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6 mars 2012 2 06 /03 /mars /2012 07:21
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29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 10:06
Aujourd’hui nous allons, une fois n’est pas coutume, voyager entre le NOIR et la BLANC, comprendre ce monde fantastique rempli de poésie dont les limites sont infinies et qui sont mises en valeur par  des artistes qui ont marqué l’histoire par leurs talents et leurs sens artistiques novateurs ; voici le monde des couleurs.

Cette planche va s’articuler autour de 3 nuances :
- pourquoi et comment nous les voyons ? et historique des couleurs
- quelles sont-elles et quels symboles représentent-elles ?
- la touche finale sous forme de conclusion
Pourquoi et comment nous les voyons ?
Je vais vous parler de l'œil en essayant de ne pas vous les fermer…
Nous vivons dans un univers coloré, l'Homme a toujours voulu connaître la nature profonde de celui-ci. Que ce soit à l'époque de l'âge de pierre avec les
premières représentations colorées ou aujourd'hui celles des photos prises sur d'autres planètes, ces couleurs que les Hommes arrivent à fixer ne sont pas les couleurs de l'objet représenté, mais celle de la lumière qui permet de les voir.
La couleur d'un objet est essentiellement une sensation.

Elle est ni une réalité physique ni une chose matérielle. On nomme couleur
l'opération complexe qui met en relation trois paramètres distincts successifs:
- une source lumineuse
- un objet
- un récepteur (l'œil et cerveau).

Il est important de ne pas confondre la longueur des ondes qui est une notion physique et la notion-couleur qui est une notion de perception.
En fait, les couleurs n'existent pas, enfin pas vraiment de façon naturelle. Seules existent les ondes qui forment la lumière; cet ensemble de fréquences
lumineuses forme le spectre des couleurs, qui sont absorbées ou reflétées par les objets qui nous entourent. Notre œil reçoit ces ondes et envoie des signaux au cerveau. Nous baignons dans ces rayons, ils agissent sur notre mental et sur notre corps.
Chaque couleur a une longueur d'onde différente ;
-Les couleurs chaudes et vives sont les plus longues.
-Les couleurs froides ont une longueur d'onde plus courte.

Le rouge a donc la vibration la plus longue, la plus chaude suivie par l'orange, le jaune, le vert, le bleu, l'indigo et le violet.
Chez l'humain, l'œil contient approximativement 6 millions de cônes et environ
120 millions de bâtonnets. Les bâtonnets assurent une vision en noir et blanc et les cônes permettent de voir  les  couleurs quand  la  lumière  est vive.
Il  s'agit  d'une  énorme  densité  de  cellules réceptrices ; si l'on considère comme exemple l'image d'un téléviseur qui lui n'en contient     environ que 300 000 éléments. Le système des cônes est un système à très haute résolution, mais sa sensibilité  est limitée. De  fait, on trouve trois  types  de cônes selon  leur  sensibilité spectrale.
Il s'agit des cônes L (long pour le rouge) M (medium : le vert) et S (petit : le violet).
D’ailleurs certains  déficits  de la vision des  couleurs  s'expliquent  par l'atteinte d'un ou  de plusieurs types de cônes.

À la périphérie de cette zone centrale (fovéa), on trouve les bâtonnets, très sensibles à la lumière, mais ayant un pouvoir de résolution limité.
Le violet a la plus courte longueur d'onde, le rouge la plus longue. Il est à noter que le violet qui commence le spectre de la lumière (arc-en-ciel) n'est pas une couleur primaire ; le rouge qui le termine, lui est une couleur primaire. L'arc-en- ciel n'est qu'un ensemble de fréquences d'ondes lumineuses monochromatiques ;
il ne comporte pas toutes les couleurs visibles par l'œil humain. Ce sont les mouvements de l'œil qui donnent l'impression générale d'une couleur. L'œil ne perçoit plus les couleurs en deçà du rouge et au-delà du violet.
Plus long et plus calorifique se trouve l'infrarouge: puis les ondes radar, les ondes radio puis le courant alternatif.
Plus court que le violet nous avons les radiations UV (ultraviolet) les rayons X
et les rayons Gamma qui sont aujourd’hui malheureusement très médiatisés .
    C'est en 1665 qu'Isaac Newton fit entrer un rayon de lumière solaire dans un prisme en verre. Le rayon était réfracté et décomposé en ses couleurs primaires.
En 1807, le physicien Thomas Young fit l’expérience inverse : il recomposa de
la lumière blanche à partir de trois projecteurs de lumières colorées rouge, bleue et verte.
Le mélange des rayons lumineux rouge, bleu et vert permet de reproduire toutes les couleurs. Le noir étant l’absence de lumière et le blanc résultant du mélange des 3 couleurs primaires.
On parle ici de synthèse additive des couleurs car plus on ajoute des couleurs, plus la luminosité augmente.
En revanche, pour les peintres et les graphistes, les couleurs primaires sont
rouge, bleu, jaune.
 
En utilisant seulement trois couleurs sur une feuille de papier blanc, il est possible de reproduire la presque totalité des autres couleurs. La couleur résultante d’un mélange correspond à la partie du spectre lumineux qui n’est pas absorbé.
   
Quelles sont-elles et quels symboles représentent-elles ?
Les 3 couleurs primaires dont je vais vous parler sont celles qui sont utilisées et
que j’utilise en peinture artistique bien sûr .
Comme des sentiers de montagne qui visent le sommet nous aborderons successivement chacune de ces  couleurs le rouge, jaune, bleu, qui forme les couleurs PRIMAIRES .
    -Le rouge  
Couleur du Feu et du Sang, le rouge est "considéré comme un symbole fondamental du principe de vie avec sa force, son éclat, sa puissance".
Étant l’attribut de Mars, dieu de la guerre, c’est une couleur masculine, donc brûlante et violente. Elle est "débordante d’une vie ardente et agitée". Van Gogh écrit : "j’ai tenté d’exprimer les terribles passions humaines par le rouge et le vert".
L’ambivalence est permanente avec cette couleur : le rouge éclatant centrifuge est diurne, mâle, tonique, incitant à l’action.... le rouge sombre tout au contraire nocturne, femelle, secret et à la limite centripète. L’un entraîne, encourage, provoque → c’est le rouge des drapeaux, des enseignes, des affiches publicitaires... L’autre alerte, retient, incite à la vigilance et à la limite, inquiète
→ c’est le rouge des feux de circulation, la lampe rouge interdisant l’entrée d’un bloc radiologique, ou opératoire, d’un studio photographique... C’est le signal de marche de tous les appareils ménagers et autres, et le signal d’alerte du dysfonctionnement...
L’ambivalence existe dans toutes les civilisations : le feu brûle, éclaire, brille, réchauffe, protège.
 
-Le jaune
Le jaune  quel couleur … ! c’est la couleur du soleil, de la lumière et du métal le plus précieux, l’or. Cette couleur possède une vertu magique.
C’est le symbole de Jeunesse et de Force. Dans pratiquement tous les peuples l’or fût lié à la richesse, donc à la noblesse, au pouvoir. C’est la couleur de Dieu (on ne peut regarder le soleil). Couleur de l’immortalité, elle est couleur divine, donc celle de l’Empereur et des rois aussi bien en Europe qu’en Chine, Inde ou Égypte.
C’est une couleur chaude, associée souvent à l’air. Mais elle éblouit et a la dureté du métal. Elle correspond à la richesse, à la foi.
Mais il y a ambivalence car, couleur des grains mûrs (blé, mais, millet ... ), la couleur jaune annonce l’automne. Elle dessèche comme l’or qui entraîne envie et jouissance.
Chez les Chrétiens, le jaune signifiait aussi trahison : Judas est représenté avec une robe jaune ainsi que les Juifs. C’est pourquoi en 1215 le Concile de Latran leur imposa une rouelle jaune sur leur vêtement, ancêtre de cette triste étoile jaune de sinistre mémoire. Vers la fin du Moyen Age, le jaune est lié au désordre, à la folie : les bouffons et les fous sont habillés en jaune (le nain
jaune). Le jaune est associé à Lucifer, au soufre, et aux traîtres. Paradoxalement
il correspond aux maris trompés alors qu’originellement il indiquait le trompeur.
Si le jaune correspond à la richesse, à la gloire, le jaune pâle signifie trahison, hypocrisie, avarice, envie : on rit jaune.
C’est une des couleurs des plus ambivalentes.
L’or vient de la terre (pépites) mais évoque le soleil. Il est une arme de lumière, ce qui explique les couteaux sacrificiels en or et la faucille d’or des druides.
La lumière est au physique ce que la vérité est au spirituel. Dans son Traité des couleurs, Goethe dit que la lumière ne peut être réduite à des formes abstraites ou à des représentations de mouvements mécaniques. Il ne peut pas y avoir de couleurs sans lumière, ni de lumière sans couleurs. Il n'y a donc pas d'humain sans Divin, ni de Divin sans humain.
- Le Bleu
A travers des  expressions du langage populaire, Le bleu prend souvent une signification négative : ainsi, la peur métaphysique devient : une peur bleue - je n'y vois que du bleu, pour dire : Je n'y vois rien - En Allemagne, "être bleu"
 
signifie : perdre conscience par l'alcool. En France, le "bleu" est celui qui ne voit pas qui est naïf.
Mais le bleu a aussi une certaine ambivalence. Au bleu d’azur diurne succède le bleu profond nocturne tirant vers le noir.
C’est une couleur immobile, froide, incitant à la méditation et au repos. Au bleu de la nuit succède l’or du soleil dans l’azur, d’où le blason de la maison de France : bleu (céleste) avec trois fleurs de lys d’or (pureté divine). Il était inutile que le soleil de Louis XIV s’y ajoute, tout le symbolisme y était déjà.
Dans le combat du ciel contre la terre, le bleu et le blanc s’opposent au rouge et au vert. On les retrouve dans les couleurs des quatre factions de chars qui s’affrontaient à Byzance dans l’hippodrome. Pendant la Révolution les Bleus (chouans) s’opposent aux Rouges (républicains). Cette connotation rouge est d’ailleurs restée, diffusée sur le plan international, s’opposant aux autres couleurs...
Le bleu est resté pendant longtemps en Occident au second plan. Aujourd'hui le bleu est devenu la couleur préférée de plus de la moitié de la population. Une
des caractéristiques du bleu est qu'il rassure, n'agresse pas, ne transgresse rien au point d'être devenu  une couleur neutre. Les grands organismes internationaux
ne sont s'y pas trompés qui ont tous choisi le bleu pour couleur emblématique. L'ONU, l'Unesco, le Conseil de l'Europe, l'Union européenne. Le bleu est
devenu une couleur internationale chargée de promouvoir la paix et l'entente des peuples. (les casques bleus) même si parfois il y a  derrière cette démarche de
paix le besoin d’entretenir certaine forme de guerre mais ce n’est pas le sujet de ce soir.
    Revenons si vous le voulez bien à notre BLEU de notre chère planète bleue. En FM, les loges des trois premiers grades, Apprenti, Compagnon, Maître sont appelées loges bleues. En fait cette appellation rappelle que les trois premiers grades font travailler à un niveau cosmique qu'il n'est pas possible de dépasser tant qu'on reste à ce niveau. Le cordon porté par les maîtres à notre rite est bleu azur. La loge bleue représente symboliquement le cosmos. En fait, elle est à ciel ouvert sur la voûte étoilée. Le bleu azur rappelle le ciel étoilé de la loge indiquant les possibilités d'élévation spirituelle auxquelles chaque maçon peut tendre.
 
Maintenant abordons les couleurs SECONDAIRES que sont le vert, l’orange, et le violet.  
Le vert
Si le bleu est la couleur du ciel ou de l'air, le vert est la couleur de l'eau, des fleuves, des lacs et de la mer. Elle est aussi, la couleur dominante des végétaux. L'eau a une importance primordiale. Ce sont des eaux primitives que les
religions font surgir le monde. Nous le voyons aussi dans le nom du mois de mai porté par le plus beau mois du printemps, de la nature triomphante. Il exprime l'explosion de la terre nourricière.
Couleur du début de l'initiation du printemps et de la jeunesse, elle est la couleur de l'espérance. Couleur des prophètes et pour les musulmans la robe verte d'Aly est devenue la couleur même de l'islam.
Symbolisant la victoire de la nature, le vert est devenu l'emblème de toute victoire. Elle est associée a toute idée de bourgeonnement, de renouvellement et d'expansion horizontale.
Mais ces forces ne sont pas toutes bonnes. Le vert n'est pas toujours une couleur bénéfique. Swedenborg (scientifique, théologien et philosophe) se représentait avec les yeux verts, les démons de l'enfer et les peintres du moyen-âge donnaient à leurs diables une couleur verte.
Le vert est aussi associé à la couleur de reptiles, de vers et de poissons et aussi de la putréfaction. Le vert est un mélange de bleu et de jaune, sa nature est donc double, c'est une couleur à deux dimensions.
L’orange.
Cette couleur doit son nom à un fruit des plus exquis. Une couleur qui prend en compte tout ce qui a été dit sur le jaune et le rouge. En hébreu et en arabe, l'orange c'est la pomme d'or. Cette couleur chaude et agréable est la complémentaire du bleu. Elle associe au feu, l'or du verbe et la science élaborée par  l'esprit. Ce qui en fait la couleur de l'union.
L’orange symbolise le point d’équilibre de l’esprit et l’amour à mi-chemin entre le rouge et le jaune donc entre la raison et la tempérance.
C’est à cette conception que se rattachent la robe safranée des moines bouddhistes et la croix orangée des chevaliers du Saint Esprit. Les muses étaient vêtues de safran, comme le voile d’Hélène.
 
Le violet
Le violet est la couleur de la tempérance. Mélange de bleu et de rouge, il associe action réfléchie et lucidité, équilibre entre le ciel et la terre, le sens et l’esprit, la passion et l’intelligence, l’amour et la sagesse.
La carte du Tarot nommée "la Tempérance" tient dans ses mains un vase bleu et un vase rouge entre lesquels s’échange un fluide incolore : l’eau vitale, échange perpétuel entre le rouge et la force impulsive du bleu céleste. Par le jeu éternel des énergies de la matière, elle représente l’éternel recommencement.
C’est une couleur d’apaisement et comme telle, couleur de la robe des évêques qui doivent tempérer les passions de leur troupeau.
C’est aussi la couleur de l’obéissance et de la soumission. La bague de l’évêque que baise ses ouailles est une améthyste.
En France, pour rendre les enfants obéissants, on attachait à leur cou une pierre violette qui les protégeait aussi des maladies. C’est une couleur de prudence pour les mêmes croyances.
A cela s’ajoute une connotation négative d’ambiguïté, de tristesse, de mélancolie. La violette est une fleur funéraire. En Extrême-Orient qui attribue au violet une signification dynamique : c’est la couleur du passage du Yang au Yin, de l’actif au passif. "Dans les rites tantriques, les accouplements rituels entre yogis se font dans une chambre éclairée d’une lumière violacée parce que la lumière violette stimule les glandes sexuelles de la femme alors que le rouge active celles de l’homme".
Voila bientôt la fin (la sieste est donc fini)  même si ces  dernières couleurs ont été abordées à maintes reprises lors de l’étude du pavé mosaïque en quelques lignes voici mes chers frères un petit clin d’œil au blanc et au noir  .
Le blanc
Le blanc est dans l’atmosphère la somme des couleurs, car son irisation donne l’arc-en-ciel.
Il est diurne, mais c’est une couleur de passage passage du matin à l’Est avec l’aube
passage du soir à l’Ouest avec le couchant.
Le blanc du matin monte de la matité(ce qui est mat)  à la brillance, le blanc du soir descend de la brillance à la matité, mais les deux sont vides, "suspendus entre absence et présence, entre lune et soleil, entre les deux faces du sacré". Toute naissance est donc renaissance : c’est le cycle de la vie.
 
Le blanc était la couleur de deuil à la cour de France jusqu’à la fin du XVI ème siècle.
C’est la couleur de la pureté, donc de la virginité (la mariée est vêtue de blanc), donc aussi de l’innocence (l’enfant que l’on baptise est vêtu de blanc). De même pour les enterrements, les enfants sont conduits en terre sous un suaire blanc
orné de fleurs blanches. Les religieuses novices sont habillées en blanc. Cette notion de passage et d’au-delà conduit les prêtres à se vêtir de blanc. Le pape porte des vêtements blancs. La pureté prend la couleur immaculée : c’est la Vierge de l’immaculée Conception vêtue de blanc. Jésus apparaît aux disciples
vêtu de blanc.
Le blanc représente aussi la sagesse, il s’identifie avec la lumière intérieure dans beaucoup de religions.
Il peut être aussi maléfique et inconsistant (voter blanc), mais la plupart
du temps il signifie heureux et candide (candida = blanc) ; un candidat est donc par définition (?) quelqu’un d’heureux et d’immaculé...
Le côté maléfique du blanc est donc relatif au deuil ancien, alors que les animaux blancs étaient réservés aux sacrifices : moutons, taureaux, colombes... L’éléphant blanc est sacré en Thaïlande et réservé au roi.
Il faut différencier le blanc du blanc-gris lié à la peur (livide) ou du blanc-jaune de la maladie.
Le blanc, couleur de l’innocence et de la pureté, est réputé porter chance. Naguère les enfants royaux étaient habillés de blanc pendant leur petite enfance (jusqu’à 7 ans).
Le noir
Le noir couleur de nuit est ambivalent par essence. Il y a deux noirs : le noir aérien, nocturne, intermittent, relatif, remanié par les étoiles et la lune, et le noir souterrain, permanent, absolu, qui ne peut être effacé que par la lumière artificielle. Nos lointains ancêtres étaient confrontés à ces deux composantes.
Le noir correspond à l’absence de lumière, donc de couleurs. Les ténèbres correspondent au néant, au gouffre noir. Il est opposé au blanc comme sa contre- couleur. Dans la palette chromatique, selon qu’il est brillant ou mat, il est la somme ou l’absence de couleurs, leur synthèse ou leur négation.
Il est froid, correspondant aux ténèbres primordiales.
Il est instable au-dessous du monde = le monde souterrain est noir.
 
