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10 août 2012 5 10 /08 /août /2012 06:34

pour une accession au Sacré.


Avant même de développer la mort de notre Mait :. Hiram et la nécessité de cette mort , il me semble judicieux de planter le décors.


   Dès notre entrée en F\M\, nous nous accoutumons à l’idée de mort et de renaissance.
Dans notre première épreuve dans le cabinet de réflexion, la mort est déjà présente. Le crâne et le testament philosophique nous invitent déjà à nous libérer de composantes profanes, matérielles, intellectuelles, qui parent notre ego.

Mais à côté de ces symboles de mort, nous retrouvons le coq annonciateur de la lumière qui nous rappelle que passer une certaine mort permettra sans doute de renaître à une vie nouvelle. Et si jamais je doutais, la racine latine « sacer » qui accompagne le nouvel initié à toutes ses étapes de progression initiatique m’amène à s’intéresser sans cesse aux différents niveaux de conscience qui jalonnent l’accession vers le Sacré.


Sacer (« qui appartient au service divin ») est à l’origine de « sacré », « sacrifice » (sacrum facere=rendre sacré l’objet du sacrifice)  et « sacerdoce » (sacerdotum : dire le sacré, enseigner le sacré). Notons également qu’il existe une grande proximité étymologique entre sacré (sacer, sacratum) et « secret » (secretum) puisqu’il s’agit dans l’un et l’autre cas de ce qui est mis à part.


Pour le Larousse, dans l’interprétation des phénomènes religieux, le sacré est le caractère de ce qui transcende l’humain par opposition au profane (profanum=devant le temple). « Sacré » = qui a rapport avec le divin, qui doit inspirer un respect absolu, inviolable. On voit que pour ce dictionnaire, sacré appelle la religiosité !  Sont donc considérés comme sacrés, les objets, les lieux et les rites destinés à un culte. Pour le Gaffiot, la racine latine « sacer, sacra, sacrum » signifie saint, sacré, consacré à une divinité. Pour Julien Ries, l’expérience du sacré implique la découverte d’une réalité absolue que l’homme perçoit comme une transcendance. Les romains donnaient à « sacer » le sens de « consacré aux dieux » mais aussi de « chargé de souillures ». Le tout désigne donc ce qu’on ne doit pas toucher. Notons que cette ambivalence se retrouve de nos jours dans le mot sacré.


C’est Otto Höfler, ( philosophe national socialiste ), qui a mis en évidence l’importance du sacré dans la vie de l’individu comme dans les formes archaïques d’organisation de la société ( cf sociétés secrètes des Allemands en 1934). Pour Emile Durkheim, ( père fondateur de la sociologie francaise et auteur notamment d’un traité sur le suicide ), le sacré apparait comme ce à quoi on accorde un respect tout particulier. C’est le termequi définit les choses ou les êtres que des interdits protègent ou isolent, ce en quoi elles se distinguent des choses profanes. Durkheim  cite le drapeau national dont la profanation est un acte grave pour illustrer son propos sur le sacré.


Mircea Eliade, ( philosophe et historien des religions ),tout comme Claude Levy-Strauss ont démontré dans leurs travaux sur les civilisations primitives, combien l’être humain a un besoin naturel de sacré et de sacraliser des lieux, des gestes, des fonctions et des rites, voire des personnes. Le cultedes ancêtres présent dans toutes les civilisations, participe de cette démarche. L’homme a de tout temps eu besoin de cette dimension spirituelle, subjective, qui donne de l’importance aux êtres, aux lieux, aux gestes, aux rites ; ils nous font émerger de l’espace et du temps ordinaires.


Pour Jean-Jacques Wunenburger, ( philosophe et chercheur à Lyon3 ), « le sacré  est un vécu émotionnel qui nous met en présence d’une puissance qui nous dépasse. (…) Le Sacré est l’autre versant de l’existence, une structure médiatrice qui nous permet de nous arracher à la vie, qui nous permet une transition vers une autre entité.

