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6 avril 2014 7 06 /04 /avril /2014 10:56

VM :. dignitaires qui décoraient l’Or :. et vous tous mes FF et mes SS en vos rangs grades et qualités

enfin mon TCF:. Bienvenue dans notre loge … Bienvenue chez vous … et pour cette bienvenue permettez moi de vous conter un secret qui subsiste depuis que le monde est créé.

Ce secret a été transmis de génération en génération jusqu’à nous, et le sera de même jusqu’à la fin des siècles. Ce secret est non seulement impénétrable aux profanes, mais il l’est aussi aux maçons paresseux … Etre maçon, c’est chercher sincèrement à mériter d’être Initié à nos mystères.

Et pour avoir l’idée de cette recherche, il vous faut être guidé ; la nature se charge de nous inspirer ce sentiment. Tout homme naît avec le désir d’être heureux, tout homme naît avec le désir de la vertu. Mais la nature seule ne suffit pas pour Elever l’homme et Eveiller sa raison.

Des soins ou des impressions de la nature ou de la raison se forment l’éducation. L’éducation de 2 si excellents guides(nature et raison) ne peut malheureusement rien produire que de parfait. La perfection dans l’homme, c’est l’amour de la justice ; notre troisième guide sera donc la Sagesse.

La nature, la raison et la justice veulent le bonheur de l’homme, non seulement dans l’autre vie, mais même dans celle-ci. Tout ce qui existe a été créé pour l’homme, il faut donc qu’il en jouisse, Mais il ne le peut qu’à titre de grâce et non sans effort: sa puissance n’est qu’un dépôt, il en a uniquement l’usufruit et il ne peut croire en être le propriétaire. Il doit donc se résoudre à jouir de ses avantages, mais sans jamais pouvoir se les approprier.

Avec la vie, l’homme a reçu un libre arbitre, c’est-à-dire que, placé entre le Bien et le Mal ( le Blanc et le Noir ) il est libre de choisir sa voie. On lui fait voir tout le bonheur qu’il doit retirer en suivant le Bien qu’il entrevoit et on le menace des plus cruels tourments s’il se livre à son ennemi de toujours, sa face sombre, son égo. De fait l’impie criera à l’injustice tandis que le juste bénira au contraire son Créateur.

Le juste et l’impie ont ils leur libre arbitre et pourquoi un tel contraste ?

C’est que la présomption se glisse dans l’homme par les connaissances qu’il acquière, s’il n’a pas soin de tout rapporter au seul but pour lequel elles lui sont transmises. Il prendra alors une route parallèle mais une fausse route; Séduit par l’apparence, il s’abandonnera entièrement au langage flatteur d’un ennemi qui ne cherche que sa ruine, jaloux de sa seule supériorité intellectuelle et surtout morale.

Une fois que l’homme a perdu de vue la vraie lumière, ou que, poussé par une criminelle curiosité, il veut se servir de celle qui lui permet d’atteindre virtuellement le but fixé, il ne fait plus que tomber d’erreur en erreur, sa présomption lui fait tout envisager sauf d’atteindre le seul but qu’il se devait de trouver au fond de son cœur. Ce but est bien la vérité ou le bonheur, mais privé par sa faute du flambeau qu’il a abandonné en arrière, il murmure, parce que les ténèbres l’empêchent de voir qu’il n’est plus sur la bonne voie: au lieu donc de la paix et de la vérité qu’il se doit de chercher avec persévérance et souffrance, il ne rencontre rien sauf toutes sortes de peines. Le remord et la confusion s’emparent de lui, il a bien voyagé, il a bien travaillé, mais sur cette route, il ne trouvera rien.

Ce n’est qu’après être rebuté et fatigué de tant de recherches inutiles, qu’après avoir essuyé toutes les fatigues du corps, de l’ âme et de l’esprit, qu’enfin, revenant à ce premier penchant pour le vrai, pour le bon et pour le beau, il abjure ses erreurs, il secoue ses préjugés et reviens sur ses pas à l’aide du trouble de sa conscience. C’est le cri de nos guides bienfaisants qui se font entendre impérieusement. Sic transic gloria mundi

Mais, pour retrouver le vrai bonheur, il faut qu’il se soumette, qu’il se résigne, qu’il fasse le sacrifice de ce qu’il a de plus cher, qu’il renonce à ses droits, qu’il subisse la mort et la privation de tout ce qu’il avait possédé. Et s’il se soumet enfin à ce châtiment mérité par sa révolte, l’homme ingrat obtient enfin sa grâce alors qu’il n’attendait que son anéantissement. Qui est cet ami généreux qui intercède pour lui ? C’est son Créateur, c’est la Sagesse même.

Qu’exige-t-on encore de l’homme ? Rien que le travail mon F :.. Dés que l’homme rentre sérieusement en lui- même il y trouve ce rayon de lumière que nous avons tous reçu, avec le désir sincère de se connaître, de connaître son auteur et la perpendiculaire qui les unit, à une pratique plus régulière de ce qu’il connaît déjà de ses devoirs. L’homme se servira utilement de cette lueur pour parvenir à la Grande Lumière. Mais n’oublions pas que cette récompense doit être le fruit d’un long et pénible voyage sous les assurances et les épreuves les plus authentiques de notre Fidélité, de notre Prudence et de notre Soumission ; voyage qui a commencé mon F :. ce soir par le voyage post mortem de votre âme et de sa pesée suivant la tradition des anciens Egyptiens.

Jusques ici l’homme que nous considérons n’est ni nu ni vêtu, il ne sait pas encore précisément se démêler lui-même, il ne peut concilier ses penchants et ses facultés, il s’étonne de sa liberté et se compare; La Fidélité, l’Amour et la Confiance lui sont ordonnées, il s’y soumet, et son repentir, sa pénitence et son aveu lui méritent sa grâce. Il est porté d’autant plus que le souvenir des circonstances de sa création lui font concevoir toute la noblesse de son origine.

Ainsi l’Homme n’acquiert ce qu’il désire qu’en consultant la nature, la raison et la justice ; la première est la porte où il doit frapper, la seconde est la route qu’il doit suivre et la troisième est le but qu’il doit aspirer. Rentrez donc en vous-mêmes mon TCF :., étudiez-vous et frappez pour être entendu; cherchez dans la sagesse et hors du matériel ce qu’elle seule peut vous faire trouver, et demandez à l’auteur de toute Vraie Justice l’Intelligence pour vous guider et vous sortir de cette errance.

L’homme livré à ses passions reste dans les ténèbres, il en est offusqué : son origine et sa fin ne lui sont plus présents. Il oublie la partie spirituelle présente dans son existence pour ne se livrer qu’à la partie animale et matérielle. Il se dégrade en ne s’occupant que du temporel, et tant qu’il est dans cet état d’engourdissement et d’aveuglement, il ne peut s’élever au-delà, il n’y aperçoit même rien, parce qu’il met lui-même un voile épais entre lui et la Lumière.

Mais lorsque ce voile est tombé, il aperçoit, avec les veux du vrai désir et de la confiance, ce que son esprit offusqué ne pouvait lui laisser entrevoir.

Trois grandes étoiles se présentent à lui, ce sont les trois commandements qu’il trouve gravés au plus profond de son Etre. L’homme avait reçu l’usage des métaux, mais trompé par sa concupiscence, il fallait qu’il s’en dépouille. Toutes les passions peuvent être innocentes, elles ne deviennent criminelles que par l’abus que l’homme en fait lui même.

En nous rendant ces dons, dont nous avions mérité d’être dépouillés, il nous est possible de rendre la grâce du Bien et d’user des bienfaits de la Nature; mais nous ne pouvons rentrer dans nos droits qu’avec un cœur pur, fruit du repentir et d’une bonne résolution. L’excellence de l’homme est effectivement appuyée sur trois colonnes ou trois impressions qu’il trouve gravées dans son cœur… qui sont les trois vertus théologales.

Sans leur pratique, tout édifice moral s’écroule ; L’homme est ainsi appuyé sur la force, la sagesse et la beauté qui nous représentent la divinité l’homme lui-même et les éléments; la nature, la raison et la justice; le spirituel, l’animal et le matériel; l’intelligence, la conception et la volonté.

Les apprentis siègent au Nord et en silence pour se faire à l’ouvrage, en attendant qu’ils aient acquis la force et les connaissances des travaux maçonniques, c’est à dire, que l’homme auquel on fait entrevoir des connaissances qu’il croit facile et intelligible, a besoin d’un peu de réflexion pour s’accoutumer aux idées si simples de la raison mais si complexes par les préjugés que l’homme s’est donné. Ce n’est pas une petite mission que de vaincre ses préjugés et sa volonté, mais ce n’en est pas moins un sacrifice nécessaire et préalable à l’acquisition et la transmission de toutes nouvelles connaissances.

Ces nouvelles connaissances, ces premiers coups de ciseaux donnés sur cette pierre, quoiqu’en l’entamant, ne paraissent pas donner une quelconque forme; Mais infailliblement, avec du désir, de l’amour, et de la confiance, le véritable maçon que je vous souhaite être se frayera un chemin vers la perfection. L’ignorance et l’erreur lui feront voir ce qu’il cherche comme un chaos qu’il ne peut encore décomposer, comme une lumière encore enveloppée des plus épaisses ténèbres qu’il lui faudra dissiper. Il faut du temps et de la réflexion pour débrouiller de nouvelles idées, vaincre ses préjugés et adopter de nouvelles notions sur des objets que l’esprit ennemi de la matière n’a pu laisser soupçonner à ceux qui l’ont négligé.

La récompense étant proportionnée au mérite d’un chacun, l’homme ne peut prétendre raisonnablement à une satisfaction au-delà de son mérite actuel. Il y a plusieurs places dans le temple ; la colonne J. est destinée à la paye des vrais apprentis elle veut dire confiance au GADLU.

Pour terminer ce discours, convenons, mon TCF et vous tous mes FF et mes SS en vos rangs grades et qualités que l’homme ne peut recevoir cette grâce et cette faveur que lorsque, voulant absolument sortir de l’erreur, il cherche de bonne foi la voie de la vraie lumière; que lorsque, indigné contre lui-même de sa présomption, il ne veut suivre que la vertu et que, persuadé de l’existence d’un être parfait, il ne met sa confiance qu’en lui seul, en qui réside la vraie loge, juste et parfaite, la force, la sagesse et la beauté.

L’apprenti qui ne sait à peine qu’épeler et qui ne sait nullement écrire, nous représente bien l’homme observateur d’une loi qu’il s’est astreint librement à suivre

Mon F :. recevez par ma voix une triple et chaleureuse accolade de la part de tous les FF :. Et SS :. Présents ici ce soir

VM j’ai dit

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2 janvier 2014 4 02 /01 /janvier /2014 19:20

Que la Foi de l'Amour reste votre guide pour 2014 et au delà TAF .'.

Bonne et Heureuse Année 2014
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24 décembre 2013 2 24 /12 /décembre /2013 15:48
Bonnes Fêtes pour vous et toute votre Famille
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18 décembre 2013 3 18 /12 /décembre /2013 06:12

Vénérable Maître et vous tous mes Frères en vos grades et qualités…

Les fêtes de Saint Jean l’Evangéliste et de Saint Jean Baptiste, dont la première se situe dans l’hémisphère nord le 27 décembre au solstice d’hiver et la seconde le 24 juin au solstice d’été, sont célébrées en maçonnerie lors de tenues spéciales.

Ces deux fêtes aux symboles complémentaires sont, bien entendu, inversées dans le calendrier pour ce qui nous concerne dans l’hémisphère sud.

Ces deux saints sont très importants, soit du point de vue de la place de leur fête dans le calendrier, soit au point de vue de la symbolique maçonnique. Mais nous allons focaliser notre réflexion sur la Saint Jean d’été, fête solsticiale honorant Jean le Baptiste porteur de l’agneau, patron des initiés, comme symbole de Lumière.

Les feux de la Saint Jean sont célébrés par une tenue maçonnique spéciale où participent les frères dans un rituel « au premier degré » et qui renvoie donc au symbolisme du Feu.

Tout d’abord définissons le mot solstice. Ce terme, du latin solstitium, de sol – en rapport avec le soleil – et stare qui signifie s’arrêter, désigne ainsi un point particulier marqué par le soleil sur l’écliptique à deux moments de l’année éloignés de six mois. C’est un repère que l’on peut considérer comme un Orient. Le solstice d’été marque une étape de grande révélation, d’exaltation de la vie sous toutes ses formes.

En ce jour du mois de décembre dans notre hémisphère sud, la nuit connaît sa plus courte durée. En Europe, cette nuit – du mois de juin – est marquée par l’exubérance des rondes menées autour des feux de la Saint Jean d’été. Feux que l’on franchit d’un saut afin de capter l’énergie, mais aussi afin de passer d’un état ancien à un nouvel état d’être.

De fait les jours sont plus longs. Le jour rejoint le jour, abolissant la nuit. Le soleil au sommet de sa course paraît indécis ; peut-il aller encore plus loin ou redescendre ? On allume alors des feux dans le but de soutenir le soleil, de l’aider à triompher de son déclin prévisible. Cette coutume d’allumer un feu remonterait à la plus haute antiquité.

Ovide, à Rome, nous apprend que la grande fête solaire est consacrée le 21 juin à la déesse Pales. Hindous, Grecs, Romains, Celtes célébraient la Nactalis Invicti Solis. Après quelques hésitations l’église catholique romaine se décide à fêter la naissance de Jésus à l’autre solstice, celui d’hiver.

Tout l’évangile de Jean parle de Lumière, du Verbe de Dieu : « Jésus est nommé « Soleil de Justice », on le qualifie comme étant « la grande lumière qui luit dans les ténèbres ».

Les deux Jean sont parfois confondus : ces deux mystérieux personnages n’en forment peut-être qu’un seul puisque lorsque l’un paraît, l’autre disparaît. Alors, à la Saint Jean d’été, on honore le Baptiste, celui qui fut plus grand que Jésus, lui a donné le Baptême d’Eau mais qui s’est agenouillé devant celui qui reçoit le Baptême de Feu, celui du Saint-Esprit pour devenir la « Lumière du Monde ».

Le feu, émanation du soleil, est l’élément le plus symbolique pour célébrer le jour le plus long de l’année. Il chauffe et réconforte, il est l’objet de rêverie, de contemplation, d’intense pensée. Il purifie et, de ses cendres, se reforme la vie. Alors, sur le lieu le plus élevé de la région, afin d’être vu par tout le groupe, un feu de bois, un feu de joie, est allumé dans la nuit. Durant cette période, on renouvelle les baux, les louées de commis agricoles. On organise les fêtes patronales et associatives. Le feu est allumé avec un cérémonial bien respecté. Autour d’un ma^t, le « Mai », on entasse les fagots choisis parmi sept espèces d’arbres. Sur le sommet « la toupette », on place ce qui est néfaste, des herbes nuisibles mais également des chats, parfois de renards afin que le feu puisse détruire leurs maléfices. Le feu est allumé par ceux qui se prénomment Jean ou, par le plus ancien du village ou, par le couple le plus récemment marié. Ce rôle a été également réservé au Roi qui, entouré d’une partie de sa cour et en présence des magistrats, assiste à cette fête ; les plus anciens témoignages remontent à 1471 où Louis XI a satisfait à cet usage, observé par tous les rois jusqu’à Louis XIV. Les jeunes gens dansent et chantent en effectuant trois fois une ronde autour du brasier.

Un culte bien ancien dans l’ardeur de la vie qui éclate sous la puissance du rayonnement d’un soleil à son zénith.

La Saint Jean d’été est encore aujourd’hui marquée par des « feux » qui sont toujours allumés en maintes régions et le folklore est riche de traditions s’y rapportant.

Le symbolisme des solstices nous interpelle dans la mesure où il ne concorde pas avec le caractère général des saisons correspondantes. En effet, le solstice d’hiver, qui définit la phase montante du cycle annuel, alors que le solstice d’été inaugure la phase descendante ; d’où le symbolisme gréco-latin des portes solsticiales représentées par les deux faces de Janus et, par le suite, par les deux Saint Jean d’été et d’hiver. Ainsi, on a relié Jean à Janus ; dieu latin à deux visages, l’un de jeune homme et l’autre de vieillard, évoquant le passé et l’avenir, l’année qui parvient à son terme et celle qui débute. C’est la porte hivernale qui ouvre sur la phase lumineuse du cycle et la porte estivale qui détermine la phase d’assombrissement. On a précisé en la matière la naissance du Christ au solstice d’hiver, celle du Baptiste au solstice d’été, ainsi que la remarquable formule évangélique « il faut que lui grandisse et que, moi, je décroisse » [Jean 3,30].

De même, dans le symbolisme chinois, le solstice d’été correspond au trigramme Li, au feu, au soleil, à la tête alors que le solstice d’hiver fait référence au trigramme K’an, à l’eau, à l’abîme, aux pieds. Mais le premier n’en est pas moins comme précédemment évoqué l’origine de la décadence du principe Yang ; le second, l’origine de sa croissance.

Pareillement dans la tradition hindoue, le solstice hivernal ouvre la Devayâna, la voie des dieux ; le solstice estival la Pitriyâna, la voie des ancêtres, correspondant bien entendu aux portes des dieux et des hommes du symbolisme pythagoricien.

Dans l’imagerie chrétienne, le solstice joue aussi un rôle. Celui d’été représente l’apogée de la course solaire. Le soleil est au zénith, au plus haut point du ciel. Ce jour a été choisi pour célébrer la fête du Soleil. Dans la mesure où le Christ est comparé au Soleil, il est figuré par le Cancer solsticial. De là, tout le symbolisme du Christ chronocrator, qui gouverne le temps. On peut considérer que le solstice de la Saint Jean d’été, tout comme celui de la Saint Jean d’hiver balisent deux Orients de la conduite de la quête spirituelle ou initiatique. Faire coïncider ces deux Orients sur ceux déterminés par les points cardinaux serait une erreur, car en fait tous les deux sont orientés sur un centre unique, celui de la Lumière.

Cette orientation, véritable boussole de l’homme en marche, lui rappelle sa potentialité initiatique ; c’est à dire sa faculté d’être toujours en quête de la naissance permanente.

Selon notre cycle, nous rythmons cette quête au moyens de la connaissance des lois de l’Orient. Le thème de la Saint Jean solsticiale donne un aperçu de ce que l’on peut rechercher comme témoignage du mystère de cette Lumière. Le cycle nuit/jour nous apprend le mouvement et le repos, l’Orient et l’Occident. Mais l’Orient à lui seul est une promesse de l’origine du mystère insondable qui rythme toutes les phases de notre vie.

La construction du pentagramme sous la voûte étoilée rythme également la préparation du « Temple » afin d’officier à ce rituel particulier en plein air.

Ce pentagramme est formé par une ligne brisée continue, constituant une étoile à cinq branches et semble avoir été inspiré par le modèle cosmologique des physiciens pré socratiques. Les cinq zones célestes composaient précisément l’ensemble de la sphère céleste, c’est à dire la carte du ciel. On s’explique alors la forme d’étoile donnée aux cinq branches en question. La sphère céleste se compose essentiellement des diverses constellations zodiacales et arctiques dont les dénominations et divers témoignages explicites, attestent qu’elles possédaient traditionnellement un symbolisme. Le fait que les constellations zodiacales et arctiques signifiaient des vertus, explique pourquoi les pythagoriciens regardaient le pentagramme comme un symbole de santé psychologique et corporelle.

La symbolique du pentagramme est variée mais elle s’appuie sur le nombre 5 qui équivaut à l’union des inégaux. Dans cette mesure, il correspond au microcosme. Les 5 branches du pentagramme accordent dans une union féconde le 3, qui est le principe mâle, et le 2, principe femelle. Il symbolise alors l’androgynat. Le pentagramme est une des clefs de la Haute Science en ce qu’il ouvre la voie du secret. Le pentagramme signifie également mariage, bonheur, accomplissement. Il était considéré par les Anciens comme un symbole de l’idée du Parfait. Chez les pythagoriciens, il désigne un symbole de connaissance mais aussi un moyen de conjuration et d’acquisition de la puissance.