Il est donc associé à la mort, d’où les vêtements de deuil - et au renoncement à la vanité du monde, d’où les manteaux noirs dans les costumes religieux chrétiens et musulmans (imam ... ), à l’Humanité et à la Respectabilité (magistrats, professeurs).
Dans le symbolisme indien, il est la pureté originelle : l’immortel Krishna est noir tandis que le mortel Arjuna est blanc, c’est le soi universel opposé au moi individuel.
Dans toutes les religions, il indique la mort = l’obscurité de nos origines, l’obscurité du retour à la terre matricielle et nourricière.
Le noir est lié à l’inconscience (être noir) et la malveillance (noirs desseins, âme noire, bête noire, avoir l’oeil noir ... ) mais il génère la mélancolie et le pessimisme : idées noires, broyer du noir, humeur noire...
Les Romains marquaient d’une pierre noire les jours "néfastes" et les écoliers anglais appellent le lundi de la rentrée des classes black munday...
Le noir est "le symbole de tout ce qui est mal et de tout ce qui est faux" mais une perle noire porte bonheur...
Il est classiquement opposé au blanc.
Et enfin en peinture le noir  n’est pas utilisé par les peintres il est  issu d’un mélange de terre de sienne de bleu de rouge enfin de compte il peut y avoir une multitude de tons suivant les couleurs employées .Certain peintre comme le très célèbre  aveyronnais Pierre SOULAGES utilise que la couleur Noir , il dis je le cite :
« J’aime l’autorité du noir. C’est une couleur qui ne transige pas. Une couleur violente mais qui incite pourtant à l’intériorisation. A la fois couleur et non- couleur. Quand la lumière s’y reflète, il la transforme, la transmute. Il ouvre un champ mental qui lui est propre." Car c’est là que tout se passe : dans la lumière du noir. Ou plutôt dans la faculté du "noir " à réfléchir la lumière, à la moduler, la sculpter, y soulever des lames de fond, y creuser d’obscures profondeurs, y scander des rythmes et tensions, y plisser des textures géologiques »
 

En Conclusion mes chères frères et sœurs  , je peux dire maintenant que les couleurs sont le  véhicule de l’expression des émotions et des concepts. Ses possibilités, sont illimitées.
Pour un artiste, la couleur joue le rôle des notes pour un musicien ou des mots pour un écrivain.
 
Lorsqu’il utilise les couleurs, le peintre active l'expression de son inconscient et la mémoire de ses sens, de son histoire. C'est un acte non verbal pour exprimer, révéler ses émotions, ses souvenirs, et partir à la découverte de soi.
Aussi mes sœurs et mes frères peut-être un jour, si votre  horizon s’obscurcie ou si le froid vous gagne, vous rappellerez-vous qu’il y aura toujours  d’innombrables  couleurs pour soulager vos pensées et pourquoi pas, faire de ces couleurs un carburant pour vos esprits .
Enfin pour finir une citations d’Eugène DELACOIX
La couleur est par excellence la partie de l'art qui détient un don magique. Alors que le sujet, la forme, la ligne s'adressent d'abord à la pensée, la couleur n'a aucun sens pour l'intelligence, mais elle a tous les pouvoirs sur notre sensibilité.
    J’ai dit …  
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22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 09:05

GADLU  Visita Interiora Terræ, Rectificando Invenies Occultum Lapidem.  

 

D’emblée, le décor est placé. Mais comment le postulant comprendrait-il, lorsqu’il regarde, étonné, l’acronyme V.I.T.R.I.O.L. inscrit au mur obscur du cabinet de réflexion, que la “démarche” entreprise est alchimique, en quelque sorte une tentative de transmutatio individuelle accomplie au sein d’une collectivité “d’individus” poursuivant chacun pour eux-mêmes - collectivement - le même but par des voies différentes ?

Comment comprendrait-il qu’il est, solitaire, aux prises avec l’Œuvre au noir, premier acte d’une individuation qui le conduira, s’il le souhaite, à l’athanor - Œuvre au rouge - où il retrouvera la Parole perdue ? Impossible.

Tous ceux d’entre nous qui avons enquêté des profanes n’avons pu que très rarement percevoir, dans l’expression maladroite de leurs motifs, une quelconque intuition du sens de leur quête.

Ils ne sont capables que d’exprimer des banalités ; l’affirmation confuse d’une croyance en Dieu, certes, mais sans trop savoir expliquer le pourquoi et le comment, rejoignant en cela à leur insu les propos de C.G. Jung : “… à moins que quelqu’un n’en vienne à l’idée bizarre de prétendre savoir avec précision ce qu’est Dieu" ; (1) une idée vague de la fraternité, mais aussi, souvent, le sentiment d’une frustration religieuse.

 

Peut-être celle de ne pas avoir perçu au sein de leur Église baptismale les discours qui sortiraient du formalisme et de la superficialité, incapables de susciter au sein de la communauté ecclésiale une participation active de leur âme (psyché). Car c’est bien de cela qu’il s’agit.

Le dogme et la doctrine au sein des Églises ne doivent pas être considérés uniquement éléments de frustrations des libertés individuelles, mais aussi, reconnaissons-le, comme une nécessaire rampe sur laquelle s’appuie la majorité des fidèles, une structure collective destinée à ceux qui, sans quoi, trébucheraient (le dogme de la Trinité, par exemple, ne peut être raisonnablement remis en cause, au risque de renier purement et simplement le christianisme - encore conviendrait-il ici de remplacer le mot dogme par le mot mythe qui correspondrait mieux à notre vision maçonnique - cf. infra : Mythe & inconscient).

Les dogmes sont par conséquent les socles sur lesquels s’édifient les doctrines, épines dorsales des Églises. En revanche, le danger réside en une projection intégriste et exclusive d’une pratique religieuse dévoyée, en une attitude dogmatique radicale qui soustrairait à l’âme ses valeurs, car l’individu - entendons par individu le profane qui un jour de sa vie vient frapper à la porte de nos temples - souhaiterait inconsciemment pouvoir participer à son expérience spirituelle au sein de son Église, qui n’est devenue le plus souvent hélas, selon la formulation de Kierkegaard, qu’une institution de prêtres-fonctionnaires qui y font carrière, réduisant les Écritures à un prétexte à de belles envolées rhétoriques devant un public assoupi, une sorte de compagnie d’assurance pour l’au-delà ; le postulant souhaite en effet participer à la nourriture de son âme et, à cet égard, met son espérance dans la Franc-Maçonnerie, cette fraternité d’hommes dont il ne connaît rien, évidemment.

Rappelons ici la doctrine de Maître Eckhart qui met en exergue le thème de l’archétype (nous y reviendrons) en ceci que l’âme se rattache à l’essence divine par son point le plus intime, où est situé son archétype éternel, désigné par le dominicain comme point central de l’âme, la “lumière” ou “étincelle”.

Dès lors, notre postulant potentiel, responsable de la construction de son propre temple intérieur, est de facto un cherchant - il cherche la lumière -, prêt à une quête de son archétype, prêt à remplir le vide de son âme et mettre “tout Dieu dedans” et non “tout Dieu dehors”.

Cette vision repose essentiellement sur le concept de la régularité. Or, nous connaissons tous l’importance du Volume de la Loi Sacrée (VDLS), l’une des trois lumières de la Franc-Maçonnerie, témoignage écrit de la Tradition sans distinction d’appartenance religieuse.

La franc-maçonnerie étant d’essence occidentale, il se trouve ainsi que ce Volume soit la Bible.

Il pourrait en être autrement sans que la régularité en soit altérée (le Coran par exemple). Rappelons brièvement ce qu’est la régularité : “Le premier point de la régularité est la croyance au Grand Architecte de l’Univers et en Sa volonté révélée (…) La révélation ainsi perçue n’appartient pas spécifiquement à une religion déterminée (…) Le pasteur Anderson l’a parfaitement formulé dans ses Constitutions en désignant le franc-maçon comme “noachite” (2)

Cette formulation peut paraître réductrice. En effet, la révélation est essentiellement un concept issu de l’arbre abrahamique et ne concerne en fait que le judaïsme, le christianisme et l’islam, toutes trois religions révélées incluant la transcendance (Moïse, le Christ, Muhammad), elle impliquerait de ce fait davantage un aspect théiste que déiste.

Il est clair que la notion spirituelle de GADLU n’est pas la même dans les trois religions des Livres (ancien et nouveau Testament, et Coran) que dans les Upanishads ou tout autre expression livresque de doctrines orientales qu’il ne convient pas d’analyser dans le cadre de cette étude. Disons par exemple qu’il y a fort à parier que si l’Angleterre n’était pas allé coloniser l’Inde pendant un siècle, la Franc-Maçonnerie n’y existerait pas.

Névrose, motivations psychologiques du postulant et individuation

Nous pensons que le désir inconscient d’une quête spirituelle à l’origine d’une volonté d’adhésion à une organisation initiatique comme la Franc-Maçonnerie est de l’ordre de la “névrose consciente”.

Entendons-nous bien. Il convient ici de se garder de toute ratiocination hasardeuse, de modérer nos propos et d’observer prudemment les caractères apparents de la névrose - même légère -, autrement dit ne pas se limiter à une définition lapidaire de cette forme de psychopathie.

Sous forme de boutade, nous pourrions dire que le Maçon est un “névrosé qui ne s’ignore pas”, alors que la plupart des individus, femmes ou hommes, que nous rencontrons sont des “névrosés qui s’ignorent”. Rares en effet sont les êtres qui peuvent prétendre à un parfait équilibre psychique.

La névrose est un état obsessionnel inconscient. Les divers états névrotiques - même légers répétons-le - présentent des caractères et des troubles communs se traduisant par des malaises psychiques et sociaux, des manques de maturité affective (réactions inconscientes aux situations professionnelles, familiales, etc.), névroses d’angoisse ou autres dues à des facteurs endogènes psychiques (éducation, conditions de vie, circonstances extérieures, etc.).

Ils se traduisent par un besoin de rechercher une sorte de refuge où réfléchir et agir tels que C.G. Jung les définit lorsqu’il aborde la question des sociétés secrètes : “Ces identités collectives, (…) des béquilles pour les paralytiques (…) mais tout autant (…) un but glorieux et ardemment escompté pour ceux qui ont erré et qui sont déçus…” (3).

On doit se garder ici d’assimiler les termes de sociétés secrètes et de Franc-Maçonnerie, les unes n’ayant évidemment rien à voir avec l’autre, sinon qu’elles réunissent des groupes d’hommes menant une quête commune.

Reconnaissons ici que nos ateliers sont des cellules où chacun d’entre nous se ressource, se reconstruit, exerce pour soi-même ce processus d’individuation par lequel un être est supposé devenir un “individu” psychologique, c’est-à-dire une unité autonome, une totalité ; c’est une voie qui nous invite à devenir un être réellement individuel ; un retour à notre unicité la plus intime.

L’individuation n’exclut pas l’Univers, elle l’inclut (“Dieu tout dedans” selon Maître Eckhart) (4). L’individuation, considérée comme désir d’un approfondissement de la connaissance de soi, est une entreprise individuelle, difficile, longue.

Ce désir métaphysique est intrinsèquement lié à une réaction contre la déviation épistémologique de notre monde en devenir, orienté vers le matérialisme, succube de l’âme, créateur d’angoisse.

L’ère gothique, transcendantale, celle où l’âme était incluse dans la matière, l’esprit dans la pierre des cathédrales, était une symbiose entre la substantialité de l’esprit et celui de la science.

Le postulant est un nostalgique de cette époque révolue, cherchant la voie d’un retour vers l’esprit. Nous sommes en présence d’une dualité Matière-Esprit.

Rappelons à cet égard le symbolisme des diverses positions successives du compas et de l’équerre sur l’autel des serments.

L’équerre, symbole de la matière, est placée au-dessus du compas, symbole de l’esprit, au premier degré ; les deux lumières maçonniques s’entrecroisent au deuxième degré, évocation d’un début de modification dans l’ordre des valeurs, ébauche d’un retour de la suprématie de l’esprit sur la matière, réalisée au troisième degré.

La névrose est directement liée à l’angoisse. L’angoissé cherche désespérément ses repères, il cherche à donner à sa vie le sens qui lui manque.

 

Combien de fois n’avons-nous pas entendu : “J’ai réussi ma vie professionnelle, mais le reste est une faillite…”? L’homme souffre souvent de déséquilibres psychiques dans lesquels il s’enferme, faute de pouvoir trouver une porte de sortie vers un plan supérieur qui lui ouvrirait l’esprit, où il pourrait se développer en une personnalité plus vaste.

Kierkegaard parle de l’angoisse comme “grand privilège de l’homme” face à son pouvoir manifesté par le phénomène de la transgression et exprimé dans le mythe d’Adam, dont l’innocence se trouve face à l’immense possibilité de ce pouvoir ; l’angoisse est provoquée par l’interdiction et par la menace du châtiment ; elle devient alors le vertige de la liberté, une liberté prisonnière du désespoir.

Et le Danois d’imaginer cette formule descriptive de l’état du moi lorsque le désespoir en est entièrement extirpé : “en s’orientant vers lui-même, le moi plonge, en voulant être lui-même, à travers sa propre transparence, dans la puissance qui l’a posé” (5). Se crée alors chez l’individu le désir d’une psychologie de l’âme, volonté reposant sur le postulat d’un esprit autonome. Cette démarche et sa réalisation représentent un effort individuel persévérant.

Imago Dei et archétype

Comme nous venons de le voir plus haut, avec Maître Eckhart nous retrouvons l’Imago Dei (image de Dieu), produit de l’inconscient, laquelle, d’un point de vue psychologique, doit être comprise comme symbole du Soi, de la totalité psychique. Nos travaux sont ouverts à la Gloire du Grand Architecte de l’Univers, le Volume de la Sainte Loi symbolisant Sa présence dans l’espace sacré, constitué dans nos ateliers entre l’ouverture et la fermeture des travaux. Jung, toujours, s’exprime de façon claire sur ce sujet :

Ce n’est qu’au moyen de la psyché que nous pouvons constater que la divinité agit sur nous ; nous sommes cependant incapables de distinguer si ces efficacités proviennent de Dieu ou de l’inconscient, c’est-à-dire que nous ne pouvons trancher la question de savoir si la divinité et l’inconscient constituent deux grandeurs différentes. Tous deux sont des concepts limites pour des contenus transcendantaux. Mais on peut constater empiriquement qu’il existe dans l’inconscient un archétype de la totalité (…) une tendance indépendante du vouloir conscient qui vise à mettre d’autres archétypes en rapport avec ce centre”.

On comprend ici le rapport étroit entre la présence de la divinité dans la loge, symbolisée par le Livre, et l’intime perception du surconscient (6) du sentiment de l’individu devant Mystère de Dieu.

Mystique et Initiation

Nous devons différencier ici la mystique de l’initiation, sans pour autant rejeter l’une par rapport à l’autre, - comme le fait à tort, à notre avis, Umberto Eco dans son monumental pavé : “Le Pendule de Foucault” (7) où transparaissent à l’évidence les pensées de Julius Évola -, mystique et initiation qui, chacune, à sa manière, tendent à une perception du divin, donc du surconscient.

La mystique est une coruscation illuminée, fugitive; l’initiation une quête longue et persévérante, mais le but de la totalité psychique - est le même.

Notons au passage que le mystique païen n’a rien à envier au mystique chrétien, la mystique étant d’ordre supra-humain, à ceci près toutefois que les références du mystique sont liées aux racines religieuses et environnementales du sujet et à l’influence de celles-ci sur son surconscient.

Mythe et inconscient

Il convient en effet de réfléchir sur le rôle du mythe dans l’inconscient. Expression métaphorique connue des temps les plus reculé, le mythe est une sorte de psychodrame dont les acteurs représentent les différents aspects inconnus de nous-mêmes.

Il nous invite tout au long du déroulement de l’action à une prise de conscience progressive.

Le mythe n’est pas une fin en soi, mais un fil conducteur vers notre inconscient, la suggestion d’une méditation sur nous-mêmes sous la forme d’une voie, d’une structure d’idées qui proposerait une adaptation non plus à l’ambiance, mais au sens de la vie ; une évasion vers la sortie d’une déréliction psychique, créatrice d’angoisse, et qui nous envahit.

La pluralité des rituels a évidemment pour objet d’adapter chaque idiosyncrasie au système maçonnique dans son ensemble, mais le sens du mythe reste le même. Le postulat - nous l’avons vu plus haut - consiste à admettre que l’individu est a priori dans les ténèbres psychologiques (mythe de la chute - Ge. III 1/24)).

Toute évolution ultérieure à cette situation ne peut que le conduire hors de celle-ci. Adam symbolise l’intellect, c’est-à-dire la capacité propre à l’homme d’agir sur le monde extérieur, de l’adapter à ses besoins, différent en cela de l’esprit, capacité de s’orienter essentiellement dans le monde intérieur et face au sens de la vie. Le mythe de la chute symbolise la prise de pouvoir de la matière sur l’esprit :

- " Que venons-nous faire en loge ? - Vaincre nos passions, soumettre nos volontés et faire de nouveau progrès en franc-maçonnerie (8) "
- " Quels sont les devoirs d’un franc-maçon ? - Fuir le vice et pratiquer la Vertu ".

Considérant la totalité de son fonctionnement psychique, l’homme est à la fois faible et fort. Il sera plus fort que faible dans la mesure où son élan évolutif le portera à devenir pleinement conscient de lui-même, à comprendre tant les intentions de la surconscience éthique que les intentions pathogènes du subconscient.

Mythe d’Hiram et Prologue

L’ensemble des structures initiatiques de la franc-maçonnerie, à l’exemple des “mystères” de l’Antiquité, ont pour but de raviver l’émotion devant le Mystère de l’harmonie universelle, à laquelle l’homme, pour son bien essentiel, doit s’incorporer par auto-harmonisation (on s’initie soi-même), d’où s’en suit le sentiment d’éthique immanente.

Il faut se garder ici de toute conceptualisation logique de la nature de Dieu, comprendre que le Grand Architecte de l’Univers (Dieu) doit être pris comme symbole innommable du Mystère absolu, non pas considéré comme Entité, Substance ou Personne, mais comme abstraction, comme vacuum.

La tradition judaïque nous enseigne que le “Nom de Dieu” (Y-H-W-H) ne doit jamais être prononcé, sous peine d’une personnification qui, l’anthropomorphisant, lui retirerait sa signification d’harmonie infinie du silence (abomination salomonienne : tu ne prononceras pas le “Nom de Dieu” en vain).

L’image même de Dieu se trouve incluse dans l’homme (Dieu tout dedans). “Seul existe le mystère immanent de l’existence : l’organisation harmonieuse de l’univers et l’émotion humaine devant cet aspect mystérieux auquel participe tout ce qui existe vraiment, être et chose” (9). Dieu est le reflet de la non-existence absolue.

