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21 janvier 2015 3 21 /01 /janvier /2015 22:02

Rappel de l’histoire et du mythe

Pour Freud, le complexe Œdipien est la représentation inconsciente par laquelle s'exprime le désir sexuel de l'enfant pour le parent du sexe opposé et son hostilité pour le parent du même sexe. Mais il apparaît que les adultes projettent leurs propres sentiments refoulés sur les enfants, ce que fait Freud en l'occurrence avec le complexe Œdipien. En fait, le désir "sexuel" qu'il attribue à l'enfant est une projection de l'attitude perverse que ses propres parents avaient envers lui.

Dans la mythologie grecque, Œdipe était le fils de Laïos et Jocaste. Pour échapper à la prédiction d'Apollon, qui prétendait qu'il serait tué par son propre fils, Laïos ordonna à un serviteur d'abandonner l'enfant sur le Mont Cithéron, avec ses deux pieds cloués. Mais au lieu de cela, le serviteur le confia à un berger, qui plus tard le donna à Polybe, roi de Corinthe, et à sa femme Mérope qui n’avait pas de descendance. Ils l'appelèrent Œdipe - Oidipos signifiant pieds enflés - et l'élevèrent comme leur fils.

Le mythe commence par un infanticide, le père faisant tuer son enfant en l'exposant pour qu'il soit dévoré par les bêtes sauvages, ce qui était un supplice courant dans l'Antiquité. Il est probable que le serviteur ait en réalité obéi à son maître et cloué les pieds de l'enfant, car sans cela ses parents adoptifs ne lui auraient pas donné le nom de pieds enflés. Vraisemblablement, un berger aura trouvé l'enfant agonisant et l'aura délivré par compassion. Il est donc hautement significatif que le mythe d'Œdipe ait été popularisé comme l'histoire d'un fils qui tue son père, alors que les faits montrent exactement le contraire.

Le meurtre rituel du fils: une vérité intouchable.

Au cœur de la quête d'Œdipe, nous trouvons sa détermination à découvrir la vérité sur ses origines. Sa mère adoptive Mérope et la prêtresse de Delphes ont toutes deux conservé ce secret bien gardé, obligeant le fils à endosser le poids de leur silence. En effet, si Mérope avait informé son fils qu'il était un enfant trouvé, les choses se seraient vraisemblablement déroulées autrement. Mais l'interdit dépassait largement le seul fait de faire connaître une ascendance cachée: ce qui devait rester secret, c'était le meurtre rituel du fils par le père.

Voyons maintenant comment Œdipe s'y prit inconsciemment pour révéler l'intouchable vérité. Son voyage à Delphes, qu'il entreprit seul, avait pour but de lui permettre d'entendre l'oracle d'Apollon, le dieu de la Lumière et de la Vérité. Son parcours le conduisit proche du Mont Cithéron, où il fut exposé et faillit perdre la vie lorsqu'il était enfant. Selon la légende, il fallait un pas assuré et une tête solide pour marcher sur l'étroit sentier rocailleux qui serpentait entre la montagne et la mer, car "les vents s'élancent en hurlant du haut des collines comme les Furies en courroux, précipitant du haut des falaises surplombantes, dans le gouffre béant qui bouillonne au-dessous, tout ce qui s'oppose à leur passage. Sans aucun doute, cet environnement particulier fit écho à la terreur qu'il avait ressentie face à la fureur de son père et dans sa lutte éperdue pour la vie dans la nature sauvage, avec ses pieds cloués. Plus tard, lorsque la prêtresse prononça la malédiction fatale, celle-ci résonna comme la sentence de mort énoncée par son père. Nous lisons qu'Œdipe fut pris de vertige, ce qui confirme la ré-émergence du traumatisme précoce. En sortant du temple, il revécut la dissociation des émotions générée par l'acte brutal, raison pour laquelle il lui sembla que son cœur devenait pierre. Finalement, il poussa un cri déchirant et plongea dans la remise en acte de sa lutte précoce pour sauver sa vie.

Remarquons combien la réalité présente est incorporée par le processus de dévoilement: les pèlerins sont des ombres, le chemin est un étroit défilé, les monts alentours sont sourcilleux et menaçants. Œdipe est rempli d'une terreur sauvage et irraisonnée, mais poursuit sans rien voir comme une bête traquée. Nous comprenons que ce lieu néfaste représente en réalité la remise en acte de ce qui se produisit des années auparavant sur le Mont Cithéron, dans des circonstances qui furent gravées dans sa mémoire en traits ineffaçables.