En fait, le sacré a un statut de médium, intermédiaire entre le monde du quotidien et le monde divin, un espace transitionnel qui nous ouvre une lumière et nous permet de monter. (…) Le sacré exige des portes qui s’ouvrent et qui se ferment. Il a besoin d’être canalisé. (…) La pratique du sacré ne peut faire l’économie d’un certain nombre de contraintes, comme la ritualisation et l’interprétation symbolique»


L’étymologie latine renvoie donc aux Dieux. Est sacré ce qui appartient aux dieux, à la déité, au divin. Mais qu’est ce que le divin ? C’est le non humain. Quel non-humain ? Soit ce qui est en deçà de l’humain (c’est l’immanence du sacré) soit au-delà de l’humain (c’est la transcendance du sacré).


Le sacré relie l’immanent au transcendant en passant par le centre de l’esprit humain.


Pour l’impétrant que j’étais lorsque j’ai frappé à la porte du Temple, le sacré était pour moi de l’ordre du religieux :

-           un lieu sacré était un lieu de culte dont le nom diffère selon les religions (église, synagogue, mosquée…) ;

-          les objets sacrés : des objets de culte. Je connaissais la musique sacrée écrite pour des cérémonies religieuses (messes, requiem etc.), l’art pictural sacré (peintures, sculpture, architecture…), les livres sacrés des différentes religions et philosophies.

Ce n’est que depuis que mon engagement sur le chemin initiatique que j’ai compris que le religieux n’est qu’une des possibles gestions du sacré, terme qui existait bien avant les religions notamment celles du Livre.


J’ai découvert un lieu sacré, le Temple, un Temps sacré (entre midi et minuit, mon âge de 3 ans), des mots sacrés  et j’ai bien réalisé qu’on était hors du cadre de la religion puisque toutes y étaient représentées (pas de dogme, pas de sacrement) et que les mythes que nous vivions étaient une façon différente de faire vivre le sacré .

Bien sur, la prestation du Serment du candidat à toutes ses progressions , engagement individuel et solennel, a un caractère sacré évident.


Lors des 3 premiers degrés,  le Temple devient un espace sacré quand le Volume de la loi sacrée est ouvert, quand les outils sont dévoilés. En dehors de ce temps, le lieu redevient profane et ordinaire


Pour Claude Canion, « la franc-maçonnerie régulière présente un caractère sacré évident en raison du théisme qui constitue son fondement essentiel. Véritable école d’éveil, elle suit une autre voie que la religion , dont l’ésotérisme constitue le fil conducteur mais dont le but est tout aussi sacré.

Et c’est ainsi que dès le  début de notre planche, nous avons compris et intégré que la mort est nécessaire afin de mieux renaître.  Et  comment parler de la mort d’Hiram sans revenir à sa propre élévation.

Lors de cette cérémonie, j’entrais à reculons et m’éloignais de l’étoile : plus rien n’était plus à sa place.


Mais pire encore et chose horrible, on me soupçonnait d’être un mauvais Compagnon.
J’étais suspect et j’ai dû apporter la preuve de mon innocence et cela malgré que « Mes mains  fussent pures et mon tablier sans tache ».


Après cette vérification, une nouvelle épreuve m’attendait : l’ordalie ( le jugement du Divin ) . Par la marche du Compagnon, je me retrouvais dans l’équerre à la tête d’un corps et là, horreur, on me montrait le cadavre du meilleur de nos Frères notre très respectable maitre « Hiram ».
   Alors, pour preuve de mon innocence, par le «jugement de Dieu » on me fît enjamber le corps par une marche de trois pas en arc de cercle et traçant un volume.

 

Remarquons que jusque là, tous nos pas étaient horizontaux, dans l’axe pour les apprentis, dans le plan pour les compagnons : inconscience, transgression première ou audace ?