Dans cet esprit, revoyons le mythe d’Hiram.

C’est une fable qui met en scène une situation psychodramatique en relation avec le Prologue lu dans sa version mythique.

Paul Diel en effet nous éclaire à cet égard : selon lui, il conviendrait de se livrer à une lecture du Prologue différente de celle proposée dans la Bible, laquelle - toujours selon lui - conduit le lecteur à une interprétation dogmatique du texte. Diel propose une interpolation de l’ordre des phrases qui lui restitue son sens mythique par déplacement du verset 6 après le verset 18.

Nous faisons figurer en annexe les deux textes biblique et mythique parallèlement l’un à l’autre.

Il nous a paru intéressant de soumettre la comparaison des deux lectures du Prologue qui met en valeur son sens mythique - maçonnique - uniformément recevable par tous, sans distinction confessionnelle; elle permet en plus au non-chrétien de prendre conscience de la dimension spirituelle de ce texte biblique (et maçonnique) fondamental.

Ainsi :

- Le Maçon que nous pleurons est celui qui nous éclairait…
- Au commencement était le Verbe… en lui était la lumière des hommes…

Au début de la "légende", nous sommes avant la "chute" ; l’ordre, l’harmonie et la sérénité règnent sur le chantier (hiérarchie pyramidale, division des ouvriers par classe; l’existence du monde est inséparable de son organisation).

 

Dans le Prologue, le Verbe et la lumière illuminent le cosmos (surconscient). Après l’assassinat d’Hiram, nous sommes plongés dans les ténèbres ; Adam a déjà croqué le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal ; Lucifer apparaît en filigrane, la Genèse sous-entend l’avènement de la souffrance pathologique qui apparaît avec l’être conscient (conscience du crime, de la transgression). "Le Verbe (Dieu) symbolise l’acte créateur, organisateur; au niveau humain, l’organisateur du fonctionnement psychique (…) de sa réalité psychologique” (10).

- Il (Hiram) a péri par le plus détestable des crimes… (la lumière est éteinte).
- Et la lumière brille dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont point saisie…

Mais l’esprit d’Hiram, mort assassiné, perdure dans les ténèbres ; il cesse d’être instinctif pour devenir directif (celui qui dirige) et surconscient. On assiste à un refoulement de l’appel de l’esprit. La "lumière qui brille dans les ténèbres" est la vérité éternelle qui ne parvient plus à s’imposer, car le subconscient, le refoulement, s’opposent à l’émergence et à l’influence du surconscient.

- Le sage roi Salomon avait conçu le pieux dessein d’élever au Grand Architecte de l’Univers un temple, où seul il recevrait l’encens des hommes…

Le roi Salomon n’est pas ici le personnage historique, contestable, de l’ancien testament, mais un symbole du Bien, personnage mythologique supra-humain, dont il est l’exécuteur.

- Hiram, savant dans tous les arts et spécialement dans l’architecture et dans le travail des métaux, fut envoyé à Salomon (…) pour conduire cette entreprise…
- Il y eut un homme envoyé de Dieu son nom était Jean…

Qui envoya Hiram à Salomon ? : Dieu (le Verbe). Nous retrouvons ici un sens caché commun à toutes les mythologies où leCréateur (Dieu) et le Juge (Salomon) unis en un seul symbole - le Verbe - signifiant le mystère de l’existence. Le temple devient alors le centre (la chambre du milieu), le lieu du surconscient (l’encens des hommes).

Voyons ici une annonciation de l’esprit prophétique davantage conforme à une lecture mythique du texte qui nous dit : "Soyez les prophètes de votre propre vie !" En effet, Hiram mort, nous sommes conviés à l’achèvement psychique de la construction du temple, de notre Soi, de notre archétype, à une rencontre avec le Mystère. Nous sommes conviés à nous prendre en main. Souvenons-nous ici des mots de Jung : "Auparavant, les choses m’arrivaient; maintenant c’est moi qui veut" (11). ou bien encore : "Tandis que celui qui nie s’avance vers le néant, celui qui obéit à l’archétype suit les traces de la vie jusqu’à la mort. Certes, l’un et l’autre sont dans l’incertitude, mais l’un va à la rencontre de son instinct tandis que l’autre marche avec lui" (12).

- Hiram (…) maintenait encore les esprits révoltés (…) lorsque trois compagnons formèrent l’horrible projet d’arracher, de gré ou de force, les Mot Sacré des Maîtres.
- Celui qui dit être dans la lumière tout en ayant de la haine pour ses frères… Les ténèbres ont aveuglé ses yeux (première épître de Jean (II/8).

Les trois compagnons haineux : ignorance, fanatisme et ambition, représentent les pulsions inconscientes, incontrôlées. L’assassinat d’Hiram est une transgression involutive, forme négative des intentions du psychisme ; c’est le fruit défendu du jardin d’Eden, le feu de Prométhée.

À la fin de la légende d’Hiram, après que le récipiendaire a été relevé par les cinq points parfaits de la maîtrise, le V… M… annonce joyeusement le retour de la lumière:

- Le M… est retrouvé et il reparaît aussi radieux que jamais !… C’est ainsi que tous les MM… Maç… affranchis d’une mort symbolique, viennent se réunir avec les anciens CC… de leurs travaux et que, tous ensemble, les vivants et les morts, assurent la pérennité de l’Œuvre !
- Mais à tous ceux qui l’ont reçu (le Verbe), il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu.

La voie de l’harmonie intérieure est désormais tracée.

Le déroulement même de la cérémonie revêt une signification symbolique qu’il convient de ne pas ignorer : La loge est désorientée; elle est tendue de noir; un épais rideau noir isole le De’b’ir de l’Ehal; le Delta à l’orient reste allumé, mais n’est plus visible, l’Étoile Flamboyante à l’occident est faiblement éclairée; l’emplacement des trois colonnettes a changé; le V\M\ n’occupe plus la chaire du roi Salomon mais est installé à une table au pied des marches de l’orient. Cette disposition correspond à l’image du chaos psychique dans lequel se trouve celui qui recevra la lumière quelque temps plus tard.

Nous remarquons ici qu’un même personnage peut recouvrir deux significations antithétiques. Le "rôle” joué par le V…M… se situe à deux niveaux : a) la présidence de l’atelier (Salomon dans sa chaire); b) un des trois assassins d’Hiram, en fait celui qui achève l’architecte.

Nous nous apercevons enfin que les lectures analogiques du Prologue, dans son sens symbolique, et celle du mythe d’Hiram, présentent des correspondances flagrantes. Certes, aucun miracle ne s’accomplira sans la volonté auquel l’âge du grade (sept ans et plus…) donne sa valeur et sa portée. Une nouvelle lumière éclaire l’inconscient.

Siècle des Lumières et Franc-Maçonnerie.

L’humanisme se développe au début du 18° siècle principalement en Angleterre où la Royal Society joua un rôle éminent. Dans ses Lettres philosophiques, Voltaire écrivait : “Tout prouve que les Anglais sont plus philosophes et plus hardis que nous. Il faut bien du temps pour qu’une certaine raison et un certain courage franchissent le Pas-de-Calais”. Constatons le parallèle chronologique entre cette nouvelle “voie royale de l’intelligibilité”, purement anglaise, et la création (purement anglaise elle aussi) de la franc-maçonnerie spéculative de 1717.

 

L’historicité de la Franc-Maçonnerie est ainsi intimement liée à celle de l’humanisme du Siècle des Lumières, générateur de rationalismes postérieurs comme le positivisme d’Auguste Comte, ce qui n’est pas le moindre des paradoxes. En effet, l’humanisme pris au pied de la lettre est une doctrine philosophique qui place l’homme et les valeurs humaines au-dessus des autres valeurs y compris celle du Mystère.

Or, le symbolisme, tel qu’il doit être compris dans la démarche mythique de la Franc-Maçonnerie, place justement l’homme devant le Mystère.

En fait, le paradoxe n’est qu’apparent. Isaac Newton, membre de la Royal Society, elle-même indirectement liée à la Franc-Maçonnerie (souvenons-nous de B. Franklin, à la fois membre de cette institution et Maçon), auteur des “Principes mathématiques de la philosophie naturelle”, introduit le concept de “Démiurge”, “l’Horloger”, expliquant le fonctionnement de l’Horloge-Monde à partir des lois immanentes et non pas transcendantes de l’univers, monde fabriqué une fois pour toutes et sans intervention ultérieure.

Ce qui est précisément le Mystère.

Il serait niais et stérile de réfuter en bloc l’héritage des Lumières. Mais force est de reconnaître que les doctrines philosophiques qui en découlèrent (positivisme, structuralisme, physicalisme, etc.) se sont évertuées à démontrer vainement l’indémontrable.

La Franc-Maçonnerie, pourquoi ?

Le développement de notre thèse nous invite à réfléchir au bien-fondé d’une démarche correctement comprise et pratiquée au sein de notre organisation. Quelle que soit l’époque, toute société a creusé sa tombe pour s’y coucher une fois morte.

Une éternelle palingénésie fait renaître le Phœnix de ses cendres jusqu’à ce que, à nouveau, il s’effondre et implose.

Sir Thomas More écrivait déjà au 16° siècle dans son Utopie :

Que faites-vous donc, je vous le demande, que de fabriquer vous-mêmes les voleurs que vous pendez ensuite ?

Nous nous fabriquons voleurs pour nous pendre ensuite, comble de l’absurde. Bateaux ivres sur l’océan de la vie, nous ne sommes souvent plus capables de trouver le bon cap.

Notre frère Jean Servier dans son “Histoire de l’Utopie” (13) soulignait avec justesse : "À quoi bon bâtir, philosopher, rêver, prier si l’homme n’est pas le but suprême de toute démarche et son bonheur sur terre mal assuré".

 

La question se pose alors de savoir en quoi consiste le bonheur de l’homme. La prédominance de la matérialité de notre siècle oblitère le vrai sens de la vie sans tenir compte de l’inter-influence constante entre les deux phénomènes existants : esprit et matière, et conduisant au renversement du rapport survalorisant la matière et rendant inutile l’approfondissement épistémologique (ou Théorie de la Connaissance) instituant une croyance en une Matière absolue, à la place d’un Esprit absolu, fondant ainsi de fausses bases à toute tentative d’explication.

Et cela reste l’origine même de la névrose dont nous parlions au début de cet exposé.

Dans toutes les traditions, le carré a été le symbole de la matière, le cercle, celui de l’esprit.

Dans notre tradition maçonnique, le carré est l’équerre, le compas, le cercle. Passer de l’équerre au compas pour “être relevé plus radieux que jamais” est réaliser cette transmutation de la matière à l’esprit.

 

La trinité maçonnique prend alors toute sa valeur symbolique. La dualité Esprit/Matière (Compas/Équerre) se fond dans le Verbe (V.D.L.S.) pour se reconstituer en un seul et unique élément : “Un le tout”.

 

L’homme debout (relevé) est symboliquement rétabli dans sa totalité psychique.

Vanité des vanités, tout est vanité, dit l’Ecclésiaste ; le serpent du Jardin d’Eden la symbolise. Cette vanité aveugle l’homme et l’entraîne dans un cul-de-sac, sur un chemin qui ne le mène nulle part.

Afin que sa vie ne reste pas un " grouillement d’intentions obscures ", l’être humain doit accéder à la clairvoyance de lui-même, doit procéder à un retour essentiel sur ce qu’il est : comprendre le sens même du cogito ergo sum, ne pas se limiter à dire :

 "je pense donc je suis" mais se penser lui-même, réaliser que l’important n’est pas de savoir qu’il est, mais qui il est, et, d’étape en étape (les degrés successifs de l’initiation), de s’élever de façon évolutive jusqu’à l’homme, de construire l’édifice des valeurs (le Temple) aboutissant au niveau supérieur de l’esprit humain.

Le faux jugement porté inconsciemment sur soi-même conduit à une survalorisation (ou sous valorisation) de soi et au chaos. La vérité surconsciente occultée par la vanité illusoire, peut être découverte, et la satisfaction intense de soi-même n’est plus vanité, mais devient sérénité, ordre (Ordo ab Chaos).

Le surgissement de la culpabilité au regard intérieur, à l’introspection, est, elle aussi, créatrice d’angoisse ; la découverte de son fantôme (de son ombre) peut devenir traumatisante sur l’instant, mais c’est le prix de la plénitude.

Il faut être clair cependant.

L’analyse de l’aspect psychologique de la démarche maçonnique, telle que nous avons tenté de la démontrer, n’a jamais représenté en soi une forme de thérapie particulière soignant les troubles mentaux, les déséquilibres psychopathiques ou les dépressions profondes.

Mais l’espace sacré, constitué pendant la durée des travaux, est pour beaucoup une “aire de repos”, un espace clos où se confinent ceux qui poursuivent une quête semblable, une forme inconsciente de regresus ad uterum (de retour dans la matrice)… un but glorieux et ardemment escompté pour ceux qui ont erré et qui sont déçus (c.f. supra). Gardons-nous bien cependant d’hypostasier l’irrationnel comme beaucoup de dérives nous y invitent ! Restons les pieds sur terre !

La loge devient alors une vraie fraternité d’hommes ayant "laissé leurs métaux à la porte du temple" (l’ensemble de leurs pulsions inconscientes, de leurs angoisses, de toute forme d’inhibitions psychologiques, aussi bien de toute apparence sociale falsifiée).

À mi-chemin entre le zénith et le nadir, dans une position équidistante des quatre points cardinaux, devant les trois grandes Lumières que sont le Volume de la Sainte Loi, le Compas et l’Équerre, sous le regard muet de l’Œil inséré dans le Triangle, quinte partie de l’Étoile flamboyante, muni des outils symbolisés devenus ceux des bâtisseurs d’âmes, l’homme est invité à réfléchir.

Le Mystère est devant soi, ad vitam eternam. Aucune équation ne démontrera jamais l’existence de Dieu, ineffable sentiment au plus profond de soi-même, vision fugitive de la pierre caché annoncée dans le cabinet de réflexion.

 

Sans relâche, sans relâche : oeildivin1 [Sony PSP]

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21 février 2012 2 21 /02 /février /2012 06:07

 

 

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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 08:59

Voila bien une question difficile, posée qui plus est non à un FF :. , mais à un profane lors de son audition sous le bandeau et à peine sorti du cabinet de réflexion …

car si cette question avait été posé un peu tard, le FF :. aurait certainement pu répondre plus facilement « Sic Transit Gloria Mundi » c'est-à-dire que tous les FM considèrent le texte des Anciennes Obligations (ou Constitutions d’Anderson) comme la  LOI FONDAMENTALE de la FM :. Universelle 

soit ainsi passe la gloire du Monde.

 Mais alors qu’en est-il ? Comment le récipiendaire reçoit il cette question ? A quoi pense t-il ? … Principe … Loi … Morale … Loi Morale … Commandement de Dieu … Principe de vie … Le voici renvoyé vers un monde non matériel qu’il avait voulu quelque peu oublier, il ne pensait à plus à lui ! Il ne pensait pas à « ça » ! Les enquêteurs l’avaient bien quelque peu questionné sur le sujet, mais bon il s’en était sorti … il avait répondu sans vraiment répondre et voila maintenant qu’on voulait l’obliger à faire volte face … à réunir ce qu’il avait éclaté et éparpillé au sein de son cerveau, de son esprit.

 

Après répétition de la question, il s’entend dire … Principe de Vie, Loi de Vie, Loi de la société laïque et civile, Bornage pour soi avant le bornage des autres, Loi envers sa famille … loi de commandement et de respect, loi envers la Nature, respect de celui qui l’a créé …

OUI, il existe et je l’avoue, QUELQ’UN a bien CREE cet univers, … cette beauté, et le hasard n’y est pour rien, à moins que le hasard n’ai été lui-même guidé par la main du Créateur, de celui qui a créé, crée et créera à l’infini …

OUI, mes oreilles entendent, mes yeux entrevoient ce qu’il y a en moi, mon âme se libère car je me retrouve en accord avec mon moi profond, avec moi-même.

 

« Quel en est son fondement » … tiens voici encore une autre question tout aussi complexe. Que me veut-on ? se demande mentalement le récipiendaire … et si c’était un piège, une façon de contrôler, vérifier mes déclarations faites aux 3 enquêteurs !

« Pouvez vous répéter la question » lance le récipiendaire afin d’essayer de mettre un peu d’ordre dans son désordre

Il essaie de se concentrer, se centrer avec science et se rappelle la voie cartésienne de Kant :

         Physique,   Ethique,     Logique,  3 sciences qui existent par la nature même des choses.

 Sauvé, voici que le récipiendaire se surprend à réciter cette leçon apprise en son temps par cœur et de rajouter : ces lois sont les LOIS de la NATURE, les LOIS de la LIBERTE.

Elles sont nommés philosophie naturelle, philosophie morale … Vlan prenez vous ca ! Je vous surprends bien … 1 à 0 balle au centre … mais c’est que l’on me prenait pour un idiot, pour el loco del pueblo, le fou du village … !

 L’Homme participe à la sagesse et à la Bonté de celui qui crée, celui qui lui confère la Maitrise de ses actes et la capacité de se gouverner en vue de la Vérité et du Bien.

La Loi Naturelle exprime alors bien le sens moral original qui permet à l’Homme de discerner par la raison ce que sont le Bien du Mal, la Vérité du Mensonge.

Les questions reprennent … moi qui était venu en tant que cherchant, om me soumet à la question … j’en deviens souffrant mais bon je suis prêt à en remettre une couche … puisque c’est cela qu’ils veulent et bien tant pis pour eux … voire tant pis pour moi … « Alea jacta est … »

Les lois morales y compris leurs principes se distinguent essentiellement dans toute connaissance pratique, et y renferment quelque chose d’empirique. Toute PHILOSOPHIE MORALE repose ENTIEREMENT sur sa PARTIE PURE et ne fait pas le moindre emprunt à la connaissance de ce qui est (c’est que l’on appelle l’anthropologie) … et de 2 …

Finalement, je me trouve persévérant se dit le récipiendaire. Je me sens bien, sur une ligne de conduite, une Voie qui me convient et les propos tenus me rassurent, m’éclairent, et me guident.

Ma Loi était écrite et gravée dans mon âme parce qu’elle est la Raison Humaine ordonnant de bien faire et interdisant de pêcher.