Le règne du fils.

Le mythe délivre un message qui n'a à ma connaissance jamais été bien compris auparavant. Au carrefour, le vieil homme qui se trouve devant Œdipe n'est autre que Laïos, son bourreau, entouré de ses hommes de main. Le fils est maintenant un guerrier porté par l'incroyable énergie de sa rage si longtemps réprimée. Il peut revivre l'extrême violence qui lui fut infligée de longues années auparavant par ces mêmes protagonistes et résoudre enfin l'origine même de sa névrose. Lorsque son père lève sa main, il se soustrait à l'inexorable mort en assommant celui-ci et en tuant ses gardes du corps. Faisant cela, il révèle la brutale cruauté de l'ordre patriarcal incarné par le père.

Il n'est pas surprenant que Freud n'ait jamais prêté attention à l'homicide commis par Laïos sur Œdipe, son fils. Fondateur de la psychanalyse, il est lui-même l'incarnation d'une figure paternelle. Mais aucun de ses disciples n'a réalisé que ce crime était à l'origine de la névrose d'Œdipe. Cette évidence apparaît si l'on considère ce qui se passa immédiatement après la mise en acte du traumatisme subi par Œdipe: délivré de la terreur qui enfermait son esprit, il surpasse facilement le Sphinx et devient un roi juste et sage.

Lorsqu'Œdipe quitta Delphes, poursuit la légende, il jura de ne jamais retourner à Corinthe par peur de voir se réaliser la malédiction d'Apollon et prit la direction de Thèbes. Il trouva les habitants dans une profonde détresse. Non seulement leur roi Laïos venait d'être tué par des brigands, pensait-on, mais la ville était ravagée par un terrible monstre. Chaque jour, le Sphinx dévorait l'un d'entre eux parce que personne ne parvenait à résoudre l'énigme qu'il imposait. A ce moment précis, Œdipe et le peuple de Thèbes sont sur le point de rejouer ensemble leurs fantasmes respectifs dans une relation leader-groupe. Voyons donc ce que ces protagonistes ont à l'esprit.

Psychogenèse d'un leader.

Après avoir reçu la malédiction, Œdipe s'était juré en lui-même: "Mourir serait coupable, s'il se trouve, fût-ce aux extrémités de la terre, quelqu'un qui ait besoin du bras d'un homme fort et de l'intelligence d'un homme sage. Jamais plus je ne reverrai Corinthe, la très fameuse, et ma demeure sur les rives de la mer sonore, car si je retournais auprès des miens, je ne serais pour eux qu'un fléau. Je m'en irai donc dans de lointains pays, et j'apporterai quelque bénédiction à ceux qui ne sont pas de mon sang.

Pour saisir l'espoir que l’on dépose en lui, citons l'extrait suivant: "Tous l'accompagnent de leurs prières et de leurs bénédictions jusqu'à la porte de la ville. Ils le quittent là, car celui qui a dessein d'affronter le Sphinx doit s'en aller seul à sa rencontre et nul ne saurait lui venir en aide. …

Et quid du MS … Le MS ouvre la suite des degrés de Perfection en posant un ensemble de préalables nécessaires à leur compréhension, et même à celle du Rite Ecossais Ancien et Accepté dans son ensemble. Ce qui peut expliquer son apparition au XVIIIème siècle postérieure aux autres degrés. Il prépare les Maîtres à saisir le sens du mythe d’Hiram et de l’univers qu’il sous-tend par une série de pistes de réflexions et d’idées, qui sont autant de chemins d’accès à la Connaissance et de clés d’éveil de la Conscience.

Le MS travaille « dans le Temple du Roi Salomon, devant le Saint des Saints » et perçoit à l’Orient, tracés en noir sur fond blanc « un grand cercle dans lequel est placé le Triangle sacré, pointe en haut, portant en son centre l’Etoile flamboyante ». L’étoile ne s’attache pas au cercle du Maître et rayonne en son sein de sa propre lumière, se détache des tracés réfléchis du cercle et du triangle et se perçoit tel un bijou chatoyant dans son écrin. Elle ne porte pas le G en son centre comme au grade de Compagnon, mais n’est-ce pas pour en susciter l’idée, pour transmettre sous la forme voilée des questionnements et des injonctions du grade l’idée de Vérité, et re-susciter en mémoire la trace d’une Parole perdue, jusqu’à faire pressentir l’essentiel indicible (pré-sentir l’essence-ciel indice-cible) qui les sous-tend ?