La nouvelle dimension dans cette marche du maître appelle à la verticalisation de l’esprit ce qui nous est rappelé par la notion de « passer de l’équerre au compas ».

   Après cette épreuve, le V
\M\ commença le récit des circonstances du crime qui avait été commis.

   Avant d’aller plus loin, arrêtons-nous sur cette notion de crime que je nomme plutôt assassinat. Assassin est de la famille de l’arabe hachich et de son dérivé hachuchiya « buveur de hachisch » nom donné aux membres d’une secte du XIè s. que leur chef fanatisait en leur faisant boire du hachisch et qui, assassinaient souvent des chefs chrétiens ou musulmans.
   Et, en droit pénal, la définition d’assassinat est un homicide volontaire avec préméditation ou guet-apens.
Notre rituel nous donne l’information suivante :
« Les conspirateurs, au nombre de trois, se placèrent à chacune de ces portes, afin que si le Maître échappait à l’un il ne pût éviter les autres. »

Nous sommes bien dans une notion de guet-apens, donc d’assassinat.

Et là plusieurs questions se posent à moi :

- Comment Hiram savait-il que ces trois Compagnons n’étaient pas encore prêts ?
- Pourquoi ne pas avoir donné un faux mot de passe ?


   Je crois aujourd’hui que les réponses à ces questions, nous viennent de l’acte même et de la menace faite par ces trois mauvais compagnons.
   En effet, par cette attitude, ils représentent l’ignorance, le fanatisme et l’ambition, qui correspondent à des traits et à des pulsions de tout homme obstiné par des objectifs de puissance et de gloire, ou simplement imbu de satisfaction personnelle imméritée.

Attitudes que nous cherchions à dominer pour vaincre notre propre nature et avancer sur le chemin de la vérité : « Que venons-nous faire ?  Vaincre nos passions … »

Imaginons que les trois mauvais Compagnons aient obtenu le mot du Maître.
Ils auraient le savoir, mais serait ce suffisant ?
« Posséder » le savoir est certes nécessaire, mais non suffisant.
Il nous faut aller plus loin pour découvrir la connaissance, qui ne s’approprie ni par la force ni sans mérite.
Les trois mauvais Compagnons n’auraient donc créé que confusion, désordre et les travaux seraient très vite remplacés par le chaos.

Soudain, les deux surveillants m’ont renversé dans le tombeau après que j’ai reçu à mon tour les trois coups transgression ultime des trois mauvais Compagnon ;
Le 1er  coup avec la Règle qui pourrait symboliser la loi que le mauvais compagnon a transgressé (CORPS).
Le 2ème coup avec la Pince sur la nuque domicile de la transmission de la pensée (AME)
Le 3ème coup fatal avec le Maillet, sur le front, siège de l’intellect (ESPRIT)

On me rectifie au sens prope  comme au sens figure car j’ai besoin d’être débarrassé des scories encore présentes avant d’espérer aller plus loin, franchir cette porte dont le gardien est le VM en chaire

Je suis allongé dans ce tombeau ou devrais-je parler d’athanor ?  … car en effet, c’est une véritable alchimie qui s’opère en nous.

   « La chair quitte les os », nous dit le Second Surveillant qui essaie de soulever le corps par l’attouchement de l’apprenti. Mais impossible, l’état de putréfaction est déjà très avancé.

   « Tout se désunit », nous dit le Premier Surveillant, qui à son tour tente de soulever le corps par l’attouchement du compagnon.
Mais là encore, en vain. Il ne reste plus que l’os et le processus de dissolution est en œuvre.

   Alors pour retrouver la verticalité le T.V.M. déclare : « Souvenons-nous, mes Frères, que seuls, nous ne pouvons rien. Aidez-moi ! » 
   Et c’est ainsi que le V.M., avec l’aide des deux Surveillants et grâce aux cinq points parfaits de la Maîtrise, attire à lui le cadavre.