La tradition maçonnique le qualifie d’Etoile Flamboyante lorsque le pentagramme apparaît sous forme d’étoile. Chez les Egyptiens, c’est l’image du fils d’Isis et du Soleil, source des saisons et symbole du mouvement ; de cet Horus, symbole de cette matière première, source intarissable de vie, de cette étincelle de feu sacré, semence universelle de tous les êtres. Il est pour les maçons l’emblème du Génie qui élève l’âme à de grandes choses. Le pentagramme exprime une puissance faite de la synthèse des forces complémentaires.

Cette construction fait également apparaître la continuité de son tracé « recroisé » et sa valeur ésotérique. On peut arriver à tracer le pentagramme d’un seul trait en commençant par le sommet. On passe de l’Unité primordiale en une autre pointe, trajet marquant la division et la séparation. C’est la chute de l’esprit dans la matière, chute rapide, presque verticale. Puis on remonte à la 3ème pointe non sans rencontrer de nombreuses difficultés.

De la 3ème à la 4ème pointe s’établit un état d’équilibre transitoire. Mais cet état est précaire et tend en fait vers une instabilité.

On passe de la 4ème à la 5ème pointe et c’est une nouvelle chute, plus lente que la 1ère, où l’homme peut donner toute sa mesure.

Enfin, de la 5ème pointe à la 1ère, on remonte vers l’Unité en ayant accompli le cycle complet d’une double involution et d’une double évolution. Le pentagramme devient ainsi un symbole dynamique.

D’une façon générale, le pentagramme avec une seule pointe en haut est considéré comme actif et bénéfique. On y inscrit un corps avec la tête et les quatre membres aboutissant à ses extrémités, symbolisant l’homme total et absolu.

Par ailleurs, 5 est le nombre du Compagnon à qui il est recommandé, de préférence, d’œuvrer au tracé de l’Etoile. Ainsi, en matérialisant au sol, avec de la craie ou de la farine, le cercle qui marque l’universalité à l’intérieur duquel s’inscrit l’Etoile à 5 branches, le Compagnon fait usage du Compas, non seulement dans le plan mais aussi dans l’espace afin d’acquérir la maîtrise de cet outil.

Si le 5 (ou quinaire) est le nombre de la créature et de l’individualité, c’est aussi de l’activité créatrice du Logos (ternaire) s’exprimant dans le fini (binaire).

L’Etoile s’illumine. C’est alors l’homme qui se place dans le rayonnement divin et qui reçoit une Lumière « intérieure » inextinguible qui libère définitivement son esprit.

Enfin, l’apport du Sel au bûcher, effectué par le Frère Expert, revêt un aspect complémentaire. Le Sel est tout aussi bien conservateur des aliments que destructeur par son action corrosive. Aussi, son symbole s’exerce dans les transmutations physiques de même que dans les transmutations morales et spirituelles. La vertu purificatrice et protectrice du Sel, comme du Feu, est activée.

C’est un condiment essentiel et physiologiquement nécessaire à la nourriture. Evoqué dans la liturgie baptimale, Sel de la Sagesse, il est de ce fait le symbole de la nourriture spirituelle. Cet embrasement en commun du Sel possède une valeur de communion et de lien de fraternité, car on partage le Sel comme le Pain. Le Sel est la résultante et l’équilibre des propriétés de ces composants.

On peut ainsi énumérer ses qualités de méditation, et de cristallisation auxquelles s’additionnent celles de solidification et de stabilité ; ce qu’évoque la forme de ses cristaux cubiques. En outre, le Sel symbolise l’incorruptibilité, ce qui explique combien l’alliance du Sel marque une alliance que Dieu ne peut briser.

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12 décembre 2013 4 12 /12 /décembre /2013 08:08

I. - De Quelques Méprises

Pour le commun des mortels, comme sans doute pour certains alchimistes (ou se croyant tels), l'alchimie est essentiellement « l'art de faire de l'or ». L'unique différence entre ceux-ci et ceux-là, c'est que les premiers tiennent un tel art pour chimérique alors que les seconds en affirment la réalité.


Quant aux profanes «éclairés», voire aux gens de science, leur appréciation est plus nuancée. S'ils supposent, en général, que la chimie a fait prompte et roide justice des recettes bizarres ou fallacieuses dont foisonnent les élucubrations des adeptes, ils concèdent, en revanche, que les théories scientifiques les plus récentes recoupent sur bien des points les idées des hermétistes (leurs « rêveries », disait-on encore aux jours, pas si lointains, de la chimie lavoisienne). Les conceptions d'aujourd'hui sur l'unité de la matière, sur l'inanité de la notion de corps « simples », sur la possibilité d'en opérer la transmutation, sur l'analogie universelle (l'atome, disent les savants, est un petit système solaire), etc., sont un involontaire hommage rendu aux hermétistes qui, de tous temps, n'ont jamais dit autre chose.
Peut-être, avant de condamner en bloc des opérations et manipulations apparemment défectueuses, les savants en place feraient-ils bien de se demander comment ces fols d'alchimistes ont pu tirer des principes aussi justes d'expériences aussi fallacieuses, alors que la chimie, depuis Scheele et Lavoisier, partant d'expériences rigoureuses, a dû brûler plus d'une fois ce qu'elle adorait la veille ?
Inutile d'entamer ici des controverses superflues.

Au surplus, l'alchimie - vraie - n'a nul besoin d'aller quémander quelque justification que ce soit chez les tenants de la moderne physicochimie.
Bien au contraire ! Car c'est peut-être pour avoir succombé à cette manie d'approbativité, pour avoir cédé au chimérique espoir de convertir quelques profanes aux convictions des fils d'Hermès que, de concessions en abandons, la plupart des hermétistes ont fini par se cantonner au seul domaine de la transmutation métallique, surtout depuis deux ou trois siècles - du moins dans leurs écrits publics.
Et l'impression que l'alchimie n'est rien de plus qu'une sorte de mauvaise chimie, compliquée d'idées biscornues et de prétentions extravagantes, est bien celle que doit éprouver le profane en les lisant sans préparation.
Or, ce qui devait arriver arriva. Quelques chimistes, séduits par la largeur des vues philosophiques des disciples d'Hermès et impressionnés par leur unanimité doctrinale, ont cru de bonne foi qu'il suffirait de « rajeunir » une terminologie désuète, de transposer en termes de chimie moderne des manipulations décrites à demi-mot et de faire abstraction de la partie « mystique » de la doctrine pour réconcilier les inconciliables. Mais leurs efforts, en porte-à-faux, n'aboutirent qu'à créer un monstre hybride, baptisé « hyperchimie » et dont - à juste titre - ni chimistes ni alchimistes ne se soucièrent d'endosser la paternité, nul n'y reconnaissant plus les siens !


Les hyperchimistes, dont François Jollivet-Castelot fut le type le plus représentatif (1), restèrent à une ou deux exceptions près (Delobel, par exemple) des « souffleurs » patients et tenaces autant que mal inspirés et malchanceux.
Précédent à méditer...

II. - La vivante Alchimie

Certes, la transmutation des métaux par voie alchimique est - toute théorie mise de côté - un fait sur lequel il est difficile d'ergoter. Et le seul livre du très officiel Louis Figuier, L'Alchimie et les Alchimistes, mentionne deux ou trois exemples de transmutations par projection (dont celle du savant Van Helmont, adversaire déclaré de l'Alchimie, offre toutes les circonstances de contrôle et d'impartialité souhaitables), dont une seule suffirait à prouver la réalité de l'art transmutatoire et l'avance considérable prise par les hermétistes sur MM. les physico-chimistes, nonobstant leur manque de fours électriques et de cyclotrons.
Mais la partie n'est pas le tout et si l'Alchimie n'était qu'une sorte de chimie transcendante ou de métallurgie secrète, nous ne pourrions l'estimer au point de rompre une lance en sa faveur.
Si l'or et les passions qu'il suscite, l'or et les maux qu'il provoque, l'or et les crimes qui lui font cortège avait été l'unique ou le principal but poursuivi par les alchimistes, si son éclat fascinateur avait été l'unique lumière de leur âme, nous ne pourrions que les plaindre et tenir à bon droit pour folie leur prétendue sagesse.
Mais en est-il vraiment ainsi ?
Si nous lisons de véritables initiés à la science d'Hermès, tels que Khunrath, Jacob Böhme, d'Eckhartshausen, Grillot de Givry ou l'admirable auteur de l'Hortulus Sacer, nous finissons par nous apercevoir que tout en discourant aussi de l'OEuvre métallique, ils parlent surtout d'autre chose.
Qu'est-ce à dire ?


Exposons le comme nous l'avons compris, sans prétendre avoir tout compris.
L'Alchimie vraie, l'Alchimie traditionnelle, est la connaissance des lois de la vie dans l'homme et dans la nature et la reconstitution du processus par lequel cette vie, adultérée ici-bas par la chute adamique (2) a perdu et peut recouvrer sa pureté, sa splendeur, sa plénitude et ses prérogatives primordiales : Ce qui, dans l'homme moral s'appelle rédemption ou régénération (3) ; réincrudation dans l'homme physique ; purification et perfection dans la nature, enfin, dans le règne minéral proprement dit : quintessenciation et transmutation.
Son domaine embrasse donc tout le créé (4) et, pour l'humanité militante, toute la portion du créé qu'elle a entraînée avec elle dans sa déchéance et qui doit ressusciter avec elle et par elle, telle qu'elle fut avant la Transgression.
Quoique son domaine le plus central soit le plan spirituel, l'Alchimie connaît cent applications plus ou moins contingentes, à tous les degrés et sous tous les aspects de la vie.
Il existe donc une alchimie intellectuelle, une Alchimie morale, une sociale, une physiologique, une astrale, une animale, une végétale, une minérale, et bien d'autres encore. Mais l'Alchimie spirituelle demeure le modèle, la clé et la raison des autres. Et, conformément à l'énoncé díHermès dans la fameuse Table d'Emeraude, la connaissance d'une quelconque de ces adaptations (5) découvre implicitement celle de toutes les autres. L'univers est un et cette unité est le sceau de la Vérité.
Or le suprême Grand-OEuvre, le seul qui se puisse appeler sans outrance « la Voie de l'Absolu », c'est la réintégration de l'homme dans sa dignité primordiale (6) selon un processus rarement réalisé ici-bas (mais non irréalisable), processus que les anciens appelaient, croyons-nous, « l'OEuvre du Phénix » et qu'on peut lire, ici et là, entre les lignes de certains passages de la Bible, des Evangiles, de l'Apocalypse et de quelques ouvrages, rosicruciens ou autres, dont plus d'un ne semble pas traiter, à première vue, de ce qu'on entend vulgairement par « alchimie ».
Et cet OEuvre-là n'est ni du goût, ni dans les cordes des amateurs de « petits particuliers », des collectionneurs de recettes bonnes seulement à torturer inutilement les métaux, des fabricants d'homuncules, des distillateurs d'herbes, de sang, de moelle ou de sperme, ni de ceux qui ne rêvent de longévité corporelle que dans l'espoir misérable de rééditer les folies et les désordres d'une jeunesse tumultueuse !


Il est même, assez probablement, hors de la portée de plus d'un adepte admiré comme tel pour sa réussite, réelle ou supposée, dans le domaine de l'Alchimie métallique.
Car cette science (à tous les degrés de sa réalisation, y inclus la Pierre transmutatoire) est science de vie, science vive, science vivante à jamais - et science des Vivants (7). Et seuls les « Vivants » peuvent la pratiquer intégralement sans mensonge et sans dommage (8).
Telle est l'origine des malheurs qui ont émaillé, et parfois clos, l'existence de pas mal de faiseurs d'or qui n'étaient, hélas, rien de plus que des « faiseurs díor » - sans parler de ceux qui ne furent que des « voleurs d'or » (9).
Il n'y a que celui qui a régénéré, avec l'assistance d'En-Haut, ses propres métaux microcosmiques et les a dépouillés de la lèpre des sept péchés qui peut de plein droit, de droit divin, régénérer à son gré les métaux physiques. Celui-là n'agit qu'à bon escient, dans la Lumière du Verbe (10).
Les autres - qui n'en sont pas là - ou bien font du Grand-OEuvre une simple opération magique (car l'on peut réaliser des transmutations apparentes par voie magique, mais ceci n'a rien à voir avec l'Alchimie) ou bien ont vu leurs efforts, leurs souffrances, leurs travaux, leur persévérance et leur charité couronnés d'or - physique - par la bonté du Ciel toujours indulgent envers les débutants de bon vouloir ; ou bien encore ont eu pour toute sagesse l'art d'écouter aux portes et d'espionner par le trou des serrures (11). Ceux-là, s'il en est qui aient réussi, se sont forgé avec leur or maudit une chaîne plus lourde que celle de bien des criminels de droit commun.
Il a été fait mention, quelques lignes plus haut, d'une catégorie de chercheurs, parfois heureux, qui représentent, pensons-nous, l'honnête moyenne des hermétistes. Ceux-là en sont, intérieurement, aux préliminaires de l'OEuvre du Phénix. Le Ciel (eu égard á leur bonne volonté et aux difficultés du début de la Voie) les inspire soit directement par une révélation intérieure, soit indirectement en les orientant vers un véritable Maître, leur permet d'accéder aux connaissances adéquates à telle partie de la science et met à leur portée les moyens de réalisation. Ceux-là ont aussi mandat d'agir, mais dans certaines limites et sous certaines conditions (dont le désintéressement, la patience dans les épreuves, la charité et l'humilité sont le plus universellement requises).
Mais ce droit est une grâce spéciale, par laquelle le Ciel escompte leur bonne volonté et fait crédit à leurs mérites.

III. - De l'OEuvre mystique et de l'OEuvre physique

En résumé, l'homme régénéré est la pierre philosophale de la nature déchue, de même que l'homme non régénéré est la materia bruta de ce Grand-OEuvre dont le Verbe divin est l'Alchimiste et l'Esprit Saint le feu secret : il y a deux Voies dans l'OEuvre, mais il n'y a qu'un Agent : l'Amour ! Et tous les vrais hermétistes chrétiens (12) - non les souffleurs - sont unanimes sur ce point (13) comme sur celui de la subordination de l'OEuvre physique à l'OEuvre mystique (14).


Quant à l'homme « physique », son Grand-OEuvre est sa transformation en « corps glorieux », en corps régénéré et incorruptible(15). Et cette transformation (d'une absolue rareté) n'est possible que parce qu'il n'en diffère que du fait de cet accident, de cet obscurcissement que la tradition chrétienne nomme la Chute. Le corps glorieux, c'est le corps de l'homme tel qu'il était avant la Chute (et ceci touche à un des aspects de la « résurrection de la chair ») ; le corps physique, c'est le corps glorieux tel que l'a transformé la Chute, rendu corruptible par les impuretés hétérogènes de tous les lieux traversés par lui lors de sa descente ici-bas (impuretés dont la racine est le « gluten » ou matière du péché dont parle à diverses reprises ce véritable alchimiste que fut d'Eckhartshausen).
Comme dans l'interne des métaux, il y a dans l'interne de l'homme une certaine « terre vierge », que les Aphorismes Basiliens nomment avec Paracelse le « limbe du grand et du petit monde » et que doit dégager des « immondices de la terre » et revivifier un « esprit tant du grand que du petit monde », pour suivre la même terminologie. Comme le dit Jacob (Révélation alchimique) : « La fin du grand oeuvre est (pour l'adepte) de se débarrasser quand il voudra de la chair corruptible sans passer par la.mort ».
Et St Paul ne nous dit-il pas que ce qui est semé corruptible est fait pour renaître incorruptible ? Non pour être « détruit » mais pour être « transfiguré ». Et ceci vaut universellement.


Le Grand-OEuvre physique et le Grand-OEuvre mystique sont analogues mais point identiques. Avoir réalisé le dernier c'est pouvoir réaliser souverainement le premier ; avoir réalisé le premier, c'est savoir quel chemin peut conduire à la réalisation du dernier mais ce n'est pas forcément avoir parcouru ce chemin. La nuance est de première importance.

IV. - Méthode Alchimique et Méthodes Profanes

Puisque nous parlons du Grand-OEuvre, profitons-en pour revenir sur un point capital, déjà effleuré, c'est-à-dire sur l'abîme qui le sépare des essais de transmutation par voie physico-chimique, essais auxquels la dissociation atomique donne un regain d'actualité.
Tout d'abord, remarquons à quels frais, avec quel gaspillage d'énergie, dans quels laboratoires titanesques (que nulle fortune privée ne pourrait s'offrir le luxe de financer) opèrent, en rangs serrés, nos modernes Faust. Cela pour aboutir d'ailleurs à des « transmutations » de l'ordre de un dix-millionième de gramme.
C'est la montagne qui enfante d'une souris !...


En regard, le Grand-OEuvre physique ne nécessite que quelques corps assez répandus, un peu de charbon, deux ou trois vases très simples, aucune des sources d'énergie que consomme, en véritable ogresse, la science actuelle et peut être accompli en entier par un seul homme avec patience et longueur de temps. Ceci pour obtenir des transmutations éventuellement massives.
Autre chose. La science d'aujourdíhui, dans sa furie de disséquer la matière aboutit, somme toute, à faire exploser l'atome en le désintégrant brutalement. Cet aboutissement lui interdit évidemment tout nouveau pas en avant dans la connaissance des choses, du moins par cette voie. Pour faire une comparaison grossière et regrettablement irrévérencieuse, nous ne voyons pas une bien fondamentale différence entre le geste du savant qui met l'atome en charpie afin de le mieux connaître et le geste de l'enfant qui brise un jouet mécanique dans le naïf espoir de « savoir ce qu'il a dans le ventre », comme on dit ! Seulement, le premier jeu s'avère infiniment plus dangereux que le second...
Et, en dépit d'une terminologie barbare qui s'allonge tous les jours, où les ions, les électrons, les protons, les neutrons, les deutons et autres ingrédients de la cuisine nucléaire jouent un rôle impressionnant, la matière demeure « terre inconnue ».
Comme si l'on pouvait, d'ailleurs, expliquer la matière par la matière ? ...
Aussi, le bombardement atomique n'a pas fait exploser que l'atome. Il a mis en pièces du même coup tout l'édifice scientifique moderne. Et c'est au seuil de nos super-laboratoires qu'on pourrait graver la phrase fameuse : « Vous qui entrez ici, laissez toute espérance ? »


Et ceux qui y entrent - les « initiés » tout au moins - ont en effet peu díillusions quant à la valeur philosophique et métaphysique (16) de leurs recherches. Et sans doute également quant à leur contribution au bonheur de l'humanité...
Puisque nous parlons de désintégration atomique, rappelons un petit fait qui pourrait nous rendre enclins à quelque modestie.
Lors de certaines expériences métapsychiques on a vu des objets matériels - une bague en or, par exemple - dématérialisés sous les yeux des spectateurs, sans bruit ni explosion gigantesque, ni cyclotron. Puis on les a vus se rematérialiser quelques minutes plus tard, sans altération de poids, de substance ou de forme.
C'est que, dans la désintégration de la chimie nucléaire, les seuls éléments mis en oeuvre sont des forces physiques, matérielles, et des agrégats de matière physique. Le résultat ne peut donc être qu'un changement d'équilibre matériel entre les dits éléments, quel que soit le degré de subtilité qu'on accorde à certains d'entre eux. Il ne s'agit toujours que de la matière en action sur de la matière, sous cette même modalìté qui constitue la forme du monde où nous passons en tant que matériellement vivants. La vie et la matière, en tant que revêtues d'autres états - parfaitement inaccessibles aux investigations de la physico-chimie moderne - interviennent dans la désintégration métapsychique ci-dessus relatée, comme dans tout travail hermétique normal.
Non, cent fois non, la voie royale de l'hermétisme ne passe pas et ne passera jamais par les laboratoires de la science officielle, luciférienne dans ses principes et dans son inspiration, comme aussi dans ses résultats humains.