Aux trois premiers degrés la Bible est ouverte au Prologue de l’Evangile de Saint-Jean « Au commencement était le Verbe … ». Elle est ouverte en degrés de Perfection au Premier Livre des Rois où est relatée la construction du Temple de Salomon. A la vision linéaire de l’évolution et du travail intérieur se substitue la perception transversale d’un chantier symbolisé par la construction du Temple et la poursuite de l’œuvre d’Hiram. Mais en nous substituant à lui, ne sommes-nous pas prédestinés à rencontrer les mêmes obstacles que lui ? Les degrés du Rite de Perfection mettent les points sur les « i » de la réalité des épreuves à surmonter. Ce « i » de l’alphabet latin s’apparente à l’homme debout les pieds à l’équerre et la tête dans les étoiles, à la lettre « vav » de l’alphabet hébraïque, de valeur numérique 6 et dont l’image représente un clou, une cheville de charpentier, surmontée par le « yod », de valeur numérique 10 réduite à 1 au degré de MS, et n’est pas sans rappeler la batterie par 6 et 1 du grade que nous retrouverons à la fin de ce travail.

A l’expression symbolique du temps de travail « De midi à minuit » comportant un commencement et une fin définis, reconnus comme tels, le MS substitue un temps de présence et d’absence latentes. Au début des travaux « l’éclat du jour a chassé les ténèbres et la grande Lumière commence à paraître », à leur clôture « nous sommes à la fin du jour ». La lumière à travers sa nature et sa propagation symbolise le travail intérieur du Maçon en réflexion. En optique, lorsque les ondes lumineuses rencontrent un obstacle ou rentrent dans un autre milieu, chaque point de la surface de séparation devient le point de départ de deux nouveaux trains d’ondes. Celui qui est réfléchi reste dans le premier milieu et celui qui est réfracté pénètre dans le second milieu et se propage perpendiculairement à ce front d’ondes, en traçant une Equerre, semblable à l’équerre d’argent du voile noir transparent porté par le MS lors de son initiation. Il est pour une part éclairé par cette lumière en diffraction qui résulte de ses « réflexions », tendant vers la Connaissance, et par la grande Lumière qu’il reçoit et diffracte en lui. Il passe de l’Equerre au Compas, sous le Laurier et l’Olivier qui témoignent de l’ouverture de son Compas et de ses prises de Conscience, à mesure qu’il reçoit son salaire et que la paix s’empare de lui.

Le MS n’est plus dans le binaire conflictuel des premiers degrés, mais dans les fondations d’un espace en lui-même qui doit se substituer au champ clos des conflits intérieurs interminables. Il doit en sortir pour être plus en paix, pour être « en mesure » d’entendre parler son cœur, dans le Secret et le silence, car les nobles pensées viennent du cœur. Il doit pour cela consolider ses idées, en les éclairant sous le prisme des symboles et de l’analogie « Vous ne prendrez pas les mots pour des idées et vous vous efforcerez toujours de découvrir l’idée sous le symbole ». Il doit par ailleurs les intégrer et les animer de sa propre vie pour en faire des symboles vivants comme la Clé d’ivoire. Le silence du MS, qui n’est plus réglementaire mais s’impose de lui-même, devient l’espace médiateur d’une voix intérieure que seul son cœur sait entendre et reconnaître.

Par contraste avec le silence, les injonctions du grade ré-ordonnancent le MS et le re-constituent en respectant la devise Ordo Ab Chao, qui signifie « l’ordre le chaos », et non pas « l’ordre dans le chaos », et il peut choisir justement de mettre en valeur cette part d’ordre qui s’affirme dans le chaos. Après les degrés symboliques où le questionnement est étalé sur plusieurs étapes dans une même continuité, les degrés de perfection étagent les questions sur plusieurs niveaux entre lesquels va et vient le MS, et mettent en perspective ses attentes et ses idées. D’un côté, l’être qui se recentre sur lui-même : « vous déciderez par vous-même de vos opinions et de vos actions ». De l’autre, au bout de cette perspective « les hautes régions de la Connaissance spirituelle » vers lesquelles il se hâte « de peur que la mort le surprenne avant d’avoir approché le sommet ».

