoit la tête de Jacob et par analogie « reçoit » la lumière devenue l’essence « ointe » au milieu de la substance.

La pierre dressée est donc potentiellement immanente, mais aussi transcendante dans son inversion en qualité de clef de voûte ou pierre du dôme. Cette pierre devient, dans sa mise en place, du haut vers le bas la « pierre du ciel », celle qui sera la pierre noire de la Kaaba ou l’Émeraude du porteur de lumière.

Le pendant de la « pierre dressée » est la « pierre tombée ».

C’est la pierre tombée du ciel en référence à la chute de l’homme dans la matière depuis la faute adamique. Le pendant se traduit dans l’échelle par la deuxième lisse, le premier état serait la descente de l’esprit dans la matière en regard du prologue de Saint Jean, le second serait la remontée de l’esprit. Dans cette relation entre la pierre et le sommet de l’échelle, c’est la terre et le ciel, la matière et l’esprit qui apparaissent et par analogie le chemin possible de la réintégration de l’homme dans la lumière divine. Pour Jacob, il semble a priori que cette lumière divine est celle de l’esprit en soi. Pour l’atteindre, il faut graduellement expier, purifier sa matière première, c'est-à-dire sa vanité égotique. C’est à partir de cet aperçu psychique (la lumière en soi) que par analogie nous pouvons établir un point de vue immanent (première lisse) auquel répond un point de vue transcendant (deuxième lisse). Ces deux points de vue sont réunis (barreau) une seule en même projection imaginative à double sens. Ainsi par l’échelle « imaginée ou songée et dessinée » nous pratiquons une union hypostasiée de la matière et de l’esprit. Traduite en l’homme, l’image d’une échelle de l’entre-deux révèle l’idée de sa double nature humaine et divine.

 

Le franc-maçon doit par la pratique rituelique des grades de son rite, pouvoir établir une mise en contact entre le haut et le bas en lui. Outre l’intention, et la pensée réalisatrice, il lui faut de la force pour harmoniser son haut et son bas, de la sagesse pour maîtriser son ego. L’échelle ouvre le ciel, elle est donc le chemin de la réalisation de l’être. Elle symbolise la possibilité d’un élan de l’esprit, d’une joie intérieure à considérer la vie comme potentiellement lumineuse et céleste par le sublime en soi. Elle offre à l’esprit un rôle directeur dans le désir d’être vivant dans un monde qui n’oublie pas le ciel de l’esprit.

Pour le franc-maçon, la progression sur le chemin du plan s’accompagne d’une élévation graduelle dans l’axe, soit l’accès, vécu à l’intérieur de soi, aux mondes supérieurs. Sa progression se fera en essence. On passera ainsi dans une succession de plans correspondants à différents états de l’être. C’est ainsi que l’ouverture du ciel par l’échelle, révèle l’essence qui donne un sens à l'éthique et une métaphysique à la vie.

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5 avril 2018 4 05 /04 /avril /2018 16:58

Etesvous Compagnon ?

- Je le suis

Comment justifiezvous cette affirmation ?

- En passant Compagnon j'ai pris conscience de moimême.

Que vous aton enseigné au cours de vos voyages de Compagnon ?

- A me servir de mes outils qui servent à transformer la PIERRE BRUTE en PIERRE CUBIQUE, taillée selon les exigences de l'art ...

            Je sais donc ce que je suis et je puis me prononcer  ….  Se servir de ses outils, lesquels ? Comment ? Pourquoi ?

 

La réponse à ces premières questions nous la trouvons dans la longue observation du Compagnon mesurant l'importance d'outils matériels pour son travail de dégrossissement, mais découvrant, à chaque voyage la présence d'outils spirituels devenant alors nécessaires à son évolution, à son intégration dans un monde lui apparaissant soudain ouvert sur l'immensité de la réflexion.

 

Après avoir déblayé le sol de tout ce qui peut l'affecter dans sa rectitude et sa planitude, l'accomplissement des Cinq voyages du profit la spécificité du Ciseau et du Maillet, car sans le concours de ces deux précieux outils nul n'approche et ne réalise, dans sa démarche la transformation d'une Pierre Brute en Pierre Cubique.