Et la possession de cette science extérieure, n'est pas faite pour favoriser l'accès du sanctuaire alchimique, au contraire. Notre ami regretté Auriger (qui joignait à ses connaissances hermétiques celles de l'ingénieur-chimiste et était donc bien placé pour juger) nous écrivait peu avant sa mort : « L'Alchimie est évidemment soeur de la mystique, il suffit de lire Jacob Böhme pour s'en convaincre, et c'est dans ce sens que j'ai répondu ces jours-ci à votre ami N.., qui m'avait écrit. Il s'excusait presque d'ignorer la chimie ; c'est au contraire un atout dans son jeu et il ne risquera pas d'avoir l'esprit faussé par les théories modernes sur la constitution de la matière. La chimie, telle que nous la concevons à l'époque actuelle, peut sans doute jouer un rôle utile en biologie et parfois en thérapeutique, mais quant au reste je lui dénie tout intérêt. Son rôle pendant l'accomplissement du Grand-OEuvre ne vaut guère plus que celui de la chaisière pendant le Saint Sacrifice de la Messe ! Je crois que sa connaissance constitue plutôt un obstacle à la perception claire des buts et des méthodes de l'alchimie. »
Tout commentaire affaiblirait la portée de cette opinion particulièrement autorisée.

V. - Simples aperçus sur le Grand-OEuvre

En résumé, dans l'oeuvre métallique, l'artiste utilise comme agent - et c'est par là qu'il se différencie le plus profondément du chimiste - une énergie vivante et universelle qu'il n'est pas utile de préciser pour l'instant. Comme substrat, il se sert d'une substance purifiée, ranimée par cette énergie universelle et portée progressivement par lui au degré requis pour opérer la transmutation ou réincruder le composé humain.
Dans l'OEuvre spirituel, même processus : purification, simplification, descente de l'Esprit (non plus universel ou cosmique mais divin). Ce qui constitue le véritable et définitif « baptême de feu » dont parlait St Jean-Baptiste et que le Verbe de Dieu peut seul conférer.


Non seulement la description de l'oeuvre physique s'adapte strictement aux phases de l'OEuvre spirituel, mais il est possible de tirer d'une description de l'OEuvre spirituel une adaptation parfaite à l'oeuvre physique (pourvu quíon ait de l'un ou de l'autre un peu plus qu'une connaissance simplement livresque et superficielle).
La première partie de l'Apocalypse de Jean s'adresse « aux Sept Eglises qui sont en Asie » et promettent au « vainqueur », entre autres récompenses, « les fruits de l'Arbre de Vie », « la Manne cachée et le caillou blanc où est écrit un nom nouveau », « l'Etoile du Matin », etc., autant de symboles voilant des réalités qui, pour être « spirituelles » n'en sont pas moins précises et fort peu nuageuses.


Or, fait digne de méditation, tout ceci a ses palpables correspondances dans l'Alchimie élémentaire, où l'oeuvrant s'adresse « aux sept métaux qui sont en la terre » et où le « vainqueur du dragon » doit aussi trouver successivement l'arbre de vie (qui pourrait être le Mercure des Sages), la manne cachée, l'étoile du matin, et ainsi de suite.
Ceux qui sont familiarisés avec l'hermétisme comprendront parfaitement ce dont il s'agit et nous sauront gré d'en remettre l'interprétation à des temps meilleurs.
Quant aux autres, nous ne leur conseillons nullement de se livrer aux difficiles travaux de l'OEuvre, s'ils ne se sentent intérieurement appelés. C'est ici le lieu de citer l'avertissement qui clôt la lettre d'invitation aux Noces chimiques, de Valentin Andreae :

Examine-toi toi-même.
Si tu ne t'es pas purifié assidûment
Les Noces te feront dommage.
Malheur á qui s'attarde là-bas.
Que celui qui est trop léger s'abstienne.

Avertissement qui rappelle, non fortuitement, l'épisode évangélique du convive qui n'avait pas revêtu son habit de noces et qui est rejeté « dans les ténèbres extérieures où il y aura des pleurs et des grincements de dents » (17) (Matthieu XXII).
Tout ce qui peut être dit sur la partie matérielle de l'OEuvre l'a été par les vrais adeptes, aussi complètement que possible. Ils ont seulement réservé ou décrit par énigmes lés travaux préparatoires, leur feu vivant et le nom de la matière brute d'où proviendra la pierre des philosophes. Ceux qui se sentent l'inspiration de travailler dans cette voie doivent s'adresser à eux et non à nous.

Il nous suffira de leur donner quelques conseils très simples ou plutôt de les leur rappeler :
1° La vie minérale n'est pas une figure de rhétorique ; le minéral a sa fleur, son fruit, son temps de maturité.
2° Les opérations alchimiques sont - matériellement - simples. Parfois d'autant plus simples que leur description se fait plus compliquée.
3° Les conditions de temps et de température jouent un rôle capital. Comme les « vitamines » des aliments, les ferments métalliques se détruisent si la température dépasse le régime de cuisson requis.
4° Que l'inquisiteur de science se défie des petites recettes, qui traînent dans tant de bouquins : la Voie de l'Universel est universelle.
Ce n'est pas que de telles recettes soient sans enseignement, mais elles ne valent que rapportées à la recherche de la voie, comme sujets de réflexions sur la marche de la nature et le sens de ses opérations.
5° Comme le dit Jacob, l'artiste doit préparer lui-même ses instruments de travail et purifier lui-même - précautionneusement - ses matières.
6° Une seule matière est la vraie matière. Une autre cependant est matière adjuvante. C'est là le noeud d'un problème délicat à résoudre et impossible à éluder.
7° L'alchimiste n'est pas un magiste. Et le feu qu'il emploie pour son oeuvre n'est pas, malgré l'opinion de certains modernes, son propre « astral ». C'est cependant un feu « astral » si on l'envisage à un certain point de vue. Rien d'alchimique ne se fait sans lui, rien de chimique ne se fait avec lui. Connaître ce feu est aussi nécessaire avant de rien entreprendre que connaître ou soupçonner quelle est la matière.
8° Ne pas s'hypnotiser sur des questions de terminologie. Sous les étiquettes des termes de l'art se cachent des réalités fixes. Si certains ont changé les étiquettes, les réalités qu'ils désignent sont toujours semblables à elles-mêmes et c'est leur connaissance qui importe. Dans sa Révélation alchimique, concise mais assez explicite, Jacob dit (§§ 15 et Ì6) : « Toutes choses ont trois principes : le soufre, le sel, le mercure des sages. Tous trois forment l'Azoth vivant qui est le quatrième principe. Ces trois principes sont extraits de la matière première par l'Azoth des Sages. Cet Azoth est attiré des cieux par la glaise rouge, appelée Adama, là où la rosée est neutralisée par les vapeurs souterraines. » C'est un bel exemple de piège terminologique !
Eventer ce piège porte en soi sa précieuse récompense.
9° Il y a deux voies : la voie sèche ou voie abrégée, et la voie humide. La plus longue n'est pas moins riche en enseignements que la plus courte. La plupart des auteurs les mélangent assez inextricablement.
Ì0° Dans la véritable Alchimie des Rose-Croix, un axiome doit être médité soigneusement : « Le grand Arcane est un esprit céleste descendant du soleil, de la lune et des étoiles, qui est rendu parfait dans l'objet saturnin par une cuisson continuelle jusqu'à ce qu'il ait atteint le degré de sublimation et la puissance nécessaire pour transformer les métaux vils en or. Cette opération s'accomplit au moyen du feu hermétique. La séparation du subtil et du grossier doit se faire avec soin, en ajoutant continuellement de l'eau ; car plus les matériaux sont terrestres, plus ils doivent être dilués pour être rendus mobiles. Continuez ce procédé jusqu'à ce que l'âme séparée soit réunie de nouveau au corps. »
Tout le processus est donc de séparer et de rassembler : corporiser l'esprit et spiritualiser le corps, ce, l'un par l'autre. Et l'Alchimie spirituelle procède de la même méthode. C'est pourquoi Jésus nous dit d'élever notre âme vers Dieu par la prière et de la réincorporer derechef par l'exercice de la charité, afin que nous devenions « un », comme il est « un » avec le Père.
11° La théorie précède la pratique et l'accompagne. La pratique ne supplée point à la théorie mais la démontre ou la condamne. Qui pratique sans une connaissance suffisante des principes et des méthodes risque fort de mourir dans la peau d'un souffleur. L'analyse spagyrique des métaux - comme par exemple la donne Roger Bacon - les notions essentielles de soufre, de sel, de mercure, de feu, et ainsi de suite doivent être étudiées et méditées avec assiduité, jusqu'à compréhension suffisante, avant tout travail vraiment utile.
12° Observez la nature !... Conseil souvent donné et rarement suivi. De même que celui-ci qui lui est analogue : L'art doit commencer son oeuvre au point où la nature laisse la sienne. IÌ faut donc ouvrir ses yeux et regarder autour de soi. La terre enseigne quelque chose. La voûte étoilée aussi... Quel bon alchimiste pourrait faire un jardinier intelligent et pieux !
13° Les herbiers n'apprennent rien. Les métaux morts non plus. Une mine, fut-elle abandonnée, vaut dix laboratoires ; une promenade en forêt est parfois plus profitable à l'intellect et à l'âme que dix salles de musée. ll y a aussi une Alchimie esthétique : comment un beau clair de lune, une aurore roséeuse profitent à l'esprit et au cerveau sont un grave sujet de méditation !
14° L'oeuvre métallique et les préparations spagyriques ont quelque analogie dans certaines opérations (en particulier dans le processus de la voie humide). Il y a toutefois des différences irréductibles entre ces deux sortes de travaux. Celui qui s'exerce à comprendre et à manipuler spagyriquement, comme préface ou préparation à ses travaux sur les métaux n'a pas tort, mais à la condition de se souvenir que tirer la quintessence d'un mixte est chose différente de tirer l'Elixir de la matière. C'est tout au plus une moitié de l'OEuvre.
15° Evitez-vous des complications superflues et des dangers possibles en laissant au mercure vulgaire son emploi le plus utile, qui est, sans conteste, de remplir la boule des thermomètres.

16° Travailler sur le vrai sujet et de la juste façon entraîne à un certain moment des dangers signalés, plus ou moins ouvertement, par les auteurs sérieux. Sachez que les connaissances les plus étendues en chimie ordinaire ne vous permettent pas de les prévoir et d'y parer. Fiez-vous plutôt à l'aide et à l'inspiration du Ciel : Orare et Laborare !
17° Etudiez les vieux auteurs et n'acceptez pas sans réserve les propos des spagyristes des dix-septième et dix-huitième siécles. Lisez et relisez sans découragement et avec simplicité. N'étudiez pas un hermétiste médiéval avec une mentalité de scientiste du vingtième siècle. Souvenez-vous parfois qu'on peut être d'autant plus hyperbolique qu'on serre de plus prés la réalité opératoire.
18° Négligez les fantaisies des occultistes modernes : Ni « l'électricité magnétisée» d'Eliphas Lévi, ni la « pile électrique» de Stanislas de Guaita, ni la « Volonté du Mage » de Jollivet-Castelot première manière, ne provoqueront jamais la moindre transmutation alchimique.
19° Les grandes époques de foi - et d'art - furent les époques bénies de l'Alchimie. Les époques de scepticisme marquèrent son déclin. Etre alchimiste, c'est avoir la foi !
20° La Voie est étroite qui mène à la Vie ; étroite et pierreuse. Les chemins spacieux et faciles ne manquent pas pour ceux qui craignent de se blesser les pieds ou qui rêvent de faire fortune rapidement !... Le corps a faim de repos ; l'âme a soif d'épreuves. Nul n'a jamais cueilli la « rose des neiges » sans se blesser d'abord à ses épines. Comme les débuts de l'oeuvre physique, les débuts de l'OEuvre spirituel sont « travaux d'Hercule », mais, comme son Mercure, l'alchimiste acquiert des forces en marchant.
21° Qui veut la Lumière, doit la demander d'abord à Dieu, le Père des Lumières. Qui veut parcourir la voie doit suivre Celui qui est La Voie. Vivre selon la vérité qu'on connaît, c'est faire descendre en soi un peu de la vérité qu'on ignore.
22° Que l'Esprit divin s'incarne dans les doubles eaux pour les glorifier, voilà tout le programme de l'OEuvre : Ignis et Azoth tibi sufficiunt, disent les Adeptes. Trouve d'abord en toi cette eau, dégage-la des superfluités et des ténèbres infernales, c'est là le travail préparatoire du véritable Grand-OEuvre. Quand cette purification qui t'incombe sera terminée, l'Esprit descendra. Mais ceci ne t'incombe pas. C'est Dieu qui choisira son heure.

Tel est le vrai Grand-OEuvre, par lequel ton nom sera écrit dans le Livre de Vie. L'autre, le Grand-OEuvre physique, te sera donné par surcroît.

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28 novembre 2013 4 28 /11 /novembre /2013 19:13

LA GLOIRE DU GRAND ARCHITECTE DE L'UNIVERS
V:. M:., et vous tous mes Frères et Sœurs, en vos grades et qualités

Ce morceau d'architecture, si on veut l'appeler ainsi, sera succinct
et s'articulera sur divers points, tout en relation directe ou
indirecte sur le rôle du 1er Surveillant en Loge.

Fonction je m'occupe depuis la Colonne du Midi, celle ou siège les Compagnons... la place du 1er surv est à l'Occident au pied de la Colonne « J » pour Jakin, - Ma force est en Dieu - mot sur lequel je reviendrais ultérieurement.... Travaux qui ne sont ouverts il faut s’en rappeler qu’après l’ouverture de la Loge au grade d’Apprentis.
Justement, de ces 2 Colonnes « B et J » nous pouvons en parler brièvement. Ces deux Colonnes que nous voyons, « flangardant » l'entrée du temple tel Cerbère gardant le royaume d'Hadès, la Beauté qui l’orne pour la Colonne « B » des AA :. , la Force pour celle des Compagnons et la troisième Colonne, allégorique dirions-nous, et qui est représentée par le Vénérable M :. Nommée à juste titre Sagesse. Je préciserai simplement que depuis l'origine, la triade « Sagesse, Force et Beauté » n'a pas concerné les Grandes Lumières (Soleil – Lune – Maître de la Loge) réalisée par la présence des trois Chandeliers.

Pour clore le chapitre sur les Colonnes, on rapporte leur
dénomination sur des tableaux de Loge de 1745, ainsi que dans divers
ouvrages tel "Le Maçon démasqué" de 1751, dans des positions
différentes. Selon les commentaires de Ragon ainsi que d'autres
auteurs maçonniques, dans leur esprit, le symbolisme des trois
Piliers était identique à celui des deux Colonnes, auxquelles ils
appliquent aussi les épithètes de Sagesse et Force. Un distinguo
entre les deux Colonnes physiques ornant l'entrée du Temple et les
trois piliers Sagesse, Force et Beauté a été depuis établi vers
1780, marquant ainsi, avec cette option, un terme aux moult
tergiversations et diatribes.
• Le Bijou du 1er surv:
Un Niveau, ou plutôt, une Perpendiculaire à Niveau. Il est l'emblème de l'égalité, devoir qu'il se doit de faire régner en Loge, en accord avec le VM:. .
Le Fil à Plomb, partie mobile du Niveau, appartient au bijou du 2nd
Surveillant. Il représente la rectitude des mesures à prendre. Qui plus est, il appelle à la visite de l'Etre intime, à l'évacuation des Ténèbres intérieures par le biais de la Lumière initiatique, dans le sens Zénith-Nadir et, à contrario, à l'élévation spirituelle de l'Ame vers le Divin dans le sens inverse, Nadir-Zénith.

Quittant cet axe appartenant au bijou du 2nd Surveillant, le Niveau
du 1er Surveillant va aplanir la surface illimitée dans les quatre
directions cardinales.
Il est donc sous-entendu une mise à niveau de chaque Pierre de
l'Edifice, un équarrissage de ses viles aspérités que nous nous
devons tous d'éliminer. Mais il est certes entendu, que cette mise à
niveau ne signifie d'aucune manière un clonage, une mise en forme
dans un moule unique pratiqué par certains gouvernements
totalitaires qui étêtent ce qui dépasse et annihilent la personnalité de tout un chacun.
Non, cet appareil nivelle vers le haut. Il est un de ces instruments
dédié à la perfectibilité humaine.
Il nous faut donc nous compléter par l'acceptation des autres et par le biais de nos différences; tentant ainsi de créer cette synergie qui nous poussera toujours plus haut, vers la Sagesse.
N'omettons point que cette mise à niveau passe obligatoirement par
l'Axi Mundi réalisé par le Fil à Plomb, marquant ainsi une
intersection avec la traverse qui relie les deux pieds de l'Equerre.
Le centre de l'Equité est enfin trouvé; Ce qui est en haut est comme
ce qui est en bas... et vice et versa; la verticalité de l'Homo
Erectus à l'Homo Sapiens.

• Du Maillet :
Je ne me lancerai point sur un énoncé sur le symbolisme du Maillet
lui-même, qui peut faire l'objet d'une planche particulière.
Cet outil est synonyme de l'autorité reçue par le VM:.,
lors de l'investiture des Surveillant dans leurs charges.

Quant au rôle fondamental du 1er Surveillant, c'est de diriger les travaux des Compagnons et, comme le souligne le VM:. , "de veiller à
faire régner l'ordre dans la Loge, plus particulièrement au Midi".
Il est, comme le relève Gilbert ALBAN "... l'image concrète de la
compétence et de l'autorité que la Loge reconnaît à ces officiers..."
Les Surveillants se doivent d'en user, sans en abuser... nuance!

• En Loge :
- A l'ouverture des Travaux, le premier devoir du second Surveillant
est de s'assurer si les Travaux sont couverts, tâche et rapport qui
sont délégués au Couvreur VM Passé puis reportés au VM:. .
- Le second devoir est de vérifier la qualité des maçons
présents dans le Temple, permettant ainsi au Très Vénérable
de sacraliser et d'ouvrir les Travaux "A la Gloire du Grand Architecte de l'Univers".

- "La Tradition maçonnique n'a pas d'autre matérialité fondamentale que cette transmission maçonnique" peut-on lire.
C'est un fait avéré. La qualité, la pureté du thesaurus n'est valable qu'en fonction de la qualité et de la pureté de la transmission des valeurs de la philosophie, de la gnose maçonnique;
non seulement la richesse du savoir acquis par des générations de
Maçons, nos prédécesseurs , mais encore par les Rites, Symboles etc. Ce
sont là des outils que l'on retrouve à l'occasion des soirées dite "d'instruction".

- Lors de ces soirées d'échanges, le Surveillant n'est pas un garde-chiourme ou un père fouettard, il veille à la bonne compréhension des éléments de symbolisme et de philosophie qui sont distillés tant aux AA, qu'aux CC.°.
Qui plus est, la maîtrise n'est pas une finalité en soi...
l'histoire continue... Et en avant pour de nouvelles aventures!
D'ailleurs, ces séances d'information se doivent d'être fréquentées
par les Maîtres, qui viendront suppléer à une défection du Surveillant sur une question, tant aussi pour écouter et apprendre des jeunes Initiés. Mais je pense surtout aux jeunes Maîtres, qui seront un jour en charge de cet office.

- En Tenue, les deux Surveillants répercutent par ordre de
préséance, les demandent de parole desFF & SS assis au Midi puis au
Septentrion, au VM:. qui leur accorde, ou pas cette faveur.

L'Orient est géré par le VM :. .
- Dans le Collège des Officiers, les Surveillants, comme le VM:. , sont des Officiers SANS adjoints. Par ailleurs, lors de l'installation des Surveillants, le VM:. se saisit du bijou pendant au bout de sautoir, de la main gauche, et en explique la signification. Il ne le fait point pour les autres plateaux ou
charges..