Le MS se remet en cause et se renouvelle de manière rationnelle et irrationnelle Dans l’irrationnel en parlant de fatalité, de nécessité, de destinée, de malheur, en alliant la détermination et l’avertissement « Le Devoir est la grande Loi de la Franc-Maçonnerie, inflexible comme la Fatalité, exigeant comme la Nécessité, impératif comme la Destinée » « Malheur à ceux qui aspirent à ce dont ils sont indignes » « Malheur à ceux qui veulent assumer une charge qu’ils ne peuvent pas porter » « Malheur à ceux qui acceptent légèrement des devoirs et qui, ensuite, les négligent ». Il reste rationnel également dans l’appréhension du monde. Mais il s’agit moins d’être logique que de garder le sens des proportions et de la mesure, de développer un regard attentif et mesuré, même quand il perçoit par éclairs la Vérité qu’il pressent « Quelque admiration que vous inspire le spectacle de l’Univers, du macrocosme au microcosme, souvenez-vous que vous ne l’admirez qu’en proportion de votre faiblesse, en présence de son immensité » « la Vérité est une lumière que l’homme perçoit plus ou moins confusément. Elle peut pourtant se révéler dans tout son éclat à celui qui veut ouvrir les yeux et regarder ».

Le questionnement du MS est semblable au laser qui dessine sur l’écran de sa conscience le champ limité de ses connaissances, et prend conscience de l’espace en trois dimensions qui les contient. La Raison structure point par point de l’intérieur ce volume perçu également de l’extérieur, cette fois en faisant appel à sa sensibilIté. Le MS est en deuil et souffre de la perte irréparable de Maître Hiram. Ses larmes absorbent plus la lumière qu’elles ne la reflètent, comme les larmes d’argent sur les écussons. Il est en manque de tout ce que symbolise et vitalise Hiram Abi, et il est déjà à la tâche pour combler ce vide. C’est cet espace noir du deuil qu’il re-construit et re-structure en devenant plus responsable, plus « conséquent », et en se remettant « en cause » personnellement.

Chaque mot, chaque idée manifeste un engagement, et peut devenir signe, unité de mesure, et même signe de signe, mesure de mesure, unité de tout, Unité du Tout. Le MS doit interroger les idées qui émanent de lui comme celles qu’il reçoit pour savoir s’il doit ou non les prendre en compte « vous n’accepterez aucune idée que vous ne compreniez et ne jugiez vraie ». Ce qui l’amène à devenir Passeur et Gardien de l’idée de Vérité. Le Passeur agit plus en connaissance de cause, recherche la cause des causes, relie les idées entre elles pour que passe et circule à travers elles l’idée de Vérité jusqu’à toucher son cœur. Le Gardien veille à la préserver justement des contre-vérités dissimulées dans les mots à contre-emploi qu’il descelle dans les flots de paroles, pour ne laisser passer, desceller (dé-sceller) que les mots justes. Ainsi lors de l’initiation au grade, le Trois Fois Puissant Maître, remplissant ces deux fonctions, « descend de son trône, le sceptre (sceau du secret) sur les lèvres, place sa main droite sur le cœur des récipiendaires et leur appuie le Sceptre sur les lèvres ».

Il ravive par là-même le besoin inné de Connaissance qui habite le MS et le relance dans sa quête de la Parole Perdue, de ce qui s’exprime en lui-même comme en chacun, de soi-même, en soi-même, pour soi-même. De soi-même car le désir se nourrît de lui-même comme l’Amour de l’Amour. En soi-même car il exprime l’Etre de désir. Pour soi-même car il doit s’accomplir comme se constitue le Delta reliant l’immanence à la transcendance, la balustrade à la resplendeur du Z figurant sur la clé du MS, qui sépare et relie dans le Temple du Roi Salomon le Saint du Saint des Saints. Il ravive en lui-même ce « secret qui aspire à être dévoilé » « le moyen d’exprimer sous une forme qui peut être retrouvée une vérité qui nous dépasse » et constitue « une quête de Dieu puisque Dieu, inconnaissable en Sa nature, est tout à la fois le Tout Autre transcendant, et le Tout Proche immanent.