- Le Premier voyage se présente alors. Intervient la nécessité de mettre à profit la spécificité du Ciseau et du Maillet, car sans le concours de ces deux précieux outils nul n'approche et ne réalise, dans sa démarche la transformation d'une Pierre Brute en Pierre Cubique.  Le Ciseau et le Maillet ...: (peut être les premiers outils de l'homme sur Terre lorsque celui ci sortait des ténèbres du temps qui s'écoulait, entraînant cette créature vers un très long parcours : l'histoire de l'humanité et de la place de l'Homme dans un Univers ouvert pour recevoir sa longue et interminable marche en avant.)

 

Deux outils, sélectionnés par le Franc-maçon, pour faire disparaître toutes les aspérités d'une Pierre Brute. Taillée de façon à ce qu'elle tienne exactement sa place dans un édifice débutant le jour... d'une première initiation, se prolongeant ... tout au long d'un parcours et se terminant ...le jour du Jugement Dernier de l'initié .

Le Ciseau tenu de la main gauche commande la résolution de notre esprit par un contact entre l'intellectuel et le physique, comme une espèce de fil conducteur émetteur donnant corps à l'Homme Matière dégrossi et dégarni de toutes ses aspérités. découvrant par la réflexion les bienfaits du discernement indispensable à sa progression, à son équilibre .  

Le Maillet, brandi de la main droite, se voit attribuer la mission de communiquer toute l'énergie nécessaire et la détermination morale au long travail du Ciseau d'acier. Rien ne saurait s'accomplir sans l'action conjointe de ces deux outils. Une Pierre Brute serait condamnée à nulle progression sans l'aide de ces outils d'application et de perfectionnement

L'intellectuel, armé uniquement du Ciseau et face à cette problèmatique,  tentera de lister tous les moyens nécessaires à la résolution de ce pb, mais privé de l'énergie indispensable et du courage pour surmonter cette difficulté laissera en l'état le problème posé prouvant par la meme que nul perfectionnement ne trouve sa solution sans une vraie volonté de mise en conformité car l'état de projet permanent épuise plus que la réalisation de ces projets.

 

Egalement, utiliser à lui seul le Maillet, traducteur de la force morale, n'est qu'émetteur de bruit . L'Ouvrier habile doit travailler et se servir de ses deux mains, la droite communique la Force à la gauche qui perfectionne, habile dosage tirant profit des aptitudes de chacune. L'une et l'autre se complètent mais en aucun cas l'une ou l'autre se substitue à l'Ouvrier, à l'analyse et à la volonté commandé par l’Esprit.  

Au dela de cet apport matériel renforcé par les Cinq sens : Vue Ouie Toucher Gout Odorat, le précepte gravé en lettre d'or sur le fronton du Temple de DELPHES ( cité de l'ancienne Grèce, aujourd'hui Castri , d'où Apollon ,par la bouche de la Prêtresse Pythie, rendait ses oracles répondant ainsi aux incessantes questions posées)  " CONNAISTOI TOIMÊME " prend toute sa dimension interne, spirituelle; conduite par la signification et la destinée symbolique du Ciseau et du Maillet.

C'est donc avec ses cinq sens que le Compagnon évaluera, débusquera toutes les aspérités visibles et palpables.  Le chemin sera long, jour après jour perfectionnant ses gestes pour faire disparaître le maximum de points d'ancrage, corrigeant également des àprioris mis à découvert par cette observation, des idées toutes faites, des jugements hâtifs. Lourd apprentissage destiné à une intégration dans une réflexion collective dont les initiés sont à la fois Constructeurs et Matériaux d'un Temple dont les contours lui apparaitront progressivement …. Transformation lente mais nécessaire car l'ajustement d'une Pierre à un édifice n'est possible qu'à la condition expresse que cette Pierre soit parfaitement taillée pour contribuer à la réalisation harmonieuse de cette construction …. Travail constant de perfectionnement, parcours fait d'observation, d'humilité et de gestes prémédités, découverte de toute la signification de la citation

 

La beauté ( l'étoile du 2° Surveillant) ne se réalise qu'en unissant la sagesse (l'étoile du Vénérable Maître) qui conçoit à la force ( l'étoile du 1 ° Surveillant) qui exécute. D'autres étapes vont d’ailleurs entraîner le Compagnon vers d'autres découvertes nécessaires à son travail d'assemblage .