• Léger historique :
Je ne suis point un historien qualifié du Rite Français ou du rite Ecossais,
mais je m'y intéresse fortement.
Dans mes recherches, et ce grâce au concours de FF & SS plus érudits dans ce domaine, j'ai glané quelques détails intéressants dont je souhaite vous faire partager:

- Dans "Les obligations d'un Franc-Maçon" issues du texte des
constitutions d'Anderson de 1723, il est intéressant de relever, je
cite : "Nul frère ne peut être Surveillant s'il n'a obtenu le grade
de compagnon, ni Maître avant d'avoir été Surveillant,..." Il apparait
donc que la situation de l'époque était quelque peu différente que
maintenant quant à l'accession aux offices.

- Dans un autre texte du manuscrit DUMFRIES N°4 de 1710, et
qui repose, entre autre, sur une série de manuscrits s'échelonnant
de 1583 à 1710, il est relevé au chapitre "Questions posées et
réponses"
Q: Combien y a-t-il de lumières dans cette Loge?
R: Trois
Q: Lesquelles ?
R: Le Maître, les Compagnons et LE Surveillant.

Mais l'usage courant des DEUX Surveillants en Loge, s'est imposé
vers 1723. Ne dit-on pas, dans l'instruction du grade en parlant de
la Loge: Trois la gouvernent. Ce qui est certain est sa place... invariablement à l'Occident.

- Subséquemment, avant 1717, cet officier est également dénommé "Inspecteur"

- Entre 1730 et 1740, la maçonnerie passe d'un système à deux
grades, en dédoublant le premier, à l'apparition du grade de Maître,
fixant ainsi l'organisation que nous connaissons actuellement dans
les loges symboliques, dites loges bleues.

- Par ailleurs, le mot sacré est Jakin et s'écrit de différentes façon selon les sources scripturaires:
JAKHIN, IACHIN, JACHIN et l'on arrive à JAKIN qui est la plus juste
traduction selon la source hébraïque soit : Iod – Qâf – Iod - Nun.
sur le rituel il est dit : Il établira

Enfin le mot de passe est Schibboleth signifiant Epi allusion aux mystères d’Eleusis où l’épi de blé était symbole d’immortalité… tout un programme ..
In fine, je tiens ici à remercier tous nos Frères, & particulièrement
notre VM:. , qui œuvrent avec Force et Vigueur pour rétablir l'esprit du rite dans la pureté de son origine.

Une dernière chose encore, je ne peux qu'affirmer que le travail du
Surveillant en Loge se doit d'être fait avec zèle, rigueur, franchise et surtout, avec cœur. Car, sans la vertu cardiaque, tout "enseignement", même si le terme n'est pas parfaitement idoine, sans le coeur donc, la pureté de ce thesaurus maçonnique est creux, vide, voir inutile – la chaîne est ainsi rompue.

Il est alors plus difficile de colmater les fissures de la base que de construire directement un édifice aux fondations solides pour le futur.

Frères et Sœurs Compagnons, nous sommes vos devanciers... certes, mais VOUS êtes notre avenir !


J'ai dit, VM:.

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21 novembre 2013 4 21 /11 /novembre /2013 19:22

TS:. Et vous tous mes BAF Elus

Il est là sur le tableau du conseil des Elus, indiquant fièrement la direction à prendre pour accomplir la mission, venger le meurtre de maître Hiram.
Il faut vaincre ou mourir, vincere aut morire ,VAM …

TS et vous mes Frères Elus , c’est la première fois que j’aborde un symbole animalier dans une planche mac :.
Mais le chien est un sujet que j'ai souhaité pouvoir traiter car lors de mon exaltation, j’ai été attiré par le tableau du conseil qui fait la part belle à la nature et au chien…
Alors il est vrai que nous mettons bien souvent de l’affect dans certains symboles plus que dans d’autres et celui –ci m’a ravivé une madeleine de PROUST, liée à mon enfance.

En effet, lorsque j’étais enfant, j'avais un chien avec lequel je jouais des journées entières, il s'appelait Balou comme celui du Livre de la Jungle de notre frère Walt Disney. Et quand j'avais à peine 7 ans il était plus grand que moi et je l'assimilais au cheval que j'aurais pu avoir si j'avais été un … chevalier.
C'est donc très affectueusement que je regarde ce symbole à chaque conseil me remémorant l’espace d’un instant ce passé.

Mais je vous rassure, mon esprit ne s’évadera de ce conseil qu’un bref moment.

J’aurais pu aussi parler du cerbère mais je ne veux pas entrer dans cette fameuse caverne car dans ce mythe divin, seule la vengeance des crimes impunis devait avoir lieu.

Cependant, le travail des Elus est d'aller bien au delà de l'affect et de la visualisation et ainsi comme à l'accoutumée il faut dépasser la seule perception, la seule contemplation du symbole.

Il faut utiliser un moment de contemplation pour aborder la spiritualité que dégage le chien, il faut plonger au plus profond de soi pour y découvrir le sens, la leçon que souhaite nous donner la présence de cet animal dans ce premier ordre de sagesse.

Mais avant d’entrer dans l’analyse du symbole même, revenons plus prosaïquement à l’animal, ce canidé dont il convient de se réapproprier quelques connaissances essentielles.

Il faut se souvenir que cet animal est une sous-espèce du loup (d’ailleurs dans la bible on parle plus du Loup que du Chien) et qu’il est le premier animal à avoir été domestiqué par l’ homme pour chasser ; Ainsi depuis la préhistoire, le chien a aidé l'homme durant toute sa phase de sédentarisation qui a induit à l'apparition des premières civilisations, ce qui lui a fait gagner son titre et surnom du « meilleur ami de l'Homme ».

Ce descendant du loup est donc une belle transformation que nous pouvons désormais contempler.

Ce changement s’est fait graduellement, au fur et à mesure que les liens entre ces deux espèces se sont renforcées. Alors que cette transmutation a eu lieu pour le loup devenu chien, comment ne pas faire une analogie entre ce profane qui est encore loup et cet initié qui est déjà un peu plus chien …

En effet, on accorde souvent au chien les qualités suivantes, un instinct sans faille, une fidélité absolue, un pur amour, et ce sont bien les défauts antagoniques aux qualités du chien qui ont conduit les 3 mauvais compagnons à la félonie et au désamour dans leur œuvre criminelle.

Mes très chers frères ELUS, combattons constamment le loup qui est en Nous.

Le chien est donc un animal qui a un instinct sur et qui fonctionne au flair, il nous appelle à maitriser nos passions tout en nous invitant également à cultiver notre génie, notre créativité sans lesquels rien ne se crée.

Il faut donc conserver cette maïeutique essentielle à nos esprits d’Elus afin d’accoucher lors de nos conseils des connaissances et des échanges qui en plus de l’égrégore de nos rencontres permet l’émergence de cette substantifique moelle maçonnique qui nous conduit peu à peu vers la lumière.

Ce même essentiel est pour moi de se laisser porter vers la vertu et la spiritualité en étant comme le chien du premier ordre , fidèle à l’ordre et à ses frères, se laissant guider par son instinct vers cet inconnu maçonnique qui nous attire et dont on sait qu’il est bon pour nous, qu’il a toute notre confiance comme le chien a confiance en son maître.

Toute l’essence de ce premier ordre est d’intérioriser l’ensemble des vertus maçonniques pour atteindre la transformation du loup qui est en nous, même au grade de maître et de le changer en chien.

Intérioriser ce chien nous aidera à combattre le loup qui sommeille en nous.

Alors comment notre rituel du 1 er ordre de sagesse nous guide t-il vers cette nouvelle mutation, cette transcendance, car cela en est bien une, sinon cela nous réduirait à la simple mutation des atomes, à une simple évolution d’espèce via l’Organisation Générale et Génétique des Etres Vivants ?

Il s’agit bien en l’occurrence de rechercher dans le parallèle, de la transformation du loup vers le chien, ce qui va nous sortir de la matière pour nous conduire vers le Divin, la Spiritualité.

Certains philosophes, reconnaissent l'existence d'une frontière absolue, mais ils déconseillent à l'homme de s'y laisser porter ;

Certains comme Husserl déclarent: "la philosophie de la transcendance nous jette sur la grand-route, au milieu des menaces, sous une aveuglante lumière, enfin ceux qui me convient le plus est la définition qu’en donne Jaspers, c’est le mouvement que nous accomplissons sans cesse pour nous dépasser nous-mêmes. L'existant accomplit sans cesse un mouvement de transcendance, se dépasse sans cesse".

Comment le chien nous mène t il pour ce qui le concerne à nous transcender ?

Le chien dans le rituel du premier ordre apparaît trois fois.

Tout d’abord sur le tableau du conseil et sa présence sur le tableau du conseil est significative de l’importance qu’il joue dans notre rituel. En effet, le tableau de loge est le condensé de tout ce qui est important dans le grade ou l’ordre.

Il ne faut donc pas minorer le rôle essentiel de ce chien qui n’apparait ensuite que deux fois dans le texte du rituel et de manière très succincte.

Là encore, une leçon nous est donnée, sur le regard que nous portons sur les êtres en général et les outils symboliques en particulier ; Ils ont tous leur utilité, et c’est bien un rappel qui est livré aux Elus du chapitre qui pourrait être tenté de minimiser les efforts et le travail à produire à l’identique du relâchement que nous pourrions avoir envers l’Ordre Maçonnique.

Notre mission est peut être l’exigence envers nous même et envers les frères des loges bleues.

Le « sacerdoce » le Devoir est bien là, écouter et répondre avec bienveillance au plus jeune frère qui pose la question entendue cent fois mais exiger de lui : Travail et Persévérance.

Le travail du frère ELU est de ne pas céder aux exigences « bleues » pour tirer vers le haut l’Ascèse Maçonnique, céder c’est renoncer à notre devoir.

L’ascèse de l’Elu doit être exigée car il est missionné par l’Ordre pour accorder son attention à tout ce qui nous entoure, du chien à la lumière de la caverne.

Ainsi, rendre le rôle du chien secondaire dans notre rituel serait commettre une erreur.

Pour paraphraser, je dirai que La Providence est dans les détails.

Notre chien apparait ensuite dans les instructions du grade :
Question : Que signifie le chien?
Réponse: Que le moindre indice sert souvent à déceler le coupable. …On nous invite donc à la plus grande vigilance.

Quelle est l’enseignement de cette question et de sa réponse, qu’aux petites causes, grands effets ?

Ce serait bien réducteur pour ce guide.

Sans cet indice, cette causalité ne saurait exister ,peut on parler de hasard , n’y a-t-il rien de plus ?

La main du Grand Architecte ne peut se satisfaire de confier une telle œuvre au hasard.

Alors je parlerai de Providence, de jeu que joue ce chien entre l’évènement terrestre et la causalité spirituelle sur les Frères. Car sans la providence, cette action providentielle, rien n’existerait, rien ne se produirait.

Le chien annonce l’arrivée du big-bang du premier ordre, ce boson de HIGGS maçonnique, sans lui serions nous là ce soir ?

Tel le psychopompe mythologique ANUBIS, le conducteur des âmes des morts, il sert de guide, de médiateur entre les vivants et les morts.
Il nous amène donc à croire en notre corpus maçonnique, à l’existence d’un génie créateur, à quelque chose de plus subtil en nous, en un au-delà, un ailleurs qui est créé.

Il est ce PONTIFE maçonnique entre le maçon et sa spiritualité.

Il nous guide vers le chemin qui nous amène à la vérité et à la vie.

Je suis le chemin, la vérité et la vie a-t-il dit


Pour finir, le chien apparaît dans notre rituel dans l’action au moment où Joaben, aperçoit le chien, qui lui signifie la caverne où se terre ABIBALA .

De nouveau le chien tient le rôle d’accompagnateur du frère Elu.

Ce symbole n’apparait pas très important à première vue et pourtant sans le chien, Joaben ne trouverait pas le meurtrier d’HIRAM … une nouvelle fois nous pouvons nous interroger sur la suite qui pourrait être donné à notre ordre en général, à notre rite en particulier, si cet animal n’avait pas guidé JOABEN sur le chemin …

Au plus profond de nous quelque chose d’intime et de subtil y vit et nous anime, il nous appartient d’intérioriser en contemplant l’action de ce chien en décelant tous nos vices et en les combattant comme JOABEN combat les mauvais compagnons pour que cette partie si subtile de nous même, notre âme rejaillisse et que nous en ayons con-science.

Comme il est écrit au premier épître de ST jean « celui qui est dans les ténèbres ne peut pas aimer son frère car il ne connait pas la lumière » »

J’ai dit TS et vous tous mes BAF :. Elus.

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16 novembre 2013 6 16 /11 /novembre /2013 19:09

Faiblement éclairé par l’Etoile qui brille à l’Occident, le Compagnon entre dans le temple à reculons. Par les arts libéraux, aidé de ses cinq sens, guidé par l’étoile flamboyante, il s’est construit comme compagnon. Il a beaucoup voyagé pour mieux comprendre et finalement revenir à l’essentiel. Il a souhaité s’élever et quitter le plan pour appréhender l’espace. Il a fait le vœu de devenir maître, de mobiliser ses savoirs et son travail de façon expert avec force et mesure. C’est pour cela qu’il a pu gravir les marches et qu’il a frappé en son temps en compagnon à la porte de la chambre du milieu..

En passant à reculons entre ces colonnes, ce n’est pas une porte que j’ai franchi, je suis devenu symboliquement une clé, l’étoile à cinq branches, nombre cinq, symbole des compagnons, mais une étoile qui faiblit et qui s’éteint peu à peu. En effet, Maître Hiram, tombé sous les coups de trois mauvais compagnons est mort. » Après le coup de maillet fatal sur le front (qui expulsa l’Esprit hors de son corps) le récipiendaire gît sur le catafalque sous l’Acacia, symbole de régénération, ce qui indique qu’il est prêt pour une transformation… une transmutation. Il est symboliquement renversé sur le pavé mosaïque en lieu et place du Maître vénéré, entre l’équerre et le compas, la règle et le levier. Ayant choisi d’aller plus loin, plus haut, il doit prendre con-science et vaincre ses angoisses pour faire face à la réalité de la mort : passer de l’équerre au compas, du plan matériel au plan spirituel … enseveli sous un tertre.

On m’a conté l’histoire d’Hiram, ce Maître architecte du Temple de Salomon, assassiné par trois de ses Compagnons pour ne pas avoir voulu leur dévoiler les mots de maître, que ceux-ci voulaient lui faire dire. Et le récipiendaire mis en accusation se devait de fournir les preuves de son innocence, prouver qu’il n’était pas complice de ce crime.. !!!! .. vivre de nouveau l’épreuve de la terre sur un pavé froid après avoir enjambé un corps pour se retrouver gisant à terre, sans identité, le visage caché par son tablier, le corps recouvert d’un drap noir.

Ce corps qui ne connaissait plus la parole, qui ne peut même plus épeler, ce qui aurait pu permettre de se faire reconnaitre comme FF:. ce corps git loin de toute Fraternité, abandonné de tous ….

Mais il ne peut faire le chemin seul, et son élévation, sa trans-mutation en un nouvel être doit être générée par la volonté des FF et des SS :. ainsi que le pouvoir des trois Lum :. de la loge. La chair a quitté les os, tout s’est désuni, et le squelette ne peut espérer se relever. Sur le pavé mosaïque, symbole puissant, lieu sacré, hors du temps et de l’espace, le VM :. aidé par le premier et second surveillants, relève une nouvelle corporéité - l’Esprit - par les 5 points parfaits de la maîtrise afin qu’elle soit projetée dans le Saint (le 1er temple) dont le VM est le gardien et simultanément, la lumière reparait.

Les cinq points sont parfaits dans le sens où le nombre cinq est la représentation graphique du nombre d’or. En effet, positionné dans un cercle, ils forment un pentagramme, la proportion dorée. Or, autour du Compagnon, un cercle est effectivement réalisé par les 9 maitres qui tournent. Et c’est sur ce cercle que les cinq points que le Compagnon représente en temps qu’étoile vont devenir la représentation symbolique du nombre d’or, la sublimation de la quintessence… la re-naissance d’un nouvel être à l’image de notre Maitre passé.

Que sont ces cinq points parfaits ?

Pour le savoir, intéressons-nous un peu au nombre 5 :

Historiquement : Il est une chose dont on parle rarement à ce sujet, ce sont les “Cinq Points Parfaits” du Compagnonnage, qui précèdent ceux de la Franc-maçonnerie. À l'époque où il n'y avait que 2 grades, Apprenti et Compagnon les “Cinq Points” étaient dit “du Compagnonnage”.

Ce n'est que vers 1711 (manuscrit Trinity College) qu'apparaît le système en 3 grades avec ce que nous appelons ”Les cinq points parfaits” avec la griffe de maître qui remonte au coude. En 1726 le “Graham” parle de Noé qui est relevé de cette façon (Hiram viendra plus tard vers 1730) Dans tous les cas, la griffe précède le relèvement. Autrefois (Compagnonnage) les cinq points parfaits ne servaient pas à relever mais seulement de signe de reconnaissance.

Symboliquement : Le 5 : C'est le nombre de l'harmonie et de l'équilibre. C'est aussi le nombre de la grâce divine. Le 5 est caractéristique de l'homme. D'abord, selon la Kabbale, c'est le nombre de l'Homme parfait - débarrassé du côté animal. Selon la Bible, il est le symbole de l'Homme-Dieu de par les cinq plaies du Christ en croix - à ce titre, il est aussi considéré comme le nombre de la grâce. Mais il est aussi associé à l'homme en général - 2 + 3 - possédant un caractère instable de dualité, 2, malgré sa divinité, 3. Le 5 se retrouve également dans le corps humain: les cinq doigts de la main et des pieds, les cinq sens - le toucher, le goût, l'odorat, l'ouïe et la vue -, les cinq membres - les deux bras, les deux jambes et la tête, le buste étant le centre -, les cinq os formant le métacarpe, le métatarse et la boîte crânienne, etc.

Il est aussi le nombre des réalisations humaines : les ordres d’architectures. Le cinq est considéré comme symbole de l'univers, Symbole de la volonté divine, Symbole de la perfection chez les Mayas, Symbole de la conscience incarnée - 4, Matière, + 1, Esprit.

Enfin il est le nombre du compagnon, de son âge, de sa batterie, du nombre de ses pas, de ses voyages, etc… Alors pourquoi ce nombre 5 pour élever un maitre qui aura 7ans et plus ? Et quels sont les cinq points de la maitrise ?

Symbole de l’aide, de l’assistance que nous promettons à nos frères, le premier des 5 points de la Maîtrise, l’attouchement, se fait en se prenant mutuellement le poignet droit en formant griffe. Symboliquement c’est le transfert, le mélange des énergies. Siège de la connaissance, la main trace le plan, construit le temple. Prolongement du cœur c’est aussi donner et recevoir. ces deux mains réunies !! N’est-ce pas la reconnaissance mutuelle à une même appartenance, à un même Travail, à une solidarité retrouvée.. ?

Le Maître est relevé : pied droit contre pied droit, réciproquement emboîtés l’un dans l’autre, ils s’enracinent ensemble à la terre d’où ils puisent toutes les énergies constructives. Le pied correspond à la Terre, à l’origine, il est fondement du corps, racines de l’arbre humain. Il est en même temps frondaisons de l’arbre divin. Soutien point d’appui, il donne l’assise, assure l’équilibre. En lui réside la force de l’âme.