 Il lui souffle à voix basse M :. B :.  au rite de MM et « MOABON » au REAA - mot sacré substitué pour l’un comme pour l’autre.  Il est à noter que  Moab signifie en hébreu « issu du père » et ben « fils du père » . Il est donc question de fait resurgir la vie et redonner corps à l’esprit.

       Cette mise en pratique est l’exaltation symbolique du rassemblement de ce qui est épars;

C’est  le début du coagula alchimique.

 

Le mythe d’Hiram a été très souvent abordé et a conduit à de nombreuses interprétations. Maître Jacques et le Père Soubise travaillent sous sa direction à Jérusalem.

La mort d’Hiram apparaît en 1730 dans La Maçonnerie disséquée de Samuel Pritchard. Rompant avec la stricte Maçonnerie de métier et tout en s’appuyant sur les faibles traces des textes sacrés, une magnifique légende a été créée plaçant la mort d’Hiram sur un plan initiatique, ayant pour thème la mort et la résurrection. Influence de la mort du Christ ?

Ou de celles d’Osiris, de Maître Jacques, provenant du complexe d’Œdipe ?

Nous n’avons aucun document sur l’origine du récit mais cet homme instruit meurt injustement sous l’effet d’une violence aveugle.

N’est-ce pas un sacrifice permettant à l’architecte de devenir le « Maître éternel » ?

Les trois mauvais compagnons qui ne bénéficient pas du mot du Maître, sont la cause inconsciente de sa résurrection : « Le Maître est retrouvé et il reparaît plus radieux que jamais ».

On songe à la mort annuelle du roi, ce qui permet la renaissance de la végétation, la fertilité du pays : Frazer a développé les aspects de ce mythe.

On évoque peu en cette fin des travaux un « sacrifice de fondation » où un être était sacrifié pour assurer la stabilité de l’édifice, ni celui du maître architecte qu’on tue afin qu’il ne puisse communiquer les secrets de sa construction. Nous sommes à l’achèvement d’un temple dont les plans ont été établis par Dieu et où tout est sacré : Nous nous élevons vers des valeurs spirituelles.

Cependant cet édifice est-il absolument pur ?

Sacré il ne peut être construit que par une main-d’œuvre « libre et de bonnes mœurs » instruite dans la religion juive.

Or le peuple d’Israël jusqu’ici nomade ne sait pas réaliser de tels travaux, il a recours à des ouvriers compétents venus de différentes régions mais qui adorent un autre Dieu : Ces ouvriers immigrés, avec un chef Hiram lui-même étranger par son père, peuvent-ils construire valablement pour un Dieu qui leur est extérieur ?

Le sang d’Hiram peut être un sacrifice qui remédie au sacrilège : Est-il le bouc émissaire ? Jésus est frappé à mort à cause de nos péchés. Ainsi nous sommes les véritables responsables de ces drames.

      Cette légende a pu être connue des constructeurs médiévaux, mais nous n’en avons aucune preuve.
Dans la légende des Quatre fils d’Aymon, Renaud de Montauban est tué car ce compagnon trop fort, trop parfait, trop travailleur, risque d’apporter un préjudice à leur profession. En 1723, les Constitutions d’Anderson ne mentionnent pas la mort d’Hiram ; l’édition de 1738 paraît l’évoquer avec ce vague troisième degré établi à Londres en 1726, mais en effet c’est dans le manuscrit Graham de 1726 que l’on trouve la mention du cadavre relevé. Le rituel des « Trois Coups Distincts » évoque une cérémonie semblable qui aurait été pratiquée par les loges des Ancients, donc vraisemblablement avant 1717. En réalité ce n’est qu’en 1730 que la mention du meurtre d’Hiram apparaît dans Masonry Dissected de Prichard. Les êtres qui apportent l’amour meurent sous la violence, comme Abel, Osiris, Maître Jacques, mais aussi comme Gandhi et principalement Jésus.