Mais cette prescription de la raison humaine ne saurait avoir force de loi … si elle n’était pas la VOIX et l’INTERPRETE d’une RAISON PLUS HAUTE à laquelle notre ESPRIT et notre LIBERTE doivent être soumises.

La loi Divine et Naturelle montre à l’homme la voie à suivre pour pratiquer le Bien et atteindre sereinement sa première « fin ». La Loi Naturelle énonce les préceptes premiers et essentiels qui régissent la VIE MORALE. Elle a pour pivot l’aspiration d’un DIEU et sa SOUMISSION, source et juge de tout bien.

Mais où « bon Dieu » ces règles sont elles inscrites … se dit en silence le récipiendaire, silence de son corps, silence de son esprit mais pas silence de son cœur qui resplendit dans la Lumière qu’on appelle VERITE.

C’est de la qu’elle passe dans le cœur de l’homme qui accomplit la JUSTICE, non qu’elle émigre ne lui mais elle y pose son empreinte, sceau de son engagement vers cette INTELLIGENCE mise en nous par le CREATEUR.

Bigre se dit le récipiendaire, si j’avais été juif j’aurais pu citer les 10 Commandements, si j’avais été chrétien j’aurais pu parler de la 2eme alliance, celle du pardon pour tous, la rédemption … mais voila je ne suis qu’un homme rien qu’un homme et je ne crois qu’en moi.

 

Je suis fidèle à mes préceptes et digne vis-à-vis des Droits et Devoirs FONDAMENTAUX.

 

Je suis débout tel un « Jded » conforme à la nature et marche vers la DROITE RAISON immuable et éternelle que l’on appelle le DEVOIR.

 

Cette loi Morale finalement je la trouve :

         Absolue, car elle commande sans restriction, ses ordres ne sont pas relatif à tel ou tel individu, mais s’adresse à toute l’HUMANITE

 

         Universelle, même si elle n’a pas été la même dans tous les temps et dans tous les pays car quand les hommes ont cherché à la déjouer, ils ne sont plus entendus et sont devenus « Babéliens ». Mais il est en morale comme en logique, les hommes voient le devoir comme la vérité sous plusieurs aspects, mais il n’en est pas moins qu’il existe une seule et vraie vérité à l’identique d’une seule loi morale.

 

         Obligatoire, c'est-à-dire que la loi morale commande et que celui à qui elle commande se doit d’obéir.

 

Voilà je suis comme une meneuse de revue qui descend son escalier sous la lumière et interroge du regard «  l’ai-je bien descendu … ! »

Mais au fait, pour ALLER OU !

Je venais de dehors plein d’entrain et de bonne volonté et voila que pour me remercier on m’a enfermé dans ce local un peu hors du temps, privé de lumière, assis sur un petit tabouret pas bien confortable et où sur le mur est inscrit un mot que je ne sais pas lire mais qu’épeler V I T R I O L  tiens comme un fameux acide qui brule et fait partir en fumée tout ce qui le touche … alors que j’étais pressé d’emprunter cette voie royale.

On tentait de me faire dire que j’étais perfectible, moi qui étais venu proposer mon cœur dans cette Fraternité qui enfin se dévoilait à moi ! C’est qu’ils ne se prennent pas pour des Merd….

Bon, j’ai fini mon questionnaire et je vais partir … tout cela m’a paru une ETERNITE, … un moment où le temps et l’espace se sont figés et mes sens m’ont fait percevoir des choses jusque la inconnues ou plutôt non révélées, mon cœur s’est lié à mon âme pour expliquer à mon esprit d’où il vient et ce qu’il veut.

J’ai compris l’impératif qui interdit à l’homme certains comportements, non pas parce qu’ils seraient sanctionnés par la loi civile, mais parce qu’ils sont indignes de l’homme.

 

La Loi Morale définit le Blanc et le Noir, la Lumière et les Ténèbres, le Bien et le Mal en commandant de réaliser le premier et de rejeter le second.

Elle est universelle et immuable et transcende toutes les expressions qui cherchent à l’exprimer.

Pour les juifs et les chrétiens, c’est le respect du DECALOGUE et pour nos contemporains celui des DROITS DE L’HOMME et de la République – Liberté – Egalité – Fraternité -

Par le témoignage de sa conscience (con science), l’homme distingue ce qui est juste de ce qui ne l’est pas et il tomberait au niveau de la brute si le principe de justice n’existait pas en lui mais hors de lui.

Et cette loi n’a pas été enseignée par les religions uniquement fondées sur les dogmes, conceptions abstraites de l’esprit, qui n’ont rien de commun avec la loi morale inhérente à la nature propre de l’homme, le tout dans l’intégrité de son corps, l’usage complet de ses sens, la force et le libre exercice de ses facultés et de son Art.

… un peu comme la FM :., société initiatique et philosophique dont les origines se perdent dans la nuit des temps.

 Ses manuscrits les plus anciens datent du 14 Eme siècle mais la tradition maçonnique remonte jusqu’aux sociétés et écoles de l’antiquité.

En 1723, la Grande Loge d’Angleterre publiait ses constitutions dont l’article premier stipule :

«  Un Maçon est obligé par son allégeance d’obéir à la loi morale et s’il comprend bien l’art (maçonnique) il ne sera jamais un athée, ni un libertin, ni un simple impie ».

Bien que, anciennement il fut du devoir des FM d’appartenir à la religion de leur pays ou de leur nation respective, aujourd’hui il est jugé plus convenable de les obliger seulement à cette religion sur laquelle tous les hommes s’entendent, c'est-à-dire d’être des hommes sincères et bons, honorables et honnêtes, quelque soient leur distinction de culte ou de croyance afin que la Maçonnerie devienne le centre de l’union et le moyen de cimenter une amitié véritable et fraternelle entre eux, qui sans ces liens de confraternité seraient restés séparés éternellement.

La Maçonnerie n’est donc ni une secte ni une religion. Elle ne propose aucun dogme et elle n’a à sa tête aucun guru.

Fondée sur la croyance dans la Fraternité des hommes et la Paternité de Dieu, la FM est une société où des hommes de toutes conditions de toutes croyances ou philosophies se témoignent la plus sincère amitié et où ils conjuguent leur effort tous ensemble en vue de la construction du Temple idéal de la VERITE, de la JUSTICE et de la CONCORDE.

 

VM :. Si on m’avait posé cette question une fois accepté et rectifié par la porte basse donnant accès à notre temple, j’aurais pu facilement répondre au 1er degré :

         L’Equerre,                   le Compas           et la Règle

         La Justice            la Tempérance    et la Prudence

 

Et un peu plus tard …

 

         La Foi                 la Charité            et l’Espérance    

 Ainsi sont les arcanes de la Gnose, que ceux qui ont des oreilles entendent, que leurs yeux voient et que leurs Ames comprennent.  

 

 J’ai Dit VM :. s image1

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10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 08:47
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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 08:43

Introduction

Dès notre entrée en F
\M\
, nous nous accoutumons à l’idée de mort et de renaissance.
Dans notre première épreuve dans le cabinet de réflexion, la mort est déjà présente. Le crâne et le testament philosophique nous invitent déjà à nous  libérer de composantes profanes, matérielles, intellectuelles, qui parent notre ego.
Mais à côté de ces symboles de mort, nous retrouvons le coq annonciateur de la lumière qui nous rappelle que passer une certaine mort permettra sans doute de renaître à une vie nouvelle.

Et c’est ainsi que dès notre arrivée nous savons que la mort est nécessaire afin de mieux renaître.

Mais comment parler de la mort d’Hiram sans revenir à sa propre élévation.

Lors de cette cérémonie, j’entrai à reculons, où je m’éloignai de l’étoile : plus rien n’était plus à sa place.
Mais pire encore et chose horrible, on me soupçonnait d’être un mauvais Compagnon.
J’étais suspect et j’ai dû apporter la preuve de mon innocence et cela malgré que « Mes mains  fussent pures et mon tablier sans tache ».
Après cette vérification, une nouvelle épreuve m’attendait : l’ordalie (1). Par la marche du Compagnon, je me retrouvais dans l’équerre à la tête d’un corps et là, horreur, on me montrait le cadavre du meilleur de nos Frères « Hiram ».
Alors, pour preuve de mon innocence, par le «jugement de Dieu » on me fît enjamber le corps par une marche de trois pas en arc de cercle et traçant un volume. Remarquons que jusque là, tous nos pas étaient horizontaux, dans l’axe pour les apprentis, dans le plan pour les compagnons : inconscience, transgression première ou audace ?

La nouvelle dimension dans cette marche du maître appelle à la verticalisation de l’esprit ce qui nous est rappelé par la notion de « passer de l’équerre au compas ».

Après cette épreuve, le T
\V\M\commença le récit des circonstances du crime qui avait été commis.

Avant d’aller plus loin, arrêtons-nous sur cette notion de crime que je nomme plutôt assassinat. Assassin est de la famille de l’arabe hachich et de son dérivé hachuchiya « buveur de hachisch » nom donné aux membres d’une secte du XIè s. que leur chef fanatisait en leur faisant boire du hachisch et qui, assassinaient souvent des chefs chrétiens ou musulmans.
Et, en droit pénal, la définition d’assassinat est un homicide volontaire avec préméditation ou guet-apens.
Notre rituel nous donne l’information suivante :
« Les conspirateurs, au nombre de trois, se placèrent à chacune de ces portes, afin que si le Maître échappait à l’un il ne pût éviter les autres. »

Nous sommes bien dans une notion de guet-apens, donc d’assassinat.
Et là plusieurs questions se posent à moi :

Comment Hiram savait-il que ces trois Compagnons n’étaient pas encore prêts ?
Pourquoi ne pas avoir donné un faux mot de passe ?
Je crois aujourd’hui que les réponses à ces questions, nous viennent de l’acte même et de la menace faite par ces trois mauvais compagnons.

En effet, par cette attitude, ils représentent l’ignorance, le fanatisme et l’ambition, qui correspondent à des traits et à des pulsions de tout homme obstiné par des objectifs de puissance et de gloire, ou simplement imbu de satisfaction personnelle imméritée. Attitudes que nous cherchions à dominer pour vaincre notre propre nature et avancer sur le chemin de la vérité : « Que venons-nous faire ? Vaincre nos passions … »

Imaginons que les trois mauvais Compagnons aient obtenu le mot du Maître.
Ils auraient le savoir, mais est-ce suffisant ?
« Posséder » le savoir est certes nécessaire, mais non suffisant. Il nous faut aller plus loin pour  découvrir la connaissance, qui ne s’approprie ni par la force ni sans mérite.
Les trois mauvais Compagnons n’auraient donc créé que confusion, désordre et les travaux seraient très vite remplacés par le chaos.

Soudain, les deux surveillants m’ont renversé dans le tombeau après que j’ai reçu à mon tour les trois coups transgression ultime des trois mauvais Compagnon ;
Le 1
er  coup avec la Règle qui pourrait symboliser la loi que le mauvais compagnon a transgressé (CORPS).
Le 2
ème
coup avec la Pince sur la nuque domicile de la transmission de la pensée (AME)
Le 3
ème
coup fatal avec le Maillet, sur le front, siège de l’intellect (ESPRIT)

Athanor

Je suis allongé dans ce tombeau ou devrais-je parler d’athanor ? En effet, c’est une véritable alchimie qui s’opère en nous.

« La chair quitte les os », nous dit le Second Surveillant qui essaie de soulever le corps par l’attouchement de l’apprenti. Mais impossible, l’état de putréfaction est déjà très avancé.

« Tout se désunit », nous dit le Premier Surveillant, qui à son tour tente de soulever le corps par l’attouchement du compagnon. Mais là encore, en vain. Il ne reste plus que l’os et le processus de dissolution est en œuvre.

Alors pour retrouver la verticalité le T.V.M. déclare : « Souvenons-nous, mes Frères, que seuls, nous ne pouvons rien. Aidez-moi ! » 
Et c’est ainsi que le T.V.M., avec l’aide des deux Surveillants et grâce aux cinq points parfaits de la Maîtrise, attire à lui le cadavre. Il lui souffle à voix basse « MOABON » le mot sacré substitué, Moab signifie en hébreu « issu du père » et ben « fils du père » . Il fait resurgir la vie et redonne corps à l’esprit.

Cette mise en pratique est l’exaltation symbolique du rassemblement de ce qui est épars; c’est  le début du coagula alchimique.

 

Le mythe d’Hiram a été très souvent abordé et a conduit à de nombreuses interprétations. Maître Jacques et le Père Soubise travaillent sous sa direction à Jérusalem.

La mort d’Hiram apparaît en 1730 dans La Maçonnerie disséquée de Samuel Pritchard. Rompant avec la stricte Maçonnerie de métier et tout en s’appuyant sur les faibles traces des textes sacrés, une magnifique légende a été créée plaçant la mort d’Hiram sur un plan initiatique, ayant pour thème la mort et la résurrection. Influence de la mort du Christ ?

Ou de celles d’Osiris, de Maître Jacques, provenant du complexe d’Œdipe ?

Nous n’avons aucun document sur l’origine du récit mais cet homme instruit meurt injustement sous l’effet d’une violence aveugle.

N’est-ce pas un sacrifice permettant à l’architecte de devenir le « Maître éternel » ?

Les trois mauvais compagnons qui ne bénéficient pas du mot du Maître, sont la cause inconsciente de sa résurrection : « Le Maître est retrouvé et il reparaît plus radieux que jamais ». On songe à la mort annuelle du roi, ce qui permet la renaissance de la végétation, la fertilité du pays : Frazer a développé les aspects de ce mythe.

On évoque peu en cette fin des travaux un « sacrifice de fondation » où un être était sacrifié pour assurer la stabilité de l’édifice, ni celui du maître architecte qu’on tue afin qu’il ne puisse communiquer les secrets de sa construction. Nous sommes à l’achèvement d’un temple dont les plans ont été établis par Dieu et où tout est sacré : Nous nous élevons vers des valeurs spirituelles.

Cependant cet édifice est-il absolument pur ?

Sacré il ne peut être construit que par une main-d’œuvre « libre et de bonnes mœurs » instruite dans la religion juive.

Or le peuple d’Israël jusqu’ici nomade ne sait pas réaliser de tels travaux, il a recours à des ouvriers compétents venus de différentes régions mais qui adorent un autre Dieu : Ces ouvriers immigrés, avec un chef Hiram lui-même étranger par son père, peuvent-ils construire valablement pour un Dieu qui leur est extérieur ?

Le sang d’Hiram peut être un sacrifice qui remédie au sacrilège : Est-il le bouc émissaire ? Jésus est frappé à mort à cause de nos péchés. Ainsi nous sommes les véritables responsables de ces drames.

Cette légende a pu être connue des constructeurs médiévaux, mais nous n’en avons aucune preuve. Dans la légende des Quatre fils d’Aymon, Renaud de Montauban est tué car ce compagnon trop fort, trop parfait, trop travailleur, risque d’apporter un préjudice à leur profession. En 1723, les Constitutions d’Anderson ne mentionnent pas la mort d’Hiram ; l’édition de 1738 paraît l’évoquer avec ce vague troisième degré établi à Londres en 1726, mais en effet c’est dans le manuscrit Graham de 1726 que l’on trouve la mention du cadavre relevé. Le rituel des « Trois Coups Distincts » évoque une cérémonie semblable qui aurait été pratiquée par les loges des Ancients, donc vraisemblablement avant 1717. En réalité ce n’est qu’en 1730 que la mention du meurtre d’Hiram apparaît dans Masonry Dissected de Prichard. Les êtres qui apportent l’amour meurent sous la violence, comme Abel, Osiris, Maître Jacques, mais aussi comme Gandhi et principalement Jésus.

Il peut paraître qu’Hiram n’a pu ou n’a su transmettre sa connaissance et qu’ainsi une quête doit débuter pour rechercher tout indice sur la Parole qui semble perdue.

Tout risque de disparaître avec cette mort. Il est cependant dit « que le maître est retrouvé entre l’équerre et le compas et il parait plus radieux que jamais » ; il n’a aucune apparence de souffrance ou de regret mais exprime l’image du repos, après le travail bien accompli.

 

On donne des nombres bien symboliques à la tombe de l’architecte : Trois pieds de large, cinq de profondeur et sept de long. A la tête du tombeau est placée une branche d’acacia et une équerre ouverte à 90° sur l’occident ; le compas placé aux pieds est également ouvert vers l’occident.

Avec la mort d’Hiram, la franc-maçonnerie, plongée dans le deuil, revêt son temple de tentures noires. Le Vénérable descendu de son trône et ses deux surveillants jouent les rôles des trois félons », « trois mauvais compagnons » qui cependant appartiennent à l’ordre en recevant deux investitures. Les trois mauvais compagnons prennent les noms d’Ignorance, Fanatisme et Ambition, ou Jubelas (à la porte du Sud), Jubelos (à celle de l’Ouest), Jubelum (à la porte de l’Est) ; d’après Gérard de Nerval ce sont Olem, Sterkin, Hoterfut. Leurs noms varient selon les rites ; on trouve Jubela, Jubelo et Jubelum ; Giblon, Giblas et Giblos ; Abiram, Romvel et Hobden ; Starke, Sterkin et Oterfut… Ceux-ci expriment des vices caractéristiques : Ils n’ont pu s’intégrer dans l’esprit de la recherche et ils se révoltent contre leur Maître qui subit un échec dans sa maîtrise. Etrangement ces meurtriers sont représentés par les trois premiers officiers de la loge.

D’après le document Latonia cahier 12. (Maçonnerie des Hommes, Kloss XXXIV – 2p.107-127), intitulé Histoire des trois Elus Irlandais, il semblerait que les trois meurtriers ainsi désignés aient donné naissance à un système de trois grades. Il faut qu’il y ait un crime rituel pour qu’Hiram accède à sa véritable dimension. Les trois mauvais compagnons abattent leur maître avec trois nobles instruments : La règle qui l’atteint au bras droit, l’équerre qui le touche au cœur ou à l’épaule gauche, le maillet qui l’assomme, ce coup étant porté à la tête. Enterré furtivement par ses meurtriers, le corps étant bien orienté avec les pieds à l’Est, il n’est découvert que grâce au rameau d’acacia.

Connaître l’acacia indique que l’on est initié aux mystères du 3e degré.

Comme le suggère Michel Saint-Gall la mort d’Hiram paraphrase la mort du Christ qui elle-même apparaît selon les plus antiques civilisations dans le trépas d’un dieu. Celui qui est exalté au 3° degré du REAA devient Hiram et il est couché dans un cercueil, les pieds à l’Orient, la tête à l’Occident, comme le défunt entre dans l’église catholique.