Genou droit contre genou droit : là encore, se toucher réciproquement, nous devons symboliquement unir harmonieusement nos forces respectives. Le genou est signe de volonté, par le mouvement qu’il permet, mais également d’humilité par le fait qu’il nous conduit, par son fléchissement, à marquer notre respect et notre dévouement. Le genou est donc tout à la fois courroie de transmission de la volonté et marque du respect de nos engagements que nous prenons agenouillés… enfin le don total, par ce contact, cette force de l’un contre l’autre, l’impétrant redevient le FF :. libre et de bonnes mœurs, si solide, si fort, si désireux de travailler en commun avec ses SS :.et ses FF :. au perfectionnement intellectuel et moral de l’humanité

Epaule contre épaule. Elles transmettent l’énergie et la force aux bras et aux mains, permettant à la pensée de se concrétiser par la force de l’action. Et, posant réciproquement la main gauche sur l’épaule droite de l’autre, on assure par ce geste protection et stabilité. Je protègerai mon F :..

Cœur à cœur : Siège des émotions, mais aussi de la raison chez les Egyptiens, ce mouvement de partage évoque la volonté de compréhension, (celle qui engendre l’amour et la tolérance), d’échanges et de don de soi. Ne dit-on pas « ouvrir son cœur », c’est ce que nous faisons devant nos FF :. pour nous dépouiller des scories de notre vie profane. - Les poitrines se rapprochent , les deux souffles s’unissent, deux souffles nécessaires l’un à l’autre, où la vitalité de l’une est le garant de la survie de l’autre et par la même de toute la Fraternité révélée et enfin retrouvée. Cette posture finale scelle une alliance entre deux êtres qui n’en font plus qu’Un : le VM :. et moi-même qui représente Hiram à cet instant. C’est une étreinte intégrale, une sorte de communion spirituelle et physique.

Par ce contact dans cette verticalisation, voilà le passage vers la confiance retrouvée, voilà le moment du don, du cœur à cœur pudique et merveilleux. Ainsi, une partie de moi s’est redressé pour être projeté vers une porte dont le gardien est le VM :. Lui-même, gardien du Saint et qui permets à l’Esprit relevé de franchir la porte du Temple, Hiram revis en moi, même si ce n’est finalement qu’une forme de substitution et non une résurrection. Il a franchi l’Hadès, il réintègre le nouveau maître que je suis, par la naissance à un autre état. Le vieil homme meurt, la chair quitte les os (”Mak Benah “, phase de putréfaction, c’est le solve alchimique, pour laisser la place à l’Homme nouveau, purification qui débute. Le maitre doit rassembler ce qui est épars (Coagula). Ces 5 Points de la Maît :. rendent initiatiquement ce « corps » à la vie …

Mais ce travail ne peut voir le jour sans une régénérescence, comme la graine qui, pour éclore, ne peux que passer par le stade de la mort. Et le cycle est sans fin, chaque étape, chaque degré étant pour moi un aboutissement et une renaissance. Je pense que la voie spirituelle est inévitable pour le Maître Franc-maçon qui veut continuer à progresser dans sa quête de la lumière. A mi-chemin entre terre et ciel, entre matière et esprit, la dimension de la Chambre du Milieu n’a d’égale que la dimension spirituelle, la largeur du cœur, la profondeur d’âme de ceux qui la composent.

Les cinq points sont parfaits, mais les mots sont substitués, ainsi l’élévation n’est donc pas l’aboutissement, c’est le début d’une nouvelle quête en 33 degrés. Il me faut trouver la parole. C’est dans le « connais-toi, toi-même » de Socrate que le nouveau maître doit chercher dans une démarche évolutive, son appartenance cosmique. Pour cela, à moi de trouver la pierre cachée (le V.I .T .R.I.O.L ; du cabinet de réflexion). Elle est la conclusion, la récompense et la finalité d’un effort dont l’efficacité est rendue possible par le travail. « Vous devez vivre la mort d’Hiram »

Cette chair qui quitte les os connait alors un moment de grâce : l’extraction du tombeau, le redressement de la V :.M :. par la force des 5 points de la Maîtrise glorifié de toute sa force par le verbe créateur, par le souffle vital des mots substitués…

La FM est une tradition originale, bien adaptée à la mentalité occidentale et elle doit le rester. Les analogies indiquent simplement, comme l’ont révélé les travaux de C.G. Jung, M. Eliade et d’autres chercheurs, que des hommes appartenant à des cultures différentes utilisent les mêmes formes pour décrire le monde de l’âme et les réalités supérieures. Le mandala, la mort et la renaissance, les objets du rituel comme réceptacles de forces subtiles, sont quelques exemples de ces archétypes.

Parmi les thèmes forts dégagés par notre analyse de la légende d’Hiram, j’en retiendrai trois, qui me paraissent constituer l’essence de la maîtrise : la connaissance, l’élévation par les cinq points parfaits, et le maître intérieur.

Premier thème, la connaissance, pour le Franc-Maçon, n’est pas un savoir abstrait. La connaissance de soi et des autres, développée sous l’influence des travaux en Loge, doit être intégrée à l’individu et vécue au quotidien. Si cette connaissance reste purement discursive et ne se manifeste pas par une transformation profonde de l’initié, alors la pratique des rituels et la collation de grades sont non seulement une perte de temps, mais encore un jeu dangereux. C.G. Jung (8) décrit très bien le gonflement du Moi, qu’il observe chez des sujets revêtus de titres ou dépositaires de connaissances secrètes, d’autant plus lorsque les titres sont formels et les connaissances superficielles. Cette inflation psychique peut conduire à un comportement querelleur et provoquer des haines farouches et des conflits destructeurs, dont l’histoire des sociétés ésotériques offre quelques exemples remarquables (voir réf. 9). A mon sens, l’histoire des trois compagnons meurtriers est une mise en garde contre ce danger qui peut prendre la forme de la suffisance et de la convoitise à l’égard des titres et distinctions.

Deuxième thème, le relèvement (l’exaltation) d’Hiram et du nouveau Maître par les cinq points parfaits indique que c’est dans les couches profondes de l’être humain qu’il faut rechercher les qualités du Maître, alors que la peau et la chair, trop superficielles, se dérobent. Le nombre cinq est le nombre de l’homme, de la connaissance, de l’équilibre. Il exprime la complétude, réunissant les cinq directions de l’espace, les cinq éléments, les cinq sens, les cinq sagesses. Il permet donc de réintégrer dans son unité l’homme désintégré par les forces chaotiques du monde profane. Et ce n’est qu’après avoir retrouvé son unité, grâce aux cinq points, que le nouveau Maître peut être élevé, c’est-à-dire passer du plan terrestre horizontal à l’état (vertical) de trait d’union entre la terre et le ciel. Cette opération réalise la conjonction des opposés : la vie et la mort, la terre et le ciel. Il est alors permis à l’initié de contempler les réalités supérieures, tout en restant dans le monde pour y communiquer la Lumière, à l’image de cette phrase de la Table d’Emeraude : « Il monte de la Terre vers le Ciel, et redescend aussitôt sur la Terre, et il recueille la force des choses supérieures et inférieures ».

Troisième thème, l’éveil du maître intérieur est sans doute l’élément le plus fort de l’élévation. Par la connaissance vécue et mise en pratique, l’initié élargit progressivement le champ de sa conscience et acquiert une maîtrise plus étendue sur les forces de l’inconscient. Le maître intérieur, ce n’est pas le juge porteur du code moral dicté par le groupe ; ce n’est pas non plus la figure divine qui culpabilise et punit. Le maître intérieur, c’est la conscience en tant que centre de l’être, totalement libre à l’égard des autorités humaines parce que connaissant son lien avec l’univers. Une conscience qui ne craint pas non plus les éléments obscurs de l’inconscient, mais qui travaille à les intégrer par la connaissance. Bien évidemment, ce maître intérieur ne surgit pas dans sa taille définitive au moment de l’élévation. Il demande à être développé lentement, par degrés. S’il rayonne et devient perceptible de l’extérieur, c’est généralement par la bonté et la discrétion, plus que par l’orgueil et la suffisance.

A la fin de ce vingtième siècle où tout a été tenté pour réduire l’être humain à sa dimension la plus ordinaire, la tradition initiatique offre le dernier jardin où l’homme puisse cultiver toutes ses dimensions et toutes ses potentialités. Le symbole le plus clair de ce contraste est l’élévation à la maîtrise, qui bouscule les certitudes profanes en affirmant l’importance de la dimension verticale et en réalisant la conjonction des opposés.

VM :. Et vous tous mes FF et SS en vos rangs grades et qualités j’ai dit

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4 juillet 2013 4 04 /07 /juillet /2013 05:58

Le Zohar et les Couleurs

Les couleurs de la Bible

  La Bible n'est pas très riche en couleurs et quand elles sont mentionnées, elles sont imprégnées d'un sens symbolique. Elles concernent essentiellement la nourriture (soupe de lentilles par exemple), les vêtements du Grand Prêtre et l'ameublement de la Tente du Rendez-Vous dans le désert (trois couleurs groupées, le bleu-azur, le pourpre et l'écarlate), le corps humain (peau, lèvres, yeux, cheveux…), la robe des chevaux.

Pour éviter que ses propos ne soient représentés par des objets, bases de l'idolâtrie, l'Ecriture ne cherche pas à frapper l'imagination des lecteurs par la couleur. Ainsi dans l'arc-en-ciel elle suggère que la diffraction de la lumière est liée à l'immanence du divin, selon une interprétation mystique.

Les couleurs les plus citées sont le blanc (lavane) et le rouge (adom, tsaroq)), puis viennent des couleurs souvent groupées: bleu "tékhelet", pourpre "argamane" et écarlate "tolaa't shani". On rencontre plus rarement l'or (zahav), le noir (shah'or), les bruns (h'oum, amouts, kédar), le bleu foncé (kah'ol), le jaune soutenu (tsahov), le vert (yaroq) et le violet (sagol).

Les couleurs dont parle la Bible sont tirées de produits naturels de l'époque et il n'est pas sûr que tous ces produits existent encore. Il y a ainsi un degré d'incertitude sur le sens et les nuances des couleurs bibliques.

  Etymologie, sémiologie, guématrie et analogie

  Blanc

La désignation la plus courante de la couleur blanche est "lavane" (l/v/n) ou "lev noun", le cœur du poisson, des entrailles blanches. Couleur de l'habit du grand prêtre et couleur de l'expiation, lavane a la même valeur numérique que l'homme pieux ou h'assid (82). Lavane est la couleur du lait, nourriture des premiers mois de l'enfant, couleur de la miséricorde. Lié à l'œuf et à l'évolution de la vie, le blanc en ponctue les étapes: lange de la naissance, voile de l'initiation, habit du mariage et linceul du mort.

Le blanc se dit encore "tsah'or" qui connote la limpidité (tsah'), la liberté (h'or), l'aube (tsohar). Couleur de la pureté, le blanc est le mélange théorique des couleurs dont l'identité de chacune se perd dans une unité. Mais la réalité est autre, le mélange des couleurs dans ce monde-ci est un gris sale, ce qui explique le nom d'un homme peu honnête dans la Bible, Lavan, le beau père de Jacob.

  Rouge

La désignation courante du rouge est le mot "adom" (aleph/d/m), lié à l'être humain (adam, contenant "dam" le sang) et à la terre (adamah), le rouge étant la couleur de la terre en Afrique noire. Le rouge est la couleur du sang contenu; versé, le sang vire au noir.

  Noir

"Shah'or" en est la désignation la plus courante qui est liée à la fin de la nuit, avant le passage à l'aube, le moment le plus difficile pour l'être humain, celui du jugement céleste et de la mort. Couleur de l'obscurité, le noir connote, l'ignorance, la calamité et l'Autre Côté.

  Vert

"Yaroq" est la couleur de la verdure, de la nature verdoyante, du végétal, couleur de l'équilibre naturel.

  Jaune

"Tsahov" est une couleur brillante, jaune soutenu, visible comme un vent violent (pih'ah) de sable (évéq), deux mots de même valeur numérique que le jaune (103). Ce nom est lié à la colère et à l'hostilité

  Bleu-noir

"Kah'ol" est la poudre d'antimoine qui sert de fard aux yeux; ce mot signifie "comme le sable". Dans l'antiquité il était d'usage de clore les yeux d'un défunt avec du sable et cette mission était dévolue à celui qui allait recevoir son héritage spirituel, généralement son fils. Il est possible que ce sable fut de la poudre bleu-noir. Il est probable que cette couleur soit liée au passage dans l'au-delà, des équivalents numériques sont "nouah'" le repos (éternel) et din (le jugement).

  Violet

"Sagol" est en rapport avec la cérémonie, le trésor (ségoulah) et de la sélection de l'élite.

  Transparent

"Safir" est une pierre précieuse et le mot est lié à la transparence, la limpidité, la clarté.

Le mot peut se lire "limpidité (safi) du début" (resh ou réshit). Sur le plan des équivalences numériques, il est lié à "qéren" (350), partie la plus élevée d'un animal et aussi rayon lumineux.

  Azur-Pourpre-Ecarlate

Ces trois couleurs animales sont généralement groupées.

Tékhelet proviendrait d'un coquillage du lac Kinneret, donnant un bleu très clair ou un bleu rappelant les limites de l'horizon. Ce mot a pour sens la limite de la perfection, un objectif, une intention. Sur le plan sémiologique il porte le signe (taw) du tout (kol). Il s'agirait d'une couleur-limite non définie qui comprendrait toutes les nuances et tous les tons.

Argamane est la pourpre issue du murex, coquillage apparaissant à Césarée dans l'Antiquité. Sur le plan sémiologique il s'agit de "tisser le quoi, la question", couleur par conséquent problématique, rouge incluant un peu de bleu. Sur le plan numérique, on peut la rapprocher de l'impureté de "théréfah" et de la rébellion de "nemrod" (294).

Tolaa't shani est l'écarlate issu de la cochenille, mot qui connote une métamorphose. Sur le plan sémiologique cette couleur peut se lire "signe (taw) pour une époque (léé't)

seconde ou ultérieure (shéni), l'écarlate serait-elle la couleur du désordre précédant les temps messianiques?

 

Les couleurs du Zohar

  Le Zohar a des couleurs privilégiées, le blanc et le bleu, le noir, le rouge et le vert qui correspondent sur l'Arbre de Vie à des attributs divins (séfirot). Ces couleurs sont déployées dans le feu et la lumière à propos de la Création (tohou wa bohou, lumière du 1er Jour et luminaires du 4ème jour), du Déluge (arc en ciel), de la sortie d'Egypte des Hébreux (colonnes de nuée et de feu), du buisson ardent, des tables de la loi, de la tente du rendez-Vous, du monde intermédiaire (âmes et archanges), des rêves, de la physionomie de l'être humain (yeux, cheveux, peau), du sens des fêtes juives….

  Lumière et feu de la Création (Introduction au Zohar, I-50b, I-51a/b)

  Genèse 1/1-2: "Au commencement, D. avait créé le ciel et la terre Or la Terre n'était que chaos (tohou) et solitude (bohou)…"

Tohou est un lieu dépourvu de couleur et de forme, un chaos informe. Bohou est une irrégularité dans le Tohou qui a un aspect et une forme.

  Genèse 1/ 2: "…des ténèbres couvraient la surface de l'abîme et le souffle de D. planait sur la surface des eaux".

L'obscurité des ténèbres (h'oshekh) est un feu noir de couleur dense comprenant un feu rouge de grande visibilité, un feu jaune-orangé ayant un ton soutenu, un feu blanc dont la couleur englobe les autres. Ce feu n'est pas obscurité en lui-même, sauf quand il envahissait le "tohou".

L'obscurité assimilée à la couleur "noire" est l'image de l'ignorance, de l'aveuglement et de pulsion au mal. Mais la couleur "noire" de l'obscurité contient en elle la démesure de la passion (rouge) aveuglante, de la colère contenue ou non (jaune) pouvant mener au mal et au meurtre; mais aussi le blanc de la miséricorde et de la grâce, espoir que l'ignorance peut quelque part céder la place à un début de connaissance (daa't). De l'obscurité naît la Lumière…

  Genèse 1/ 3 à 5 & 14/15: "D. dit que la lumière soit! Et la lumière fut. D. considéra que la lumière était bonne, et il établit une distinction entre la lumière et les ténèbres. D. appela la lumière, Jour, et les ténèbres, il les appela Nuit. Il fut un soir, il fut un matin, Un Jour"

D. dit "que des corps lumineux apparaissent dans les cieux, pour distinguer entre le jour et la nuit; ils serviront de signes pour les saisons, pour les jours, pour les années; et ils serviront de luminaires, dans l'espace céleste pour éclairer la terre…"

La lumière du début, du 1er jour est une transparence de saphir, une clarté sans couleur définie qui se différentie de l'obscurité. Cette lumière ne peut s'éteindre, car elle est infinie ("ayn sof", le "sans fin", de même valeur numérique que "awr", la lumière de valeur 207). La lumière du 4ème jour est autre, c'est déjà la différentiation des couleurs, "or"(zahav) pour le soleil, argent (kessef) pour la lune, images des luminaires créés et qui sont amenés à disparaître. Nous sommes dans la matérialité fugace du monde créé.

Ces luminaires qui sont le reflet de la vérité du début sont appelés "méorot" ou mém/aleph/waw/resh/waw/taw qui se décompose en a/w/r, la lumière et m/w/t, la mort, ce qui signifie que cette lumière créée a une fin.

  Colonnes de nuée et de feu (I-2a/b)

  Complémentaires ces colonnes qui ont permis aux Hébreux de se diriger dans le désert de jour comme de nuit sont une même unité. Noir le jour et blanc la nuit, ces couleurs ont permis au peuple venant d'être libéré de la noirceur de l'esclavage de discerner entre les valeurs, de réapprendre le libre arbitre, de faire des choix librement. Par ailleurs dans la colonne de nuée (a'moud a'nan), la nuée a'nan a comme équivalent numérique "péssel" idole, et dans la colonne de feu, le feu "esh" a comme équivalent numérique tsourah, image d'une idole. Ainsi ces colonnes de feu et nuée ont pour but de préparer les Hébreux à une abstraction progressive de la notion divine.

 

Dragon de feu (II-27b)

  Le serpent qui a apparaît sur le chemin furtivement a une langue de feu rouge et noir qui consume. Il cherche à détourner les Hébreux dans leur cheminement vers la clarté du discernement et de la connaissance. La création est partie de l'unité d'en Haut vers la dualité du monde intermédiaire, puis la multiplicité du monde matériel. Le dragon-serpent du mal cherche à renverser cette situation et à ramener les Hébreux vers le soit-disant confort d'Egypte: unité en bas et multiplicité en haut, c'est à dire le polythéisme dans la foi et le totalitarisme unifiant du pharaon.

Aujourd'hui encore le débat n'est pas encore clos, la tendance à suivre le dragon du politiquement correct et de la pensée unique, du globalisme des monopoles peut ramener à la loi du pharaon. De même le supermarché de la foi, le panégyrique médiatique de l'amoralité et des déviances sexuelles sont les formes nouvelles du polythéisme.

Mais il y a heureusement un autre feu qui brûle et dévore le feu du dragon; comme pour éteindre le feu d'un puits de pétrole en flammes, on utilise un feu encore plus puissant, celui de l'explosif.

 

Le feu qui brûle mais ne se consume pas (Deut 4/4-24 & Zohar I-50a)

  Une flamme ne peut s'élever que d'une matière qui brûle. Cette flamme a deux lumières, l'une sombre, bleue ou noire, l'autre lumineuse et blanche. Celle-ci est au-dessus de l'autre et s'élève cers le haut, la lumière bleue ou noire lui servant de piédestal.

Les deux lumières sont liées, l'une étant le support de l'autre. De même que la lumière bleue ou noire n'existe que si une matière se consume et lui sert de support.

La lumière blanche est immuable, la lumière sombre est changeante, tantôt noire, tantôt bleue, tantôt rouge, lien intermédiaire entre la matière qui se détruit et la lumière blanche qui est pérenne.

Cette description se ramène à l'Arbre de Vie où la couleur blanche est l'image des séfirot supérieures (Hokhmah, la sagesse, Binah, le Discernement et Daa't, la Connaissance) et les couleurs bleue-noire-rouge image des séfirot inférieures et du risque de "traverser" vers l'Autre Côté (le mal étant assimilé à la couleur noire, couleur de la mort et de la destruction).