       Il peut paraître qu’Hiram n’a pu ou n’a su transmettre sa connaissance et qu’ainsi une quête doit débuter pour rechercher tout indice sur la Parole qui semble perdue.

Tout risque de disparaître avec cette mort. Il est cependant dit « que le maître est retrouvé entre l’équerre et le compas et il parait plus radieux que jamais » ; il n’a aucune apparence de souffrance ou de regret mais exprime l’image du repos, après le travail bien accompli.

 

On donne des nombres bien symboliques à la tombe de l’architecte : Trois pieds de large, cinq de profondeur et sept de long. A la tête du tombeau est placée une branche d’acacia et une équerre ouverte à 90° sur l’occident ; le compas placé aux pieds est également ouvert vers l’occident.

Avec la mort d’Hiram, la franc-maçonnerie, plongée dans le deuil, revêt son temple de tentures noires.
Le Vénérable descendu de son trône et ses deux surveillants jouent en général les rôles des trois félons », « trois mauvais compagnons » qui cependant appartiennent à l’ordre en recevant deux investitures. Les trois mauvais compagnons prennent les noms d’Ignorance, Fanatisme et Ambition, ou Jubelas (à la porte du Sud), Jubelos (à celle de l’Ouest), Jubelum (à la porte de l’Est) ; d’après Gérard de Nerval ce sont Olem, Sterkin, Hoterfut. Leurs noms varient selon les rites ; on trouve Jubela, Jubelo et Jubelum ; Giblon, Giblas et Giblos ; Abiram, Romvel et Hobden ; Starke, Sterkin et Oterfut… Ceux-ci expriment des vices caractéristiques : Ils n’ont pu s’intégrer dans l’esprit de la recherche et ils se révoltent contre leur Maître qui subit un échec dans sa maîtrise.

D’après le document Latonia cahier 12. (Maçonnerie des Hommes, Kloss XXXIV – 2p.107-127), intitulé Histoire des trois Elus Irlandais, il semblerait que les trois meurtriers ainsi désignés aient donné naissance à un système de trois grades. Il faut qu’il y ait un crime rituel pour qu’Hiram accède à sa véritable dimension. Les trois mauvais compagnons abattent leur maître avec trois nobles instruments : La règle qui l’atteint au bras droit, l’équerre qui le touche au cœur ou à l’épaule gauche, le maillet qui l’assomme, ce coup étant porté à la tête. Enterré furtivement par ses meurtriers, le corps étant bien orienté avec les pieds à l’Est, il n’est découvert que grâce au rameau d’acacia.

Connaître l’acacia indique que l’on est initié aux mystères du 3e degré.

Comme le suggère Michel Saint-Gall la mort d’Hiram paraphrase la mort du Christ qui elle-même apparaît selon les plus antiques civilisations dans le trépas d’un dieu.
Celui qui est exalté au 3° degré devient Hiram et il est couché dans un cercueil, les pieds à l’Orient, la tête à l’Occident, comme le défunt entre dans une église.

Hiram, symbole de la connaissance toujours renaissante, par sa mort rituelle devient le prototype de l’initié alors que sans ce drame affreux il ne serait resté qu’un ouvrier habile qui aurait eu 170 000 ouvriers sous ses ordres. Mais ce grand architecte serait mort comme un simple mortel, à qui on aurait peut être rendu des honneurs éphémères, alors que maintenant il revit dans chaque nouvel initié…

On établi une correspondance entre les morts d’Hiram et d’Osiris, plus particulièrement au RER (Régime Ecossais Rectifié), alors qu’au rite Emulation on ressent une influence Compagnonnique bien que cette légende ne semble y apparaître que tardivement.

Cependant aux degrés suivants on lui construit un mausolée et on s’interroge, non plus sur sa renaissance, mais sur le fait de la perte de la Parole et l’inachèvement du Temple dont les plans paraissent égarés.