Dans une société donnée, le devoir apparaît comme un ensemble d'obligations morales et sociales, voire légales, auxquelles se soumettent ses membres. La loi est une prescription établie par l'autorité souveraine applicable à tous, et définissant les droits et devoirs de chacun. La définition de ces deux notions fait apparaître un lien irréfragable entre la loi et le devoir. La loi a cependant un caractère plus général, dans la mesure où elle définit non seulement des devoirs mais aussi des droits, qui apparaissent ainsi indissolublement liés comme les deux faces d'une même médaille. Le grand débat consiste à savoir si l’un découle de l'autre ou vice versa : de la réponse à la question dépend un choix politique de société.

Le devoir n'est pas qu'une notion intellectuelle mais aussi une réalité sociologique. C'est en premier lieu un terme d'échanges, matériels ou contractuels : c'est ce qu'il faut donner en contrepartie de ce que l'on a reçu ; nous devenons ainsi des charpentiers de l'univers … modèle de l’ouvrier en tant que grand architecte qui se construit en lui-même, satisfait de l'approbation de sa seule conscience.

La franc-maçonnerie proclame comme principe « un maçon libre dans une loge libre ». La « liberté » fait partie de sa devise, la « liberté absolue de conscience » est l'un de ses principes. Une analyse approfondie montre que la franc-maçonnerie est une école du devoir.

En franc-maçonnerie, le mot devoir n'est pas un élément symbolique isolé, mais un élément très riche de la composition symbolique contractée lors de l'initiation de l'impétrant, composition harmonique incluse dans le rituel et qui reste à déchiffrer.

Dès son introduction dans le cabinet de réflexion, le profane médite sur les devoirs de l'homme envers lui-même, sa famille, sa patrie, l'humanité. Première épreuve, l'épreuve de la Terre, accompagné de la sentence « VITRIOL », lui enseigne que le premier devoir est de descendre au plus profond de lui-même pour parvenir à la connaissance, la pierre cachée. Purifiée par la terre, il devra dominer ses passions pour trouver la vérité enfouie au plus profond de sa personnalité.

L'initiation est plus qu'une cérémonie symbolique : il est demandé au profane adhésion, engagement, obligation du secret, devoir de solidarité, nécessité du travail et du perfectionnement par la connaissance et l'exercice des vertus. L'accomplissement du devoir fait partie intégrante du travail initiatique maçonnique.

Dès le premier degré, l'apprenti a comme premier devoir de méditer les enseignements du rituel afin d’y conformer sa conduite.

Ensuite le compagnon a le devoir de connaître le monde et de se connaître dans un monde où il ne sait même pas ce qu'il est venu faire. Son devoir est de surpasser les autres hommes par le développement de ses qualités tout en se mettant au service des causes liées au salut du genre humain.

Puis en tant que maître, il a le devoir de faire rayonner sa conscience relative, de respecter l'homme et son organisation sociale, familiale et maçonnique. Le maître exerce sa méthode maçonnique dans la vie quotidienne pour tenter de construire un monde plus heureux, plus droit, plus d’équerre.

Au grade de Maître secret, la phrase complète du manuel au est « nous avons l’obligation de suivre imperturbablement la route du Devoir, tout en sachant qu’il est parfois plus facile de faire son Devoir que de le « Connaître », sur laquelle nombre de F. : se sont affairés à plancher.

« Le maître secret doit être prêt à accomplir son Devoir parce qu’il est le Devoir… »

« Le Devoir est la grande loi de la FM, inflexible comme la Fatalité, exigeant comme la Nécessité, impératif comme la destinée…. »

L'approfondissement de la notion de devoir, à chaque stade de la vie maçonnique est l'essence même de la recherche de la vérité. La récompense ne se trouve pas dans un quelconque résultat espéré mais dans la démarche, c'est-à-dire la découverte d'un sens à l'existence.

La loge de perfection est donc un creuset de devoirs initiants. Le Grand maître Architecte peut en éprouver le poids, mais aussi en prendre la bonne mesure. C’est la rigueur du devoir qui lui ouvrira la conquête de sa liberté intérieure. Le cheminement rituel depuis le premier degré, tel que décrit précédemment, nous a montré que chacun a été confronté à des thèmes lourds de sens et d’interrogation. Au douzième degré, nous sommes à un stade de découverte en soi de ce qui est esprit, en tuant l’ego, la voie du devoir dépassant les contraintes en s’ouvrant à l’autre.