Cette description est aussi une allusion au sacrifice dont le but est de blanchir le mal du péché.

  L'arc en ciel (I-18b, I-71b,I-136b)

  Les goûts et les couleurs diffèrent selon les individus. Que cela soit Shimon Bar Yohay ou Moïse de Léon, auteurs présumés du Zohar, dans ce texte, l'arc en ciel n'a pas les 6 couleurs scolaires, les couleurs de base, bleu, rouge, jaune et leurs complémentaires, vert, orange et violet. On parle de blanc, rouge, vert, bleu-noir, soit 4 couleurs. Pourtant "le six" apparaît comme le symbole numérique de l'arc, puisqu'il est fait allusion aux 6 mots de la profession de foi "shémaa' yisrael, adonay elohenou, adonay eh'ad" (écoutes Israël, yhwh est notre D., yhwh est un"). En fait peu importent les couleurs qui n'en font qu'une, l'apparition de l'arc en ciel est l'image du dévoilement de la splendeur de la shékhinah, la Présence divine; et tout homme pieux énonce sa profession de foi à l'apparition et à la vue de l'arc en ciel, sur lequel son regard ne doit pas se fixer.

  Les taches noires du soleil (III-15a)

  Selon le prophète Amos "Ainsi le Seigneur D. n'accomplit rien qu'il n'ait révélé son dessein à ses serviteurs, les prophètes" (Amos 3/7). Ainsi si l'humanité est perverse, un décret est établi contre elle. Des "taches noires" apparaissent alors sur le soleil jaune or, taches qui pourront s'étendre jusqu'à son extinction. Mais ce décret est suspendu pendant 30 jours, le temps de le faire connaître aux Justes de ce monde. Par leurs bonnes actions, les Justes pourront sauver le monde de la destruction. Ayant relevé sa tête du fait de la propagation de la perversité et de la corruption, à ce moment le serpent voit sa tête enterrée dans un trou grâce au comportement des Justes. Parallèlement, le serpent d'en Haut rentre aussi dans les profondeurs abyssales. La force du Mal est ainsi neutralisée par l'action d'un ou plusieurs Justes. Et le soleil brille à nouveau et le monde est sauvé.

  Le don de la Torah (II-84a)

  La Torah s'est manifestée dans un feu noir qui s'est impressionné sur un feu blanc, ce qui signifie que grâce à la Torah la droite rejoint la gauche à l'unisson.

Quand la fumée se dégagea du Mont Sinaï, elle venait d'un feu dont les flammes étaient bleues et s'élevaient dans le ciel. Cette fumée avait tous les parfums du Paradis, aux couleurs blanche, rouge et noire, "au parfum de myrrhe, d'encens et de poudres du marchand" (Cantique des Cantiques 3/6). La Présence Divine ou Shékhinah s'est manifestée ainsi lors du don de la Torah dans la désolation du Sinaï.

Les lettres inscrites sur les Tables de la Loi étaient visibles des deux côtés, car les tablettes étaient faites de pierre de saphir (lapis lazuli transparent) et les lettres formées de feu blanc couvert de feu noir. Les lettres flottaient en dansant; elles étaient visibles dans les deux couleurs, comme si les tablettes étaient gravées des deux côtés. Blanc et noir pour montrer l'union de la Droite avec la Gauche dont la rigueur est alors tempérée par la Miséricorde.

  Les âmes et les archanges (I-83 a/b, II-139a, 147b, 149b,152a/b, 226b)

  L'âme humaine a plusieurs désignations dans la Bible. Selon la Qabalah, il s'agit de la même âme dans ses différents aspects. On compte généralement 3 aspects communs et 2 aspects plus éthérés (voir le texte sur l'âme humaine).

L'aspect primaire, partagé avec les animaux, est appelé "néfesh"; il correspond à l'âme qui permet de respirer et de vivre; elle est de couleur bleu-noir et elle est nocturne, en ce sens que le jugement concernant sa disparition a lieu la nuit.

L'aspect esprit s'appelle "rouah'" de couleur blanche et diurne, car cet aspect permet à l'âme de voir et de comprendre.

L'aspect supérieur de l'âme s'appelle "néshamah" qui permet à l'âme de s'élever spirituellement et d'accéder au divin. Nous sommes ici dans la transparence.

  Le monde intermédiaire est celui des âmes, mais aussi celui des anges. Dans le Zohar les archanges qui portent le "trône divin" ont des couleurs, qui correspondent aux séfirot de l'Arbre de Vie. Dans le sens Est-Ouest, Michaël est couleur argent comme la miséricorde, Gabriel est couleur or comme la rigueur. Dans le sens Nord-Sud, Raphaël est dans la blancheur des séfirot supérieures et Ouriel dans la couleur bleu-rouge.

Le trône divin change de couleur selon l'heure du jour et prend les couleurs violettes, la nuit (pourpre ou jacinthe).

  Les rêves (I-51b, II-27a/b, II-149b)

  Toutes les couleurs dans un rêve sont de bonne augure, sauf la couleur jacinthe (excès de bleu-noir par rapport au rouge), car cette couleur signifie que l'âme du rêveur qui erre dans les hauteurs du monde intermédiaire risque de ne pouvoir rejoindre son corps qui est en danger de mort. Ainsi une prière particulière aux rêves doit être récitée avant de dormir, afin de neutraliser de mauvaises augures.

La couleur jacinthe est celle du trône de Jugement et aussi celle des eaux qui se séparent au second jour de la création; elle est ainsi liée au mal qui s'est immiscé dans cette séparation.

La couleur jacinthe contient le rouge du Jugement et de la Rigueur, mais aussi un excès de bleu-noir, couleur du Mal, qu'on doit neutraliser par la prière.

  Les yeux ( I-192b, II-72b, 73a/b)

  L'œil est l'image des couleurs de l'univers créé: le blanc de l'œil est l'image de l'univers

sidéral, l'iris est celle de la terre des hommes, la pupille celle de l'individu. On peut faire la même analogie avec la triade Israël-Jérusalem-Sion.

Le Zohar s'intéresse aux nuances du bleu de l'iris qui vont du plus clair au noir profond.

D'une façon générale, un œil bleu est l'image d'un tempérament agréable, mais égocentrique.

S'il n'y a pas de taches noires, l'iris bleu est le signe de désirs non dirigés vers le Mal. Mais l'individu peut y succomber quand il s'en rapproche. On peut lui faire confiance dans son domaine, mais pas ailleurs. Il sait garder un secret aussi longtemps que celui-ci n'est pas dévoilé par ailleurs.

L'iris bleu aux nuances de jaune est le signe d'une folie, mégalomanie et grandiloquence

Dans le discours et les manières. Si l'individu a de plus des rides sur le front, il ne mérite pas qu'on lui enseigne les mystères de la Torah.

L'iris bleu pâle aux nuances de vert est le signe d'irascibilité mais aussi d'un grand cœur. En colère, l'individu peut devenir cruel. On ne doit pas lui confier un secret.

L'iris bleu clair et franc avec des taches noires signifie que l'individu peut recevoir un secret. Sur le plan des affaires il prospère et ses ennemis ne peuvent l'atteindre et lui généralement subordonnés.

L'iris noir ou sombre (brun) est le signe d'un individu direct et libre, joyeux, ayant de bonnes intentions, terre à terre mais capable de spiritualité.

  Les cheveux ( II-71 a/b)

  Si la couleur est noire et brillante, l'individu réussit seul ce qu'il fait dans les affaires commerciales. Il a un tempérament généreux, mais il n'a pas besoin d'associés.

Si la couleur est noire mais terne, l'individu ne réussit pas toujours dans les affaires, mais on peut s'associer avec lui. De nature dépendante, il peut garder un secret pendant un certain temps.

Si l'individu est chauve il réussit bien dans les affaires mais il n'est pas fiable; si la calvitie est précoce, il est de plus hypocrite.

  Les fêtes (II-135a)

  Le Nouvel An est couleur "or", car c'est le jour du Jugement. Le jour de l'expiation et du Grand Pardon (kipour) est couleur "argent", car les péchés sont blanchis et purifiés. La fête des Tentes ou Soukot est de couleur aux nuances vert/jaune du cuivre comme le toit de la Soukah, comme les 4 espèces qu'on agite. La fête de la Pâque est liée à la spiritualité et la liberté reconquises après l'esclavage d'Egypte et sa couleur est le bleu "tekhelet". La Pentecôte est liée aux Tables de la loi qui ont les deux facettes de la pourpre bleu et rouge, avec un excès de rouge, lié aux commandements. Après le deuil et le noir du 9 Av (destruction des Temples), on trouve le rouge écarlate de la joie du 15 Av, jour de fête où les filles d'Israël sortent en dansant….

  Les sacrifices (II-20b)

  Le sacrifice d'un animal est l'offrande du rouge (sang) et du blanc (graisse) qui s'élèvent dans une même fumée odoriférante. Le jeûne a remplacé le sacrifice animal, comme si le rouge et le blanc se consumaient ensemble à l'intérieur de l'individu. Le jeûne est ainsi un autel d'expiation, remplaçant l'autel du sacrifice. De la même manière, la prière qui exhale de la bouche est comme la fumée du sacrifice qui s'élève. Et la prière n'est acceptée que si elle a la même intention que le sacrifice, un don de soi.

Élever le rouge/blanc c'est passer de l'équilibre du cœur miséricorde/rigueur vers un autre équilibre, celui de la connaissance (daa't), synthèse de la Sagesse et du Discernement.

  Le rouge écarlate ou tolaa't shani(I-238b, 241b, 242a)

  Le rouge vif ou écarlate a un rôle protecteur: ainsi le feu de la cheminée protège des la neige blanche et des grands froids venant du Nord. D. "se vêt" de sa tenue écarlate pour punir l'idolâtrie dans le monde. À l'entrée de Josué à Jéricho, la courtisane Rah'ab cherche à protéger sa maison et sa famille de l'invasion prévue: un fil écarlate à sa fenêtre lui permettra de sauvegarder les siens…

Le lys rouge dont le jus est blanc, est l'image du Saint Béni Soit-il qui mène son monde de l'attribut de Justice vers celui de la Miséricorde: les péchés sont blanchis et le parfum du lys est comme l'âme, elle ne s'évapore pas.

     

PRÉLIMINAIRES

Rabbi Hizqiya ouvrit une de ses conférences par l’exorde suivant : il est écrit : « Telle que la rose entre les épines, telle est ma bien-aimée entre les filles. » Que désigne le mot rose ? Il désigne la « communauté d’Israël ». De même que la rose est rouge et blanche, de même la communauté d’Israël subit tantôt la rigueur et tantôt la clémence ; et de même que la rose est pourvue de treize pétales, de même la communauté d’Israël est environnée de treize voies de miséricorde. Ainsi, au commencement de la Genèse, entre la première mention du nom divin « Élohim » et la seconde, il y a treize mots qui, comme les treize voies de miséricorde, entourent la communauté d’Israël et la gardent. Puis, il est fait une autre mention du nom divin « Élohim ». Pourquoi cette autre mention ?

Pour indiquer le mystère que symbolisent les cinq pétales forts qui entourent la rose. Ce nombre de cinq désigne les cinq voies du salut et correspond aux cinq portes de la grâce. C’est à, ce mystère que font allusion les paroles de l’Écriture : « Je prendrai le “calice du salut” et j’invoquerai le nom du Seigneur. » Le « calice du salut » désigne la « coupe des bénédictions » qui doit reposer sur cinq doigts seulement, semblable à la rose qui est assise sur cinq pétales forts correspondant aux cinq doigts. Ainsi, la rose symbolise la « coupe des bénédictions ». C’est pourquoi, entre le second « Élohim » et le troisième, il y a cinq mots. Après le troisième « Élohim », est écrit le mot « lumière ».

Cette lumière a été créée et ensuite cachée et renfermée dans l’« alliance », symbole du principe fécondateur qui pénètre dans la rose et la féconde. Et c’est cela qui est appelé dans l’Écriture « arbre fruitier qui renferme sa semence » ; et cette semence fécondante se trouve dans l’« alliance » même. Et de même que le symbole de l’« alliance » est formé de quarante-deux grains de matière fécondante, de même les parties constituantes du nom gravé et ineffable sont les quarante-deux lettres avec lesquelles s’opéra l’œuvre de la création.

Il est écrit : « Au commencement. » Rabbi Siméon ouvrit une de ses conférences par l’exorde suivant : « Les “fleurs” paraissent sur la terre, l’époque de tailler est venue et la voix de la tourterelle s’est fait entendre dans notre pays. » « Les fleurs », c’est l’œuvre de la création. « Paraissent sur la terre », quand ? Au troisième jour de la création, comme il est dit : au troisième jour « la terre produisit » ; donc les fleurs parurent ce jour-là sur la terre.

« L’époque de tailler est venue » désigne le quatrième jour de la création, dans lequel eut lieu la chute des démons. C’est en raison de cet événement que le mot « M’oroth » (= Lumières) est écrit sans vav et peut se traduire par « malédiction ». « Et la voix de la tourterelle » désigne le cinquième jour de la création ; car à propos de ce jour il est écrit : « Faisons l’homme », l’homme qui, plus tard, lors de la proclamation de la loi, dira : « Nous ferons » avant de dire :

« Nous entendrons », c’est-à-dire qui prendra l’engagement d’observer la loi avant même d’avoir entendu sa proclamation . En effet, dans les deux textes se trouve l’expression identique : « Nous ferons. » « Dans notre pays » désigne le jour du Sabbat, symbole du « pays de la vie », qui est le monde futur, monde des âmes, monde des consolations.

« Les fleurs », ce sont les âmes des Patriarches, qui préexistaient dans la pensée de Dieu avant la création et entrèrent et furent cachées dans l’autre monde, d’où elles émigrent et vont habiter le corps d’un prophète véritable. Ainsi, lorsque Joseph naquit, elles vinrent se cacher en lui ; et quand il monta « en terre sainte », il les y fixa. Et c’est là la signification des mots : « Les fleurs paraissent dans le pays » : les âmes des patriarches apparaissent en ce monde.

Et quand apparaissent-elles ? L’Écriture répond : au moment où l’arc-en-ciel apparaît en ce monde. Car c’est le moment appelé « l’époque de tailler », c’est-à-dire, le temps d’exterminer les coupables de ce monde. Mais pourquoi les coupables sont-ils sauvés ? Parce que « les fleurs paraissent sur la terre ».

Si elles ne paraissaient point, les coupables ne pourraient pas subsister, et le monde ne subsisterait pas. Et qui soutient le monde et détermine l’apparition des patriarches ? C’est la voix des petits enfants1 qui étudient la Tora ; et c’est grâce aux petits enfants que le monde est sauvé, comme il est écrit : « Nous te ferons des tourterelles d’or », c’est-à-dire les tout jeunes enfants, ainsi qu’il est dit ailleurs : « Tu feras deux chérubins d’or. »

Il est écrit : « Au commencement. » Rabbi Éléazar ouvrit une de ses conférences par l’exorde suivant : « Levez les yeux en haut et considérez qui a créé cela. » « Levez les yeux en haut », vers quel endroit ? Vers l’endroit où tous les regards sont tournés. Et quel est cet endroit ? C’est l’« ouverture des yeux ».

Là vous apprendrez que le mystérieux Ancien, éternel objet des recherches, a créé cela. Et qui est-il ? « Mi » (= Qui). C’est celui qui est appelé l’« Extrémité du ciel », en haut, car tout est en son pouvoir. Et c’est parce qu’il est l’éternel objet des recherches, parce qu’il est dans une voie mystérieuse et parce qu’il ne se dévoile point qu’il est appelé « Mi » (= Qui); et au-delà il ne faut point approfondir c. Cette Extrémité supérieure du ciel est appelée « Mi » (= Qui).

Mais il y a une autre extrémité en bas, appelée « Mâ » (= Quoi). Quelle différence y a-t-il entre l’une et l’autre ? La première, mystérieuse, appelée « Mi » est l’éternel objet des recherches ; et, après que l’homme a fait des ; recherches, après qu’il s’est efforcé de méditer et de remonter d’échelon en échelon jusqu’au dernier, il finit par arriver à « Mâ » (= Quoi). Qu’est-ce que tu as appris ? Qu’est-ce que tu as compris ? Qu’est-ce que tu as cherché ? Car tout est aussi mystérieux qu’auparavant. C’est à ce mystère que font allusion les paroles de l’écriture : « Mi » (= Quoi), je te prendrai à témoin, Mâ (= Quoi), je te ressemblerai. »

Lorsque le Temple de Jérusalem fut détruit, une voix céleste se fit entendre et dit : « Mâ » (= Quoi) te donnera un témoignage », car chaque jour, dès les premiers jours de la création, j’ai témoigné, ainsi qu’il est écrit : « Je prends aujourd’hui à témoin le ciel et la terre. » « Mâ te ressemblera », c’est-à-dire te conférera des couronnes sacrées, tout à fait semblables aux siennes, et te rendra maître du monde, ainsi qu’il est écrit : « Est-ce là la ville d’une beauté si parfaite, etc. », et ailleurs, Jérusalem qui est bâtie comme une ville dont toutes les parties sont dans une parfaite harmonie entre elles. »

« Mâ » (= Quoi) deviendra ton égal, c’est-à-dire il prendra en haut la même attitude que tu observeras en bas ; de même que le peuple sacré n’entre plus aujourd’hui dans les murs saints, de même je te promets de ne pas entrer dans ma résidence en haut avant que toutes les troupes soient entrées dans des murs en bas. Que cela te serve de consolation, puisque sous cette forme de « Quoi » je serai ton égal en toutes choses. Et s’il en est ainsi, « le débordement de tes maux est semblable à une mer ».

Mais si tu penses que ton mal est sans guérison et sans fin, détrompe-toi, « Mi te guérira ». Car (Mi), celui qui est l’échelon supérieur du mystère et dont tout dépend, te guérira et te rétablira ; Mi, extrémité du ciel d’en haut, et Mâ, extrémité du ciel d’en bas. Et c’est là l’héritage de Jacob qui forme le trait d’union entre l’extrémité supérieure Mi et l’extrémité inférieure Mâ, car il se tient au milieu d’elles. Telle est la signification du verset : « Mi (= Qui) a créé cela ».

S’adressant à son fils, Rabbi Siméon dit : Éléazar, mon fils, continue à expliquer le verset, afin que soit dévoilé le mystère suprême que les enfants de ce monde ne connaissent pas encore. Rabbi Éléazar garda le silence. Prenant alors la parole, Rabbi Siméon dit : Éléazar, que signifie le mot « Éléh » (= Cela) ? Il ne peut pas désigner les étoiles et autres astres, puisqu’on les voit toujours et puisque les corps célestes sont créés par « Mâ », ainsi qu’il est écrit : « Par le Verbe de Dieu, les cieux ont été créés. » Il ne peut pas non plus désigner des objets secrets, attendu que le mot « Eléh » ne peut se rapporter qu’à des choses visibles.

Ce mystère ne m’avait pas encore été révélé avant le jour où, comme je me trouvais au bord de la mer, le prophète Élie m’apparut. Il me dit : Rabbi, sais-tu ce que signifient les mots : « Qui (Mi) a créé cela (Eléh) ? » Je lui répondis : le mot « Eléh » désigne les cieux et les corps célestes ; l’Écriture recommande à l’homme de contempler les œuvres du Saint, béni soit-il, ainsi qu’il est écrit : « Quand je considère tes cieux, œuvre de tes doigts, etc. », et un peu plus loin : « Dieu, notre maître, que ton nom est admirable sur toute la terre. » Élie me répliqua : Rabbi, ce mot renfermant un secret a été prononcé devant le Saint, béni soit-il, et la signification en fut dévoilée dans l’École céleste ;

la voici : lorsque le Mystère de tous les Mystères voulut se manifester, il créa d’abord un point, qui devint la Pensée divine ; ensuite il y dessina toutes espèces d’images, y grava toutes sortes de figures et y grava enfin la lampe sacrée et mystérieuse, image représentant le mystère le plus sacré, œuvre profonde sortie de la Pensée divine.