Ce sacrifice crée une rupture dans le ternaire Salomon, Hiram de Tyr et Hiram Abi : Il faut être trois pour ouvrir le coffre, pour former le triangle mystérieux, pour posséder le Mot qui paraît être perdu puisque la parole ne circule plus.

 

Nous voici dans les ténèbres. Pour retrouver l’éclat premier il est nécessaire de reconstituer ce ternaire : le récipiendaire se substitue à Hiram Abi, subit le sacrifice mythique, connaît l’acacia signe d’immortalité et le mot « substitué » qui lui permet d’entreprendre la quête de la Parole hélas ! perdue.

Grâce au mythe, Hiram devient l’homme parfait, l’ouvrier modèle et il prend la stature du grand initié, du Maître dont la mort alimente les premières légendes des Hauts Grades pour atteindre le Centre spirituel connu par Hiram.

Mais j’était innocent, alors pourquoi me sacrifier à cette mort  ?

Comme toujours dans notre Rite, cette mort est nécessaire pour notre élévation vers l’Esprit.
Ainsi, par son sacrifice, le compagnon provoque une hiérophanie, c’est à dire une irruption du sacré dans le profane qui le transcende. Cette prise de conscience d’un passage à quelque chose de supérieur, permet de vaincre toute forme d’angoisse face à la mort. Ainsi « La vie est dans la mort et la mort est dans la vie »

Cette mort nous permet la maîtrise des contraires (vie et mort, victime et tortionnaire, les trois lumières et les trois mauvais compagnons).

Conclusion

Tout ce qui vient d’être dit permet-il de conclure que la mort d’Hiram, est-elle nécessaire ?
Oui, la mort d’Hiram me semble nécessaire.

Sans cette mort, cette mort acceptée, le seul voyage du suspect (l’enjambement du cadavre) ne pourrait se faire, ce dernier ne pouvait passer de l’état de suspect à celui d’Initié.
      A celui d’Initié, car cette mort, de par les outils utilisés par les trois mauvais compagnons, s’effectue sur les trois plan de l’Etre : Corps – Ame - Esprit

La transgression primordiale fonde le mythe et rassemble les hommes dans la mémoire de la tradition dans un processus de filiation.
Le fils renaît dans le père et c’est ainsi que tous les Maîtres reprennent vie nouvelle en revivant le sacrifice de Mait:. d’Hiram, notre père à tous.
Hiram l’homme fidèle au devoir court vers sa mort plutôt que faillir à sa tache .

 

La légende d’Hiram nous pose une vraie question. Le sacrifice de soi, la mort à soi-même que prônent les morales, les philosophies, les religions et la franc-maçonnerie elle-même ne peut être considéré comme l’écrasement devant l’autre ou comme la soumission à un surmoi légaliste et culpabilisant.

La signification est différente. Mourir à soi-même, se sacrifier, c’est perdre le narcissisme primitif qui rend l’homme inapte à toute vraie vie, à tout échange sincère avec autrui.

C’est passer du stade objet, soumis à des interdits et à des tabous, au stade sujet, autonome, libre, responsable, volontaire, capable de s’aimer profondément et d’aimer profondément l’autre.


C’est là le véritable sens de la résurrection ou de la renaissance qui font de nous des maçons libres après avoir sacrifié le vieil homme.

La voie initiatique entraine pour chaque initié, une ascèse longue et pénible, nécessitant de nombreux sacrifices dont celui de l’égo, mais qui aboutissent à la pleine réalisation de l’être.

Le Temple est un lieu sacré et un lieu de sacrifice où nous venons sacrifier notre orgueil, nos ambitions, nos préjugés. Le récipiendaire tue en lui l’individu qu’il était, qu’il veut remplacer par celui qu’il souhaite devenir et qui est en train d’émerger. Cette mort symbolique s’adresse à la totalité de l’être : physique, émotionnel et mental.


Celui qui renaitra devra donc renouveler ses actions, ses sentiments et ses pensées. 

Sic transit gloria mundi  J’ai dit.

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