 

Le deuxième voyage, doté de la Règle et du Levier, le Compagnon complète sa lente mais nécessaire progression. Marchant toujours droit devant lui, avec résolution, franchise et loyauté. Triomphant, par la rectitude inscrite dans sa conscience. Multipliant ses forces grâce à la confiance de ses Frères. C'est ainsi, et avec cela, que son trajet se déroule loin de toutes tentations dévastatrices et stériles pour une construction par un assemblage parfait exempt d'espace vide et inutile.  … Méditation profonde plongeant l'esprit vers la diversité des ordres d'Architecture depuis les colonnes harmonieuses dressées à l'entrée du Temple de Salomon

Le premier l'ordre TOSCAN, voit son origine chez les Etrusques et mis en valeur par l'Empire Romain,

Le deuxième , l'ordre DORIQUE, se caractérise par une colonne cannelée reposant sur un stylobate, traduisant l'ordre, la grandeur et la rectitude  

Le troisième, l'ordre IONIQUE, avec humilité, offre son chapiteau orné de 2 volutes latérales

Le quatrième , l'ordre CORINTHIEN, offre généreusement un chapiteau orné de 2 rangs de feuilles d'acanthe entre lesquelles s'élèvent des volutes, le tout dans une harmonie associant l'agressivité à la modération … D'autres ordres d'Architecture interpellent notre conscience et mixtent des origines ou des styles

La représentation symbolique est présente dans nos Ateliers et sur les tableaux de nos Loges.­ Les deux Colonnes, les trois Piliers, les Instruments d'Architecture et bien sûr le Pavé Mosaïque.  En superposant les ordres d'Architecture, le Franc Maçon devient alors une Colonne vivante, s'élevant vers les hauteurs.

 

Muni du Fil à Plomb le Compagnon recherchera la vérité dans les approches verticales de son être, aidé en cela par le Niveau, rappel permanent d'humilité dans sa progression initiatique. Découverte soudaine d'un parcours déjà initié par le 2° Surveillant identifié sa Perpendiculaire et d'un voyage avec le 1 ° Surveillant portant en bijou l'Equerre Juste, symbolisant le Niveau. Pour la réussite d'une construction collective la Pierre Cubique ne doit en aucun cas être le bloc rigoureusement égal en tous sens, se suffisant à lui seul, en parfait équilibre de vie reposant sur un égo auto satisfaitperfectionniste, n'éprouvant nul besoin d'être associé à d'autres, très engagé dans des affirmations à sens unique, sous estimant, parce qu'aveuglé, les détours et contours de parcours souvent plein de surprises désagréables et parfois très difficiles à surmonter SEUL

 

Le perfectionnement pour être utile doit veiller au rapprochement des uns et des autres en veillant à l'absence de freins ou d'écueils et pour rendre possible l'élévation de l'Homme vers la connaissance parfaite, le Compagnon doit emprunter Sept Arts Libéraux échelonnés en 5 Ordres:

 

le " TRIVIUM " des Anciens rassemblant GRAMMAIRERHETORIQUELOGIQUE concernent les arts de la parole que l'on retrouve en Franc Maçonnerie par des symboles : mots de passe mots sacréslangage convenualphabet secretusage des initiales. C'est le véhicule ordonné de la pensée, du témoignage secret à transmettre .

le " QUADRIVIUM regroupant ARITHMETIQUEGEOMETRIE reste lié à la science des nombres, usage constant dans nos travaux, 3, puis 5 pour le Compagnon, fournissant à notre ORDRE la plus grande partie de ses symboles : VerticaleHorizontaleTriangleEquerreCarré longPierre CubiqueSphère

la MUSIQUE, Art à lui seul inspiré par la sensibilité, par l'immatériel, sons harmonieusement couplés inspirant l'humilité et entrainant vers la sagesse du silence et du recueillement.

l'ASTRONOMIE encadre la vie du FrancMaçon par l'utilisation rituelle des points cardinaux, des heures " II est Minuit ..." des Solstices, du Soleil, de la Lune de la Voute Etoilée

Ce voyage entraîne alors l'esprit vers une dimension que le Compagnon ne pouvait soupçonner. La position de l'Equerre et du Compas ( pointe découverte) placés sur le Volume de la Loi Sacré, témoigne d'une réalité, d'un progrès mais replonge le Compagnon vers l'immensité d'une mission que de grands Initiés ont abordé, bien avant lui.