Hiram, symbole de la connaissance toujours renaissante, par sa mort rituelle devient le prototype de l’initié alors que sans ce drame affreux il ne serait resté qu’un ouvrier habile qui aurait eu 170 000 ouvriers sous ses ordres. Mais ce grand architecte serait mort comme un simple mortel, à qui on aurait peut être rendu des honneurs éphémères, alors que maintenant il revit dans chaque nouvel initié…

On établi une correspondance entre les morts d’Hiram et d’Osiris, plus particulièrement au RER (Régime Ecossais Rectifié), alors qu’au rite Emulation on ressent une influence Compagnonnique bien que cette légende ne semble y apparaître que tardivement.

Cependant aux 4°, 5° et 12° degrés du Rite Ecossais Ancien et Accepté (Maître secret, Maître Parfait, Grand Maître Architecte) on lui construit un mausolée et on s’interroge, non plus sur sa renaissance, mais sur le fait de la perte de la Parole et l’inachèvement du Temple dont les plans paraissent égarés.

Ce sacrifice crée une rupture dans le ternaire Salomon, Hiram de Tyr et Hiram Abi : Il faut être trois pour ouvrir le coffre, pour former le triangle mystérieux, pour posséder le Mot qui paraît être perdu puisque la parole ne circule plus.

 

Nous voici dans les ténèbres. Pour retrouver l’éclat premier il est nécessaire de reconstituer ce ternaire : le récipiendaire se substitue à Hiram Abi, subit le sacrifice mythique, connaît l’acacia signe d’immortalité et le mot « substitué » qui lui permet d’entreprendre la quête de la Parole hélas ! perdue.

Grâce au mythe, Hiram devient l’homme parfait, l’ouvrier modèle et il prend la stature du grand initié, du Maître dont la mort alimente les premières légendes des Hauts Grades. Au 6e degré (Secrétaire Intime), Joaben en apaisant la querelle entre Salomon et Hiram de Tyr, permet l’établissement d’une nouvelle alliance mais ne remplace cependant pas le Maître architecte. Dans la 9° arche Guibulum (Grand Elu Parfait et Sublime Maçon 14° degré) en retournant la Pierre d’Agate, atteint le Centre spirituel connu par Hiram.

Mais j’était innocent, alors pourquoi me sacrifier à cette mort  ?
Comme toujours dans notre Rite, cette mort est nécessaire pour notre élévation vers l’Esprit.
Ainsi, par son sacrifice, le compagnon provoque une hiérophanie, c’est à dire une irruption du sacré dans le profane qui le transcende. Cette prise de conscience d’un passage à quelque chose de supérieur, permet de vaincre toute forme d’angoisse face à la mort. Ainsi « La vie est dans la mort et la mort est dans la vie »

Cette mort nous permet la maîtrise des contraires (vie et mort, victime et tortionnaire, les trois lumières et les trois mauvais compagnons).

Conclusion

Tout ce qui vient d’être dit permet-il de conclure que la mort d’Hiram, est-elle nécessaire ?
Oui, la mort d’Hiram me semble  nécessaire. Sans cette mort, cette mort acceptée, le seul voyage du suspect (l’enjambement du cadavre) ne pourrait se faire, ce dernier ne pouvait passer de l’état de suspect à celui d’Initié.
A celui d’Initié, car cette mort, de par les outils utilisés par les trois mauvais compagnons, s’effectue sur les trois plan de l’Etre : Corps – Ame - Esprit

La transgression primordiale fonde le mythe et rassemble les hommes dans la mémoire de la tradition dans un processus de filiation.
Le fils renaît dans le père et c’est ainsi que tous les Maîtres reprennent vie nouvelle en revivant le sacrifice d’Hiram.
Hiram l’homme fidèle au devoir, qui préfère mourir plutôt que faillir à sa tache.

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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 08:34

Il existe dans le monde, beaucoup de rites maçonniques et, en France, il en est de même.

"Pourquoi cette diversité de Rites, lorsqu'elle n'altère pas les dogmes, ne corrompt pas la doctrine primitive, nous diviserait-elle ?

 

Elle existe dans l'exercice de tous les cultes, mais cela n'empêche pas l'homme éclairé de fraterniser avec son semblable, homme de bien.
Pourquoi n'en serait-il pas de même entre les Maçons de tous les Rites, puisqu'ils dérivent de la même souche de notre antique et sublime Institution ?"

 

Ces paroles que j'ai tenu à rapporter fidèlement, ont été prononcées le 29 Janvier 1819 à une fête d'adoption donnée par la R.'. L.'. Le Mont Sinaï (appartenant au rite de Misraim) par un Maçon du Rite Écossais Ancien Accepté, le comte Muraire, Grand Commandeur du Suprême Conseil.

Le Rite de Memphis-Misraim est l'héritier des traditions maçonniques du 18ème siècle, dont il a gardé les sages principes, la force morale et la discipline.

Il tire son origine de la Maçonnerie Occulte des Philalèthes de Paris, des Frères Architectes Africains de Bordeaux, de l'Académie des Vrais Maçons de Montpellier, du Rite de Pernety d'Avignon et surtout du rite primitif des Philadelphes de Narbonne.

 

Voici succinctement l'ordre chronologique et les étapes du Rite de Memphis-Misraim.

En 1610 se manifesta en France et en Allemagne une association très secrète qui essaima dans toutes les régions des individualités rattachées plus ou moins à ce centre qui venait de se dévoiler en partie.

 

Une des lignes les plus directes se trouva dirigée vers la Provence et l'Avignonnais.

En 1640 dans les régions de Montauban et d'Avignon, circulaient sous le manteau des traités d'Alchimie gardés dans les associations compagnonniques parmi les "acceptés" non opératifs.

 

Egalement circulait un traité secret d'initiation Égyptienne qui contenait des allusions transparentes au Grand-Œuvre. Ce même traité vers 1760 fut connu dans les milieux maçonniques allemands sous le nom de Crata Repoa où on le considérait comme une véritable initiation égyptienne.

Egalement et conjointement vers le milieu du 17ème siècle en Allemagne, se manifesta un autre rameau d'une ligne égyptienne et nous le voyons transparaître à travers les divers Rites Maçonniques dès la constitution des Loges maçonniques à l'orée du 18ème siècle.

Ce sont les Rosicruciens Allemands de Burn et Schröpfer qui s'occupaient d'Alchimie.

Les Frères de la Rose Croix d'Or ou Frères Initiés d'Asie où ces mêmes études étaient à l'honneur et qui fusionnèrent avec quelques loges allemandes pour devenir les Vrais et Anciens Maçons Rectifiés; c'est sur ces derniers que le baron d'Eckhoffen s'appuya pour constituer son Ordre des Architectes Africains (le mot africain étant pris dans le sens d'Égyptien).

 

Un chapitre provincial de cet Ordre des Architectes Africains fut créé à Paris dès 1777.

C'est de ce chapitre Provincial que deux hommes reçurent les instructions et les enseignements qui permirent à l'un, Chastannie, d'organiser son Rite intérieur et plus dégagé des opérations alchimiques :

->le Rite des Illuminés Théosophes et l'autre, Dom Pernety plus spécialement orienté vers l'Hermétisme,

->le Rite des Illuminés d'Avignon qui donna plus tard l'Académie des Vrais et Anciens Maçons de Montpellier (qui était l'appellation même du rite originel allemand). Dom Pernety aurait fondé l'ordre des Illuminés d'Avignon en 1766.

 

Il faut noter que le Midi de la France était particulièrement influencé par cette Maçonnerie Égyptienne.

 

Les Architectes Africains, qui ont une physionomie tout à fait à part dans l'ensemble maçonnique, possédaient une vaste bibliothèque, un musée d'histoire naturelle, des laboratoires de chimie très perfectionnés.

Partout où ils essaimèrent, ils s'organisèrent sur les mêmes bases et leur chapitre Provincial de Bordeaux, filiale du chapitre parisien fut extrêmement florissant.

 

Antérieurement à 1721, date à laquelle il est cité, existait à Narbonne un rite dit "de Narbonne", héritier des deux courants que nous venons de mentionner : égyptien et rosicrucien.

 

Ce rite était devenu à peu près inexistant; il fut restauré dans sa vigueur primitive par le Marquis Chefdebien, suivant le modèle du Rite des Philalèthes de Paris fondé en I772 par le F.'. Savalette de Langes à Rumilly en Haute-Savoie sous le vocable de L.'. "Les Amis Choisis". Cette Loge se transportera un peu plus tard à Paris, 37, rue de la Sourdière.

 

C'est donc suivant le Rite des Philalèthes de Paris, qu'en 1779 fut fondé le Rite Primitif des Philadelphes ou Rite Primitif de Narbonne qui inspirera plus tard le Rite Primitif de Memphis-Misraim dans ses formes et son organisation.

Le F.'. François d'Aigrefeuille, Marquis de Chefdebien, était lui-même détenteur des plus hauts grades de la Stricte Observance Templière et des Chevaliers Elus-Cohens de Martinez de Pasqually ainsi que de la Maçonnerie conventionnelle. Le Rite de Narbonne eut des rapports très étroits avec les Architectes Africains.

 

Revenons quelques années en arrière, à la fin du 18ème siècle au Caire.

Il existait dans cette ville un groupement de compagnons qui avaient abandonné tout travail opératif et que l'on peut raisonnablement appeler ou considérer comme de véritables Francs-Maçons. Il existerait encore au Caire et à Alexandrie, des groupes ésotériques de lointaine ascendance gnostique, dans les milieux coptes chrétiens, mais il s'y perpétuerait une interpré­tation gnostico-égyptienne du Christianisme.

 

Le fait a été attesté par deux frères, l'un le tenait de son père qui avait connu un groupe de ce genre au Caire, vers 1875, l'autre en rencontra un semblable à Alexandrie, vers 1914. A noter que ces deux FF.'. ne se connaissaient pas et qu’ils étaient tous deux CBCS, Grands Profès de Genève.

Ce groupement de compagnons portait le nom de Grande Loge, mais avait gardé une tendance très spiritualiste.

On ne connaît pas d'origine historique à cette Grande Loge que nous trouvons en pleine activité dès le début du 18ème siècle.

Sans doute y a t-il là quelque chose de tout différent des Loges d'Europe il s'agirait bien plutôt d'une association secrète et mystique. A la même période on retrouve chez les Druzzes du Liban des Collèges initiatiques semblables qui rappellent fort notre maçonnerie.

 

Cette association compagnonnique devait devenir la Maçonnerie Egyptienne et elle possède une antiquité fort ancienne et ses membres prétendent remonter directement à. un rameau très pur et très direct de la "Véritable Rose-Croix" organisée par l'Empereur Constantin.

Lorsque les Maçons anglais, puis français, s'organisèrent en Loges régulières au Caire et à Alexandrie (Loges militaires ou marines) ils trouvèrent les restes d'une maçonnerie très ancienne.

 

En effet, cette association indigène s'était déjà fortement constituée en un Rite, et Ce fut en 1798, que des officiers français qui accompagnaient Bonaparte en Égypte et qui étaient pour la plupart dignitaires du Rite Primitif de Narbonne, prirent contact avec les initiés du Caire et d'Alexandrie.

 

Revenus en France, ils créèrent des Ateliers indépendants du Rite de Memphis-Misraim.

Ils fondèrent une Loge en conservant les traditions du Rite de Narbonne qu'ils intitulèrent "Les Disciples de Memphis" et qui s'unit à la Grande Loge d'Égypte.


Ce fut en 1803 que les 3 frères, Michel, Marc et Joseph Bédarride, originaires de Cavaillon, instituèrent régulièrement le Rite Oriental ou Égyptien de Misraim. Ce rite aurait été pratiqué par diverses sectes initiatiques depuis les 16ème, 17ème et 18ème siècles dans divers pays, et notamment dans les républiques de Venise Gênes, Naples et Milan, dans l'Archipel Grec, dans les îles Ionien­nes.


L'on peut penser que ce Rite fut fondé en 1788 à Venise, par un groupe d'une cinquantaine de Sociniens, survivants de la secte du 17ème siècle, secte protestante antitrinitaire, fondée par Lélio Socini, né à Sienne en 1525, décédé en 1562.

C'est Cagliostro qui résidait à Trente à 100 km à peine de Venise, qui les investit de la qualité maçonnique, par sa maçonnerie Égyptienne, d'où le nom de Misraïm "Les Égyptiens".


Certaines tentatives d'implantation avaient déjà eu lieu en Languedoc et dans le Comtat Venaissin.

Il est dit aussi que le Rite de Misraim aurait été fondé par le F.'. Lechangeur, un maçon initié au plus haut grade du Rite Ecossais Ancien et Accepté. Le successeur de Lechangeur, le F.'. Théodore Gerber, donna pouvoir à Milan au F.'. Michel Bédarride pour répandre le nouveau rite en France en 1810.

 

En 1813, les 3 Frères Bédarride développent en France le Rite de Misraim, et à Naples les FF.'. Joly, Gabliosca et Garcia reçoivent du Grand Commandeur de Lassalle les pouvoirs qui font d'eux la puissance supérieure du Rite de Misraim.

En 1814, plusieurs Frères, dont Samuel Honis, initié dans la RL.'. "Les Disciples de Memphis" du Caire, et Marconis de Nègre regroupent des ésotéristes à Montauban et installèrent, le 23 Mai 1815 une filiale des "Disciples de Memphis" qui devint la Mère-Loge de Memphis.

 

Le 21 Janvier 1816, Gabriel Marconis de Nègre, Grand Maître de l'Ordre de Memphis, fut élu Grand Hiérophante du Rite de Misraim. Les principaux membres de la Loge de Montauban étaient le Baron Dumas, le Marquis de la Roche, J. Petit, Hippolyte Labrunie.

Ces membres fondateurs de Memphis réunissaient entre eux tous les grades des Maçonneries françaises, écossaises, ainsi que de nombreux degrés de Rites divers. A la suite d'intrigues, cette Grande Loge fut mise en sommeil le 7 Mars 1816. Les travaux furent repris en 1826 par une partie de ses membres, mais sous l'Obédience du Grand Orient de France.

En cette même année de 1816, la Loge "Le Mont Sinaï" reçoit la lumière sous les trois points du Triangle Misraïmique.

 

Voici ce qu'en disait dans son discours du 27 Mars 1922, le Grand Maître de la Grande Loge de France, le F.'. Bernard Welhoff :
"C'était un Ordre (Misraim) qui n'était pas méprisable et qui conquit au début du 19ème siècle une illustration méritée. Des personnages éminents étaient à sa tête, qui avaient la sagesse de n'être pas sectaires et dont la prétention ne fut pas de s'établir sur les ruines des autres puissances.

 

L'Obédience de Misraim, sans être une filiale du Rite Ecossais s'établit presque sous sa protection. Le F.'. Marc Bédarride, qui fut le fondateur et, plus tard, l'historiographe de son Ordre, avait même soumis ses statuts au Comte Muraire qui était alors l'un des Chefs de notre Suprême Conseil.

Et il faut croire que ces statuts n'attentaient point à la pureté de nos traditions puisque maints dignitaires de l'Ecossisme et le Comte Muraire lui-même crurent devoir prêter à ce nouveau pouvoir, le concours de leurs lumières et de leur nom."

En 1819 la réaction ayant triomphé en Italie, les carbonari, membres d'une association secrète fondée à la fin du 18ème siècle dans le royaume de Naples, viennent chercher refuge en France et recruter dans les milieux libéraux.

 

Le Carbonarisme est organisé en cellules de vingt membres "les ventes", et l'association est dirigée par une Haute-Vente.

Les créateurs français du Carbonarisme sont : Bazard, Buchez et Flotard.

L'un des trois, Buchez est Franc-maçon. Ils constituent la Haute-Vente avec Dugied, Carriol, Joubert, Limperani, L.A. Fayette et Dupont de l'Eure. Grâce aux Francs-maçons Buchez, La Fayette et Dupont de l'Eure, l'association recrute immédiatement dans les Loges et des Ventes sont organisées dans les régiments.

Le Carbonarisme prépare activement un soulèvement républicain contre la Monarchie. En réalité, dès l'origine, la secte est envahie par des agents de la police qui vont la conduire à sa perte.

 

Le 7 Septembre 1820, un conflit ayant éclaté entre les Frères Bédarride et le Grand-Orient, ses échos parviennent aux autorités profanes et la police perquisitionne chez les fondateurs du Rite de Misraim. Peut-être, le développement du carbonarisme incite la police à surveiller les Loges.

 

Les demi-soldes de l'ancienne armée impériale sont nombreuses dans le Carbonarisme et ils vont y retrouver le prince Louis-Napoléon, le futur Napoléon III.

Ils se regroupent au sein des Loges du Rite de Memphis et du Rite de Misraim. Mais, comme toujours, les indicateurs de la police y sont également nombreux et ces Loges rapidement suspectes, sont mises dans l'obligation de cesser leurs travaux ou de choisir la clandestinité.

En 1820, trente préfets constatent que des ventes existent dans leur département.

 

Dès 1821, tout paraît prêt pour un soulèvement armé. Les dirigeants de la Maçonnerie favorables à la Monarchie, qui déjà, par la voix du Grand Orient de France le 31 Mai 1819, avait déclaré irrégulières toutes les autres organisations Maçonniques et irréguliers tous les Maçons autres que ceux de son Obédience, s'inquiètent de la progression du Carbonarisme dans les Loges.

Cette Maçonnerie française est à nouveau très divisée, l'Ecossisme a repris son indépendance et le Suprême Conseil crée de nouveaux Ateliers Écossais Symboliques ne relevant que de son autorité.

 

Cependant tout est en place, avec l'appui de nombreux Maçons, pour que le mouvement insurrectionnel, éclatant à Belfort le 29 Décembre 1821 et gagnant Colmar, Niort, Poitiers, Nantes, Bordeaux et Toulouse, renverse la royauté. Des soulèvements se produisent en effet, mais les trahisons sont nombreuses et le F.'. La Fayette tarde volontairement à assumer le rôle qui lui a été attribué.

De cet échec, le Carbonarisme ne se relèvera pas et la répression qui va le frapper sera impitoyable. Le Général Berton est arrêté ainsi que les quatre sergents de La Rochelle, les quatre sergents du 45ème de ligne, Bories, Pommier, Jouhin et Raoulx qui seront guillotinés le 22 Septembre 1822.