Mais cela n’était que le commencement de l’édifice, existant sans toutefois exister encore, caché dans le Nom, et ne s’appelant à ce moment que « Mi ». Alors, voulant se manifester et être appelé par son nom, Dieu s’est revêtu d’un vêtement précieux et resplendissant et créa « Eléh » (Cela), qui s’ajouta à son nom. « Éléh », ajouté à « Mi » renversé, a formé « Élohim ». Ainsi, le mot « Élohim » n’existait pas avant que fût créé « Eléh ». C’est à ce mystère que les coupables qui adorèrent le veau d’or firent allusion lorsqu’ils s’écrièrent : « Éléh » est ton Dieu, ô Israël.

Et de même que dans la création « Mi » reste toujours attaché à « Éléh », de même en Dieu ces deux noms sont inséparables.

C’est grâce à ce mystère que le monde existe. Après avoir ainsi parlé, le prophète Élie s’envola et je ne l’ai plus revu. Et c’est de lui que j’ai appris l’explication de ce mystère. Rabbi Éléazar et tous les compagnons s’approchèrent alors de Rabbi Siméon et se prosternèrent devant lui en pleurant. Si nous n’étions venus en ce monde, disaient-ils, que pour entendre ces paroles, cela nous eût suffi. Continuant son discours, Rabbi Siméon dit : Ainsi, le ciel et tous les corps célestes ont été créés à l’aide de « Mâ », car il est écrit «

Quand je considère tes cieux, ouvrage de tes doigts, etc. », et un peu plus loin : « Éternel notre Dieu “Mâ ” (= Que) ton nom est admirable sur toute la terre, ô toi qui donnes ta parure au ciel. » « Au ciel », pour s’ajouter à son nom, car une lumière crée l’autre ; l’une revêt l’autre et elle s’ajoute au nom d’en haut. Telle est la signification des paroles : « Au commencement, Dieu créa Élohim. » « Éléh » s’ajoutant à « Mi », qui est en haut, forma « Élohim » ; car « Mâ », qui est en bas, n’existait pas encore et ne fut créé qu’au moment où les lettres émanaient les unes des autres, « Éléh » d’en haut vers « Éléh » d’en bas ; et la mère prête à la fille ses vêtements et la pare de ses joyaux.

Et quand est-ce qu’elle la parera de ses joyaux comme il convient ?

Lorsque tous les mâles se présenteront devant le Seigneur tout-puissant ainsi qu’il est écrit : « Tous les mâles se présenteront trois fois l’année devant le maître Dieu. » Or, celui-ci est appelé « Maître », ainsi qu’il est écrit : « L’arche de l’alliance, Maître de toute la terre. » Ainsi si on remplace le (hé) de Mâ(h), qui est l’image du principe femelle, par la lettre « i » de « Mi », qui est l’image du principe mâle, et si on y ajoute les lettres de « Éléh », émané d’en haut, grâce à Israël, on forme Élohim d’en bas. Telle est la signification des paroles de l’Écriture :

« Mes larmes m’ont servi de pain le jour et la nuit, lorsqu’on me dit tous les jours : où est ton Élohim ?

Je me suis souvenu de Cela (Eléh) et j’ai répandu mon âme au dedans de moi-même. » « Je me suis souvenu de cela et j’ai versé des larmes », pour faire émaner les lettres les unes des autres, pour faire émaner « Éléh » et former « Élohim », comme il est dit : « Je les ferai descendre » d’en haut « jusqu’à la maison d’Élohim », en bas, pour former un « Élohim » pareil à « Élohim » d’en haut. Par quel moyen ? « Par des chants et par des actions de grâces. »

À ces paroles, Rabbi Siméon se mit à pleurer et interrompit son discours. Profitant de cette courte pause, Rabbi Éléazar dit : mon silence m’a valu un discours de mon père relatif à l’édification du Temple d’en haut et du Temple d’en bas ; et ainsi se vérifie le proverbe qui dit :

« La parole vaut un sélà, mais le silence en vaut deux » ; car les paroles que j’ai prononcées précédemment valent un sélà ; mais le silence que j’ai gardé ensuite en vaut deux, attendu que grâce à ce silence j’ai appris que Dieu a créé les deux mondes, celui (l’en haut et celui d’en bas à la fois.

Rabbi Siméon dit : nous allons maintenant expliquer la seconde partie du verset précitée : « Qui fait sortir ». L’Écriture parle des deux hypostases, dont l’une, c’est-à-dire « Mi », fait sortir l’autre, c’est-à-dire « Mâ ».

Bien que l’Écriture se serve du mot « sortir », le « Mi » d’en haut et le « Mâ » d’en bas ne sont en réalité qu’une seule et même chose ; et quand on dit que « Mâ » sort de « Mi », il ne faut pas prendre le mot « sort » à la lettre.

De même, on dit dans la bénédiction qu’on prononce avant de manger le pain : « Béni soit Dieu, notre Maître, le Roi de l’Univers, qui fait sortir le pain de la terre. » Ici non plus le mot « sortir » ne doit pas être pris à la lettre. « Leurs armées dans le nombre », c’est-à-dire le nombre de six cent mille, qui se tiennent tous comme un seul homme, ce sont les armées de « Mi » et celles de « Mâ ».

On ne parle ici que des classes, car leurs subdivisions sont innombrables. « Il appela par le nom. » Que signifient ces mots ? Diras-tu qu’il les appela par leurs noms ? Dans ce cas il faudrait : par son nom (chacun par son nom) ; mais voici ce que cela signifie : « Lorsque ce degré n’était pas encore entré dans le nom, et qu’il s’appelait seulement “Mi”, il (Dieu) n’enfantait ni produisait les choses cachées, chacune selon son espèce, bien que toutes fussent cachées en lui ».

Mais dès qu’il eut créé Éléh, que Éléh se fut ajouté à son nom et qu’il fut appelé Élohim, alors, par la vertu de ce nom, il les produisit en totalité. C’est là le sens de : « Il appela par le nom » ; par son nom il appela et produisit toutes les espèces destinées à exister. C’est de la même façon qu’il est écrit :

« Vois : j’ai appelé par le nom (Beçalel) », c’est-à-dire : j’ai prononcé mon nom pour que Beçalel fût établi dans ses fonctions. « De beaucoup la grandeur. » Que signifient les mots : « De beaucoup la grandeur » ?

Cela veut dire que la volonté de Dieu, qui s’accomplit à la première échelle, s’accomplit également en bas [2b] par une voie mystérieuse.

« Et puissant en force. » C’est le mystère du monde céleste, à savoir qu’il (le mot Éléh) est entré dans le nom Élohim, comme nous l’avons dit.

« Aucun homme ne manque », c’est-à-dire « aucun ne manque » de ces six cent mille qu’il a produits par la vertu du nom.

De même que les Israélites, alors même qu’ils étaient décimés par suite de leurs péchés, ont toujours conservé le nombre de six cent mille, à chaque dénombrement, sans qu’un seul homme manquât, de même aucun des mondes ici-bas ne manquera jamais, parce qu’ils correspondent aux armées célestes.

 
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27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 05:35

 

Le Zohar ou Livre de la Splendeur est une exégèse ésotérique et mystique de la Torah.Cet important document est attribué à un rav du 2ème siècle de l'ère courante Shiméo'n Bar Yoh'ay et à des sages des siècles suivants. La tradition orale transmise à travers les générations a été compilée, rédigée et fixée par Moïse de Léon à la fin du treizième siècle et achevée en 1286.


Le Zohar est rédigé en araméen non conventionnel avec des néologismes spécifiques (à l'époque de l'auteur, l'araméen avait pratiquement disparu). La narration est poétique et symbolique et le texte souvent elliptique traite de sujets aussi variés que la métaphysique du monde intermédiaire, des anges et des lettres, des attributs divins ou "séfirot", la sémantique, la physiognomonie, la morale ou l'éthique.


Les personnages sont souvent bibliques ou Shiméo'n Bar Yoh'ay lui-même ou ses compagnons ou d'autres sages. Mais le principal but de l'ouvrage est d'expliquer au lecteur la nature du divin. Toute la Torah est l'expression du seul nom de Dieu.

 

Le texte peut paraître déroutant pour un lecteur non initié ou non averti. Il est truffé d'oxymorons, soit pour cacher une idée, soit pour obliger le lecteur à réfléchir par lui-même. Il contient également des anecdotes, des jeux de mots et des réflexions inattendues. Il a été écrit plus pour suggérer, pour exciter l'imagination et pour faire entrer le lecteur dans un monde nouveau à la fois tangible et irréel. Même si on n'arrive pas à tout comprendre, l'âme du lecteur est subjuguée et conquise. Ainsi quand le Sage monte sur un âne ou pleure, cela signifie qu'il vient d'avoir une vision extatique…

 

Le Zohar apparaît comme une série de courtes histoires ou de légendes, de longues homélies, et des discutions entre deux ou plusieurs personnages sur les sujets les plus divers. Le Zohar commente essentiellement la Genèse et succinctement les quatre autres livres de la Torah. Il commente également le Cantique des Cantiques, surtout le premier chapitre. À cela s'ajoute Sifra di tséniouta ou Livre du Secret concernant Béréshit, le 1er chapitre de la Bible. Puis Idra rabba (la grande assemblée), une description de l'Homme primordial (Adam Kadmon), Idra Zuta (la petite assemblée) décrivant la mort du héros Shimeo'n Bar Yoh'ay, comparée à celle de Moïse, Hékhalot, le Livre des Palais, deux descriptions des 7 palais du monde intermédiaire, Raza di razin (Secret des secrets), traité de physiognomonie et de chiromancie, lié surtout à Jéthro.

Ce qu'on appelle Zohar H'adash contient également une vingtaine d'autres livres dont Sitré Otiot, le Secret des Lettres, qui traite des noms divins, une interprétation de la vision d'Ezéchiel (sans titre), Sitré Torah, ou Secrets de la Torah, théorie de l'émanation, Midrash Hanéé'lam, ou exégèse scellée, discours basé sur certains chapitres de la Genèse et qui traite surtout de l'âme et du monde à venir, Raa'ya Méhemna ou le Berger Fidèle (Moïse), traitant des mystères des commandements, Tiqouné hazohar, ou les 70 aspects de la Torah, traitant de sémantique et des corps célestes.


Les 4 derniers livres cités se distinguent du reste par son écriture différente (style, langage, idées) et qui permet de penser que l'auteur ou les auteurs est (sont) différent(s) de Moïse de Léon.

Voici résumée la place du Zohar dans la littérature ésotérique du Moyen âge et qui est appelée "qabalah", au sens strict du terme.

 

PLACE DU ZOHAR DANS LA LITTÉRATURE ÉSOTÉRIQUE

 

 

 

Cours sur le Zohar

Ouvrage

Dimension et langue

Date et lieu d'apparition du manuscrit

Première édition imprimée

Auteur inconnu supposé être

Séfer Yetsirah ou livre de la Formation

Un folio contenant 6/8 chapitres courts-

hébreu

10ème siècle

Moyen Orient

1562 à Mantoue

Abraham; en fait

Gnostiques du Yishouv entre 3/5ème siècle

Séfer ha Bahir, ou livre de la Clarté

200 mishnayot de quelques lignes à une page – hébreu avec araméen

Fin 12ème siècle

Languedoc

1651 à Amsterdam

Neh'ounya ben Haqanah; en fait groupe de cabalistes du Moyen Age

Séfer ha Zohar, ou livre de la Splendeur

2400 folios

une vingtaine de livres - araméen

1270/1295

Catalogne

1558 à Mantoue

1559 à Crémone

Shimeo'n Bar Yoh'ay, en fait Moïse de Leon



DATE
Apparition tardive au XIIe siècle en Espagne.
Non mentionné dans les deux Talmuds.
Aucune mention dans la littérature mystique gaonique.
Le Eh’kol haKofér (1148) de Juda Hadessi, qui fait une synthèse complète des
textes du judaïsme ne le mentionne pas.

APPARITION
Todros Halevi (1234-1304) (Todros Aboulafia). Cite deux passages dans Otsar haKavod (p 36a) : « J’ai vu un midrash ».
Zohar = Midrash Vayéhi aur. Todros présente le texte comme une nouveauté.
Au début du XVe siècle (fin XIV) Ménah’ém Récanati est surpris par l’apparition de cette œuvre et cite de nombreux passage dans son Taamé Mitsovoth.
D’autres auteurs citent le texte à partir de Récanati sans jamais avoir vu le livre. Voir enquête d’Isaac d’Acco, in Hockmah N°12, pages 4 à 6.

PREUVES DE SA REDACTION TARDIVE
Le Zohar fait allusion aux croisades (II 32a) :

« Rabbi Josué et R; H’iyah étaient en chemin. R. Josué dit à R. H’iyah : Pourquoi ne parles-tu pas ?

R.H’iyah gémit et pleura et (prenant le texte de la stérilité de Sarah et de la naissance d’Ismaël à Agar), il dit : Malheur sur le temps où Ismaël est né, où il est entré par la circoncision dans l’alliance de Dieu.

Que fit Dieu ? il dut donner aux enfants d’Ismaël une part de la Terre Sainte... et ils sont destinés à déchaîner des guerres terribles. Les fils d’Edom (= Rome, le paganisme, Christianisme) se rassembleront et se feront la guerre, une guerre par mer, une
guerre par terre et une dans le voisinage de Jérusalem ; les uns triompheront des autres, mais Terre Sainte ne sera pas livrées aux enfants d’Edom. »

« En ce temps là un peuple venu des extrémités de la terre se lèvera contre Rome chargée de crimes, l’accablera de guerres pendant trois mois ; là les guerriers s’amasseront et tomberont en sa main jusqu’à ce que tous les enfants d’Edom se soient unis contre lui (c’est-à-dire le christianisme ait appelé les tous croisés). »


Il connaît le calendrier lunaire musulman (III 188) : « La lune est un bon augure et un mauvais augure ; la pleine lune est un bon augure et la nouvelle lune un mauvais augure. C’est parce qu’elle est à la fois un bon et un mauvais augure que les fils d’Israël et les fils d’Ismaël l’ont prise pour leurs calculs astronomiques . »


Il connaît le nombre de voyelles et les accents hébreu (I:15b et 24 b). Il appelle la science grammaticale Dikdouk, terme qui n’apparaît pas avant le Xe siècle.
Le Zohar cite des textes datés avec certitude entre le Xe et le XIIIe siècle. Exemple :

1. le Zohar (III 161a, 221 b) correspond au Kouzari (II 36), où le Zohar associe Israël au coeur de l’humanité.

2. Association des ténèbres de la Genèse avec le Feu élémentaire (I, 16a), comme le Rambam dans le Guide, cette idée est bien attribuée au Rambam par St. Thomas d’Aquin.

3. Il utilise l’expression « Cause des Causes » = Ilath Haîloth, créée pour la traduction tibonienne du Guide.

4. Au moyen-âge les rabbins écrivaient l’araméen chaldaïque plus facilement que l’hébreu, à cause de la terminologie du Zohar. Ramban écrivait ses poésies d’introduction en chaldéen. Luzzato montre que l’araméen du Zohar n’est pas celui de Daniel, ni d’Ezra, ni des talmuds mais une langue corrompue.

5. Dans « Pasteur fidèle » (III, 82b), le Zohar cite un passage du Kéter Malkouth, d’iBn Gabirol, relatif au éclipses, oubliant le chaldéen pour citer l’hébreu de l’édition.

6. Les dates du Zohar pour l’avènement du Messie correspondent à celles de la vie de Moïse de Léon (I, 116b) : 60e jour du 6e millénaire = 5060 = 1300. 66e jour du 6e millénaire = 5066 = 1306.

7. Moïse de Léon n’est pas le seul auteur du texte. C’est un midrash
kabbalistique composé pour donner ses sources antiques à la Kabbale.

8. Le Zohar est un agrégat de divers textes et n’a pas de véritable cohésion.

LE NOM : ZOHAR
Le nom ZOHAR vient du verset de Daniel 12:3 : « Les intelligents (maskilim) brilleront (yazahirou) comme l’éclat (Zohar) du ciel (raqia)».
Antérieurement Zohar désigné les adaptes du gnosticisme, ou les esprits les plus profonds, plus pénétrants que la masse. Le but des auteurs et de refouler le rationalisme et de revenir à la clairvoyance, à l’intuition de la foi.
Il les possible que le nom Zohar soit une tentative de parallèle avec le Bahir.

STRUCTURE
Fragments indépendants
1. Le Livre des Mystère (Sifra Ditsénioutha)
2. La Grande Assemblée (Idra Rabba)
3. La Petite assemblée (Idra Zouta)
4. Les Mystères des Mystères (Raze deRazim)
5. Les Palais (Séfer Heikhaloth)
6. Le Pasteur Fidèle (Raya Nehemna)
7. Les secrets de la Torah (Sitré Torah)
8. Le Midrash occulte (Midrash Haneelam)
9. La spéculation du Vieux (Saba)
10. La spéculation du jeune (Yénouka)
11. Matnitin
12. Tossefta
13. Et englobant le tout, le Zohar proprement dit


Puis viennent les opuscules qui délayent le Zohar
1. Le nouveau Zohar (Zohar H’adash)
2. Le Zohar du Cantique des Cantiques (Zohar Shir haSHirim)
3. Les anciens et nouveaux suppléments (Tikounim)

Les livres des Mystères, La grande et la petite Assemblée, formant un groupe plus ancien car le terme Ein Sof n’apparaît pas et Yessod est appelée Tsadiq. Très empreints de Shiour Qomah.

LA METHODE DU ZOHAR
La méthode du Zohar c’est l’allégorisme. Passage de la réalité au mythe et du mythe à la réalité. Tout l’univers n’est qu’une gradation d’émanations.
Citation(III 149b) : « Les récits sont faits pour servir de prémice à une induction plus haute ». Lecture Zohar III 71b.


La méthode du Zohar ce trouve dans ce passage : « Malheur à celui qui croit que la Torah ne contient que des récits commun et des paroles ordinaires, car s’il en était ainsi, nous pourrions encore de notre temps composer une loi beaucoup
plus admirable...

Il est évident que dans chaque parole gît un mystère profond et le monde inférieur et supérieur sont pesés sur la même balance (c-à-d Mais tout ce qui vient d’en haut doit tout d’abord, pour devenir accessible, revêtir une enveloppe mortelle.

Les anges envoyés sur la terre n’ont-ils pas pu prendre des vêtements humains, autrement ce monde n’aurait pas pu les recevoir ? Comment alors la Sainte Torah, laquelle est tout entière destinée à notre usage, pourrait-elle se passer de vêtements ? Eh bien ! les récits sont le vêtement...


Il y a des hommes qui, lorsqu’il voient un de leurs semblables bien vêtu, se contentent de cette vue et prennent le vêtement pour le corps. A plus forte raison ne recherchent-ils pas et n’apprécient-ils pas l’âme qui est encore supérieure au corps. Il en est ainsi pour la loi divine : les récits constituent
son vêtement, la morale qui en ressort est son corps, enfin le sens caché, mystérieux est son âme...

Les simples ne prennent garde qu’au vêtement et ne voient pas ce qui est en dessous. Ceux qui sont supérieurs cherchent le corps.
Les sages et les initiés, au service du Roi d’en-haut, ne considèrent que l’âme qui est la racine de toute loi. De même aussi pour les choses d’en haut, il y a un vêtement, un corps et une âme. L’âme des choses est ce qui se rapporte au
ciel.... »

 
Citation Zohar II,99 : « Semblable à une belle cachée dans l’intérieur de son palais, qui, tandis que son bien-aimé passe, ouvre un moment une issue secrète, par laquelle elle n’est vue que par lui et disparaît à nouveau et pour longtemps, ainsi la doctrine ne se montre qu’aux élus et elle ne se montre pas au même degré à tous les élus.