 

 

MOÎSE, représenté dans tous les manuels avec sa barbe blanche rassurante, doit sa notoriété à une longue et incessante énergie de pensée et de travail. Guide et Législateur du Peuple Juif il ne s'autoproclame pas ! … " Tu ne tueras point " sort l'humanité d'alors d'un paganisme obscur et d'une confusion polytheÏque la guidant vers la reconnaissance d'un DIEU unique. Mais MOÎSE, comme plus tard PYTHAGORE, tiraient leur enseignement des secrets des Temples d'Egypte, le second introduisant, pour nous FrancsMaçons, l'initiation progressive sous la règle du silence….. voyage poursuivi dans le temps avec SOCRATE qui ose évoquer l'Unité du Principe Créateur dans un pays, la Grèce, peuplé à l'époque de Dieux multiples, introduisant aussi la notion d'immortalité de l'Ame.  " Connaistoi toimême" interpelle et plonge le FrancMaçon vers une introspection. " Tu ne tueras point" " le Grand Architecte " " Connaistoi toimême" jettent les bases du fondement de notre édifice, travail collectif rendu possible par la réalité fraternelle  ...  " Aimezvous les uns les autres et vous ne connaitrez jamais la mort " Voyage de découverte de maillons immortels d'une Chaine d'Union dont l'origine remonte à l'arrivée de l'homme sur Terre. 

L'approche éxotérique de ses grands hommes, n'avait pour seul but que d'amener, ceux qui s'estimaient être sur la voie de futurs Initiés, à découvrir l'ésotérisme de leur enseignement. Mais tous, depuis toujours, analysant l'homme dans ses faiblesses et tentations vers l'oisiveté facile ont démontré le risque de retour vers le monde animal, d'où il est originaire !!

Ce soir je vous devoile mes FF:;  une Pierre Brute qui a vu le jour il y a 38 ans déjà, et qui patiemment, humblement, par des contacts fréquents du Ciseau commandé par le Maillet s’est transformé enfin je l’espère en Pierre Cubique qui ne cherche qu’à rejoindre les autres Pierres Cubiques de l'Edifice.  J'espère aussi avec modestie que celle-ci ne contienne nulle arête et aspérité ...  Etre admis dans une Loge, c’est être initié, c’est le commencement d’une nouvelle existence, c’est recevoir la lumière et être désormais éclairé, c’est prendre l’engagement d’apprendre le métier qui est l’ART ROYAL et dont on va vous confier les outils.

 

Au 1er grade, l’AA:; FM:. a pour outils : la règle de 24 pouces, le maillet à dégrossir et le ciseau.

Au 2ème grade ces outils sont constitués de l’Equ:., du Niveau et de la perpendiculaire. Le CC:. avec ses outils devra s’assurer qu’il forme bien un cube. La pierre cubique « a une forme régulière ou quadrangulaire qui ne peut être contrôlée qu’au moyen de l’Equ:. et du Comp:. Elle symbolise l’homme au déclin de ses années après une vie droite et bien employée en actes de piété et de vertu. Ainsi se rendra-t-il digne d’être approuvé par l’Equ:. de la parole divine et le Comp:. de sa conscience, seule guide de ses convictions. »

La pierre cubique symbolise les progrès que doit faire le Cp\. Solide le plus parfait, le cube est « la pierre angulaire du temple immatériel élevé à la philosophie » et l’emblème de l’âme aspirant à monter à la source. La pierre cubique représente l’homme dans sa perfection et son cœur. Cet homme dans la perfection est aussi présent dans l’atelier avec l’étoile flamboyante et le G en son centre représentant Dieu, à qui nous devons tous nous soumettre et que nous devons humblement  adorer. Ah au fait posée, la pierre cubique a toujours une face de cachée, et aussi parfaite soit-elle, elle ne montre que cinq cotés réguliers, le sixième étant occulté.

Tout cela nous indique peut être que le travail vers une perfection absolue est véritablement sans fin. Tout comme les cinq sens physiques de l’homme, le sixième sens relevant de l’intuition ; c'est-à-dire de l’invisible. Quelle que soit la face occultée, la pierre cubique nous montre toujours la rectitude de son aspect. Un assemblage de pierre cubique est solide comme un groupe de FF:.  Un tel édifice est régulier et harmonieux, présentant également une rectitude analogue à la pierre cubique prise isolément, par extension c’est le grand cube de l’humanité que nous appelons de nos vœux.

 

 

 

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