Le meurtre d’Hiram est loin de représenter un achèvement, comme la Maçonnerie bleue pourrait laisser le supposer. A l’image du meurtre du père de Freud, le meurtre d’Hiram est une libération et un passage à l’âge adulte pour l’initié et pour le groupe, identique à la nécessité pour l’homme de grandir, de devenir adulte en franchissant ce cap. Hiram renaît dans le nouveau Maître, et restera modèle et loi .Mais comme au moment du meurtre le temple est loin d’être achevé, l’étage le plus élevé, celui de la spiritualité reste à bâtir.

Dans cette situation l’alternative pour le Franc maçon est d’abandonner les travaux et se contenter des trois premiers degrés, ou de continuer et il faudra bien remplacer Hiram, et selon le plan prévu.

L’après Hiram est donc une prise de conscience. Conscience qu’une autre époque commence, conscience de la responsabilité de l’individu de sa propre construction. C’est aussi la conscience qu’il a fallu trouver les responsables du meurtre pour que les travaux continuent sans risque de voire réitérer le forfait.

J’ai le sentiment que Faire son devoir et le connaître vont souvent ensemble, et cette affirmation ouvre donc la porte de la conscience. Les deux tâches ne sont en aucun cas faciles. La conscience réunit tout : l'inconscient, le subconscient et le conscient.

Au fond de chaque homme, quelle que soit son origine, son ethnie, son âge, sa religion se trouve sa conscience qui lui indique ou se trouve le bien et le mal, la justice et l’injustice. Le devoir va dès lors consister à agir en conformité avec cette conscience, sans attendre de cette action une récompense ni craindre une sanction. Il s’agit de faire ce qui doit être fait parce qu’il s’agit d’une exigence de cette partie intime de nous-mêmes. Ainsi la se situe le beau, le bon, le vrai, donc peut être la Vérité. En accomplissant ses devoirs le Grand Maître Architecte harmonise sa vie de manière que les évènements ne s’opposent pas au développement de son être.

C'est dans la conscience que le monde nous apparaît. C’est par la conscience que le sentiment est connu, que les choses sont décrites et pensées, que l’image est imaginée ou que le jugement est prononcé. Nous connaissons tout par la conscience. Nous passons certes notre vie dans la conscience, mais sans la connaître et sans nous connaître. C’est d’ailleurs pourquoi le monde de l'extériorité paraît toujours plus clair que celui de l’intériorité.

La conscience peut être accolée à la notion de morale ou d’éthique. Avoir conscience c’est savoir que l’on existe : Je pense, donc je suis, pour se référer à la pensée Cartésienne.Si la conscience est liberté, elle n'est jamais un personnage, un dehors, un paraître. La prise de conscience de soi favorise un éveil. Si je me suis comporté comme un imbécile, si j'ai été violent et que j'en prends conscience, je ne suis plus tout à fait un imbécile ou un violent au sens habituel, je commence à me voir tel que je suis.

Peut-on élever collectivement le niveau de conscience de l’Homme ? Religions, philosophies, politiques de tous acabits ont essayé. L’élévation du niveau de conscience est une quête solitaire et comme toute recherche visant à la découverte, elle passe par le travail et ses devoirs. Il y a parmi les possibilités permettant à l’Homme d’élever son niveau de conscience un grand nombre de solutions, et parmi celles-ci, la pratique du REAA.

Toutefois la conscience nous oblige à considérer avec attention la nature de la vigilance quotidienne et le travail de l'intentionnalité. Qu'est-ce qu'être vigilant? C'est faire attention à. C'est être conscient du monde qui m'environne. C'est rester sur le qui-vive. N’est ce pas le devoir du F\ M\ : de porter à l’extérieur du Temple ce qu’il a eu conscience de venir y chercher ?

L’être humain peut être tiraillé dans son quotidien par ce que lui dicte son devoir et ce que lui dicte sa conscience.

Le maçon saura qu’il ne peut y avoir de devoirs sans conscience, la conscience étant, dans cette vision ce qui se rapproche de la recherche de la Vérité et donc du Divin.

Les devoirs sont donc l’expression d’un Homme conscient et libre qui attend son incarnation dans son corps de Gloire qui lui donnera la vie et la liberté éternelle

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