Au début, elle fait signe avec la main au passant, il s’agit alors de voir le signe, c’est la méthode que l’on appelle par allusion (Remez) ; plus tard, elle approche un peu plus près, murmure quelques paroles, mais son visage est couvert d’un voile épais que les regards ne peuvent pénétrer, c’est la méthode que l’on appelle méthode d’interprétation (Derash) ;

plus tard encore, elle s’entretient avec l’élu, le visage recouvert d’un voile fin, c’est la méthode aggadique ; enfin quand il s’est enfin habituer à son commerce, elle se montre face à face et lui confit les derniers reflets de son coeur, c’est la méthode mystique. L’initié comprend alors que tous ses différents sens occultes sont latents au fond du sens littéral (Peshat) et qu’on a rien retranché ni rien ajouté.... »


Méthode de « La vision par le miroir éclairé indirectement » et « la vision par le miroir éclairé directement » = Symbolisé par le Visage extérieur et le Visage intérieur » (Z. II 23b).


Expérience du Zohar, 3 périodes :

 
1. Période intuitive (3 degrés) : Yeux ouverts pupilles dilatées - Yeux mis clos (ouverts et fermés), vision claire, vision sombre - Yeux fermés, vision d’un éclat suprême.
2. Période d’Amour, la fixation sur l’objet de son amour, jusqu’à ne plus rien voir d’autre.
3. Période d’Extase - Dans la Grande Assemblée (122b) : « J’étais plongé, dit R. Shiméon Bar Yoh’aï, dans l’extase contemplative et je vis un rayon sublime de lumière étendre son éclat sur 325 cercles et quelque chose d’obscur se baigner dans cette lumière...Puis ce point obscur, revêtu maintenant de lumière, nagea vers la mer profonde et sublime, où aboutissent toutes les splendeurs.

Et je demandai : Quel est le sens de cette vision ? C’est le pardon du péché que tu as vu. »
La Bible décrit des états d’extase de certains prophètes, toutefois il sont assez violents. Le Zohar recommande ces moyens d’accès à l’extase mais pense que pour les mystiques véritables, capable de se dégager de la matière et de monter au ciel en esprit, il y a un autre moyen bien plus efficace, c’est d’écouter les choeurs d’anges et les harmonies des Séphiroth (Voir Zohar II 65 a).
Les enseignements sont péripatéticiens, en promenade ou en voyage (voir Zohar III 202 b).

LA DOCTRINE
Conception peu uniforme de Dieu. Dieu est un Néant pour l’esprit humain.
Distinction entre le Dieu (en soi), invisible, inaccessible et le Dieu créateur.
Dieu en Soi c’est l’Ein Sof, l’Ancien des Anciens, Mystère des Mystères, Long visage. Zohar I 21a :

« Ce premier de là-bas que personne ne peut méditer, ni connaître, parce qu’il est enveloppé dans une pensée cachée et une idée incommensurablement élevée au-dessus de la perception d’une pensée humaine, n’ayant rien à quoi cette pensée puisse s’attacher, n’offrant aucune prise ni pour l’ignorance qui questionne, ni à plus forte raison pour la connaissance qui affirme -

C’est l’Ein-Sof. »
Les noms de Dieu sont fictifs créés par l’humain.


Ein-Sof est la négation du Sof, c’est Kéter.
Les dénominations de Dieu n’apparaissent qu’avec la création. Ils sont postérieurs à la création.
Avant la création on ne peut même pas nommer Dieu à l’aide d’une lettre. Ce n’est que lorsqu’Il a créé une chose, que celle-ci peut le nommer.

 
Ein-Sof et Ein ne désigne pas proprement dit le Dieu en Soi, la seule
appellation que l’on peut trouver c’est Qui ? (Mi). Car avant que la forme ne fut créé Dieu ne ressemble à rien. Deut. 4:15 :

« Vous n’avez vu aucune figure le jour où l’Eternel vous parla », (voir Zohar II 112b) -

Zohar II 105 : «Lorsque tout était encore enveloppé en lui, Dieu était le mystérieux par les mystérieux, il était sans nom. Le seul terme qui lui convint eut l’interrogation :

Qui ? » Le passage de l’invisible au visible est le passage du Grand au Petit visage.  Sifra diTsénioutha (passim) : « Il y a un crâne rempli de rosée avec une membrane éthérée, transparente et invisible.

La laine abondante des cheveux tombe avec symétrie. Puis vient un front sur lequel repose l’amour et qui est accessible aux prières des hommes. Puis vient un oeil toujours ouvert et en éveil, dont les regards versent la sollicitude sur les choses d’en bas. Puis viennent deux narines d’où jaillit l’esprit de vie pour l’univers entier. » ·


Dans la Grande Assemblée nous retrouvons des traces du Shiour Qomah et du mysticisme gaonique : « L’éclat de la tête étincelle en 400 000 univers, de son crâne se développe chaque jour 13000 myriades de mondes tous soutenus par lui...


La longueur du visage se développe en 370 myriades de mondes. C’est le Long visage. Lorsque le Petit visage se tourne vers lui, l’ordre s’établit dans les sphères inférieures... Du crâne s’étend un brillant cercle de lumières qui se répand sur le Petit Visage et de là dans les mondes inférieurs. Chacun reçoit un reflet de l’éclat suprême de l’Ancien des anciens... La membrane couvre le
cerveau qui révèle la Hockmah mystérieuse.

Cette Hockmah est impénétrable parce que la subtilité de la membrane ne présente aucun aspect visible. Aussi le cerveau du Long Visage demeure t-il en repos dans une sérénité inébranlable,
comme le bon vin sur la lie...Mais dans le Petit Visage la membrane ne serre pas le cerveau de si près et il se ramifie en 32 voies de Hockmah perceptibles...

De la tête tombent en bon ordre des myriades de boucles
blanches, de manière qu’aucun fil ne dépasse l’autre... ;

chaque boucle se compose de fils innombrables, et chaque fil rayonne en une multitude de cercles lumineux. Tous les fils tirent leur suc du cerveau du Grand Visage.

Chaque cheveu est un canal ayant son point de départ dans le cerveau obscur et invisible... Le front est le symbole de l’amour primordial. La grâce du petit visage en dépend... Les yeux aussi sont le symbole du Grand et du Petit Visage ;


ils sont en réalité comme un seul oeil, car ils convergent vers un seul point lumineux. Le rayon qui en jaillit pénètre toute chose de son reflet. Tout d’abord, il éclaire trois lumières, la Gloire, la Majesté et la Volupté. Ils brillent d’une joie parfaite. Puis un second rayon répand son éclat partout et produit par son reflet d’autres lumières, la victoire, la grâce et la beauté.


Elles brillent d’un volupté parfaite. Un troisième rayon sort lumineux de l’obscurité du cerveau et son reflet allume d’autres lumières par lesquelles s’allument toutes les lumières inférieures... L’oeil inférieur ne peut acquérir toute la pureté de son éclat que par l’oeil supérieur. Si de cet oeil supérieur l’oeil inférieur n’est pas baigné et purifié, le monde ne peut pas subsister un seul instant... Dans l’oeil inférieur et de couleur rouge mélangée de blanc et de noir, l’oeil supérieur est d’une blancheur intense... Le nez surtout caractérise la distinction de l’Ancien et du Jeune. Chez l’un, le nez ne donne que ce qu’il reçoit d’en haut, et il répand aussi des flammes destructrices... »


Le Long visage est invisible, mais c’est par les rayons issus de lui que le Petit visage devient visible.


7 Formes du petit visage : 1 - Crâne 2- Rosée (matière humide) 3-Membrane qui enveloppe le cerveau 4-La face extérieure 5- Le Front 6- L’oeil 7-Le nez = Les 7 Séphiroth inférieures.

 
3 premières Séphiroth = 3 Lobes cérébraux. · L’oeil du haut est d’une blancheur intense, unifiant toutes les couleurs. ·

La barbe est faîte de 13 fils blancs = 13 voies de l’Exode 34:6-7 « Yhvh passa devant lui et il cria :

« Yhvh Yhvh El Rah’oun veH’anoun Éréq apayim veRav H’essed veÉméth Notsér H’essed laAloufim Nossé Avon vaPésha veH’ataah veNaqé » "Yhvh, Yhvh,...

Dieu de tendresse et de pitié, lent à la colère, riche en grâce et en fidélité; qui garde sa grâce à des milliers, tolère faute, transgression et péché mais ne laisse rien impuni ».


Dans le Zohar III 288a : « L’Ancien des Anciens, l’Inconnu des inconnus a une forme et n’a pas de forme. Il a une forme par laquelle l’univers se maintient et il n’a pas de forme puisqu’il ne se rencontre sous aucun aspect convenable.


Lorsqu’il prit une forme, il fit rayonner 10 lumières éclatantes, qui brillent par lui, en tout sens une splendeur merveilleuse. Représentons nous un flambeau avec son rayonnement : si nous approchons pour percevoir les rayons, nous ne trouvons rien quant à leur nature si ce n’est qu’ils émanent tous de ce flambeau
supérieur, caché et impénétrable. Nous ne le trouvons que dans les rayons épars, en partie visible et en partie invisibles.... »


Elohim = Eléh + mi. Présence de Dieu dans l’univers - Yhwh = Le maintien et la durée.
Le nom Yhwh Elohim, représente la tentative d’Elohim de se fondre en Yhwh, pour former Dieu 1 (Shémâ Israel). C’est ainsi que le Zohar explique le passage de Zacharie 14:9 : « En ce jour Dieu sera Un et son nom sera Un » (voir Zohar III
105,1).


Maïmonide (Guide I,61) : « Tous les noms divins représentant très bien en ce point les autres théologiens, qui se rencontrent dans les Saintes Ecritures, sont dérivés des actions divines ; un seul, le Tétragramme, lui est propre et désigne l’individualité divine à l’exclusion de toute autre association...

Ainsi tous les autres noms ne sont nés que postérieurement à la création, et cela nécessairement puisqu’ils se rapportent à des actions se produisant dans l’univers, tandis qu’à Dieu en Soi ne convient pas un nom dérivé, mais un nom unique et propre... »

L’UNIVERS
Le Zohar pose le même problème que le néoplatonisme, qu’Ibn Gabirol, qu’Ezra et Azriel, qu’Isaac l’Aveugle :
1. Possibilité à l’Ein Sof de donner naissance au Sof.
2. Possibilité à l’invisible de devenir visible.


Le Problème du Zohar est de :
1. Maintenir l’opposition tout en la supprimant.
2. Maintenir l’Abîme entre le divin et le non divin tout en les unissant.
3. Faire du non divin du divin, sans faire du divin du non divin.
Il ne donne pas une solution mais en propose plusieurs.La solution la plus générale consiste en la médiation, l’équilibre de la Balance, citer la Siphra di Tsénioutha.


1. Ces oppositions avaient été relevées par le Sépher Yetsirah (voir S.Y.).
2. La Face regarde la Face. Le Grand Visage regarde le Petit Visage. Il y a là
la notion de créer en permanence ce que l’on regarde. Si le grand visage ne regarde pas le petit, ce dernier n’existe pas.
3. Les rois sont MLK, médiateurs = Séphiroth (Relever le lien entre roi et ange). (Voir Siphra di Tsénioutha : Rois antérieurs). Les rois antérieurs sont les médiateurs qui ne peuvent subsister et qui retourne immédiatement au néant.
La Balance est le premier point visible que nous rencontrons dans le Zohar I.
Elle est la condition du maintien des choses. Sans elle tout retournerait au Néant, ou n’aurait jamais commencé.


Dieu (Ein) n’a pas pu créer directement le Sof, il n’a pu le faire qu’indirectement à travers des intermédiaires.


La Grande Assemblée raconte qu’après avoir créer les dessins et les contours (forme tsélem), il étendu ex-nihilo une couverture devant lui (espace, Elohim créa le ciel et la terre) sur laquelle il tailla et grava les rois, les diadèmes (attributs royaux, les types). Le Zohar 1 écrit Lorsque le Mystérieux des Mystérieux, voulu se révéler il fit d’abord un point.... (Lecture Zohar I 29,a et II 42,b).
Le point est la substance première. ·

Le système de création du monde à travers
les 22 lettres du Zohar, se calque sur celui du Sépher Yetsirah.
(Lecture Zohar
III 65b : passage de Yod à Alef - Voir aussi I 21a et 26b). Sur alef voir I,24ab
- III,73a 204a 223b)


La lettre Beith est le début de la Torah et le but de la création. Elle est le fondement du principe mâle et du principe femelle, c’est elle qui établit la division sexuelle parmi les autres lettres et de l’union de tous les couples jaillit l’univers. (I 29a - III 35b - cf pour les autres lettres : I3b ; 93a - II 148b - 235b - III 47b ; 48b ; 93a ; 152b ; 191a ; 245b).
Avec l’apparition des lettres apparaissent en même temps la substance qui sera la matière du monde et les principes qui président au développement de cette substance.

Ainsi les multiples manipulations des lettres sont le maniement de la substance.

L’EMANATION
La première question est de savoir comment ce point est apparu. On ne répond pas par la doctrine de la Création mais par celle de l’émanation qui fait découler les choses d’un principe supérieur.


Cet écoulement peut se présenter sous deux formes :


1. ou cet écoulement est le résultat d’une nécessité intérieure et il est éternel, comme dans les traditions d’Inde, néoplatonicienne, Zoroastrienne, l’émanation à dans ce cas pour conséquence inévitable l’éternité du monde. 2. ou cet écoulement ne naît pas d’une nécessité intérieure mais est l’effet de la libre volonté de Dieu.
2. Le Zohar ne voulant pas renoncer à l’émanation ni à l’éternité de Dieu, il place cette émanation sous la loi du temps. Il parle d’émanation dans le temps,
c’est pourquoi il écrit : Zohar I22.

LA CONCENTRATION
Dieu étant Ein-Sof, c’est-à-dire remplissant tout, comment y a-t-il place pour le Sof ? Ici le Zohar fait appel à une doctrine antérieure qu’il adapte à ses desseins. Le midrash avait admis la possibilité pour Dieu de ce concentrer, ceci pour expliquer les passages de l’Exode 25, où Dieu veut résider dans un temple, où il siège sur emplacement encore plus réduit. (La construction du temple c’est la
pratique de la concentration).


Puisque Dieu est Ein-Sof, puisqu’il est la substance infinie de l’espace infini, le lieu de l’univers (Maqom) n’a pu apparaître qu’après une concentration de Dieu sur lui-même.


Dieu se retire au centre et l’émanation va du centre vers la périphérie. Les différents ordres émanés s’enveloppent comme des cercles circonscrits. Se sont les écorces autour du noyau (les écorces de noix dont les brisures forment les Qlipoth) :

«Lorsque le roi Salomon descendit dans les profondeurs du jardin des noyers, ainsi qu'il est dit: « Vers le jardin des noyers je suis descendu »
(Cant.6:11), il ramassa une coquille de noix et médita toutes ses membranes. Il comprit alors que tous les plaisirs que procurent les souffles mauvais, que les écorces de noix représentent. n'ont d'autre fin que de leur permettre de s'attacher aux hommes pour les souiller.

Ce qu'exprime: « Les plaisirs des fils de l'homme (proviennent) des démons » (Ecc.2:8). Mais encore: « Les plaisirs des fils de l'homme », qui jouissent pendant le sommeil de la nuit, pro-duisent des démons.

Il était nécessaire au Saint, béni soit-II, de disposer de tout cela pour créer le monde, les écorces étaient indispensables pour mettre en ordre ce dernier, car elles possèdent toutes un cerveau en leur intériorité. Combien les écorces qui abritent un cerveau sont-elles nombreuses !

Chaque monde est formé selon ce principe, tant le monde de l'En-haut que celui de l'En-bas. Depuis le frémissement initial du point suprême, jusqu'aux confins des choses, elles sont [20a] toutes des enveloppes les unes pour les autres, cerveau à l'intérieur d'un
autre cerveau, souffle au-dedans d'un autre souffle, ainsi emboîtés, l’un est écorce pour l'autre et ainsi de suite.

Le point suprême, c'est la lumière intérieure qui n'a pas de mesure. Aussi est-il impossible d'en connaître ne serait-ce que la transparence, la finesse, la pureté. Si bien que s'en déploie un déploiement; le déploiement de ce point devient un palais qui l'enveloppe, lumière inaccessible tant est immense sa transparence. Le palais qui est comme un vêtement pour le point enclos, est aussi une lumière sans mesure, mais il n'est pas aussi fin et diaphane que le point primordial, dissimulé et caché.

Ce palais déploie un rayonnement de lumière primordiale, et ce déploiement à son tour sert de vêtement au palais qui est plus fin, plus transparent et plus intérieur. A partir d'ici et au-delà, l’un se déploie de l'autre, et cet autre se revêt d'un autre, jusqu'à ce que l'un devienne vêtement pour l'autre, et ce dernier pour encore un autre: l’un est cerveau, l’autre est écorce, et bien qu'il soit enveloppe, il est cerveau à un autre niveau.

Tout est construit selon
cette règle, ainsi en est-il dans l'En-bas, aussi est-ce dans « cette
ressemblance » qu'est l'homme dans ce monde, à la fois cerveau et écorce, souffle et corps, et tout est mise en ordre du monde. Lorsque la lune était avec le soleil dans une unique étreinte, elle était éclairante. Dès qu'elle se sépara du soleil et qu'elle fut placée à la tête de ses armées, elle se diminua d'elle-même et sa lumière s'amoindrit: alors furent créées écorces sur écorces pour protéger le cerveau. Tout ceci visait la mise en ordre du cerveau, c'est pourquoi il est écrit: « qu'il y ait des luminaires » avec une absence et cela pour la restauration du monde, ce qu'expriment les mots: « pour éclairer la terre » (Gen.1:15). »


Empédocle possède une théorie des écorces semblable : « L’Ame végétative est l’écorce de l’âme animale et vitale, celle-ci l’écorce de l’âme rationnelle, etc. Tout ce qui est inférieur est une écorce de ce qui est supérieur, est le supérieur est le noyau ». Ibn Gabirol s’est inspiré de cette source et le Zohar d’Ibn Gabirol.
Les écorces sont la dégradation de la lumière initiale, les limites successives du rayonnement divin.


« Les lumières se suivent dans un ordre tel que celles qui reçoivent sont toujours plus obscures que celles dont elles ont reçu ; mais devant la Cause des Causes, aucune lumière ne demeure. Devant son éclat tout est ténèbres. »


« L’univers est l’enveloppe, le vêtement de Dieu. »


Rambam avait déjà interprété dans ce sens le verset Exode 33:23 : « Tu me verras de dos, tu ne peux pas me voir de face », où l’écriture entend, d’après lui, que Moïse ne put contempler que l’oeuvre divine qui est son vêtement. (Guide I, 21-58 - Zohar I,2a)


Pour le Zohar l’univers est en partie émané et en partie créé.

Pour expliquer cela le Séfer Yetsirah emploi quatre expressions, tirées de la sculpture Tracer (contours), tailler, graver, parachever (polir). Ibn Gabirol attire l’attention sur trois verbes dans un passage d’Isaïe 43:7 : Tout ce qui porte un nom c’est pour moi, pour ma gloire que je l’ai créé, formé et fait ».


Pour le Zohar seul le premier monde, le monde des Séphiroth (atsilouth), est émané, mais à l’apparition des trois autres préside un mode de production de moins en moins parfait, ce qui marque les mots d’Isaïe.
Le Zohar et le Sépher Yetsirah, pensent à sculpture, où il faut d’abord créer le bloc, d’ébaucher la forme, de dessiner le modèle et de sculpter le détail.


Les citations du Zohar sont tirées, en général, pour le Zohar 1 de la traduction de Charles Mopsik chez Verdier et, en attendant la suite de la traduction de C.Mopsik, pour Zohar II et III, de la traduction de Jean de Pauly.

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