 

L'un des quatre sergents est Maçon. Pour les trois autres le fait n'a pu être établi.

Le 13 Septembre 1821, le Pape Pie VII prononce une nouvelle condamnation de la Maçonnerie qui vise plus particulièrement les Carbonari, dont la société est considérée par Rome comme une imitation sinon comme un rejeton de la Franc-maçonnerie.

 

 La bulle "Ecclésiam a Jésus Christo" précise que la promiscuité d'hommes de toutes religions et de toutes sectes est inadmissible et que, l'Église ne saurait accepter de voir donner à chacun, par la propagation de l'indifférence en matière de religion, toute licence de se créer une religion à sa fantaisie et suivant ses opinions : c'est l'expression de l'absolutisme religieux le plus total, en opposition avec la tolérance et la liberté de pensée Maçonniques.

 

Un rapport de Police établi en 1822 ou 23 conservé aux Archives Nationales (F 7 6666) signale que des documents de l'Ordre de Misraim ont été saisis aux cours de perquisitions effectuées à Paris et dans les Loges de Province.

Les papiers détenus par la police permettent d'établir que l'Ordre est dirigé par un Conseil Suprême auquel appartiennent les trois frères Bédarride, le Comte Muraire, le lieutenant-général baron Teste, l'avocat à la Cour Royale Muret, l'Officier Général Comte de Fernig, le docteur Rathery, le colonel comte de Fauchecourt, l'ancien conseiller d'État Briot, le négociant Allegri, l'ancien administrateur Charles Teste et parmi les membres honoraires de l'Ordre de Misraim, le Duc Decazes, le Duc de Saxe-Weimar, le Duc de Leicester, le Duc de Sussex.

 

En Septembre 1822, vingt-deux loges du Rite de Misraim sont en activité à Paris, six à Lyon, six à Metz, cinq à Toulouse, trois à Bordeaux, 3 à Lausanne, 3 à Genève, et une à Coutray.

Des dissensions existent cependant au sein de l'Ordre et ce sont elles, qui déterminent la Loge du Mont-Sinaï à le quitter pour entrer au Rite Écossais.

 

Et c'est le 18 Janvier 1823, que sur la référence à des documents violemment antireligieux de la Loge de Montpellier découverts au cours d'une perquisition chez le F.'. Vernhes, que le tribunal de police correctionnelle ordonne la dissolution en France de l'Ordre de Misraim.

Certes, ses membres vont continuer à travailler clandestinement, mais cette mesure en leur interdisant toute activité légale, va paralyser pendant une longue période, le développement du Rite.

 

En 1826, après dix ans de sommeil, la Grande Loge du Rite de Memphis les "Disciples de Memphis" créée à Montauban reprend ses travaux dans l'Obédience du Grand Orient.

En 1838,le F.'. Marc Bédarride réorganise le Rite de Misraim pendant que le Rite de Memphis en plein essor crée le 23 Mars au Prado, la Loge "Osiris" et à Bruxelles le 21 Mai la Loge "La Bienfaisance".

 

Le 5 Octobre de la même année est installé le Souverain Sanctuaire de Memphis chargé du gouvernement de l'Ordre.

Le Sanctuaire est composé de Jean Etienne Marconis de Nègre, Grand Hiérophante du Rite, élu le 7 Juillet 1858 Grand Hiérophante Mondial avec le 96éme degré créé pour lui seul, et de six Patriarches Conservateurs de l'Ordre.

 

Les travaux de cette première assemblée du Souverain Sanctuaire portèrent particulièrement sur la création des Loges, Chapitres, Aréopages, Consistoires et Conseils.

 

En 1839, le mouvement s'étend par le réveil à Paris, le 21 Mars, de la Loge "Les Disciples de Memphis", la création le 21 Mai de la Loge Chapitrale "Les Philadelphes", le 6 Décembre à Bruxelles l'installation du Chapitre "Héliopolis".

 

A Marseille une nouvelle Loge Chapitrale vient de s'ouvrir "Les Chevaliers de Palestine" elle aussi constituée au Rite de Memphis, le 21 Novembre, et le 25 Décembre la Loge Chapitrale "Les Sectateurs de Ménès" à Paris.

 

Le 15 Juin 1841 fut une date néfaste pour l'Ordre de Memphis; en effet, à la suite de diverses intrigues d'adversaires du Rite, une interdiction est promulguée par le Préfet de Police de Paris sans autre motif apparent que celui du bon plaisir.

En début de 1842, sept frères constituèrent un Temple Mystique pour la garde des Archives et la propagation du Rite à l'étranger.

 

Le gouvernement de l'Ordre se met également en sommeil. Ce sommeil devait durer sept ans.

En 1848, le 5 Mars, le Rite de Memphis reçut une autorisation de réouverture et le 25 Mars, les loges furent réinstallées par Marconis de Nègre. Trois Loges, un Chapitre et un Conseil sont remis en activité.

 

En 1849, les statuts généraux de l'Ordre sont publiés. Le Rite est introduit dans divers pays.

A la suite des accusations dirigées, au cours de l'année 1850, contre la Maçonnerie en général, l'autorisation de se réunir est retirée aux Loges de Memphis le 23 Décembre.

En 1851, le Rite de Memphis sur l'initiative de Marconis de Nègre, ouvre plusieurs Ateliers à l'étranger; il établit à Londres la Grande Loge "Les Sectateurs de Ménès" et institue le F.'. Berjean Grand Maître poux l'Angleterre.

 

S'ouvriront alors la Loge des "Fraternité des Peuples", la Loge des "Proscrits", la Loge des "Philadelphes".

Cette Loge "des Philadelphes" ouverte à Londres, sera le plus actif des Ateliers de proscrits du coup d'état du Prince-Président Louis-Napoléon Bonaparte parmi les membres de cet Atelier, on trouvera les noms de Falcon-Chambers, Falcon-Taverne, Balague, Blanchi, Garibaldi, Louis Blanc, Jourdain, Talandier, Boura.

 

Lorsque le Comte italien Orsini, préparera son attentat contre Napoléon III, un des premiers camarades qu'il recrute est le Vénérable de la Loge du Rite de Memphis de Birmingham, le P.'. Chevassus.

En 1853, le rite de Memphis se réveille en France.

 

En 1856, le Grand Hiérophante Marconis se rend aux Etats-Unis où il établit le 9 Novembre, à New-York, un souverain Grand Conseil avec le F.'. David Mac Lellan pour Grand Maître sanctionnant ainsi le Souverain Sanctuaire déjà créé par ce dernier, le 21 Mars 1855.

Le Rite est constitué en Égypte par la fondation à Alexandrie d'un Sublime Conseil de l'Ordre sous le titre distinctif de Grand Orient d'Égypte, avec pouvoir pour établir un Souverain Sanctuaire.

 

Le F.'. Marquis Joseph de Beauregard en est le Grand Maître; il devra plus tard succéder à Marconis de Nègre comme Grand Hiérophante Mondial.

En Australie, à Ballarat, est constituée la Mère-Loge "The Golden Bough of Eleusis".

En 1861 le F.'. Harry Seymour succède au F.'. Mac Lellan comme Grand Maître du Souverain Conseil Général des Etats-Unis.

En 1862, le Maréchal Magnan, Grand Maître du Grand Orient de France, d’accord avec le Conseil de l'Ordre, adresse à toutes les autres Obédiences une circulaire en vue de l'unité maçonnique en France.

 

Le Rite de Memphis s'unit au G.'. O.'. qui l'admet dans son Grand Collège des Rites et des loges de Memphis sont constituées sous le contrôle du Grand Orient.

 

La même demande ayant été faite par le G.'. M.'. Magnan au Rite do Misraim pour s'intégrer au G.'. O.'. reçoit du F.'. Hayère cette réponse : "Le Rite de Misraim, proclame-t-il, tient trop à son indépendance pour reconnaître vos pouvoirs et subir votre domination; si l'Empereur croit devoir nous supprimer, qu’il le fasse ; mais nous ne nous soumettrons jamais".

La même année, le Souverain Sanctuaire du Rite de Memphis consacre comme Grand Hiérophante Harry Seymour, Grand Maître.

 

En Juin 1863, le Grand Hiérophante Seymour établit définitivement son Souverain Sanctuaire des Etats-Unis.

En 1865, la Loge Marseillaise "Les Chevaliers de Palestine" cesse ses travaux.

Le 26 Août, le S.'. F.'. Garibaldi 33ème Deg.'. , Ancien Grand Maître du Grand Orient d'Italie, est élu Membre Honoraire du Souverain Sanctuaire des Etats-Unis.

 

En 1868, Mort du Grand Hiérophante Marconis de Nègre.

En 1869, après la Mort de Marconis, le Gouvernement Suprême du Rite passe en Egypte avec le Marquis de Beauregard comme Chef du Rite.

 

La même année, Gustave Naquet, rédacteur en chef du Journal "Le Peuple "est initié à Londres au Rite de Memphis dans la Loge "Les Proscrits".

En 1876, le Grand Orient National d'Egypte (Rite de Memphis) confère le 25 Octobre, à l'Illustre Frère Garibaldi, les grades de 95 et 96ème avec le titre de Grand Maître ad Vitam.

 

Le 4 Août 1889, le rite de Misraim célèbre sa fête d'Ordre, dans son temple parisien du 42 de la rue Rochechouart, sous la Présidence de son Grand Maître le F.'. Aosselin.

Le F.'. Proal, Souverain Grand Commandeur et G.'. M.'. du Rite Ecossais Ancien et Accepté, a tenu à y assister de même que le F.'. Opportun, membre du Conseil de l'Ordre du Grand Orient.

 

En 1891, le Baron Achille Laviarde est élevé par le G.'. M.'. Suprême de l'Ordre de Misraim au grade de Prince Souverain de l'Ordre et reconnu comme Souverain G.'. M.'. Général Honoraire et membre effectif de l'Impérial Grand Conseil Suprême de la Confédération.

Le 20 Avril 1893, le Baron Laviarde s'affilie à la L.'. Parisienne du "Buisson Ardent et Pyramides".

 

Une fusion fut faite en 1899 dans certains ateliers entre les deux rites de Memphis et de Misraim sous le titre de Rite de Memphis-Misraim.

En 1900, les Loges indépendantes du Rite de Misraim disparaissent les unes après les autres. La Loge L'Arc en Ciels cesse ses travaux.

 

En 1902, disparaît le dernier souffle d'indépendance de Misraim.

Les grades s'enchevêtrent désormais les uns dans les autres La même année le Souverain Sanctuaire d'Angleterre constitue le Souverain Sanctuaire d'Allemagne avec comme G.'. M.'. le F.'. Théodore Reuss.

 

En 1908, constitution à Paris, à la suite du Congrès Maçonnique Spiritualiste, en Juin, dans le Temple du D.'.H.'., d'un Souverain Grand Conseil Général du Rite de Memphis-Misraim pour la France et ses dépendances.

 

La patente constitutive est délivrée par le Souverain Sanctuaire d'Allemagne, signée et scellée le 24 Juin à Berlin par le G.'. M.'. Théodore Reuss qui assistait au Congrès de Paris.

Le G.'. M.'. et le G.'. M.'. Adjoint sont le Docteur Gérard Encausse (Papus) et le Docteur Charles Détré (Teder).

 

La loge Humanidad, précédemment rattachée au Rite National Espagnol, devient Mère-Loge pour le Rite de Memphis-Misraim en France.

Le 15 Octobre 1916, mort du G.'. M.'. pour la France, le Docteur Gérard Encausse.  Le G.'. M.'. Adjoint, Docteur Charles Détré lui succède.

En 1916, mort du G.'. M.'. Charles Détré, le 25 Septembre

En 1919, un groupe de Maçons, appartenant soit au Rite Français (G.'.O.'.D.'.F.'. - Collège des Rites), soit au Rite Écossais (G.'.L.'.D.'.F.'. - Suprême Conseil) et possédant également les Hauts Grades du Rite de Memphis--Misraim, désireux tout en restant fidèles à leurs Obédiences (G.'.O.'. - G.'.L.'.) de travailler en Maçonnerie au point de vue purement initiatique, prend la résolution de rétablir le Rite de Memphis--Misraim en France.

 

Ils réveillent, à l'Orient de Lyon la Mère-Loge Humanidad, d'accord avec la puissance maçonnique qui délivra la Charte de Constitution en 1908 du Rite de Memphis-Misraim pour la France. Cette puissance délivre au F.'. Jean Bricaud, le 10 Septembre 1919, une Charte pour la Constitution en France d'un Souverain Sanctuaire de Memphis-Misraim et le 30 Septembre, le Suprême Conseil des Rites Confédérés des Etats-Unis, lui délivre également une Charte pour l'établissement, en France, d'un Suprême Grand Conseil des Rites Confédérés (Early Grand Scottish Rite, Memphis-Misraim, Royal Order of Scotland, etc).

 

En 1930, publication par le Souverain Sanctuaire de France de la Constitution et des Règlements Généraux de l'Ordre Maçonnique Oriental du Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraim.

 

Dès cette date, la succession du Grand Hiérophante Théodore Reuss n'ayant pas été assurée, le Souverain Sanctuaire de France à Lyon se considère, en vertu des Chartes de 1919 données par Reuss lui-même comme son successeur. Est transformé à ce moment le titre de Grand Hiérophante en Grand Maître Général.

 

En 1933, création du Bulletin Officiel du Rite de Memphis-Misraim par le G.'.M.'. Général Jean Bricaud. Le 21 Février 1934, le G.'.M.'. Général Jean Bricaud décède à Lyon. Le F.'. Chevillon, député Grand Maître et membre du Comité permanent, est reconnu, en Mars, comme G.'.M.'. Général.

 

La proclamation consécutive à son élection est publiée dans le Bulletin Officiel de la Saint Jean d'Eté de la même année. Le nouveau G.'.M.'. Général constitue deux nouvelles provinces administratives et nomme deux G.'.M.'. Adjoints pour les diriger.

 

En 1937, convent annuel du Souverain Sanctuaire de France à Lyon, dans le Temple de la Loge-Mère Humanidad, avec une importante délégation du Se forain Sanctuaire de Suisse. Cette date marque une période florissante pour l'Ordre qui ne cessera qu'à la guerre.

 

A la déclaration de guerre et sous l'occupation, Memphis-Misraim suspend son travail extérieurement et entre dans la clandestinité. La Loge "Alexandrie d'Egypte" continue à fonctionner de 1941 à 1945, au domicile du F.'. Robert Ambelain.

 

Le 26 Mars 1944, le G.'.M.'. Général Chevillon meurt assassiné par la milice de Vichy. Le F.'. Charles-Henri Dupont lui succède et devient Grand Maître pour la France. Cette même année, le G.'.M.'. de Belgique, le F.'. Raoul Fructus meurt en déportation sans avoir pu désigner son successeur.

 

Un 1945, le F.'. Dupont désigne le F.'. Debeauvais comme G.'.M.'. pour la France.

En 1947,le F.'. Dupont reprend lui-même la Grande Maîtrise.  C'est également à cette date que le F.'. Lagreze décida de réveiller le Rite de Memphis. Il reprit de l'activité et des contacts internationaux. Il nomma le F.'. Probst-Biraben N G.'.M.'. pour la France, pour une durée de sept ans, convertie plus tard en Grande Maîtrise ad Vitam et le chargeant de constituer un Souverain Sanctuaire de Memphis.

 

Ce réveil étant naturellement irrégulier, la fusion des deux Rites étant un fait accompli depuis Garibaldi et irrévocable parce que consacré par l'usage.

Le F.'. Lagreze, Vén.'. de la L.'. "Hermès" avait nommé le F.'. Fallot pour ouvrir une L.'. à Paris; ce dernier étant en Province, ce fut F.'. Chaboseau fils qui transplanta la RL.'. "Hermès" à Paris, le 30 Mars 1947.

 

Lorsque le F.'. Chaboseau démissionna de la Maç.'. pour réintégrer l'église catholique, ce fut son successeur, le F.'. Dubois qui jeta les bases d'une Grande L.'. dénommée Rite Oriental Ancien et Primitif de Memphis.

 

Ce rite reconstitué se différencie sensiblement de celui créé par Marconis de Nègre. Il affirme sa croyance en un Esprit éternel vivant de sa vie propre et incommunicable par son essence dont la révélation a été transmise à l'homme par la parole sacrée.

 

Le problème de cette résurgence de Memphis, serait de savoir qui suscite périodiquement dans les Obédiences maçonniques françaises, des dissidences de ce genre.

Le mouvement d'unité, déjà amorcé entre les deux rites "égyptiens», eut sa conclusion en 1959 par leur fusion en un Suprême Conseil des Ordres maçonniques de Memphis et de Misraim réunis.

 

Le 13 Août 1960, le F.'. Dupont appelle à titre de témoins, à Coutance, certains FF.'. (Philippe Encausse, Irénée Séguret, Paul Corcellet) et nomme le F.'. Robert Ambelain pour lui succéder à la Grande Maîtrise de Memphis-Misraim.

Au mois d'Octobre 1960, le G.'.M.'. Dupont meurt et la nomination du F.'. Ambelain devient effective.

 

Le 22 Juin 1963, le Souverain G.'.M.'. Général Robert Ambelain par une lettre circulaire redonne force et vigueur au Rite et la Grande Loge Hermès reprend son activité.

Les loges se rouvrent en Belgique, Pays-Bas, Suisse, Italie, Afrique, Amérique Centrale, Amérique du Sud et Australie, donnent leur accord et se réunissent sous la haute direction de Paris.

Lors du Convent de 19692, une résolution proposée par le Sérénissime G.'.M.'.G.'. Robert Ambelain est adoptée à l'unanimité absolue par toutes les LL.'. et Obédiences représentées.

 

Cette résolution est celle-ci :

1°) Concernant le "Livre Sacré", les Ateliers du Rite demeurent libres de le conserver ou de le supprimer.

2°) Concernant sa conservation, lesdits Ateliers demeurent libres de choisir tel ou tel, à l'expresse réserve qu'il ne contienne aucune formulation dogmatique contraire aux principes de la F.'.M.'. aussi bien qu'à l'esprit maçonnique.

3°) Concernant les Outils Symboliques qui doivent sous le nom des "Trois Joyaux" figurer sur l'Autel Maçonnique au cours des Ten.'. des trois premiers degrés et être disposés sur le "Livre Sacré" (s’il en est un), l'adjonction de la Règle, au traditionnel enlacement du Compas et de l'Equerre devient obligatoire pour tous les Ateliers.

Lors de ce même Convent du 21 Juin I969, fut rappelé que le Rite de Memphis-Misraim est une Obédience déiste, ce qui implique l'évocation du Grand Architecte de l'Univers) et spiritualiste, ce qui exige la croyance en l'immortalité de l'âme, ou du moins une certaine pérennité posthume pour celle-ci.

 

Mais là s'arrête la "dogmatique" du Rite, lequel n'est lié et ne dépend d'aucune religion particulière, et laisse depuis toujours ses membres dans une pleine et totale liberté d'opinions.

 symbolisme sceau loge franc macon pro egyptien Solstice d'Été  24 Juin 1971

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4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 14:07

                           A la gloire du grand Architecte de l’Univers

 

Vous m’avez demandé de parler quelques minutes de symbolisme relatif à la gestuelle maçonnique qui nous permet d’aborder une petite partie du Langage Sacré, ce cheminement, cette voie qui permet de passer du tumulte de l’extérieur au silence de l’intérieur, du silence à la parole après l’acquisition ou le réapprentissage des connaissances de base, de la levée d’une partie du voile qui mène de la parole au verbe, puis après avoir exalté la quintessence des vertus cardinales du verbe au silence de l’Initié qui sait mais se tait.

 

Je vous convie donc aujourd'hui au périple intimiste d'un voyage et d’une mort à chacune de ces étapes. Rassurez-vous tout de suite, mon propos ne se veut pas morbide... Il ne s'agit, en effet, que d'un pas­sage, d'une fin sans cesse répétée qui prélude toujours à une nouvelle naissance, une renaissance …

Je parle de la mort du profane, préfiguration de la naissance du Maçon dans son 1er degré symbolique. Cette mort n'est pas celle que nous avions entre­vue, çà et là. Son sens, sa valeur s'affinent. Je vous convie plutôt à la quête du Divin, ou plutôt de la lumière qu'il génère, quête du Graal lumineux qui pare le preux Che­valier d'un aura resplendissant, dardant alentour ses rayons bienfaisants.

Mort à une vie pour renaître à une autre, d’abord matérielle avant de se dévoiler spirituelle par l’acquisition et la connaissance des mots sacrés, germes spécifiques à chaque degré maçonnique reçu.

Mais commençons par le commencement, c'est-à-dire la sortie du cabinet de réflexion,  Œuf du monde et matrice de cette Terre qui m’engendra pour subir les épreuves qui me permettront d’abord de naître avant de grandir. Rappelons nous mes FF et mes SS que le langage sacré que nous abordons a, tel le cœur, ses raisons que la raison ne connaît pas.

Et voila que déjà que l’on m’empêche le profane de voir et naturellement de marcher droit pour le conduire peut que peut à la porte du Temple, tous ses sens en déroute, le cœur à nu, il se sent obligé de se mettre au diapason avec celui qui le précède et qui le guide, celui qui lui souffle … un début de cette nouvelle vie.

Dès lors,  tel un humble postulant qui cher­che la Lumière en demandant l'entrée du Temple, le récipiendaire devient souffrant aux épreuves des Eléments et de la mémoire du Monde. Oui il trébuche et maintenant persévérant il se souvient … il est prêt à offrir à celui dont il ne reconnaît pas le nom une première alliance par l’expression de son serment et par la projection de son testament philosophique.

Alea jacta est. Conscient ou pas il est dans les mains du Divin Potier et commence son apprentissage gnostique via le rituel maçonnique et le devoir respecté des Règlements Généraux et Grande Constitution. Il vibre à la baguette du Grand Chef d'Orchestre de la Vie, chacun d’entre nous oeuvrant avec son instru­ment et son registre spécifique.

Ainsi, Pierre, dans sa deuxième Epître, I, 21, dit-il :

« Avant tout, sachez-le: aucune prophétie d'Ecriture n'est objet d'explication personnelle ;

Ce n'est pas d'une volonté humaine qu'est jamais venue une prophétie; c'est poussés par l'Esprit que des hommes ont parlé de la part de Dieu.»

Mais que ma t-on appris ? Quelle règle dois je observé ? Quelle position dois je adoptée ? Qu’est ce qui me distingue et permets de me reconnaître entre FF :. Maç :.

Un signe principalement, … une stature …  un tablier de travail  enfin une marche qui permets de me reconnaître pour en effet pour tel …

Je vous le dis mes FF et mes SS, le rituel se vit essentiellement par les mots, sons, rythmes, répétitions, sens de rotation de la marche ou de la parole.

La tradition orale était très importante avant les manuscrits, l’imprimerie et l’édition et si l’on admet que la transmission se fait par la parole et les écrits, elle se fait aussi par la gestuelle.

Atavisme ou mimétisme, les attitudes sautent parfois les générations et nous relient à nos aïeuls alors que  nous ne les avons jamais connu ou fréquenté. Au-delà du code génétique que nous propageons il y a une tradition familiale, clanique ou castique qui résonne et ondule le long des générations.

Gestes et attitudes font partie d’un langage codé voire d’un code lui-même. Il peut s’agir d’un signe d’appartenance, un signe de reconnaissance conscient et affirmé. Nous le reproduisons suivant une modalité répétitive mais surtout perpétuelle. L’Ordre statique de la Loge et sa mise en mouvement révèle un sens certainement,  mais, par sa régénération, l’action de la loge est dans une continuité qui nous met en écho avec nos frères depuis des siècles (l’Egrégore) ; Et par sa reproduction modélisée de la Loge participe à perpétrer le mouvement collectif dont le seul témoin serait certainement la lumière éternelle du plateau du VM :.

 

1- Le LANGUAGUE DU SILENCE

L'impétrant n'est plus un enfant comme en témoigne sa quête et c'est par le silence qu'il pourra descendre en lui même, entreprendre ce 1er travail d'introspection nécessaire à s’écouter et s’entendre, à devenir Maçon et Maitre de soi même. Ce besoin est d’ailleurs rappelé dès le cabinet de réflexion avec l'inscription V.I.T.R.I.O.L. : (Visite l'intérieur de la Terre et en rectifiant tu trouveras la Pierre Cachée).

L'outil symbolique de cette descente en son soi est le fil à plomb, à la fois statique et dynamique. Ce n'est pas un pendule qui se balance, le fil à plomb lui ne bouge pas. Il est silencieux, il nous appelle au silence nécessaire pour regarder en nous même. Mais, malgré son immobilisme apparent, le fil à plomb contient une dimension dynamique dans la tension de son fil; car si le fil à plomb est composé d'un fil et d'un poids relativement très lourd qui empêche tout mouvement parasite, il exerce de fait une traction très forte vers le bas, vers l'intérieur de la Terre, invitation à descendre au plus profond de son Etre et de son Soi.

 

Et sa contraposée cad son image réfléchie c’est un métronome vous savez mes FF et mes SS :. Cet objet qui permets de se mettre en cadence lors de notre chaîne d’union, passer du silence intérieur au silence du sacré afin de régénérer notre égrégore par notre Esprit. Et pour finir conscient de cette science promettre à la fin de nos travaux de garder le silence cad le Secret.


Je vous rappelle aussi mes FF :. Et SS :. qu’en musique, le silence est une note et non point une vacuité ( cad un vide). Enfin à
côté de ce silence face à soi même, le FF :. AA :. est confronté au silence des autres  FF et SS :. de la loge. Pour mémoire l’Apprenti est tenu de garder le silence durant toutes les tenues jusqu’à son passage au degré supérieur…tout en jurant le garder le secret cad le silence … mais la c’est encore une autre histoire.

2- La POSITION DU CORPS

A contrario de la première entrée dans le temple où le récipiendaire marche la tête inclinée en avant, les jambes repliés et en avançant presque à 4 pattes, (cad en ayant oublié la marche de l’homme sur ses seuls membres postérieurs), et du dernier genou posé à terre avant de prêter serment devant l’Autel, la communication des secrets du 1er grade symbolique se fait en se tenant obligatoirement parfaitement droit … les pieds en équerre, … le corps dans cette position matérialisant symboliquement la rectitude de l’Esprit et les pieds en équerre symbolisant la justesse de nos Actions.

Pour mémoire, un Juste était symbolisé dans l’ancien temps par un Djed, une colonne ou une pierre tombale en position debout ; De même certaines civilisations enterraient leurs morts en position verticale au lieu d’horizontale mais ne nous dit on pas que tout en FM n’est que Equerre, Perpendiculaire et Niveau.

 

3- Le LANGUAGUE DES TROIS(TRE)PAS

C’est ainsi que l’on nous fait avancer, oui mais tout en nous freinant car comment marcher en avançant seulement et d’abord le pied (gauche) (ou droit) selon le rite pratiqué avant de ramener l’autre pied en le faisant glisser par terre jusqu’à venir se mettre à l’équerre du 1er pas. Trois pas sont ainsi exécutés, ce tre-pas permettant de passer de l’extérieur à l’intérieur, du profane au sacré. Cette marche se fait de plus dans le plan cad au raz du sol tout en avançant de l’Occident vers l’Orient, regardant de façon directive et obligatoire l’Orient où siège le VM :. en chaire avant de se tourner sans bouger respectivement vers le 1er puis 2 eme surveillant.

Chacun des pas forme un angle droit et nous enseigne que nous devons toujours agir selon le droit et  selon le devoir.

L'exécution correcte des pas de l'Apprenti, le corps énergiquement redressé, la main faisant le signe, le regard dirigé vers le Vénérable, est à elle seule preuve de la  couverture intérieure.

Ces pas nous rappellent encore la seconde de nos grandes lumières, l'Equerre, qui est à la base même de la position des pieds et des mains. Que la vie du Franc-maçon se déroule sans discontinuer sous le signe de l'Equerre tout en étant projeté résolument vers l’avant, où siège la source de la sagesse!

Le nombre des pas rappelle les efforts  constants que le Franc-maçon doit faire pour s'approcher toujours davantage de la Sagesse. Ces pas se font les yeux ouverts, car le nouvel Initié connaît à présent les devoirs que, par sa promesse solennelle, il a à assumer. L'exécution particulière des pas de la marche d'Apprenti doit nous rendre sensibles à la prudence et à la réflexion dont tous nos actes doivent être empreints; car initiés, nous ne marchons plus au petit bonheur la chance, mais conscients ( avec conscience cad avec savoir con-science ) du but qui est devant nous. Nous sommes ici en présence du symbolisme de l'échelle mystique du temple de Salomon. Les pas de l'Apprenti ne sont pas autre chose que les trois premiers degrés de cette ascension qui doit conduire au coeur même de la vérité. 

4- Le LANGUAGE DU GESTE (et les CHAKRAS)

Isis et Hathor devant Osiris élèvent les bras à l'horizontale et présentent les paumes des mains ; de même parmi les cinq Boud­dhas de méditation, l'un d'eux porte un bras en avant et présente la paume de la main. Ce signe, que les Occidentaux dénomment, signe d'adoration, ou signe d'admiration et que les Bouddhistes dénomment "absence de crainte", par sa répétition, prend la valeur de symbole.

Comme les mots, les gestes nous relient à une période anté­rieure à la tradition écrite, celle où l'on "ne gravait ni burinait". L'enseignement se transmettait par des mots et des gestes de caractères éphémères, sans recours à des objets et des images de caractère permanent.

Tandis que le mode verbal est basé sur le pouvoir du verbe, le mode gestuel est basé sur l'effet de magie". Nous utilisons le terme de magie dans le sens que lui donne Mircéa Eliade dans "Images et symboles" (12, p. 150), à savoir : "rien n'est séparé de rien" ou "tout est lié à tout" par une texture invisible.

On peut situer le problème dans un autre contexte. Si à tel sentiment éprouvé correspond un geste instinctif, la répétition du geste peut réveiller le même sentiment. Ici aussi apparaissent des relations invisibles entre le conscient et l'inconscient. Les écoles initiatiques ont repéré quelques gestes-clefs qui sont en relation avec la vie profonde de la psyché. La réitération de tels gestes fait dès lors partie de la technique initiatique.

Les signes maçonniques faits avec les bras et les mains se réfè­rent à des points repères du corps humain. On comprend mieux la portée de tels signes en évoquant les chakras de la tradition hin­doue.

 « L'homme possède des centres de force qui sont les nadis. Ces nadis appartiennent au corps astral. Le prôna est le lien vital qui unit le corps physique et le corps astral. Le prâna circule dans des « tubes » qui sont les nadis. Il y a trois principaux nadis : Sushumnâ, Idâ et Pingâlâ. La sushumnâ est située à l'intérieur de la moelle épinière. Idâ et Pingâlâ montent de chaque côté, dans un mouvement serpentant et passent à droite et à gauche de la sushumnâ. C'est dans sushumnâ que passe le kundalini, la force magique.

D'après le « tao », le Ki est la force fondamentale de toute vie matérielle ; elle circule à l'intérieur et le long du corps en empruntant des chemins précis, nommés « méridiens ».  L’idée est de démontré également que  l'homme est lié à toutes les autres manifestations de l'univers ;

La transmission de l'influx le long d'un trajet nerveux produit divers phénomènes Ce flux peut être aussi modifié par des gestes précis qui éveillent ou modifient les grandes forces universelles endor­mies.

Il existe certains points nommés les « chakras » (ou roues) comme étant des générateurs prâniques.  Leadbeater énumère sept chakras :

1, le chakra-racine, à la base de la colonne vertébrale ;  2, le chakra de la rate ;

3, le chakra ombilical ;  4, le chakra du coeur ;  5, le chakra de la gorge ;

6, le chakra du front ;  7, le chakra du sommet de la tête.

 La mise à l'ordre au degré d'Apprenti correspond au Chakra  situé au niveau de la gorge. C'est un signe statique. Par opposition, la marche en trois pas de l'Apprenti est un exemple de la mise en oeuvre d'une dynamique de la symbolique gestuelle.

« Le texte tantrique, dit Marqués-Rivière,  précise que ce chakra est la porte de la grande libération pour celui dont les sens sont purs et contrôlés. Cette libération est obtenue par l'éveil de ce centre qui permet de voir « les trois formes du temps », c'est-à-dire le passé, le présent et l'avenir ; ce texte symbolise la réali­sation de l'être au delà du temps, dans la manifestation informelle dont ce chakra est, en quelque sorte, la porte d'entrée. »

 

Le geste, la position et la posture sont des stimuli qui renvoient donc à des dimensions invisibles. Nous pouvons maintenant aborder le signe d’apprenti dans son détail.

Le Signe d'Apprenti

Le Signe d'Apprenti comprend deux gestes distincts :

le signe d'ordre et le signe proprement dit.

-          Se « mettre à l'ordre », c'est placer la main droite à plat sous la gorge, les quatre doigts serrés et le pouce écarté formant l'Équerre. La main gauche reste pendante.

-          « Faire le signe », c'est redresser la main perpendiculairement à la gorge, la ramener à l'épaule droite et la faire retomber le long du flanc droit.

 Ce signe porte généralement le nom de « guttural ». On l'inter­prète d'une façon tout exotérique en lui attribuant cette signifi­cation :

" Je préférerais avoir la gorge coupée, plutôt que de révéler les secrets qui m'ont été confiés. »

Wirth nous dit, : « La main droite, placée en Équerre sous la gorge, paraît contenir le bouillonnement des passions qui s'agitent dans la poitrine et préserver ainsi la tête de toute exaltation fébrile, susceptible de compromettre notre lucidité d'esprit. Le signe d'Apprenti signifie à ce point de vue : " Je suis en possession de moi-même et je m'attache à juger de tout avec impartialité. »

« Il convient de se rappeler, écrit Plantagenet, que, suivant les correspondances du zodiaque des anciens initiés, nous trouvons la gorge régie par le signe du Taureau, symbole complexe de l'impulsivité passionnelle susceptible, non d'être domptée, mais d'être détournée de ses fins bestiales.

Dès lors la haute signification du signe apparaît fort claire : au moment de pénétrer dans le Temple, le Maçon affirme par son geste qu'il a isolé sa pensée des influences extérieures, qu'il n'est plus aucun des troubles sentiments « d'en bas » qui pourra « lui monter au Cerveau »; il a l'esprit lucide, l'âme dégagée et c'est sans hésitation, franchement, qu'il va gagner sa place en « marchant » comme le doit un Apprenti silencieux » en laissant les métaux à la porte du Temple.

Il est exact que le Maçon, en accomplissant ce geste, se couvre de l'Équerre

Du latin exquadra et exquadrare, équarrir, l'Équerre se rapporte à la « Matière » qu'elle symbolise, qu'elle rec­tifie et qu'elle ordonne. Maât, déesse égyptienne qui préside avec Isis et Thôt aux initiations, porte l'équerre, nommée angle d'équité par Pythagore

L'Équerre représente un signe de rectitude et instrument indis­pensable pour transformer la Pierre brute en un hexaèdre parfait (Pierre cubique). Les Maçons, convenablement formés, seront ensuite aptes à participer à l'édification du Temple Idéal dont ils seront peut-être eux-mêmes les pierres parfaites et construire leur Corps de Gloire.

D’autre part, suivant les catéchismes rituels, le Maçon vient en Loge « pour vaincre ses passions, soumettre sa volonté, et faire de nouveaux progrès en Maçonnerie ». Le geste est le signe extérieur de cet acte qui induit la volonté.

Chaque fois qu'un Frère prend la parole en Loge, il doit se « mettre à l'ordre ( et en ORDRE )».

Nul n'est exempté de cette obligation. Indépen­damment de la valeur réelle du signe, il faut remarquer que ce geste, si simple en apparence, empêche tout autre geste et par suite toute véhémence. Combien d'orateurs -profanes- parlent plus encore peut-être avec leurs mains qu'avec leur voix !

Il faut aussi se souvenir que l'Apprenti, durant son stage à ce degré, doit être « silencieux », et son signe, appuyant sur la gorge, indique son mutisme non pas par incapacité de parole, mais par sa propre volonté.

Le geste en tant qu’éveil de force, le relie de l’un au tout et l’inclut en équité dans l’orchestration de la Loge dans toute son harmonie.

 

5- LE ZODIAQUE DU CORPS HUMAIN

pour comprendre le sens caché du signe, il faut se rapporter au Zodiaque physiologique du corps humain.

Pour les Anciens Initiés, et selon les correspondances de ce Zodiaque, la Gorge est régie par le signe du Taureau. Ce dernier constitue un symbole complexe de l’impulsivité passionnelle qui, sous l’influence des forces psychiques supérieures de l’individu, est susceptible d’être écartée de ses objectifs bestiaux, et d’être transmutée en fermeté, amour du travail, persévérance dans le Bien; car la méthode de la Science Spirituelle Maçonnique exclut la destruction définitive, le recours à la mort, pour ce qui est. La méthode, l’Art, consistent à transmuter ce qui est mauvais, indésirable, en quelque chose de beau et d’utile. Rien ne doit être à priori détruit: chaque chose qui existe ayant sa finalité et sa  nécessité.

            Considérez les parties du corps qui ont une importante corrélation dans l’expression symbolique manifestée par le geste et le signe de l’App\ : la Tête , le Cou ou la gorge, la Main, les Pieds.

L’on doit se souvenir que la Maç\ parle d’Astrologie en se référant à un savoir traditionnel essentiellement ésotérique et symbolique, non à une prétendue néo-science, non à une quelconque voyance « horoscopique » superficielle et profane.

Parmi les symboles archaïques de la Tradition, le Zodiaque est le plus important et l’outil le plus universel pour avancer sur la voie de l’initiation. Ainsi, à chaque partie du corps humain est attribué un signe zodiacal dont il faudra apprendre l’usage harmonieux.

L’App\ utilise la géographie suivante et doit en assimiler l’art : la Tête régie par le Bélier, la gorge ou le Cou régi par le Taureau, la Main régie par le Gémeaux, et les pieds régis par le Poisson.

            Le Bélier ( racine : « Ram » ) symbolise les passions et les impulsions animales et matérielles de l’individu. Dans le symbolisme zodiacal, le Bélier est la tête, le point initial du déroulement historique des 12 signes le point de repère à partir duquel peut se décrire les incarnations : c’est le leader du troupeau. La Planète qui régente ce signe est Mars , à partir de laquelle ont peut éventuellement étudier le thème chevaleresque de « l’initiable ». L’élément qui est attaché à ce Signe est évidemment le Feu.

 

            Le Taureau, symbole de l’impulsivité passionnelle pouvant être transmutée en volonté spiritualisée et en idées constructives, peut être conduit par la persuasion vers des objectifs constructifs positifs. Sa conduite obstinée et fixe peut être orientée par des considérations supérieures. La planète qui le régente est  Vénus qui peut l’ouvrir à l’Amour Universel , c’est à dire au principe même de la Vie ; son Elément: la Terre la Matrice et la Mère de toute Création.

            Les Gémeaux marquent le dualisme. Par le facteur de l’Ego et de la réflexion régi par les Gémeaux, l’Homme s’élève au-dessus de l’animal. Ce Signe relie «  l’homme de dessous de chair » à ses facultés mentales les plus élevées: jusqu’à ce que les expériences de la vie fassent descendre l’Illumination à travers l’esprit. L’individu gémeaux est formidablement  adroit et habile de ses mains quand il est accompli ; sa pensée s’exprime au mieux par ses gestes et fonde les premières manifestation d’une existence, un principe créatif en mouvement. La Planète qui régente ce Signe est Mercure, son Elément : l’Air.

             Le Poisson représente la Grande Profondeur, l’Eau-Dissolvant Universel, le pouvoir de l’Indéterminable et de l’anéantissement...C’est-à-dire, tout ce qui doit naître et être construit pour finir et disparaître; tout ce qui doit être amené à la vie et à la forme depuis les profondeurs, par la médiation  du « je suis » ; tout, pour qu’il fructifie avec « auto-conscience », investi de la vie de l’esprit, et qui pourtant à la fin finira par échapper à ce que l’on nomme ordinairement l’existence. Mais toujours le Poisson positif s’aligne comme un égo « auto-dirigeant » son destin, faisant les pas nécessaires pour agir en accord avec la Loi, évitant le dualisme sclérosant inhérent à ce Signe du destin, réalisant la solution interne des contradictions externes, c’est-à-dire manifestant la « Duellité ». Le Poisson « pratique » tâte le terrain sur lequel il veut avancer avant d’entreprendre de nouveaux pas; il combine la logique avec le spirituel : son intellect discipliné est illuminé par le divin. Les pieds qui lui correspondent dénotent alors une compréhension interne de la Vie ; fouler le sentier et faire des progrès seront l’essentiel. La Planète qui régente ce Signe est Neptune ; son Elément: l’Eau.

Voici les angles d’attaque de la « Pierre Brute » par « l’opérativité » du Zodiaque, voie de l’Initiation Effective en relation directe avec les manifestations de l’Energie Universelle.

 

6- ALCHIMIE ET KABBALE

Alchimie et Kabbale … Reste à entrer dans la matérialité de cette pierre, à découvrir ses principes d’existence, à domestiquer la réalité d’un devenir que l’on apprend alors à construire. Le signe guttural de l’App\ en marque le travail à réaliser. Rappelons nous des quatre parties du corps qui l’intègrent comme un tout : la Tête, le Cou ou la Gorge, la Main Droite, les Pieds...

            Les Philosophes hermétiques appellent « tête »le commencement d’une chose ou d’une oeuvre. Et cette dernière commence par la couleur noire , la tête du corbeau »ou la « matière de l’oeuvre de putréfaction ».

 La putréfaction détruit la matière ancienne, et la forme du corps pourrit. Elle transmute par voie de conséquence en une nouvelle manière d’être, et fait produire un fruit complètement nouveau. Elle élève ce qui est pur, abaisse l’impur, les séparant l’un de l’autre. La Tête constitue le principe des plus nobles facultés humaines; aussi symbolise-t-elle le divin chez l’homme. Par conséquent elle s’offre comme le réceptacle du divin, en devient son image et le reflet de son pouvoir. C’est «  le Saint des Saints ».

Les Hindous placent la « fleur de Lotus aux mille pétales » dans le pinacle de la tête ; ils en font la matrice du divin qui doit naître à la Vie.

Si l’on considère la structure du corps selon le dessin de l’Arbre Séphirothique, le Triangle Supérieur représente la Tête : Kéther, Chokmah, Binah.

Ce Triangle a un reflet : le Premier Triangle Inverti : Chesed, Gueburah, Tiphéreth, qui correspond à la zone du plexus solaire siège de l’être spirituel et matrice de l’être divin. Mais seul l’homme spiritualisé peut entrer dans la connaissance de ces lois ontologiques. Entre ces deux triangles se situe le Cou.

 

            Quand le Dieu de la Bible s’irrite contre son « peuple au cou raide », il dénonce la rupture de communication entre la poitrine et la tête : Tiphéreth, la Beauté, l’intelligence du Coeur, ne peut plus refléter le sommet du triangle, Kéther la Couronne, lieu de première émanation et point d’équilibre qui contient tout ce qui était, est et sera. Alors le Coeur n’exprime plus l’amour divin créateur. Vide, il se nourrit du deuxième triangle inversé : il devient affectivité sentimentale, proie à des passions livrées à la dualité et au déchirement. Le voilà esclave sans tête de son affect, incapable de s’exalter vers son Dieu. L’homme se recrée ainsi une fausse tête, en instaurant par exemple dogmes et idéologies. Il devra donc se décapiter s’il veut redevenir conscient de son moi divin et maître de la reconquête de son Royaume, son propre intérieur dans sa manifestation pure originelle ; pour que l’Humanité retrouve son vrai visage, elle devra trancher sa gorge orgueilleuse et blasphématoire par la main droite...

             La Main Droite, «Iamin »( = en petite numération de position, 10+13+10+25 = 58, le même nombre que Jésus sur terre = le « Fils-Homme » dit « le Second Adam », Jésus incarné) provient de « Aman » qui signifie : être fidèle, loyal, juste, franc.

Cette Main Droite constitue un emblème de vérité et de fidélité, en même temps qu’un symbole de pouvoir. Dans le système hiéroglyphique égyptien, la main signifie « le principe manifesté, l’action, la donation, le labeur » ; elle était liée au « pilier » qui signifie :  « support et force ». La main sous la gorge marque une attitude de sacrifice, tout en étant le symbole du constructeur. On peut donc la considérer comme le symbole du Principe Directeur d’Activité. Et de ce fait, la main droite comme le symbole de l’énergie positive efficiente : la force qui s’exprime du dedans vers le dehors. Par conséquent la main, et particulièrement le pouce, constituent des instruments de la volonté et de la pensée. Le pouce est précisément l’expression de l’égo humain et reflète la partie corticale du cerveau, véhicule physique de la manifestation de la conscience, de la volonté et de la ratiocination. A ce propos, les Anciens Initiés, pour se reconnaître, ou lors de certains rituels, traçaient sur leur front avec le pouce droit la croix à branches égales (de haut en bas et de droite à gauche) .

 

            Le Cou est régit par le Signe du Taureau. Le « Kerub » dérivé du mot assyrien « kirubu », signifie : «  Taureau avec des ailes » et  « tête humaine ».

La Tradition dit qu’un kerub gardait la porte du paradis avec l’Epée Flamboyante. «Karibuen » veut dire : « celui qui prie » ou « celui qui intercède », et Dionysos déclare qu’il signifie :  « connaissance », laquelle correspond dans l’Arbre de Vie à la séphirah « Daath », porte invisible où la force pure prend forme ; c’est en elle que réside l’équilibre entre la Sagesse et l’Intelligence; c’est par elle que s’exprime la Gnose de Dieu. Elle caractérise l’acquisition définitive d’une nouvelle richesse d’Etre qui servira à mieux se diriger vers « Hockmah » source de Sagesse: l’instant d’un clin d’œil pour discerner l’Eternité.

Au niveau cosmique Daath représente l’état dans lequel se manifeste d’abord la forme, et non la force. Elle représente l’unité la plus élevée dans le Monde des Formes. A partir de cette sephirah, le simple Mental est attiré vers le bas et les les Forces Supérieures se manifestent comme une connaissance abstraite depuis un état de « non-manifestation », à un état d’abstraction du mental humain. C’est le point de perception le plus élevé de l’Ame et l’on dit de lui qu’il est le Pouvoir de La Réalisation Suprême : l’Illumination.

 

            Lors du signe guttural de l’App\, marquer l’emplacement du cou ou de la gorge, c’est affirmer sa capacité à isoler sa pensée des influences inférieures, à empêcher la montée au cerveau des sentiments perturbateurs d’en bas, maîtriser l’opposition du Scorpion et du Taureau. C’est affirmer par la « mudra », le signe, dans la région du Taureau d’un esprit lucide et d’une âme libre.

            Le Larynx, organe du Verbe, est appelé : « la porte des dieux », ou « la porte qui garde l’entrée ». Qui profère une initiation ouvre une porte, un passage ; Une fois la voie ouverte, « nul ne peut [la] fermer » enseigne l’Apocalypse de Jean , chapitre 3 verset 8 ; ou encore : « Jamais le jour, ses portes [celles de la Jérusalem Céleste, la cité de Dieu en l’Homme et dans l’Humanité] ne se fermeront, car il n’y aura pas de nuit » est-il écrit dans le chapitre 21 verset 25. Celui qui reçoit effectivement l’Initiation, et pas seulement symboliquement, celui-là acquiert un potentiel définitif. Reste à vouloir, oser, savoir et se taire pour pouvoir tracer son chemin...

 

            Les Pieds qui soutiennent ce corps dans la position verticale et assurent la marche, correspondent à Malkuth, le Règne, le réceptacle de toutes les énergies divines contenues dans Kether, la Couronne. Ainsi les pieds sont le réceptacle et le vecteur de toutes les énergies humaines venues d’en-haut, de la source jaillissante des ténèbres premières, venues de ce lien permanent avec la divinité exilée au plus profond de l’être, une espèce de conscience pure.

La mission de l’Homme Initié consiste à conquérir le « Règne » qui a été « coupé » de la « Couronne » : de la « Tête » ; alors les énergies de l’homme pourront circuler librement et parfaitement, pour remonter le long de l’Arbre : de Malkut à Kether, depuis tous les éléments concrétisés permettant l’existence à la racine de toutes les racines, la lumière jaillissante.

Alors le « Roi » s’unira à son épouse la « Reine », son « monde obscur souterrain » reflétera dans ses entrailles maternelles les archétypes divins qui sauveront le « Fils » de la mort.

Il appartient à tout être incarné de libérer par ses actes et ses mérites cette puissance endormie en lui. Qui arrive à parcourir le 13ème sentier de la sagesse, depuis la Tête jusqu’au Coeur, de Kether à Tiphereth, recevra la récompense de la « lettre-nombre » « Ghimmel », celle de la « Tri-Unité » manifestée, deux Yod sur l’Axe de la Création  qui marquent la ligne directe de contact entre l’Esprit et l’Individualité, l’union de la Vie dans le Ciel (en haut) et de l’autre vie sur la Terre (en bas). Ceci est la conquête royale de l’Initié : l’Homme qui réalise la «duellité», qui transmute la « dualité », l’Homme qui a réuni l’Unité est Roi et Couronne... En partant des pieds, l’homme atteint le tête : maintenant il pourra franchir tous les obstacles.

             Le rôle de l’Initiation est donc d’apprendre à construire : c’est le grand art de la Vie. Et sur cette voie, la vocation de la Maç\ consiste à offrir une expérimentation de la spiritualité par l’intelligence et par la main. Déjà un rite symbolique Egyptien devant le « Tribunal des Morts » proclamait :  « Parce que tête est revenue à toi, elle ne sera plus séparée de toi et entrera avec toi sans que sa séparation ne puisse jamais avoir lieu. »...

            La reconquête de ce Royaume assure le triomphe de l’Initié. Cette victoire s’obtient par un patient effort de perfectionnement individuel : la domination de soi-même et des basses passions ; la recherche de l’équilibre et de l’harmonie dans toutes les activités ; en résumé ce résultat s’obtient par l’intelligence directrice conciliant les antagonismes vitaux. C’est la raison impérative pour laquelle l’Initié devra se rendre compte de ses capacités et des limites propres à la nature humaine, avant de pouvoir commencer effectivement son ascension spirituelle...

            Car la vie spirituelle repose sur des ciments matériels : la domination des conditions de la vie, le développement de nouveaux états de conscience.

L’App\accomplimanifeste par l’effort intelligent et constant la victoire de l’esprit sur la forme ; son but ultime consiste à passer des ténèbres jusqu’aux champs de la lumière infinie. Le voici homme extérieur contemplant en lui-même l’expert qui se guide sans faux pas... « Cherchez et vous serez trouvé. ». Et il revient à chaque Maç\de réaliser l’effort de pénétration pour accéder à cette connaissance directe donnant à l’homme sa véritable liberté.

Lisez Schvaller de Lubicz dans « Le Miracle Egyptien » : « C’est toujours la fonction caractéristique et définissante de « l’objet-symbole » que nous devons chercher à imiter « imaginairement » afin d’éveiller l’intuition qui fera notre conscience de la nature du symbole. [...] Evidemment, il s’agit d’abord, pour pratiquer la symbolique, d’une éducation particulière, une orientation dirigée de la mentalité, mais qui est totalement à l’opposé de l’éducation courante ou profane ; c’est une culture dépassant les facultés de raisonnement : c’est un humanisme supérieur. ».

7- La RECOMPENSE

Par sa persévérance qui l'a conduit à l'autel de la vérité en dépit de multiples obstacles, le néophyte a mérité une récompense. Marchant dans les ténèbres, il a cherché patiemment la lumière, et maintenant le voici  jugé digne de la contempler.

A ce moment dans la plupart des Loges, il est placé à l'occident, les mains dans celles de ses Frères qui forment la chaîne d’Union à travers le Temps et l’Espace.

 Le bandeau enlevé de ses yeux, et après son long séjour dans les ténèbres d’une vie sans conscience, il est ébloui et ne peut au premier abord distinguer des détails de l'Orient.

(C'est pour cette raison que certains rituels prévoient "la petite lumière" qui lui est préalablement donnée dans un temple     faiblement éclairé.)

Qu'est-ce que cette lumière promise au néophyte et tant convoité par les maçons ? 

Symboliquement, la lumière signifie toujours la sagesse,  la connaissance. Or la lumière a sa source et son siège à l'Orient d'où elle éclaire toute la Loge. Le Vénérable en est en quelque sorte le conservateur et le dispensateur; sur l'autel, elle est  symbolisée par les trois flambeaux placés devant le Maître de la Loge.

La lumière maçonnique, c'est la sublime grandeur et la force persuasive de la doctrine maçonnique, dont les trois bougies ne sont qu'un faible rayon et qui doit désormais éclairer la route du nouveau Franc-Maçon. Le Franc-Maçon est devenu un voyant, il a reçu cette lumière de l'esprit qui lui permettra de chercher, de penser, de connaître, de juger des choses en homme libre,  d'agir  selon les principes de la Franc-Maçonnerie dans l’espoir d’acquérir une lumière plus complète.

Il ne lui reste plus qu’à s’assembler et se lier par les mains (une qui donne et l’autre qui reçoit), par les pieds (en équerre dont chaque pointe touche les pieds du voisin respectivement de droite et de gauche) et enfin par l’Esprit sous la conduite et la juste mesure du VM en chaire à tous les FF et SS de la Loge et se fondre dans la chaîne d’union qui unit les  FF :. Et SS :. Passés ainsi qu’à ceux A venir.

Cette osmose permet un échange du dedans vers le dehors ainsi qu’une recharge du corps de gloire, énergie subtile nécessaire au maçon pour continuer le Grand Oeuvre. La Chaîne d’Union est la transposition vivante de la houppe dentelée qui festonne entre les lacs d’amour.

 Que nos coeurs se rapprochent en même temps que nos mains, que l’Amour fraternel unisse tous les anneaux de cette chaîne formée librement par nous.

Tout humain est capable d’amour mais pas obligatoirement d’entendement car la chaîne d’union est la révélation d’un secret… la symbolique du Sacré.

C'est la fin de cette planche, le retour au silence ... tel l’Hermite du Tarot qui marche sur le chemin une lanterne devant lui tenu à bout de bras comme pour éclairer son chemin .. peut etre aussi penses t-il rattraper et acquérir ce morceau de Lumière qui ne cesse de reculer à chaque fois qu’il avance … le tout dans un bouillonnement intérieur contrôlé par l’Esprit ...

 Ainsi sont les arcanes de la Gnose,que ceux qui ont des oreilles entendent, que leurs yeux voient et que leur âmes comprennent.

 J’ai Dit :.

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